Concernant les propositions de certains hurluberlus qui circulent actuellement dans certains médias. Ces personnes appellent l’état à racheter une partie des eurobonds à 12 cents (valeur actuelle sur les marchés mondiaux) au lieu d’un dollar qui est la valeur nominale.

Il s’agit d’une fausse bonne idée, mais surtout d’une diversion par rapport à la problématique réelle de la dette publique. Celle-ci n’atteint pas contrairement à ce que ces personnes prétendent moins de 10 milliards de dollars même en convertissant la dette publique au taux de change Sayrafa. Les estimations logiques de la dette en prenant leurs propres arguments dépassent aujourd’hui 43 milliards de dollars pour un PIB de moins de 20 milliards de dollars à plus de 90 milliards de dollars si on considère certains traités qui induisent que la dette libaanie doit être considérée à la somme précédente l’instauration de mesures exceptionnelles c’est-à-dire avant l’instauration d’un contrôle informel des capitaux. Ces rachats pourraient donc être plus couteux que les sommes évoquées par les personnes à l’origine de cette proposition.


Cependant, ces personnes ne semblent pas être au fait de toutes les données:

  • Les créanciers attendent plutôt l’ouverture de négociations entre état et créanciers. La majorité des volumes n’est pas offerte à la vente même si les obligations libanaises restent cotées.
    Les créanciers dont une partie sont des fonds vautours comme Ashmore Group parce que les banques libanaises ont voulu faire chanter l’état pour éviter un état de défaut de paiement officiel en mars 2020 alors qu’il état déjà en état de défaut de paiement depuis mai 2019 en vendant leurs vendant d’importants volumes visent à obtenir non pas 12% de la valeur nominale mais au moins 40% dans le cadre de négociations à venir. Ils gardent donc leurs positions actuelles. Les sommes vendues sur les marchés internationaux sont risibles et les institutions ou personnes qui le font perdent d’importantes sommes. Un rachat même partiel de la dette publique étrangère libanaise est, par conséquent, très improbable.
    La position des créanciers est d’autant plus forte que des traités bilatéraux signés entre le Liban et certains états garanti le fait qu’à maturité, la valeur nominale doit être considérée comme étant la valeur réelle. La remise en cause de ce principe ne peut être fait que dans le cadre de négociations que le Liban tarde à ouvrir.
  • Il faut de l’argent donc des devises étrangères et plus particulièrement des dollars pour pouvoir acheter sur des marchés internationaux. Sortir 1 ou 2 milliards de dollars voire plus 10 milliards de dollars signifie sortir aussi autant de devises et priver la population de pain, de médicaments pour ne pas dire de substance et pour ne pas évoquer justement l’impact de cette sortie de capitaux sur l’inflation. Ces fonds devraient être plutôt à leur destination et non à la destination d’intérêts étrangers, d’autant plus que le Liban subit déjà certaines pénuries et ces pénuries vont s’intensifier dans les moins à venir faute d’un accord avec le FMI.
  • Les mécanismes de rachat de dette ou d’euro bonds donnent lieux a des versements de commissions. Une des choses justement reprochée par les justices étrangères était qu’une partie de ces commissions allaient justement à certains intérêt et notamment au gouverneur de la banque du Liban Riad Salamé et son frère et probablement d’autres hommes politiques. Ces propositions constituent en soi un scandale en l’absence de transparence et un appel d’air à la corruption et semble donc que les personnes qui formulent ce genre de proposition sans mécanisme de contrôle jouent un rôle suspect.
  • Ces propositions contredisent le principe même de négociations avec le FMI. Si le Liban disposait de 10 milliards de dollars afin de racheter sa dette, il ne serait tout simplement pas en crise aujourd’hui et cela ne répond pas aussi aux réformes nécessaires que ces personnes semblent ainsi éviter.

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