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Ormuz : l’Iran inclut le Liban dans son plan de trêve

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L’Iran a inclus le Liban dans une proposition transmise aux États-Unis pour mettre fin à la guerre et rouvrir le détroit d’Ormuz. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a indiqué à New York que Téhéran pourrait rouvrir cette voie maritime stratégique dans un délai de sept jours si ses conditions étaient satisfaites. Parmi elles figure une cessation des hostilités sur les différents fronts du Moyen-Orient, y compris au Liban. La proposition associe ainsi directement les opérations israéliennes sur le territoire libanais aux négociations entre Washington et Téhéran, alors que les autorités libanaises tentent parallèlement d’obtenir un règlement au Liban-Sud.

Le Liban apparaît désormais explicitement dans les conditions iraniennes pour une sortie de crise avec les États-Unis. Présent à New York à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies, Abbas Araghchi a détaillé un plan permettant, selon lui, de mettre fin aux hostilités et de rouvrir le détroit d’Ormuz dans un délai de sept jours.

« Si certaines conditions sont remplies, le détroit sera ouvert dans les sept jours et les discussions commenceront », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères à plusieurs médias internationaux.

Le projet ne concerne toutefois pas seulement les relations entre Washington et Téhéran. L’une des exigences iraniennes porte sur une cessation des hostilités dans la région. Le Liban fait partie des fronts explicitement concernés.

Cette condition donne au dossier libanais une place dans une négociation dont l’enjeu immédiat est pourtant situé à plus de 2 000 kilomètres : le détroit d’Ormuz, passage maritime essentiel aux exportations énergétiques du Golfe et devenu l’un des principaux moyens de pression de l’Iran dans sa confrontation avec les États-Unis.

L’Iran demande l’arrêt des hostilités au Liban

Selon les éléments exposés par Abbas Araghchi à New York, le plan iranien prévoit une cessation des hostilités sur les différents fronts régionaux pendant la période conduisant à la réouverture du détroit.

Le Liban est directement inclus dans cette exigence.

Dans les discussions actuelles, cette référence vise les opérations militaires israéliennes au Liban et s’inscrit dans une demande iranienne plus large d’arrêt des combats sur les différents théâtres de la confrontation régionale.

Des responsables iraniens avaient déjà lié, au cours des derniers mois, la question du détroit d’Ormuz aux opérations israéliennes au Liban. La position présentée cette semaine à New York formalise davantage ce lien en l’intégrant aux conditions soumises à Washington.

Le ministre iranien affirme qu’en cas d’application des engagements demandés, Téhéran serait prêt à rouvrir le détroit au septième jour et à engager des discussions avec les États-Unis.

La proposition place donc le Liban dans un ensemble diplomatique beaucoup plus vaste. Les opérations israéliennes sur son territoire deviennent, dans la position défendue par Téhéran, l’un des éléments à régler pour permettre une désescalade entre l’Iran et les États-Unis.

Sept jours pour rouvrir le détroit d’Ormuz

Le calendrier avancé par Téhéran est particulièrement court.

L’Iran propose une séquence de sept jours au cours de laquelle les conditions posées aux États-Unis devraient être appliquées. À l’issue de cette période, le détroit d’Ormuz serait rouvert.

Cette proposition avait commencé à circuler plus tôt dans la semaine. L’agence japonaise Kyodo avait rapporté, en citant un haut responsable iranien, que Téhéran avait proposé aux États-Unis un mécanisme permettant de rouvrir le détroit en une semaine.

Des médias iraniens avaient dans un premier temps contesté certaines informations relatives à cette proposition, sans que les autorités de Téhéran clarifient immédiatement l’ensemble du dispositif.

Les déclarations faites depuis à New York par Abbas Araghchi permettent d’en préciser une partie. Le chef de la diplomatie iranienne confirme l’existence d’un plan et conditionne la réouverture d’Ormuz à des mesures américaines et régionales.

La prudence reste cependant nécessaire sur le détail exact des conditions. Plusieurs versions du plan ont circulé et les responsables iraniens n’ont pas tous présenté publiquement une liste identique.

Un point apparaît néanmoins de manière récurrente : Téhéran veut que la désescalade dépasse le seul face-à-face irano-américain.

Levée des sanctions et 12 milliards de dollars d’avoirs gelés

Les demandes iraniennes comportent également un volet économique majeur.

Selon les conditions exposées par Abbas Araghchi, Washington devrait permettre la libération d’avoirs iraniens gelés à l’étranger. Leur montant est évalué à au moins 12 milliards de dollars dans la proposition présentée cette semaine.

Téhéran demande également un assouplissement ou une levée des sanctions qui frappent ses exportations pétrolières.

Cette exigence est centrale pour l’économie iranienne. Le pétrole reste une source majeure de revenus pour le pays, alors que les sanctions américaines limitent son accès au système financier international et compliquent ses transactions commerciales.

L’Iran demande en outre la fin du blocus naval américain qui pèse sur ses activités maritimes.

Ces conditions permettent de comprendre pourquoi Téhéran associe la réouverture d’Ormuz à un règlement politique plus large. Le contrôle du passage maritime constitue l’un de ses principaux leviers dans la confrontation avec Washington.

L’Iran propose de renoncer à ce levier en échange de mesures militaires, économiques et diplomatiques.

Araghchi a rencontré Steve Witkoff à New York

Les propositions ne circulent pas uniquement par déclarations publiques.

Abbas Araghchi a rencontré cette semaine à New York Steve Witkoff, l’émissaire du président américain Donald Trump. Les discussions ont porté notamment sur les conditions iraniennes, la réouverture du détroit d’Ormuz et les possibilités de reprendre un dialogue.

La rencontre intervient alors que les deux pays restent engagés dans une confrontation militaire, malgré plusieurs tentatives de médiation depuis le début de l’année.

Araghchi affirme désormais attendre une réponse américaine.

Des responsables iraniens ont parallèlement indiqué que Washington disposait de quelques jours pour se prononcer sur les conditions transmises par Téhéran. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaei, a déclaré que les demandes devaient être appliquées intégralement.

Selon cette position, l’Iran ne souhaite plus ouvrir une nouvelle négociation sur la liste des conditions avant leur mise en œuvre. Téhéran demande désormais des actes de la part de Washington.

La partie américaine s’est montrée plus prudente. Le secrétaire d’État Marco Rubio a refusé de présenter les échanges de New York comme une percée diplomatique majeure, tout en maintenant ouverte la possibilité de discussions.

Pourquoi le Liban se retrouve dans les négociations sur Ormuz

L’apparition du Liban dans cette négociation ne vient pas de la situation du détroit elle-même. Elle découle de la manière dont l’Iran présente depuis plusieurs mois la guerre régionale.

Téhéran considère les différents théâtres de confrontation comme liés. Une trêve avec les États-Unis ne pourrait donc, selon cette position, être durable si les opérations se poursuivaient simultanément au Liban ou sur d’autres fronts.

Cette approche avait déjà produit des conséquences concrètes au printemps et au début de l’été.

Les discussions entre Washington et Téhéran avaient alors comporté des références à la cessation des hostilités au Liban. En juin, l’Iran avait de nouveau accusé les États-Unis de ne pas respecter leurs engagements en raison de la poursuite des opérations israéliennes sur le territoire libanais.

Le dossier libanais n’apparaît donc pas pour la première fois dans les échanges irano-américains. Ce qui change cette semaine est son intégration explicite à un mécanisme proposé pour obtenir la réouverture rapide d’Ormuz.

Pour le Liban, cette évolution est importante parce qu’elle internationalise davantage un dossier que Beyrouth cherche précisément à replacer sous son propre contrôle.

Beyrouth cherche parallèlement son propre règlement au Sud

La proposition iranienne arrive alors que les autorités libanaises suivent une démarche diplomatique distincte.

Le président Joseph Aoun et le gouvernement de Nawaf Salam cherchent à obtenir la fin des opérations israéliennes, le retrait d’Israël des positions encore occupées et le retour des habitants dans les régions frontalières.

Ils défendent parallèlement l’extension de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et le monopole des armes par les institutions libanaises.

Cette semaine encore, Joseph Aoun a affirmé devant des militaires que les armes de l’armée libanaise étaient « les seules armes légitimes ». Le président a toutefois insisté sur la nécessité pour l’armée de conserver la confiance de l’ensemble des Libanais et de protéger tous les citoyens.

Le Hezbollah et le mouvement Amal ont, de leur côté, indiqué vendredi qu’ils n’étaient pas opposés à une « solution politique » au Liban-Sud.

Le député Hassan Fadlallah a affirmé que les deux formations étaient ouvertes à des négociations indirectes si celles-ci permettaient d’obtenir la libération du territoire, le retour des habitants et la reconstruction.

Ces positions montrent que plusieurs canaux diplomatiques évoluent simultanément autour du Liban-Sud.

D’un côté, Beyrouth cherche un règlement dans lequel l’État et l’armée récupéreraient la pleine maîtrise du territoire. De l’autre, Téhéran inscrit désormais la cessation des hostilités au Liban parmi les conditions de sa propre négociation stratégique avec Washington.

Le précédent de juin

La situation rappelle les discussions menées quelques mois plus tôt.

En juin, les États-Unis et l’Iran avaient signé un mémorandum destiné à mettre fin à leur guerre, à rouvrir le détroit d’Ormuz et à lancer des discussions sur le programme nucléaire iranien.

L’accord n’avait cependant pas produit de règlement durable.

Les tensions étaient rapidement revenues dans le détroit. L’Iran avait notamment tiré sur des navires commerciaux qu’il accusait de ne pas respecter les voies de navigation et les procédures d’autorisation imposées par Téhéran.

Les États-Unis avaient répondu par des frappes ponctuelles contre des secteurs côtiers iraniens.

Le détroit est depuis resté au centre du rapport de force.

Cette expérience explique également la volonté iranienne actuelle d’obtenir des garanties portant sur plusieurs fronts avant de renoncer à son principal moyen de pression maritime.

Ormuz, un enjeu mondial

Le détroit d’Ormuz donne à la négociation une dimension dépassant largement le Moyen-Orient.

Cette étroite voie maritime située entre l’Iran et Oman relie le golfe Persique au golfe d’Oman puis à l’océan Indien. Une part majeure du pétrole et du gaz exportés par les producteurs du Golfe y transite.

Toute perturbation de la navigation affecte donc rapidement les marchés énergétiques, les coûts du transport maritime et les primes d’assurance.

La fermeture ou la restriction du passage ne touche pas uniquement les États-Unis et l’Iran. Elle concerne directement les producteurs du Golfe et les grandes économies importatrices d’énergie en Asie et en Europe.

Cette dimension explique l’implication de plusieurs puissances dans les efforts diplomatiques.

Abbas Araghchi affirme notamment que la Chine soutient le plan iranien. Pékin dispose d’un intérêt majeur à la stabilité des approvisionnements énergétiques du Golfe.

Le président chinois Xi Jinping se trouve par ailleurs aux États-Unis cette semaine pour des discussions avec Donald Trump, ce qui ajoute un canal diplomatique potentiel aux échanges en cours.

Le Yémen également intégré aux demandes iraniennes

Le Liban n’est pas le seul front régional cité dans les exigences de Téhéran.

Hossein Mohebi, porte-parole des Gardiens de la révolution, a indiqué que la fin des hostilités au Yémen faisait également partie des demandes iraniennes.

Cette question est directement liée à la sécurité maritime. Les Houthis contrôlent des zones du Yémen donnant accès au détroit de Bab el-Mandeb, autre passage essentiel pour les échanges entre l’océan Indien, la mer Rouge et le canal de Suez.

Des responsables militaires iraniens ont averti qu’une poursuite de l’escalade pourrait également affecter ce passage.

Le dispositif défendu par Téhéran associe donc deux des voies maritimes les plus stratégiques de la région à une cessation plus générale des hostilités.

Washington doit désormais répondre

L’administration Trump n’a pas encore accepté publiquement les conditions iraniennes. Les échanges menés à New York n’ont pas non plus débouché sur l’annonce d’un nouvel accord.

La proposition doit donc encore franchir plusieurs étapes avant de pouvoir produire un cessez-le-feu au Liban.

Il faudrait d’abord que Washington accepte les conditions ou parvienne à un compromis avec Téhéran. Se poserait ensuite la question de leur application par Israël, puisque l’arrêt des opérations au Liban ne dépend pas des seuls États-Unis.

La formulation iranienne ne signifie donc pas qu’un cessez-le-feu libanais est acquis dans les sept jours. Elle signifie que Téhéran en fait désormais une condition de son offre à Washington.

Cette distinction est essentielle alors que plusieurs versions du plan circulent et que les négociations restent en cours.

Pour Beyrouth, le développement place une nouvelle fois le Liban à l’intersection de deux processus : ses propres discussions sur le retrait israélien, le contrôle du Sud et les armes du Hezbollah, et la négociation beaucoup plus large entre Washington et Téhéran.

La réponse américaine au plan présenté par Abbas Araghchi permettra désormais de savoir si cette proposition restera une liste de conditions iraniennes ou si elle deviendra la base d’une nouvelle séquence de négociations dans laquelle le cessez-le-feu au Liban constituerait l’un des éléments du règlement régional.

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