Il y a 14 ans, débutait ce qu’on appellera le conflit de juillet 2006, avec certaines conséquences qu’on connait jusqu’à aujourd’hui.

Ce conflit a bouleversé toutes nos vies. Les libanais ont pu constater, par les bombardements israéliens que cette guerre n’était pas une guerre entre Hezbollah et Israël mais entre Israël et le Liban, par l’intensité et l’ampleur des bombardements qui ont visé des infrastructures, ont tué jusqu’au coeur des régions, non seulement chiites, mais sunnites comme le Nord du Liban et chrétiennes comme le Kesrouan. C’était un conflit qui a donc concerné tous les Libanais au final quelles que soient leurs religions respectives ou encore leurs appartenances communautaires.

Force également est de constater que précédemment au conflit, en raison des évènements de 2005, certains pensaient le Hezbollah affaibli.

Leur lecture des évènements était totalement erronée, en raison notamment de mauvaises grilles de lecture. Ils ne voyaient pas la réalité mais leurs fanstames. Et effectivement, il n’en a rien été et ce conflit l’a même renforcé, d’où sa notion impliquant une victoire à la Pyrrhus mais une victoire tout de même. Le mouvement deviendra ainsi prépondérant sur la scène politique libanaise et même régionale avec son implication en Syrie ou au Yémen.

Il est devenu un partenaire de grandes puissances mondiales comme avec la Russie sur le terrain syrien et régionales avec l’Iran et la Syrie ou un ennemi de grandes puissances comme les Etats-Unis ou Israël comme il l’était déjà. De facto, il est devenu redouté ayant ramené à un équilibre sur une frontière avec Israël en raison de sa nature même de guérilla, là où toutes les armées de type conventionnel arabes ont échoué. Changer ce modèle de fonctionnement serait donc absurde en terme d’efficacité comme il le souligne, ce que réclament pourtant ses adversaires politiques locaux.

14 ans après, le Liban est à nouveau dans la crise mais non pour des raisons conflictuelles mais cette fois-ci économiques. Par ailleurs, le Pays des Cèdres est soumis à certaines pressions depuis plusieurs années, notamment américaines avec des risques de sanction économique. Cependant, à force de sanctionner, ” ce qui ne me tue pas me rend plus fort” comme dirait Nietzsche en ayant de facto sorti le Hezbollah du système bancaire, ce dernier est désormais immunisé à la crise puisqu’à côté, il a su constituer, un véritable système qu’on pourrait qualifier de proto-état parallèle non impacté par les dérives qui ont marqué le secteur financier traditionnel. Le Hezbollah a dû mettre en place des circuits d’approvisionnement financiers annexes, indépendants des transferts financiers traditionnels, il n’a pas investi dans la dette libanaise, et ainsi de suite.

Dans la crise, le Hezbollah risque encore une fois d’être le principal vainqueur contrairement aux désiratas de certains partis locaux et internationaux qui n’ont décidément pas changé de grille de lecture.

14 ans après, il semblerait donc que les leçons du conflit de juillet 2006 n’ont pas encore été digérées. Ce n’est pas en combattant ou en imposant des sanctions comme pour punir les mauvais élèves qu’on arrivera à la Paix, tout comme ce n’est pas en annexant, en ayant des politiques unilatérales qu’on arrivera à imposer des solutions aux conflits régionaux qui se multiplient d’ailleurs mais en dialoguant, en ouvrant des espaces d’ouverture, de mixité.

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