Platon dit que la musique donne une âme à nos cœurs, des ailes à notre pensée, un essor à l’imagination. Elle est un charme à la tristesse, à la gaieté, à la vie, à toute chose. Mais, pourquoi certains chanteurs nous touchent-ils plus que d’autres ? Le pouvoir de la musique sur notre Être est puissant.

« La musique est peut-être l’exemple unique de ce qu’aurait pu être – s’il n’y avait pas eu l’invention du langage, la formation des mots, l’analyse des idées – la communication des âmes. » (Miles Davis)

Musique orientale, indienne, moderne, contemporaine, électroacoustique, expérimentale, minimaliste, etc. Sons, silence, mélodies, nuances… Comment décrire le plus précieux des sons : la musique ? Nous sommes entourés d’énergie modélisée sous forme de vibrations. Notre corps physique et notre essence profonde sont sensibles à ces vibrations. Une simple mélodie est capable de réveiller en nous des émotions et nous faire voyager dans le temps au bout de quelques accords.

La musique a un puissant effet thérapeutique sur chacun de nous, en fonction de nos propres sensibilités, parce qu’elle est vibration ! Il existe une relation entre le cerveau et la musique ; les sons font réagir nos cellules. Certains timbres de voix nous apaisent et nous soignent. Nous sommes même emportés des fois par des sonorités rock, rap, voire plus « dures », selon les moments. Selon la personnalité, les affections et les objectifs des individus, le musicothérapeute peut se servir de deux approches :

  • La musicothérapie « active» facilite l’expression de soi. Elle privilégie des techniques d’intervention comme le chant, l’improvisation instrumentale ou gestuelle, la composition de chansons et l’exécution de mouvements rythmiques au son de la musique.
  • En mode « réceptif», l’écoute de la musique peut stimuler l’énergie créative et aider à accroître la concentration et la mémoire. La musique peut aussi faire surgir des émotions, parfois oubliées ou profondément enfouies. Le thérapeute pourra utiliser ces émotions pour enrichir la démarche thérapeutique, et mettre de nouveau la musique à contribution.

Victor Hugo dit : « La musique, c’est du bruit qui pense. » Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik a une approche scientifique de la musique qui participe à la constitution d’un monde humain et comment cet art majeur agit sur le développement du bébé comme exemple. La musique, élément qui participe de façon intuitive à l’ensemble de nos vies, musique qui booste, musique qui apaise… Dans tous les cas, la musique qui participe à l’épanouissement. Les bébés sont sensibles aux basses fréquences, et ne sont donc pas sensibles à tous les instruments dès lors que ceux-ci sont plutôt dans le registre des aigus. La musique participe à l’apaisement des craintes de l’enfant depuis toujours et constitue pour lui un moyen de réassurance naturel.

« Je m’en suis sortie, puisque je chante », déclarait Barbara. Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik analyse également dans un entretien la résilience de Barbara et son mystère grâce auquel la chanteuse a pu métamorphoser sa blessure en poésie. La chanteuse libanaise Fayrouz, devenue une idole dans le monde arabe, comme le fut Oum Khalsoum, réussit à incarner la paix, la tolérance et l’amour par sa voix.

Selon l’écrivain et neurologue britannique Oliver Sacks dans Musicophilia, jouer d’un instrument de musique combine une précision linguistique et mathématique. Les musiciens ont une mémoire plus développée et sont capables de mettre différentes étiquettes à leurs souvenirs (émotionnels, auditifs, contextuels, etc.), presque comme un moteur de recherche sur Internet.

Comment comprendre ainsi et apprécier une musique ? D’abord en nous laissant porter par les sentiments et les images qu’elle suggère, éventuellement orchestrés par les paroles. Mais surtout en n’oubliant pas que la musique est un langage universel, le plus abstrait qui soit car indépendant de toute référence extérieure. C’est ce langage que le compositeur met en œuvre avec plus ou moins de génie, que l’interprète s’efforce d’exploiter au mieux pour traduire tout ce dont la partition est porteuse, et que l’auditeur enfin doit s’approprier pour apprécier tous les rebondissements du discours musical.

Photomontage / Portraits  ©Haytham Daezly – Tous droits réservés

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Haytham Daezly, originaire de Tripoli-Liban, vit et travaille à Paris. Il est Docteur en Sciences de l’information et de la communication, directeur artistique en publicité, artiste visuel et actuellement médiateur culturel auprès de l’Institut du monde arabe à Paris.
Il est l’auteur de : « L’essor de la culture virtuelle au Liban, entre effervescence
numérique et instabilité politique : réseaux sociaux, musique en ligne et sites institutionnels ».
Mots-clés : #art #culture #médiation #numérique #TIC #Liban
Pour avoir une ample idée sur son parcours professionnel et artistique, vous pouvez consulter ses pages en ligne :
Lien thèse : http://theses.fr/2016LIMO0062
Lien blog : http://haythamdaezly.tumblr.com/

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