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Beyrouth, Liban, le 22 avril 2015 – Les sanctions de 5ème catégories du nouveau code de la route adopté en 2012 entre en vigueur aujourd’hui en dépit de la polémique concernant les importantes amendes prévues par ce dernier.

Pour rappel, le nouveau code de la route prévoit ainsi la mise en place d’un renouvellement obligatoire des permis de conduite tous les 10 ans, contre un renouvellement obligatoire à partir de 50 ans aujourd’hui. Ce dernier comptera 12 points déduits à chaque infraction. Après épuisement de ces 12 points, le permis sera annulé pour 6 mois et nécessitera un passage dans une école de conduite pour son renouvellement. En cas de récidive, l’interdiction sera étendue sur une nouvelle période de 3 ans cette fois.

Le nouveau code prévoit également la mise en place d’un nouveau système d’immatriculation des véhicules. Les automobilistes ne seront également pas les seuls à se voir imposer la nouvelle loi en vigueur, les piétons qui traverseront une route en dehors des passages cloutés pourraient se voir infliger une amende allant de 20 000 à 100 000 Livres Libanaises. Les vitesses autorisées sont désormais de 50 km/h en agglomération, 70 sur les routes normales et de 80 à 100 km/h sur autoroute. En cas de pluie ou de mauvaise visibilité, toutes les vitesses maximales s’abaisseront à 50 km/h quelques soient les routes.

Les infractions sont désormais divisées en 5 catégories:

  1. La première catégorie d’infraction concerne l’absence de port de casque rendu obligatoire sur les bicyclettes et comporte des contraventions allant de 50 000 Livres Libanaises à 150 000 Livres Libanaises.
  2. La deuxième catégorie d’infraction concerne les véhicules comportant des vitres teintées interdites par la loi, ou encore l’absence de siège pour enfants âgés de moins de 5 ans, la présence d’un enfant de moins de 10 ans au siège passager et la présence d’un enfant de moins de 10 ans également sur une 2 roues motorisées. Ces infractions seront punies par des amendes s’étalant de 100 000 LL à 300 000 LL avec une déduction de 2 points du permis du conducteur.
  3. La 3ème catégorie d’infraction punie l’absence du port d’une ceinture de sécurité à bord d’un véhicule, du port d’un casque sur une moto, un taux d’alcoolémie entre 0,5 et 0,8 g, un excès de vitesse au delà de 20 km/h et inférieur à 40 km/h par rapport à la vitesse autorisée ou de l’utilisation d’un téléphone portable en conduisant. Les amendes sont de 200 000 LL à 450 000 LL avec la déduction de 3 points du permis de conduire.
  4. La catégorie 4 des infractions du nouveau code concerne la violation d’un feu rouge à une intersection, un taux d’alcoolémie entre 0,8 et 1 g/l, un excès de vitesse supérieur à 40km/h et inférieur à 60 km/h par rapport à la vitesse autorisée, ou le stationnement sur un passage piéton. Les contraventions seront estimées de 350 000 LL à 700 000 LL avec déduction de 4 points du permis.
  5. Enfin la 5ème catégorie d’infraction punie les manoeuvres dangereuses, la conduite sous l’emprise d’alcool ou de drogues, la fuite des lieux accident, l’absence d’assurances du véhicule ou des papiers du conducteur, l’utilisation d’un détecteur de radar routier ou pour les motos, le fait de rouler sur une seule roue, un taux d’alcoolémie supérieur à 1g/l dans le sang ou les excès de vitesse au delà de 60 km/h des vitesses autorisées. Les amendes iront de 1 millions de Livres Libanaises à 3 millions de Livres Libanaises avec un retrait de 6 points du permis de conduire et selon les cas, jusqu’à 2 ans de prison.

Les contraventions devront être payées dans 15 jours après infraction. Elles seront ensuite majorées durant les 15 prochain jours et en cas de défaut de paiement, un passage devant un juge sera obligatoire.

On peut cependant s’interroger sur l’exacte définition des “manoeuvres dangereuses”, telles que stipulées par le nouveau code ou des seuils de tolérance notamment en matière de consommation d’alcool ou des excès de vitesse (dépendant généralement des outils utilisés pour les calculer).

Aussi, nombreux ont été ceux, dont le ministre de l’intérieur Nouhad Machnouk lui-même, à estimer que les forces de sécurité sont dans l’incapacité à faire respecter le nouveau code de la route en raison d’un manque de personnel compétent. D’autres enfin ont dénoncé le montant des amendes stipulées, arguant du fait que ces dernières ne sont pas proportionnelles aux revenus de la population en général. Parmi les autres écueils, beaucoup ont noté la mauvaise visibilité des signes routiers et des limitations de vitesse parfois – et même souvent – cachés par les enseignes publicitaires.

Enfin, nombreux dans les réseaux sociaux ont estimé certes nécessaire l’adoption d’un nouveau code de la route mais s’interrogeaient déjà sur l’état actuel des infrastructures routières dont l’absence de réelles autoroutes fermées à la fois aux piétons et dont l’accès devrait être interdit aux magasins. Ils dénoncent également l’absence de campagne médiatique sur les chaines et les radios libanaise afin de sensibiliser et d’informer la population par rapport aux nouvelles réglementations mises en place.

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