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La First Abu Dhabi Bank aurait exprimé son souhait de voir les discussions concernant l’achat de la filiale égyptienne de la Banque Audi être relancées. Devrait être organisée cette semaine, une réunion du conseil d’administration de la banque émirati en vue de donner un accord à cette relance ou non des négociations.

Entamées en janvier 2020, la banque libanaise comptant alors financer une partie de hausse de son capital, conformément aux dernières directives de la Banque du Liban et cela afin de se prémunir contre les pertes induites par un état de défaut de paiement, ces négociations avaient été interrompues au mois de mai.

La banque émirati avait motivé la suspension des discussions aux conditions moins favorables induites notamment par le coronavirus à l’époque et son impact sur l’économie mondiale.

Pour rappel, la Banque Audi avait acquise sa filiale égyptienne en 2005. Elle comptait alors seulement 3 branches locales. 14 ans après, l’établissement compte 50 branches. Le groupe gère ainsi 4.4 milliards de dollars d’actifs en Egypte. La banque libanaise demanderait aujourd’hui 700 millions de dollars pour cet établissement, cela afin de pouvoir se recentrer sur son principal marché, même si elle pourrait être poussée à brader cette filiale en raison des conséquences de la crise économique libanaise.

Des banques lourdement impactées par la crise économique

Les banques libanaises sont, de leur part, lourdement impactées par la crise économique que traverse le Liban. Cette crise est apparue au grand jour avec les fameuses pénuries de devises étrangères, d’abord mises sur le dos de problèmes logistiques par la Banque du Liban avant de finalement reconnaitre que les établissements privés faisaient face à d’importantes crises de liquidité.

Selon certaines sources, la Banque Audi nécessiterait jusqu’à 11 milliards de dollars pour être recapitalisée en raison des pertes induites par l’état de défaut de paiement sur les eurobonds, le possible état de défaut sur les obligations libellées en livres libanaises mais également le quasi-arrêt des activités bancaires induit par le contrôle informel des capitaux unilatéralement instauré par l’Association des Banques du Liban en novembre dernier.

De nombreux incidents avaient alors éclaté dans les succursales bancaires, des déposants exigeant de pouvoir retirer leurs fonds, ce que refusaient les responsables des banques.

Au total, les banques libanaises nécessiteraient une injection de 65 milliards de dollars, bien au-delà des possibilités d’aide économique estimée à 26 milliards de dollars. Aussi, les haircuts sur les eurobonds ou encore sur une partie des obligations libanaises semble devenir inévitable, alors que la Banque du Liban a, une fois encore, repoussé le délai de recapitalisation des établissements bancaires de 10% à 20% des fonds propres de fin juillet au 31 décembre 2020.

La Banque Centrale a précisé qu’au-delà de ce délai, elle mettrait la main sur les établissements défaillants, officiellement pour protéger les dépôts au lieu de suspendre les licences d’exercice de ces banques et de les faire liquider selon la réglementation pourtant en vigueur.

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