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Dans un rapport publié par l’Institut pour l’Economie et la Paix qui mesure l’Indice de Paix Mondial, le Liban se classe désormais « à la 145ème place des pays des moins dangereux au Monde » en 2015, pour reprendre la terminologie utilisée, avec un score de 2,623 sur 5, en légère amélioration par rapport à 2014 ou il figurait à la 148ème place. Au niveau des régions du Proche et du Moyen Orient décrites comme étant les moins pacifiques, le Liban se situe au 13ème rang des 19 pays étudiés, le Qatar figurant au 1er rang, devançant le Koweit et les Emirats Arabes Unis. Toujours selon le même rapport, le pays le plus dangereux au Monde resterait encore cette année la Syrie, avec un score de 3,645, devançant l’Irak qui se place au 161 rang mondial. Le pays le plus pacifique au Monde est l’Islande, avec un score de 1,148/5.

Infographie: les critères de l'enquête
Infographie: les critères de l’enquête et les scores du Liban. Source: Institut pour l’Economie et la Paix, 1 point équivaut à un bon score, 5 étant le plus mauvais.

L’Institut pour l’Economie et la Paix chiffre le coût des violences au Liban à USD 6,713,404,001 soit 8% du PIB.
En détail, le rapport note une légère amélioration de « l’instabilité politique » au Liban, sans pour autant en donner les raisons mais note la présence récente désormais prouvée de Daech au Pays des Cèdres. L’organisation terroriste chercherait ainsi à déséquilibrer la région afin de favoriser son expansion. Cette menace ne doit toutefois pas être sous-estimée. La présence de 1,5 millions de réfugiés syriens au Liban, suite au conflit civil, est décrit comme ayant une conséquence signifiante sur la population libanaise. Au lieu de constituer des camps de réfugiés, les autorités libanaises favoriseraient, selon le rapport, une intégration des réfugiés avec la location de domiciles et l’achat des produits de première nécessité, amenant à équilibrer l’impact de leur présence avec des effets positifs et des effets négatifs sur l’économie libanais. Les auteurs du rapport s’interrogent cependant sur les effets à long terme de cette politique, notant que seuls 10% des fonds nécessaire à l’aide des réfugiés a été réuni par le Haut Commissariat aux Réfugiés, ainsi que cet afflux de main-d’oeuvre peut qualifié accroit les pressions sur le marché de l’emploi et sur les divisions socio-économiques.

L’intervention du Hezbollah en Syrie au côté du régime syrien, aurait aussi amené à l’activation de milices sunnites fondamentalistes au Pays des Cèdres, milices qui viseraient en représailles les zones chiites.

Autre écueil, l’Identité Religieuse impacte la légitimité de l’Etat auprès des ressortissants libanais et nuit aux indices mesurant « la Paix Positive ». La moyenne régionale de l’Indice de Paix Positive n’atteint que 3,3/5 en comparaison à un score de 2,2/5 en Europe. Le rapport estime que la violence inter-communautaire, notamment entre communautés sunnites et chiites n’est pas seulement la source du conflit régional, notant une coexistence relative au Qatar, Kowet et aux Emirats Arabes Unis, mais participe toutefois à ces violences dans d’autres pays, en raison des luttes d’influences entre Arabie Saoudite et Iran et favorisant l’expansion de l’Organisation de l’Etat Islamique de Syrie et du Levant, également appelé Daech.

Selon les auteurs de ce rapport, l’Indice de Paix Mondial mesure le niveau de paix au sein de 162 pays, sur la base de 23 indicateurs mesurant l’absence de violence et la peur de celle-ci. Il est calculé chaque année par l’Institut pour l’Economie et la Paix. D’une manière globale, l’année dernière, 81 pays ont vu leur niveau de paix s’améliorer, tandis que celui de 78 pays s’est détérioré. Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, à cause d’une amplification de l’instabilité civile et des activités terroristes, la région a atteint le niveau de paix le plus bas jamais recensé depuis la création de l’Indice.Parmi les autres enseignements, l’impact économique de la violence a atteint un total de 14.3 billions de dollars américains l’année passée, soit 13.4% du PIB mondial ou l’équivalent de l’agrégation des économies canadienne, française, allemande, espagnole et britannique.

François el Bacha

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