La justice suisse aurait mis en sous scellés les comptes bancaires personnels du gouverneur de la Banque du Liban alors que Daraj Media indique que des enquêtes à l’encontre de ce dernier ont également été lancées par les autorités judiciaires britanniques, françaises et américaines.

La somme gelée par les autorités helvétiques serait estimée à 400 millions de dollars.

Le gouverneur de la Banque du Liban est sous la sellette sur le plan international après avoir refusé, dans un premier temps, l’audit juricomptable des comptes de la Banque du Liban. Certaines sources estiment que cette procédure pourrait permettre la découverte de nombreuses anomalies financières dont certaines pourraient être liées à la crise que traverse actuellement le Liban.

Riad Salamé serait notamment accusé d’avoir favorisé certains groupes bancaires et leurs actionnaires au détriment de l’intérêt des déposants via des opérations d’ingénierie financières souvent comparées à un schéma de fraude de type Ponzi. La Banque du Liban a ainsi reversé près de 16 milliards de dollars entre 2016 et 2018, vidant ainsi une grande partie de ses réserves monétaires en faveur des établissements bancaires alors que ces établissements sont désormais considérés insolvables à l’étranger, ayant reversé la majeure partie de leurs profits à leurs actionnaires.

Le cabinet d’Alvarez & Marsal annonce son retrait de la procédure d’audit juricomptable, le 20 novembre 2020 après que la Banque du Liban ait refusé de répondre à 57% des questions posées, sous le prétexte du code du crédit et de la monnaie ou encore des législations liées au secret bancaire, plongeant le Liban dans l’incertitude. En effet, cet audit est désormais considéré comme essentiel pour l’obtention de l’aide de la communauté internationale, alors que les experts étrangers estiment qu’il s’agit plutôt de couvrir certaines anomalies et que l’enquête suisse vise à faire pression sur le gouverneur lui-même pour qu’il coopère totalement dans la procédure d’audit juricomptable.

Pour rappel, des rumeurs faisant état du transfert pour un montant estimé de 2.5 milliards de dollars appartenant essentiellement à des personnalités politiques et du monde des affaires ont provoqué un vif émoi en janvier 2020 avant d’être rapidement oubliée, alors que la majorité de la population libanaise est toujours confrontée à une grave crise de liquidité, qui a encore empirée alors que le l’association des banques du Liban (ABL) ait décidé de limiter les retraits et d’interdire « sauf cas urgent », les transferts à l’étranger.

Pour rappel, dès le 30 décembre 2019, le procureur de la république, le juge Ghassan Oueidat, avait demandé des informations préliminaires concernant ces transferts pour ensuite estimer les transferts à 5 milliards de dollars.

Cependant, l’enquête libanaise actuelle semble être suspendue en raison de protections politiques dont jouissent certaines hautes personnalités dont le gouverneur de la Banque du Liban.

Certaines sources indiquent cependant, que les autorités suisses ont pu se saisir du dossier sans donner plus de détails en raison du secret de l’enquête.

Les accusations de malversation rejetées par Riad Salamé

Pour rappel, Riad Salamé avait catégoriquement rejeté les accusations des autorités helvétiques qui avaient demandé des détails concernant certains virements. Il avait indiqué avoir transféré la somme 240 millions de dollars seulement à l’étranger depuis 2002.

Certaines sources indiquent que seraient visés par l’enquête, outre le gouverneur de la Banque du Liban lui-même, son frère Raja et son assistante Marianne Hoayek.

Outre la ministre de la justice Marie Claude Najem qui a transféré le dossier au procureur de la République, le Président de la République, le Général Michel Aoun et le Premier Ministre sortant Hassan Diab, auraient également été informés de la demande de Berne. 

De son côté, Riad Salamé – soutenu par le premier ministre désigné Saad Hariri – a démenti être à l’origine de tels transferts tout comme son frère ou encore son assistante. 

Cette information intervient alors qu’il avait déjà été accusé, en avril dernier, par Daraj Media, d’être à l’origine de tels mouvements de fonds. 

Le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, son frère Raja et sa proche conseillère Marianne Hoayek seraient accusés de détenir des comptes pour plusieurs centaines de millions de dollars sur base de documents fournis lors du scandale des Panama Papers. 

Ainsi, Marianne Hoayek aurait ouvert un compte au bénéfice de Riad Salamé pour plus de 187 millions de dollars au sein de la banque Banco Allado Panama et un autre compte au sein de VP Bank Tortola BVI pour 150 millions de dollars.

Par ailleurs, une société appartenant à Rami Makhouf, un cousin du président syrien Bachar el Assad aurait transféré au compte zurichois du gouverneur de la Banque du Liban 55 millions d’euros. Il possèderait également un compte de 80 millions d’euro à la First national Bank. 

Avec son frère Raja, il possèderait ainsi plus de 446 millions de dollars placés essentiellement à l’étranger. Quant à Marianne Hoayek, pour laquelle 340 millions de dollars auraient été placés sous son nom, elle est haut fonctionnaire au sein de la Banque du Liban.

Ces chiffres avaient été révélés lors que la question du renouvellement du mandat du gouverneur de la Banque du Liban en 2016 avant de voir l’affaire être étouffée, soulignait Dima Sadek.

La journaliste avait alors été convoquée en mai 2020, elle a été convoquée par les Forces de Sécurité Intérieure suite à une plainte « pour atteinte aux réputations des banques et au prestige de l’économie » du gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé.

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