Alors que la situation est critique sur un plan socio-politique, la population libanaise, ou du moins sur les réseaux sociaux, semble se divertir à coup de polémiques concernant l’affaire Mashou3 Leila comme s’il fallait écarter les forces vives de la Nation de toute action pour mobiliser et amener à faire face à des risques bien réels et, disons-voir, plus existentiels.

Un quotidien libanais anglophone en les a bien décrit ce jeudi, avec pêle-mêle: la crise gouvernementale, la réthorique sectaire de plus en plus importante, le retour de la crise des ordures, la pollution qui touche désormais le Liban à des niveaux alarmants, le taux de chômage qui atteindrait 25% de la population active selon le journal, ainsi que la circulation illégales d’armes ou la présence 1.5 millions de réfugiés présents sur son sol et un taux d’endettement public qui frise les 100 millions de dollars, les menaces contre la parité de la devise locale, etc…

On est en effet au bord du gouffre avec, à court terme, un prochain effondrement économique, les pays donateurs de CEDRE, notre bouée de sauvetage, refusant de libérer les fonds dont le Liban a tant besoin pour financer ses déficits, en raison de l’absence de réunion gouvernementale et donc le vide qui en résulte menaçant les quelques maigres efforts d’austérité théoriques du budget 2019, les agences de notation estimant que la politique souhaitée reste insuffisante et qu’il faille dévaluer la livre libanaise/restructurer la dette publique.

Toujours sur le plan des crises multiples, la politique n’est pas en reste et pour cause, elle en est l’un des facteurs déterminants aujourd’hui. Le fossé de la scène politique, en raison de la fusillade de Qabr Chamoun, semble s’élargir jour après jour, sans qu’on puisse voir un quelconque progrès pour le combler. Et pourtant, l’urgence est bien pour que l’action gouvernementale, seule à même à mettre de l’ordre dans une maison qui brule, manque toujours à l’appel.

À croire que le Liban tourne un remake de 50 nuances de crises, mais il s’agit avant tout d’agir selon les priorités actuelles.

L’affaire Mashrou3 Leila semble prendre cependant le pas sur l’actualité plus sérieuse, plus critique, plus grave pour le Liban, comme s’il s’agissait d’un problème créé de toute pièce puis entretenu par des personnes qui souhaitent manipuler l’opinion publique sur de fausses problématiques sous le couvert de l’agitation médiatique que soulève ce non-évènement.
S’agit-il de détourner l’opinion publique des vrais problèmes qui sont avant tout la crise politique, sociale et économique? Passez votre chemin, il n’y a rien à voir à ce niveau-là.

Il y a des enjeux plus globaux qu’un simple groupe qui monte sur scène d’un côté avec certaines tendance et de l’autre côté des religieux qui veulent défendre des valeurs auxquelles ils croient. Les 2 bords sont en cause, mais il semble également que certaines parties prenantes à cette polémique attisent un feu et l’entretiennent plus qu’il ne devrait l’être également, comme s’il s’agissait de dilapider l’énergie de la jeunesse sur des enjeux au final pas si majeurs par rapport à des dangers quasi-existentiels qui sont devant nous.

Il convient de penser un peu plus loin et voir les véritables tenants et aboutissants que de hurler et de s’agiter, en risquant de perdre bien plus par la suite. 

Ce n’est pas la liberté d’expression qui reste le principal enjeu aujourd’hui, puisqu’il de l’existence même d’un pays tout court qui est menacé. 30 000 nouveaux diplômés – cette immense majorité qui n’a plus même les moyens d’assister à un concert – quittent chaque année le Liban, un pays qui se vide de ses énergies vives, tandis que celles encore présentement se demandent comment encore survivre dans un environnement économique très incertain, voir même un environnement tout court ou sa santé est en danger.

Quel avenir s’offre aux libanais?

Il faut donc penser un peu plus loin et voir les véritables tenants et aboutissants que de hurler et de s’agiter, en risquant de perdre bien plus par la suite. Cela vaut pour les 2 camps opposés qui se trouvent être manipulés par un jeu qui les dépasse au final « pour amuser la galerie » au lieu d’en être conscients et ainsi d’agir l’un et l’autre de concert pour rendre le Liban meilleur.

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1 COMMENTAIRE

  1. Nous vendre à notre tour le libertarianisme des mœurs contre la soumission à leur politique et la mise sous leur coupe de l’économie et des centres de pouvoirs

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