Alors que le Hezbollah procède une opération militaire visant à déloger les organisations Daesh et Al Nosra des hauteurs de la localité d’Aarsal, certains s’interrogent sur l’opportunité d’une telle offensive menée par l’organisation chiite. Ils oublient qu’ils sont cependant quelque peu responsable de l’incapacité et de la paralysie qui touche l’Armée Libanaise, non pas qu’elle soit incapable d’une telle opération mais elle n’a pas l’autorisation de mener une offensive militaire.

Il revenait certes à l’Armée Libanaise de liquider les groupuscules terroristes d’Aarsal depuis qu’ils y sont installés. L’opération aurait dû logiquement intervenir après la prise d’Aarsal en 2014 par ces mêmes mouvements. L’Armée Libanaise a vu une nouvelle fois son périmètre d’action limité par le pouvoir politique qui n’a pas pris la décision d’intervenir sous le prétexte fallacieux d’un calme civil alors que ces mêmes mouvements menaçaient cette paix civil.

L’intervention du Hezbollah aujourd’hui dans le périmètre d’Aarsal est salutaire. Elle a été rendue possible alors qu’il y a quelques années, elle aurait provoqué une tension, voir des heurts, entre communautés sunnites et chiites. La communauté sunnite aujourd’hui n’intervient pas et ne proteste plus contre le Hezbollah, parce qu’en fin de compte, avec les massacres commis par Daesh en Syrie, elle s’est rendue compte du prix et des risques énormes posés par ces menaces. Elle ne dit mot et le silence équivaut cette fois-ci à une acceptation résignée. Le timing du lancement par le Hezbollah de la reconquête d’Aarsal est donc le bon et préfigure également un aveux, celui de la faiblesse des mouvements intégristes salafistes qui se sont désormais assagis.

Espérons toutefois que le pouvoir politique aussi cessera de limiter les actions de nos militaires. De fait, elle ne fait que décrédibiliser la seule institution publique capable de nous protéger, laissant le soin à d’autres de le faire.