Alors que les pressions s’accentuent dans les procédures judiciaires dans le cadre des différentes affaires dans lesquelles sont impliqués les milieux financiers, avec des informations qui font état de pressions étrangères pour lutter contre les entraves à la justice locale, le quotidien An Nahar indique que le ministre de la justice Henry Khoury serait revenu sur son projet de création d’un comité regroupant juges et banques “selon la règle d’indépendance de la magistrature et des juges”.

Pour rappel, la création d’un tel comité avait pourtant été proposé suite au gel des biens de plusieurs banques et de leurs dirigeants qui seraient impliqués dans l’affaire Riad Salamé. Ce comité visait à offrir une immunité aux établissements bancaires et à leurs dirigeants au prétexte que ces procédures pourraient isoler le pays des cèdres.

Six banques libanaises, la Banque Audi, la Banque Med, la SGBL, la Banque Al Mawarid, la Banque Saradar, la BLOMBank, font en effet l’objet d’une demande d’information du juge d’instruction Jean Tannous concernant des transferts suspects des comptes du gouverneur de la Banque du Liban qui agit lui-même à la demande des enquêteurs suisses, français et luxembourgeois dans le cadre justement de la procédure actuelle portant sur la société Forry Associates. Si elles se retranchent derrière le secret bancaire, cette excuse ne serait pas pourtant valide en cas d’accusation de détournements de fonds publics selon les textes actuels.

Cependant, le premier ministre Najib Mikati, le procureur de la république Ghassan Oweidat et même le commandant des FSI seraient désormais accusés par des sources occidentales d’entrave à la justice pour avoir tenté d’interdire la justice locale de perquisitionner les établissements locaux suspectés d’être impliqués dans des détournements de fonds publics et de fournir aux justices françaises, suisses, allemandes et luxembourgeoises des informations que les enquêteurs demandent. Le premier ministre serait allé jusqu’à comparer la descente des enquêteurs financiers aux sièges des banques à l’invasion israélienne de 1982.

Ce manque de coopération des autorités politiques et judiciaires locales pourraient avoir justement pour conséquence l’isolement du Liban du système financier mondial.

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