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Liban : l’UE débloque 505 millions d’euros

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L’Union européenne a adopté une nouvelle enveloppe financière de 505 millions d’euros en faveur du Liban pour 2026 et 2027. Annoncée à New York en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, cette aide doit financer les services essentiels, accompagner les réformes et la reprise économique, renforcer la sécurité et la gestion des frontières, mais aussi soutenir les populations les plus vulnérables. Elle constitue le deuxième volet du programme d’un milliard d’euros annoncé en mai 2024 par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

505 millions d’euros pour le Liban en 2026 et 2027

La nouvelle enveloppe européenne doit être déployée sur deux ans. Elle intervient alors que le Liban doit simultanément faire face aux conséquences du conflit, aux déplacements de population, à une situation économique fragile et à la nécessité de poursuivre plusieurs réformes institutionnelles.

L’aide de 505 millions d’euros se répartira autour de trois grands axes : les services essentiels et les populations vulnérables, la reprise économique associée aux réformes et à la sécurité, puis le soutien à la société civile et à la culture.

La commissaire européenne chargée de la Méditerranée, Dubravka Šuica, a annoncé le financement à New York, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies.

Cette nouvelle enveloppe représente un peu plus de la moitié du programme européen d’un milliard d’euros annoncé à Beyrouth en mai 2024. Une première tranche de 500 millions d’euros avait été adoptée en août 2024 pour couvrir les années 2024 et 2025.

Le financement pour 2026 et 2027 prolonge donc un dispositif déjà engagé plutôt qu’il ne constitue une nouvelle enveloppe indépendante d’un milliard d’euros.

Santé, éducation, eau et protection sociale

Une partie importante de l’aide européenne sera consacrée au maintien des services essentiels. Le programme couvre notamment l’éducation, la santé, la protection sociale et l’accès à l’eau.

Des aides financières doivent être accordées aux familles les plus vulnérables ainsi qu’aux personnes en situation de handicap. Le financement doit également faciliter l’accès aux soins de santé primaires.

Cet axe répond à une difficulté structurelle du Liban. Après plusieurs années de crise économique, les capacités financières de l’État restent limitées alors que les besoins sociaux ont augmenté. Les conséquences des affrontements et des déplacements de population ont encore accru la pression sur les infrastructures et les services publics.

L’Union européenne prévoit parallèlement d’accompagner les autorités libanaises afin qu’elles puissent progressivement assumer davantage la gestion et le financement de ces services.

Cette dimension est importante dans la nouvelle programmation. L’objectif affiché n’est pas seulement de financer des dispositifs d’urgence, mais aussi d’accroître progressivement la capacité des institutions libanaises à maintenir les services essentiels.

Les réfugiés syriens également concernés

La question des réfugiés syriens occupe une place dans le programme. L’Union européenne prévoit de soutenir ce qu’elle qualifie de solutions durables pour les réfugiés originaires de Syrie.

Le dispositif mentionne explicitement les retours sûrs, volontaires et dignes.

Cette formulation intervient alors que le dossier des réfugiés syriens reste l’un des principaux sujets de discussion entre Beyrouth et ses partenaires européens. Le Liban accueille toujours une importante population syrienne après plus d’une décennie de conflit en Syrie.

Le financement européen doit donc intervenir à deux niveaux. Il continuera de soutenir les populations vulnérables présentes au Liban tout en accompagnant les solutions permettant le retour de réfugiés lorsque les conditions nécessaires sont réunies.

Les autorités libanaises doivent parallèlement être aidées pour reprendre progressivement la gestion des services essentiels aujourd’hui soutenus par les partenaires internationaux.

L’aide de l’UE liée aux réformes du Liban

Le deuxième grand volet de l’enveloppe concerne directement les réformes institutionnelles et économiques.

L’Union européenne prévoit de soutenir le secteur de la justice ainsi que les organismes de contrôle et les autorités de régulation. Le Parlement libanais figure également parmi les institutions concernées.

Les programmes doivent par ailleurs porter sur les droits humains.

Cette orientation s’inscrit dans la coopération engagée depuis plusieurs années entre le Liban et l’Union européenne. Les réformes de la gouvernance et des institutions constituent l’un des principaux axes de cette relation.

L’enveloppe doit aussi renforcer la capacité du secteur privé à résister aux chocs et accompagner la reprise économique, notamment dans les régions directement affectées par le conflit.

Ce soutien intervient dans un contexte où la reconstruction et la relance de l’activité constituent des enjeux majeurs pour plusieurs régions libanaises. Les destructions, les déplacements et les interruptions d’activité ont fragilisé des entreprises et réduit les revenus de nombreux ménages.

Les 505 millions d’euros ne sont toutefois pas présentés comme un fonds exclusivement destiné à la reconstruction. L’enveloppe couvre un périmètre beaucoup plus large, allant des services sociaux aux institutions publiques, en passant par la sécurité, les frontières et la société civile.

Sécurité et frontières parmi les priorités

Le renforcement du secteur de la sécurité constitue un autre volet de l’aide européenne.

L’Union européenne prévoit notamment un soutien à la gestion des frontières. Cette orientation figurait déjà parmi les objectifs du programme d’un milliard d’euros annoncé en 2024.

La question des frontières se situe au croisement de plusieurs priorités européennes et libanaises : sécurité du territoire, lutte contre les trafics et gestion des mouvements de population.

L’aide doit également contribuer au renforcement plus général du secteur sécuritaire libanais.

Ce volet prend une importance supplémentaire en 2026 compte tenu des conséquences du conflit et des enjeux liés au contrôle du territoire. L’Union européenne prépare parallèlement une mission destinée à conseiller et à former les forces armées libanaises.

Le financement de 505 millions d’euros et cette future mission constituent cependant deux éléments distincts de l’engagement européen au Liban.

Une enveloppe également destinée à la société civile

Le troisième axe concerne la société civile et la culture.

L’Union européenne prévoit de soutenir les organisations actives dans les droits des femmes, des jeunes, des minorités et des personnes en situation de handicap.

Des initiatives liées à la participation démocratique, à la transparence et à la lutte contre la corruption doivent également bénéficier du financement.

Une partie de l’aide sera consacrée à la cohésion sociale. Cette question prend une dimension particulière dans un pays confronté simultanément à une crise économique prolongée, à des déplacements de population et aux conséquences de plusieurs épisodes de conflit.

Le patrimoine culturel libanais figure enfin parmi les domaines couverts par le programme européen. Des financements pourront être mobilisés pour contribuer à sa protection.

Le deuxième volet du milliard annoncé en 2024

L’enveloppe annoncée cette semaine s’inscrit dans un engagement pris plus de deux ans auparavant.

En mai 2024, Ursula von der Leyen s’était rendue à Beyrouth et avait annoncé une aide européenne d’un milliard d’euros au Liban pour la période 2024-2027.

Le programme devait contribuer à la stabilité socio-économique du pays, au maintien des services essentiels, aux réformes et à la reprise économique. La sécurité et la gestion des frontières figuraient également parmi les priorités.

Une première tranche de 500 millions d’euros couvrant 2024 et 2025 avait été adoptée en août 2024.

Les 505 millions annoncés pour 2026 et 2027 constituent désormais la seconde phase de cette programmation. L’ensemble des deux volets atteint ainsi légèrement plus d’un milliard d’euros.

Ce soutien s’ajoute aux autres financements européens accordés au Liban. Depuis 2011, l’Union européenne indique avoir mobilisé plus de 3,5 milliards d’euros d’assistance en faveur du pays, notamment pour les Libanais vulnérables et les réfugiés syriens.

100 millions d’euros d’aide humanitaire en 2026

La nouvelle enveloppe doit également être distinguée de l’aide humanitaire d’urgence.

En 2026, l’Union européenne a mobilisé 100 millions d’euros d’aide humanitaire au Liban. Ces financements répondent notamment aux besoins provoqués par les déplacements massifs de population.

Les programmes humanitaires couvrent les soins médicaux d’urgence, l’hébergement, les besoins de première nécessité, la protection et l’éducation.

Plus d’un million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du Liban depuis l’escalade du conflit en mars 2026. Cette situation a fortement augmenté les besoins humanitaires, particulièrement dans les zones touchées par les affrontements et parmi les populations contraintes de quitter leur domicile.

Les 505 millions d’euros annoncés pour 2026 et 2027 ont une logique différente. Ils associent aide sociale, reprise économique et soutien institutionnel sur une période plus longue.

Une mise en œuvre avec les autorités libanaises

Les financements européens doivent être mis en œuvre avec plusieurs catégories de partenaires.

Les autorités libanaises seront directement associées aux programmes. Des agences des Nations unies, des organisations internationales et des acteurs de la société civile participeront également à leur exécution.

Cette organisation signifie que les 505 millions d’euros ne correspondent pas à un versement unique et direct au gouvernement libanais. Les fonds seront répartis entre différents programmes et mécanismes en fonction des domaines concernés et de leurs modalités de mise en œuvre.

La Commission européenne avait déjà adopté, en juillet 2026, des décisions de financement portant sur le soutien aux Libanais vulnérables et aux réfugiés syriens, ainsi que sur la reprise, les réformes, la société civile et la culture.

L’annonce faite à New York formalise désormais le deuxième volet de l’engagement financier pris en 2024. Les prochaines étapes concerneront le déploiement concret des différents programmes en 2026 et 2027, ainsi que leur articulation avec les réformes et les besoins de reconstruction et de reprise économique du Liban.

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Newsdesk Libnanews
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