Il s’agit du lieu où – selon la légende – Astarté ou Ishtar, hellénisée en Aphrodite et romanisée en Vénus – aurait pleuré Adonis, son amant qui aurait expié suite à la charge d’un sanglier.

Les lieux sont intimement liés à la légende même d’Adonis. Il est donc normal que notre périple puisse s’y achever sur les traces des Adonies. Ces fêtes sont liées à la résurrection du printemps.

Rappelons qu’elles se déroulaient sous la forme d’une procession de la ville de Byblos jusqu’à ses lieux durant 2 jours. Il s’agissait d’un jour consacré au deuil puis d’un jour consacré à la joie.

La vallée est également connue pour héberger une grande quantité d’Anémones. Cette fleur est également à rattacher à la légende d’Adonis. On prétend que les larmes d’Aphrodites mêlées au sang d’Adonis se sont transformées en cette espèce végétale.

La source d’Adonis surgit d’une grande cave située au tiers inférieur de la falaise calcaire d’Afqa. La période actuelle étant celle de la fonte des neiges, on remarquera que les flots sont importants et projettent des fines gouttelettes.

Attention aux personnes qui s’en approchent:
Les pierres sont assez glissantes. De nombreuses personnes qui s’en sont rapprochées, ont été emportées par les flots et sont décédées.
La grotte principale formée par l’écoulement des eaux serait visitable dans d’autres saisons sur plus de 3000 mètres pour les spéléologues chevronnés.

Pourquoi le fleuve d’Adonis est-il associé à cette histoire de la mythologie grecque?

Tout d’abord, lors de son passage dans la vallée de Nahr Ibrahim, les eaux du fleuve se chargent en Oxyde de Fer de couleur rouge que les anciens associaient au sang d’Adonis agonisant.

Les restes du temple d'Ishtar, détruit lors de la Christianisation du Liban et de la lutte contre le Paganisme. 
Crédit Photo: François el Bacha pour Libnanews.com. Tous droits réservés.
Les restes du temple d’Ishtar, détruit lors de la Christianisation du Liban et de la lutte contre le Paganisme.
Crédit Photo: François el Bacha pour Libnanews.com. Tous droits réservés.

Cette conception amènera à la construction d’un temple d’Ishtar, repris ensuite par le culte d’Aphrodite ou – dit-on – sera pratiquée la prostitution sacrée ou rituelle.
Ce temple dont on devine encore les ruines à proximité de la source sera détruit par Constantin le Grand vers le IIIème siècle après Jc lors de la christianisation de l’Empire Romain et définitivement abandonné du temps de Théodore.

Cependant, des personnes viennent encore sur les lieux déposer des bougies et prier, notamment des femmes ayant des difficultés à avoir des enfants, le culte, indirectement, se transmettant jusqu’à aujourd’hui sous une forme ou une autre.

Les restes de l'aqueduc romain, de Nahr Brahim.
Crédit Photo: François el Bacha pour Libnanews.com. Tous droits réservés.
Les restes du temple d’Ishtar, détruit lors de la Christianisation du Liban et de la lutte contre le Paganisme.
Crédit Photo: François el Bacha pour Libnanews.com. Tous droits réservés.

Le temple romain d’Afqa est complété par un aqueduc romain dont les restes sont toujours visibles.

On peut cependant regretter les aménagements actuellement en cours qui détruisent le cachet un peu sauvage des sources – il s’agit tout d’abord de la reconstruction du pont ancien qui a été détruit par un bombardement israélien lors du conflit de 2006, mais également la mise en place de plusieurs niveaux de terrasses sans parler d’aménagements de corridors en béton pour canaliser l’eau, une tentative assez vaine au regard de la force des flots.

À noter également l’Hospitalité de la population locale du village homonyme situé un peu plus loin en poursuivant la route qui vous offrira quelques délicieuses cerises afin de vous faire acheter toute une caisse ensuite…

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