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La ministre sortante de la Justice, Marie Claude Najm, dont les services ont pourtant estimé que le contrat signé par le ministère des finances avec le cabinet Alvarez & Marsal est compatible avec la réglementation en vigueur du secret bancaire, a déclaré qu’il n’y aura pas  » de réformes, ni de recouvrement des fonds sans audit juricomptable des comptes de la Banque du Liban ».Elle faisait allusion au refus du gouverneur de la BdL de répondre à un certain nombre de questions posées par le cabinet d’Audit Alvarez & Marsal en charge de l’audit juricomptable.

La Ministre s’exprimait alors sur Twitter.

Pour rappel, une nouvelle polémique est apparue après le refus du gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, de répondre à 57% des questions du cabinet Alvarez & Marsal -portant sur les réserves monétaires et les transferts effectués, qui pourraient avoir été en partie détournés dans le cadre du programme de subvention à l’achat des produits de première nécessité- n’ont eu aucune réponse, alors que experts légaux estiment que ces questions ne sont pas couvertes par le secret bancaire.

Ce cabinet aurait déjà opéré avec succès dans des pays où des réglementations instaurant un secret bancaire étaient pourtant en place sans que cela ne cause un problème.

Des sources proches du Ministère des Finances ont indiqué précédemment au quotidien The Daily Star que le contrat visant à mener un audit juricomptable des comptes de la Banque du Liban ne contredisait pas la règlementation actuelle du secret bancaire, prenant ainsi à contrepied le gouverneur de la Banque Centrale, Riad Salamé.

Riad Salamé avait accusé les médias de mener une cabale à son encontre après que le site Forbes avait indiqué que les responsables de la BdL n’avaient répondu qu’à 43% des questions menées par le cabinet d’audit. Ces dernières porteraient notamment sur les réserves monétaires de la BdL.

Il indique qu’il pourrait répondre à ces questions au cas où le gouvernement décide de lever le secret bancaire sur l’ensemble des comptes bancaires. Cependant, cette procédure nécessite l’adoption d’une nouvelle loi, la rendant fort improbable, 43% des actions des banques appartenant à des personnes exposées politiquement.

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Certains experts avaient confirmé dès hier ces informations, indiquant que ces dossiers n’étaient pas couverts par la législation portant sur le secret bancaire, estimant que Riad Salamé pourrait temporiser la procédure en cours afin de la faire avorter après la nomination de Saad Hariri, son protecteur, comme premier ministre.

Selon le quotidien The Daily Star, le ministère de la justice aurait garanti que le contrat signé par le gouvernement Hassan Diab en vue de mener un audit juricomptable et d’identifier ainsi les anomalies qu’aurait commises le gouverneur de la BdL serait compatible avec la législation locale.

Selon Forbes, plus de 100 questions posées par Alvarez & Marsal n’auraient pas eu de réponses de la part de la Banque du Liban qui s’était retranché sous les législations liées au secret bancaire. Le site rappelle également que le ministre des finances, proche du Président de la Chambre Nabih Berri, avait indiqué que ses soutiens politiques ne souhaitaient pas que soient conduit un audit juricomptable des comptes de la Banque du Liban.

Des sources ont indiqué à Libnanews que certains proches de Nabih Berri pourraient être impliqués dans quelques anomalies notamment au niveau de certaines filiales de la MEA.

Forbes a également publié la liste de questions posées aux responsables de la Banque du Liban. Il s’agirait de questions liées à un audit juricomptable, à la gouvernance, aux contrôles ou encore à l’infrastructure technologique utilisée.

Face à ce refus, Alvarez & Marsal pourrait annoncer début novembre son refus de poursuivre l’audit ,faute de documents requis alors qu’un nouveau délai, celui du 3 novembre, a été donné à la Banque Centrale pour répondre aux nouvelles questions qui lui sont adressées

Selon le document publié par Forbes, contrairement aux propos du gouverneur de la Banque du Liban, aucune question ne concernerait les dépôts de la BdL eux-même. Il s’agit plutôt de détailler les procédures et les politiques financières, dont certaines sont liées au principe de profits fiduciaires, objets de critiques visant justement Riad Salamé.

Selon des documents d’audit confidentiels et qui ont été rendus publics, le gouverneur de la Banque du Liban aurait ainsi abusé de la création de profits fiduciaires pour engendrer des profits artificiels enregistrés comme réserves monétaires par la BdL, alors qu’en réalité, ces réserves étaient négatives de près de 30 milliards de dollars. Ce facteur pourrait expliquer en grande partie l’origine de la crise en devises étrangères que vit aujourd’hui le Pays des Cèdres.

Par ailleurs, ces procédures pourraient révéler les personnes et les institutions privées qui ont bénéficié des opérations d’ingénierie financières menées par la banque centrale entre 2016 et 2018 et qui ont également contribué à l’épuisement des devises étrangères.

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