“Nous avons été surpris par les paroles et la déclaration du Premier Ministre désigné dans la forme et par le contenu”, indique une série de tweets publiées par la Présidence de la République qui rappelle que le président, basé sur ses pouvoirs et sa volonté de faciliter le processus de formation, a envoyé à ce dernier un document énonçant la méthodologie pour former le gouvernement.

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La présidence publie ainsi à son tour un document concernant la formation du prochain cabinet et comportant un mécanisme de nomination de 20 ministres sans nom donc sans tiers de blocage contrairement aux accusations du premier ministre désigné Saad Hariri.

La méthode pour former un gouvernement est connue par le premier ministre, estime la Présidence de la République qui souligne que ce dernier avait déjà composé 2 gouvernements sous le mandat du Président actuel, le Général Michel Aoun. Il accuse également Saad Hariri d’avoir présenté, jusqu’à présent des listes incomplètes, l’accusant ainsi indirectement d’avoir saboté le processus de formation de ce cabinet pourtant nécessaire face à la crise économique que traverse actuellement le Pays des Cèdres.

Ce document comprendrait 4 piliers qui mènent à la formation d’un gouvernement par accord entre eux, note la présidence, dénonçant la publication par le premier ministre d’une liste de ministrables présentée par lui, le 9 décembre 2020, sans être approuvée par le Palais de Baabda.

“Le président de la République tient à former un gouvernement conforme à la constitution, et chaque mot qui a été prononcé par le premier ministre désigné et avant lui par les anciens chefs de gouvernement à propos du fait que le président de la république ne forme pas, mais promulgue plutôt, des mots qui contredisent la charte et la constitution et est inacceptable, car sa signature pour publier le décret de création est constructive et non publicitaire”

Le chef de l’état rappelle ainsi ses prérogatives et la nécessaire entente entre Premier Ministre et Présidence en vue de promulger le gouvernement selon la constitution libanaise, estimant que les paroles prononcées par Saad Hariri violent ainsi la constitution libanaise et le pacte national.

La présidence conclu en accusant indirectement Saad Hariri de n’avoir aucune intention de former en réalité un gouvernement, sans en connaitre la cause réelle.

Pour rappel, le premier ministre désigné s’en est vivement pris au chef de l’état à l’issue de sa réunion avec lui. ‘Le message d’Aoun est inacceptable parce que le PM désigné “n’est pas censé remplir les papiers pour qui que ce soit”, avait alors jugé le premier ministre désigné, “mais est celui qui forme le gouvernement”. “J’ai informé Aoun que je considérerai que je n’ai pas reçu la lettre de sa part et je la lui ai retournée”, a-t-il poursuivi, avant d’indiquer avoir remis sa proposition de répartition il y a 100 jours et être prêt à toute modification et compromis y compris au sujet du ministère de l’intérêt, accusant le chef de l’état de souhaiter obtenir un tiers de blocage au sein de son cabinet.

Pour rappel, les différents entre les 2 hommes porteraient sur la taille du prochain gouvernement ainsi que sur l’attribution des ministères de la justice et de l’intérieur, 2 portefeuilles clés dans le programme de lutte contre la corruption qui ravage les institutions publiques. Est notamment dans le viseur de la communauté internationale, la Banque du Liban elle-même dont le gouverneur, Riad Salamé, est un proche de Saad Hariri. Il avait vu ainsi ses biens suisses être gelés par la justice helvétique sur fond d’accusations de détournements de fonds.

À l’issue de cette réunion, Saad Hariri avait indiqué avoir fait une concession concernant l’attribution du ministère de l’intérieur mais également accusé le chef de l’état de continuer à exiger un tiers de blocage au sein du prochain cabinet.

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