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Revue de presse : Nabatiyeh sous pression, l’armée en première ligne et Washington ouvre un canal vers la communauté chiite

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Nabatiyeh devient le centre de gravité de la crise au Sud

La situation à Nabatiyeh et dans son environnement domine très nettement la presse du 9 septembre 2026. Plusieurs publications libanaises décrivent une même séquence : la pression militaire israélienne s’est accrue après les développements sur les hauteurs d’Ali al-Taher, la crainte d’une extension des opérations vers Nabatiyeh s’est installée parmi les habitants, puis les autorités libanaises ont intensifié leurs contacts politiques et diplomatiques. Dans le même temps, l’armée libanaise a renforcé son activité dans la ville. Les journaux s’accordent donc sur la gravité de la situation, mais divergent sur l’interprétation du mouvement militaire et sur les arrangements politiques qui pourraient l’accompagner. Pour Ad Diyar du 9 septembre 2026, deux événements marquent cette séquence. Le premier est la mobilisation d’habitants de Nabatiyeh et d’Arab Salim contre le risque de voir la guerre gagner davantage leurs localités. Le journal affirme qu’une pétition a été signée par 400 personnalités, notables, intellectuels et enseignants des écoles et universités. Les signataires demandent d’épargner à Nabatiyeh une guerre susceptible d’entraîner destruction et occupation. Le second événement est politique. Ad Diyar rapproche la rencontre entre le président du Parlement Nabih Berri et le Premier ministre Nawaf Salam, à Aïn el-Tineh, des consultations avec le président Joseph Aoun et de l’activité de l’armée. Le journal estime que ces démarches ont permis d’avancer vers une présence militaire renforcée dans la ville. Il y voit une tentative de prévenir un scénario comparable à celui redouté après les développements sur Ali al-Taher.

Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026 apporte cependant une précision importante. Selon des sources militaires citées par le journal, l’armée n’a pas commencé à être présente à Nabatiyeh à la suite de la dernière escalade. Elle s’y trouvait déjà. Ce qui a changé est l’intensité de son activité. Les sources indiquent que l’armée a multiplié ses patrouilles dans les rues afin de rassurer les habitants après la diffusion d’informations alarmantes sur les risques pesant sur la ville. Elles insistent également sur le fait que l’armée est présente dans les régions qui ne sont pas contrôlées par les forces israéliennes et qu’elle y assume ses missions. Cette distinction permet d’éviter de présenter l’opération comme la création soudaine d’une nouvelle zone militaire. Toutefois, Al Joumhouriyat donne au renforcement de cette présence une portée plus large. Le journal considère qu’il répond aussi à une demande croissante de voir l’État exercer plus directement son autorité sécuritaire. Al Akhbar du 9 septembre 2026 adopte une lecture différente. Le journal estime que l’enjeu dépasse la ville elle-même. Il considère que les événements d’Ali al-Taher posent la question d’une possible extension israélienne vers Sajd, Jabal al-Rayhan et Iqlim al-Touffah. Dans cette perspective, Nabatiyeh devient un test de la profondeur que pourrait atteindre l’opération israélienne. Al Akhbar rapporte que l’armée a renforcé sa présence à Nabatiyeh et à Zawtar al-Gharbiyeh. Il indique qu’une force de 80 militaires a notamment été envoyée vers l’église de Zawtar al-Gharbiyeh et que l’effectif devait atteindre environ 180 hommes. Le président de la municipalité de Nabatiyeh, Abbas Fakhr al-Din, confirme au journal l’arrivée d’une force supplémentaire dans la ville et son déploiement dans les quartiers intérieurs. Selon lui, cette présence vise à renforcer le sentiment de sécurité et à encourager le retour des habitants.

Une population confrontée au retour du déplacement

Le volet humain occupe une place importante dans Nahar du 9 septembre 2026. Le journal décrit un phénomène de déplacement qui reprend dans plusieurs localités du secteur de Nabatiyeh. Il cite notamment Zefta, Habbouch, Toul, Deir al-Zahrani, Kfar Sir, Qsaibeh et Choukine. Kfar Roummane est également touchée par cette inquiétude après les frappes qui ont fait de nombreuses victimes. Des familles qui avaient repris une vie plus régulière après les épisodes précédents de la guerre ont de nouveau quitté leur domicile. Certaines avaient déjà été déplacées à plusieurs reprises. Nahar souligne ainsi une conséquence qui dépasse le bilan immédiat des frappes : chaque nouvelle phase de tension remet en cause la possibilité d’un retour durable. Une partie des personnes qui quittent ces localités se dirige vers Saïda et ses environs, notamment Ghaziyeh, Haret Saïda, Qanarit, Wardaniyeh, Jounieh et Jiyeh. D’autres disposent de solutions familiales. Le journal constate en revanche que les déplacements vers Beyrouth restent plus limités à ce stade. Le même numéro consacre également un développement aux établissements de santé du Sud. Nahar rappelle les dégâts subis par plusieurs hôpitaux et centres médicaux depuis l’intensification du conflit. Il cite notamment les établissements de Bint Jbeil, Mays al-Jabal, Tebnine, Tyr et Nabatiyeh. Le journal souligne que les attaques contre les infrastructures médicales compliquent directement la prise en charge des blessés. Il rappelle aussi que des ambulances et des centres de secours ont été touchés. Cette dimension renforce la peur des habitants : la question n’est pas seulement de savoir si une localité sera bombardée, mais aussi si les services indispensables pourront continuer à fonctionner en cas d’escalade. À Kfar Chouba, une autre inquiétude apparaît. La municipalité demande que soit éclairci le sort de six habitants dont elle affirme qu’ils ont été capturés par les forces israéliennes à différentes périodes. Nahar du 9 septembre 2026 rapporte que la municipalité réclame leur libération et leur retour auprès de leurs familles. Le dossier des détenus rejoint ainsi celui du territoire et du retour des habitants dans la liste des questions que les autorités libanaises cherchent à inscrire dans les négociations.

Michel Issa au Conseil chiite : le dialogue s’ouvre sur la question la plus sensible

La visite de l’ambassadeur américain Michel Issa au Conseil islamique chiite supérieur constitue l’autre événement majeur des unes libanaises. Elle prend une importance particulière parce que l’ambassadeur choisit de s’adresser directement à la communauté la plus exposée aux conséquences de la guerre dans le Sud. Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026 rapporte ses déclarations à l’issue de la rencontre avec le vice-président du Conseil, le cheikh Ali al-Khatib. Michel Issa explique que cette communauté est la plus affectée par les événements et qu’il souhaite entendre les personnes qui la représentent. Il déclare : « Nous essayons de la comprendre correctement, car nous ne voulons que le bien de cette communauté, afin que le Sud revienne à ses habitants et que les gens retournent dans leurs villages et leurs maisons. » Il ajoute toutefois : « Nous avons un problème, car nous ne pouvons pas parvenir à un résultat avec une partie de cette communauté, et l’intérêt de cette communauté est que cette partie comprenne quelles sont ses responsabilités. » Le Hezbollah n’est pas nommé dans cette phrase, mais les autres éléments de la discussion montrent clairement qu’il constitue le principal objet du désaccord.

Michel Issa revient aussi sur ses déclarations précédentes concernant une éventuelle négociation avec le Hezbollah. Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026 rapporte exactement cette précision : « L’État libanais est celui qui négocie dans l’intérêt du Liban, et nous sommes prêts à négocier avec eux par l’intermédiaire de l’État libanais, pour transmettre ce que nous pouvons transmettre. Nous sommes des médiateurs, rien de plus. » Cette formulation est importante. Elle ne signifie pas que Washington reconnaît au Hezbollah un canal diplomatique parallèle à celui de l’État. Elle indique au contraire que les États-Unis acceptent l’idée de transmettre des messages, mais à travers les institutions libanaises. Le cheikh Ali al-Khatib présente une autre séquence pour parvenir à une solution. Selon Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026, il déclare : « Les chiites ne sont pas des terroristes et ils n’ont pas porté les armes par confort, mais à cause de l’occupation israélienne. Ils sont aujourd’hui prêts à traiter cette question si la garantie et la protection leur sont assurées, de manière à les rassurer sur leur avenir et leur destin. » Il demande donc aux États-Unis d’obtenir d’Israël une mesure concrète permettant d’ouvrir une discussion sur la stratégie de sécurité nationale. Al-Khatib interpelle ensuite directement l’ambassadeur : « La République islamique d’Iran a soutenu la résistance au Liban pour libérer la terre, et vous soutenez Israël par tous les moyens alors qu’il occupe la terre. Pourquoi ceci est-il interdit et cela permis ? » Il demande également : « Est-il logique de me demander de remettre mon arme alors que vous occupez ma terre ? » Sa position consiste donc à lier le règlement de la question des armes à une garantie de sécurité et à un retrait israélien.

Al Akhbar du 9 septembre 2026 décrit la rencontre avec une tonalité plus conflictuelle. Selon les sources du Conseil citées par le journal, Michel Issa aurait concentré son intervention sur une idée : le Hezbollah doit remettre ses armes pour que Washington puisse ensuite demander à Israël de se retirer. Le journal rapporte que le cheikh Ali al-Khatib a opposé à cette logique l’impossibilité de réclamer le désarmement alors que le territoire reste occupé. Al Akhbar souligne ainsi la divergence sur l’ordre des étapes. Washington place la question des armes au début du processus. Le responsable religieux chiite place d’abord la protection, les garanties et le retrait. Nahar du 9 septembre 2026 confirme que la question a dominé la rencontre. Selon le journal, Michel Issa a affirmé que les États-Unis travaillaient à la réussite des négociations entre le Liban et Israël. Nahar rapporte qu’à la fin de la discussion l’ambassadeur a présenté le retrait des armes du Hezbollah comme « le chemin de la solution ». Le journal attribue alors à Ali al-Khatib cette réponse : « Vous ne cherchez pas à trouver une solution. » Les versions publiées ne sont donc pas identiques dans leurs détails. Elles convergent néanmoins sur un point : la visite n’a pas supprimé le désaccord fondamental sur les conditions et le calendrier d’un règlement.

Joseph Aoun mise sur l’armée et les soutiens extérieurs

En parallèle, le président Joseph Aoun poursuit ses consultations avec le commandement militaire. Ad Diyar, Al Joumhouriyat, Al Bina’, Al Sharq et Nahar du 9 septembre 2026 rapportent sa rencontre avec le commandant de l’armée, le général Rodolphe Haykal. Les discussions portent sur la situation sécuritaire dans le pays et particulièrement dans le Sud. Elles concernent aussi les préparatifs de la réunion internationale de Paris consacrée au soutien de l’armée et des Forces de sécurité intérieure, prévue le 17 septembre. Le lien entre les deux dossiers est direct. Plus l’État demande à l’armée d’élargir ou d’intensifier son rôle dans le Sud, plus la question de ses moyens financiers, matériels et opérationnels devient centrale. Le soutien extérieur à l’institution militaire prend ainsi une dimension politique autant que technique.

La Ligue arabe apporte parallèlement un appui à l’orientation générale de l’État libanais. Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026 rapporte que le Conseil de la Ligue arabe, réuni au niveau des ministres des Affaires étrangères, a réaffirmé sa solidarité avec le Liban, sa souveraineté, son indépendance et son unité nationale. Il soutient les mesures prises pour rétablir la compétence de l’État sur la décision de guerre et de paix et pour limiter les armes aux forces légales. Il condamne dans le même temps les attaques israéliennes et demande un retrait israélien complet des territoires libanais occupés. Ces deux éléments sont présentés ensemble : soutien à la souveraineté de l’État libanais d’un côté, rejet de l’occupation et des attaques israéliennes de l’autre. Cette combinaison correspond précisément à la difficulté rencontrée dans les discussions autour du désarmement : les autorités cherchent à renforcer le monopole de l’État tout en obtenant des garanties sur le retrait et la sécurité.

La présidence intervient également sur la crise régionale déclenchée par les attaques contre l’Arabie saoudite. Ad Diyar du 9 septembre 2026 rapporte exactement les propos de Joseph Aoun : « Nous, au Liban, suivons avec une profonde inquiétude cette dangereuse escalade qui vise la sécurité et la stabilité du Royaume d’Arabie saoudite. » Le président condamne les attaques contre Abha, Khamis Mushait, Jazan et Najran et ajoute : « La sécurité du Royaume est une partie indivisible de la sécurité du Liban et de l’ensemble de la région arabe. » Il affirme aussi « la solidarité totale du Liban, président et peuple, avec le Royaume d’Arabie saoudite, direction et peuple, face à cette agression ». Nawaf Salam adopte lui aussi une position de solidarité avec Riyad et affirme le droit de l’Arabie saoudite à protéger son territoire et sa population.

L’escalade au Yémen élargit le cadre régional de la crise

L’attaque des Houthis contre l’Arabie saoudite occupe une place considérable dans les journaux arabes du 9 septembre 2026. Al 3arabi Al Jadid rapporte que des missiles balistiques et des drones ont visé plusieurs secteurs d’Abha, Khamis Mushait, Jazan et Najran. Selon les autorités saoudiennes citées par le journal, 73 civils ont été blessés, parmi lesquels des femmes et des enfants. Des installations énergétiques ont également été touchées. L’offensive intervient alors que les forces gouvernementales yéménites annoncent des progrès dans plusieurs secteurs, notamment à Al-Jawf et Al-Bayda. Le journal expose l’hypothèse selon laquelle l’élargissement des frappes contre l’Arabie saoudite vise aussi à réduire la pression militaire subie par les Houthis sur les fronts intérieurs.

Al Sharq Al Awsat du 9 septembre 2026 met en avant la réaction du ministre saoudien des Affaires étrangères, Fayçal ben Farhane. Celui-ci déclare que les Houthis « ont ouvert contre eux-mêmes une porte qu’ils ne pourront pas supporter ». Il affirme que le royaume ne renoncera pas à défendre sa sécurité et ses intérêts. Dans le même temps, il maintient l’existence d’une voie diplomatique pour le règlement de la crise yéménite. Le ministre américain des Affaires étrangères Marco Rubio donne à l’événement une dimension iranienne explicite. Al Sharq Al Awsat rapporte ses mots : « Les Houthis sont des instruments et des mandataires de l’Iran. » Rubio ajoute : « Je pense que la main iranienne se trouve clairement derrière une partie de ce qui se passe. » Il rappelle aussi la solidité de la relation militaire et défensive entre Washington et Riyad.

Al Bina’ du 9 septembre 2026 relie directement cette nouvelle phase de confrontation à la question énergétique. Le journal souligne que le Brent a atteint 99 dollars au cours des échanges tandis que certains cours physiques du pétrole de Dubaï et d’Oman ont dépassé le seuil de 100 dollars. Il met en parallèle la tension dans le détroit d’Ormuz et celle de Bab el-Mandeb. Cette double pression place deux voies essentielles du commerce énergétique sous menace simultanée. La publication estime que le débat ne porte donc plus uniquement sur la possibilité d’un baril à 100 dollars, mais sur la capacité des stocks et des voies alternatives à empêcher une installation durable des cours au-dessus de ce niveau.

Cette escalade régionale donne une profondeur supplémentaire aux inquiétudes exprimées dans les journaux libanais. Nabatiyeh n’apparaît pas comme un dossier isolé. Les développements du Sud s’inscrivent dans une période de forte tension entre Israël et l’Iran, de confrontation persistante autour du Yémen, de pression américaine sur les alliés de Téhéran et de mobilisation arabe autour de l’Arabie saoudite. Dans ce contexte, les autorités libanaises cherchent à empêcher que la crise du Sud ne bascule vers une nouvelle guerre de grande ampleur. La présence renforcée de l’armée à Nabatiyeh, les démarches de Joseph Aoun, les contacts de Nawaf Salam, l’intervention de Nabih Berri et la visite de Michel Issa au Conseil islamique chiite supérieur constituent les différentes dimensions d’une même tentative. Elles n’ont cependant pas encore résolu le principal désaccord relevé par la presse du 9 septembre 2026 : les États-Unis mettent l’accent sur les armes du Hezbollah et le rôle exclusif de l’État, tandis que les responsables chiites interrogés demandent qu’un retrait israélien et des garanties de protection rendent possible le traitement de cette question.

Politique locale : l’État face au défi du Sud, le pouvoir sous surveillance parlementaire et les équilibres politiques sous tension

Joseph Aoun et Nawaf Salam placent le renforcement de l’État au centre de leur réponse à la crise

La politique intérieure libanaise du 9 septembre 2026 reste dominée par la situation au Sud, mais les développements militaires ont désormais des conséquences directes sur le fonctionnement des institutions et les rapports entre les principales forces politiques. Plusieurs journaux mettent en avant l’activité du président Joseph Aoun, du Premier ministre Nawaf Salam et du président du Parlement Nabih Berri. Ad Diyar du 9 septembre 2026 rapporte que Joseph Aoun a reçu le commandant de l’armée, le général Rodolphe Haykal, pour examiner la situation sécuritaire générale et les développements au Sud après la poursuite des attaques israéliennes. La réunion a aussi porté sur la préparation de la rencontre internationale prévue à Paris le 17 septembre afin de soutenir l’armée et les Forces de sécurité intérieure. Le renforcement de l’institution militaire devient ainsi un élément central de la stratégie présidentielle. Al Bina’ du 9 septembre 2026 rapporte également cette réunion et souligne que le président suit à la fois les opérations au Sud et les besoins de l’armée. Dans le même temps, Joseph Aoun reçoit le ministre de la Réforme administrative Fadi Makki. Celui-ci affirme après la rencontre la nécessité de « soutenir l’armée libanaise et renforcer sa présence ». Cette position rejoint le débat sur Nabatiyeh, où la multiplication des patrouilles militaires est présentée par plusieurs publications comme une réponse à l’inquiétude des habitants. Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026 rapporte que des sources militaires refusent cependant de parler d’une entrée nouvelle de l’armée dans Nabatiyeh. Elles précisent qu’elle y était déjà présente et qu’elle a seulement intensifié ses patrouilles. Cette précision est politiquement importante, car elle évite de donner l’impression que la ville se trouvait auparavant entièrement en dehors de la présence de l’État. Elle montre néanmoins que les autorités ont voulu rendre cette présence plus visible au moment où les craintes d’une opération israélienne plus large augmentaient. Le débat dépasse donc la seule sécurité. Il touche à la capacité de l’État à convaincre les habitants qu’il peut exercer son autorité et leur offrir une forme de protection. Cette question apparaît également dans les déclarations de l’ancien ministre Rachid Derbas rapportées par Al Bina’ du 9 septembre 2026. Après sa rencontre avec Joseph Aoun, il affirme que « la phase actuelle exige davantage de présence de l’État dans les endroits où il peut être présent ». Il ajoute que le président tient à ce que « l’État libanais soit le seul détenteur de l’autorité unique et absolue sur l’ensemble du territoire libanais ». Dans un autre registre, le député Assaad Dergham adopte une position plus critique. Al Sharq du 9 septembre 2026 rapporte qu’il demande à Joseph Aoun de suspendre les négociations jusqu’à ce que l’armée obtienne le soutien, l’équipement et l’armement nécessaires. Selon lui, cette condition permettrait de tester la volonté réelle de la communauté internationale de donner à l’armée les moyens d’assumer les responsabilités qui lui sont demandées. La politique intérieure se trouve ainsi confrontée à une contradiction : presque tous les acteurs invoquent le rôle de l’État et de l’armée, mais ils divergent fortement sur les conditions permettant à cette autorité de devenir effective face à Israël et face à la question des armes du Hezbollah.

Le dialogue entre Baabda et le Hezbollah apparaît profondément dégradé

Ad Diyar du 9 septembre 2026 consacre un développement substantiel à la détérioration des relations entre Joseph Aoun et le Hezbollah. Le journal estime que le « cordon ombilical » politique entre Baabda et le parti a été rompu. Selon cette publication, les rencontres entre le président et le chef du bloc parlementaire de la Fidélité à la Résistance, Mohammad Raad, ont cessé, malgré la relation personnelle qui existait entre les deux hommes. Le député Hassan Fadlallah, chargé selon Ad Diyar de suivre le dossier de la relation avec la présidence, ne rencontrerait plus non plus le conseiller présidentiel André Rahal depuis plusieurs mois. Le journal relie cette rupture à la décision gouvernementale considérant l’organisation militaire du Hezbollah comme illégale et aux divergences apparues autour de la reprise des affrontements. Ad Diyar décrit ensuite les accusations réciproques. Joseph Aoun est présenté comme contestant régulièrement les résultats obtenus par les guerres successives. Le journal lui attribue notamment cette interrogation : « Qu’a récolté le Liban de la guerre, sinon la destruction et la ruine ? » Il lui attribue également cette question : « Qu’a fait l’arme face à la machine de destruction israélienne ? » Selon la publication, le président considère que l’implication du Liban dans une guerre menée pour les intérêts d’autres acteurs est contraire aux intérêts nationaux. De son côté, le Hezbollah reproche au président d’avoir renié, selon lui, certains engagements et de s’être engagé dans une orientation américaine visant à garantir la sécurité d’Israël. Ad Diyar cite dans ce cadre les positions exprimées par le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem. La divergence ne porte donc plus uniquement sur une décision tactique. Elle concerne deux conceptions différentes de la manière de protéger le Liban. Joseph Aoun privilégie, selon le journal, la diplomatie et les négociations pour obtenir la fin des attaques, le retrait israélien, le retour des habitants et la reconstruction. Les responsables du Hezbollah cités par Ad Diyar considèrent au contraire que les négociations ont jusqu’à présent fourni des concessions sans permettre au Liban d’obtenir des droits équivalents. Le journal affirme qu’aucune médiation sérieuse n’est actuellement engagée entre les deux camps. Il précise que Nabih Berri, bien qu’il ait rencontré Joseph Aoun environ deux mois auparavant, n’aurait pas proposé de jouer un rôle de médiateur sur cette question. Ad Diyar présente néanmoins Berri comme opposé à une chute de la gouvernement provoquée dans la rue. Selon cette lecture, le président du Parlement veut empêcher que le conflit politique sur les armes et les négociations se transforme en affrontement intérieur. Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026 donne de son côté une image plus prudente de la position du Hezbollah. Une source politique citée par le journal affirme que le parti a fait savoir qu’il ne donnerait pas au Premier ministre israélien ce qu’il recherche au moment qu’il choisit. Le silence militaire du Hezbollah serait donc, selon cette source, calculé et lié aux conditions du moment. Le journal estime que le parti cherche notamment à ne pas offrir à Benjamin Netanyahu un événement susceptible d’être exploité dans le contexte électoral israélien. Ces différentes lectures montrent qu’au-delà du désaccord entre Baabda et le Hezbollah, la politique intérieure reste conditionnée par une question centrale : qui décide du moment de la confrontation, de son arrêt et des conditions dans lesquelles le dossier des armes pourra être traité ?

Nabih Berri cherche à contenir les fractures tandis que le Parlement prépare la mise en cause de la gouvernement

Le président du Parlement Nabih Berri apparaît comme un acteur central dans plusieurs dossiers. Al Bina’ du 9 septembre 2026 rapporte sa rencontre à Aïn el-Tineh avec Nawaf Salam. Les deux hommes examinent la situation générale et les développements politiques et militaires liés à l’intensification des attaques israéliennes au Sud. La réunion intervient alors que le Premier ministre prépare également son déplacement aux États-Unis pour l’Assemblée générale des Nations unies. Al Akhbar du 9 septembre 2026 affirme que Nawaf Salam espère profiter de son séjour pour rencontrer des responsables américains, dont le secrétaire d’État Marco Rubio, et éventuellement Donald Trump si les circonstances le permettent. La relation entre Berri et Salam prend toutefois une autre dimension avec la perspective d’une séance parlementaire consacrée à l’action gouvernementale. Ad Diyar du 9 septembre 2026 annonce que le Parlement devrait tenir la semaine suivante une séance de discussion générale. Le journal rappelle que les séances de contrôle de la gouvernement ont été rares pendant plusieurs années en raison des crises successives, des guerres, de la pandémie et du blocage des institutions. Cette fois, l’accumulation des dossiers et des questions parlementaires rend le contrôle plus difficile à différer. Selon Ad Diyar, des dizaines de questions ont été adressées à la gouvernement, qui n’aurait répondu qu’à une partie limitée d’entre elles. Le bloc Liban fort a récemment demandé une séance consacrée à l’interrogation de la gouvernement sur plusieurs dossiers : déplacement syrien, énergie, argent des déposants, armes, politique de défense, indépendance de la justice et décentralisation administrative. Le journal estime que Nabih Berri envisage une séance de discussion générale qui pourrait se dérouler sur deux jours. La réunion permettrait aux députés d’interroger Nawaf Salam et ses ministres. Une source parlementaire citée par Ad Diyar prévient toutefois que la séance risque d’être davantage politique que décisive. Selon cette source, certains députés chercheront à mettre la gouvernement en difficulté, tandis que d’autres agiront comme ses défenseurs. Une troisième catégorie pourrait utiliser la tribune pour attaquer ses adversaires parlementaires. La publication estime également que les récentes critiques de Samir Geagea contre le mandat présidentiel et la gouvernement, ainsi que la réponse de Nawaf Salam, devraient peser sur l’atmosphère. La question d’un vote de confiance est évoquée, mais Ad Diyar juge qu’une telle initiative pourrait finalement renforcer la gouvernement. Une source parlementaire considère en effet que Nawaf Salam dispose encore d’une large base parlementaire et d’un soutien extérieur important, notamment américain et saoudien. Si ses adversaires demandaient un vote de confiance sans disposer des voix nécessaires, le résultat pourrait donner au cabinet une légitimité renouvelée. La séance annoncée apparaît donc moins comme une menace immédiate de chute de la gouvernement que comme une première grande mise à l’épreuve publique de son bilan.

Samir Geagea augmente la pression mais les canaux avec Baabda restent ouverts

Les tensions entre les Forces libanaises, la présidence et la gouvernement constituent un autre volet de l’actualité politique intérieure. Ad Diyar du 9 septembre 2026 rapporte que les critiques formulées par Samir Geagea ne signifient pas, selon des sources des Forces libanaises, que les relations ont atteint un point de rupture. Le parti présente au contraire la hausse du ton comme un moyen de pousser les responsables à régler les différends en suspens. Les sources citées par le journal expliquent que Geagea veut mettre fin à ce que les Forces libanaises considèrent comme une situation « non institutionnelle ». Elles affirment que son discours doit être compris comme une pression visant à passer des déclarations générales à la recherche d’une véritable solution. Le dialogue avec Baabda reste donc actif. Ad Diyar indique que le député Melhem Riachi poursuit des discussions avec les cercles présidentiels afin de trouver une issue politique et d’empêcher une aggravation du conflit. Cette distinction entre escalade publique et négociation discrète est importante. Elle montre que les partis continuent à utiliser simultanément deux niveaux de politique : la confrontation médiatique pour mobiliser leur base et les contacts institutionnels pour éviter une rupture irréversible. Le dossier s’inscrit en outre dans un moment où les équilibres au sein de la gouvernement deviennent plus sensibles. Les Forces libanaises veulent préserver leur influence dans l’exécutif tout en se distinguant de Nawaf Salam et de Joseph Aoun sur certains dossiers. La séance parlementaire annoncée pourrait offrir un nouveau terrain à cette stratégie. Elle permettra aux blocs de mettre en avant leurs désaccords sans nécessairement chercher à renverser la gouvernement. Dans le même temps, le Courant patriotique libre prépare une confrontation sur le terrain juridique. Al Sharq du 9 septembre 2026 rapporte que le bloc Liban fort doit déposer devant le Conseil constitutionnel un recours contre la loi d’amnistie générale. Cette démarche s’ajoute à sa demande de contrôle parlementaire de la gouvernement. Elle permet au bloc d’occuper une position d’opposition à la fois institutionnelle et politique. Les rapports entre la présidence, la gouvernement, les Forces libanaises et le Courant patriotique libre se recomposent ainsi autour de plusieurs dossiers simultanés, sans qu’une nouvelle majorité cohérente se dessine pour autant.

Le budget 2027 ouvre un deuxième front politique et social

Alors que la crise du Sud monopolise l’attention, la gouvernement de Nawaf Salam doit également faire face à la préparation du budget 2027 et à la colère du secteur public. Al Liwa’ du 9 septembre 2026 rapporte que le Conseil des ministres a commencé l’examen des articles du projet après une présentation du ministre des Finances Yassine Jaber. Plusieurs dispositions ont déjà été modifiées et les discussions doivent se poursuivre. Avant la séance, Yassine Jaber affirme : « Il n’y aura pas de nouveaux impôts sur le citoyen dans le budget, car nous avons pris en considération les conditions économiques dans lesquelles il vit. » Il indique également que l’augmentation des dépenses liée aux salaires représente environ 700 à 800 millions de dollars. Le dossier devient immédiatement politique en raison de la mobilisation des anciens membres des forces armées et des fonctionnaires. Le ministre de l’Information Paul Morcos explique après la réunion que la gouvernement n’ignore pas la dimension sociale de la crise. Il évoque notamment l’augmentation des salaires et les aides sociales, sanitaires et éducatives. Toutefois, le Conseil des ministres se dit surpris par la mobilisation annoncée par les anciens militaires dans un contexte économique et sécuritaire qu’il juge particulièrement délicat. Une commission ministérielle présidée par le vice-Premier ministre Tarek Mitri est chargée de dialoguer avec leurs représentants. Nahar du 9 septembre 2026 souligne que les retraités civils et militaires envisagent de reprendre les manifestations et les grèves si la gouvernement ne modifie pas le projet de budget et ne respecte pas ses engagements. La mobilisation pourrait donc faire passer le cabinet d’un front sécuritaire à un front social sans véritable période de transition. Cette pression explique aussi l’importance de la prochaine séance parlementaire : les députés disposeront d’un ensemble de griefs économiques et sociaux à ajouter aux critiques portant sur le Sud, les armes et les relations avec la Syrie. La politique locale du 9 septembre se caractérise ainsi par une accumulation de crises qui se renforcent mutuellement. Joseph Aoun cherche à consolider l’armée et l’autorité de l’État. Nawaf Salam doit gérer simultanément la guerre, les négociations, le budget et les revendications sociales. Nabih Berri tente de préserver le fonctionnement institutionnel tout en maintenant ses propres lignes rouges sur le Sud. Le Hezbollah reste en conflit profond avec la stratégie présidentielle concernant les armes et les négociations. Les Forces libanaises augmentent leur pression tout en maintenant leurs canaux avec Baabda. Enfin, le Courant patriotique libre utilise le Parlement et le Conseil constitutionnel pour renforcer son rôle d’opposition. Aucun de ces conflits n’a encore provoqué une rupture institutionnelle. Ils annoncent cependant une phase de confrontation politique beaucoup plus visible au Parlement et au sein de la gouvernement.

Citations et discours des personnalités politiques : souveraineté, armes, négociations et sécurité régionale au cœur des prises de parole

Joseph Aoun défend l’autorité de l’État et place la sécurité saoudienne dans le prolongement de celle du Liban

Les déclarations du président Joseph Aoun occupent une place importante dans les éditions du 9 septembre 2026. Elles portent sur deux niveaux étroitement liés : la situation intérieure libanaise et l’escalade régionale. Sur le plan intérieur, plusieurs journaux rapportent ses échanges avec le commandant de l’armée, le général Rodolphe Haykal. Ils concernent la situation sécuritaire et les attaques israéliennes dans le Sud. Le président suit également les préparatifs de la réunion internationale prévue à Paris le 17 septembre pour soutenir l’armée et les Forces de sécurité intérieure. Le message politique qui accompagne ces activités est celui du renforcement de l’État et de ses institutions. Al Bina’ du 9 septembre 2026 rapporte à ce titre les propos de l’ancien ministre Rachid Derbas après son entretien avec Joseph Aoun. Derbas affirme que « le président Aoun tient absolument à ce que l’État libanais soit le seul détenteur de l’autorité unique et absolue sur l’ensemble du territoire libanais ». Cette formulation résume l’orientation institutionnelle défendue par Baabda dans un contexte où le débat sur les armes du Hezbollah reste ouvert. Le ministre du Développement administratif Fadi Makki relaie un message comparable après sa rencontre avec le chef de l’État. Ad Diyar du 9 septembre 2026 rapporte qu’il insiste sur « le soutien à l’armée libanaise et le renforcement de sa présence ». La question du rôle de l’armée se trouve donc placée au centre du discours présidentiel sans que Joseph Aoun annonce, dans les sources du jour, un nouveau calendrier concernant les armes.

La déclaration la plus directe du président concerne cependant l’Arabie saoudite. Après les attaques des Houthis contre Abha, Khamis Mushait, Jazan et Najran, Ad Diyar du 9 septembre 2026 rapporte les mots de Joseph Aoun : « Nous, au Liban, suivons avec une profonde inquiétude cette dangereuse escalade qui vise la sécurité et la stabilité du Royaume d’Arabie saoudite. » Il qualifie les attaques d’acte hostile constituant une violation de la souveraineté d’un État frère et une menace directe contre les citoyens et les résidents. Le président ajoute : « La sécurité du Royaume est une partie indivisible de la sécurité du Liban et de l’ensemble de la région arabe. » Il affirme également « la solidarité totale du Liban, président et peuple, avec le Royaume d’Arabie saoudite, direction et peuple, face à cette agression ». Cette déclaration dépasse une simple condamnation diplomatique. Elle replace explicitement le Liban dans un cadre de sécurité arabe commun. Elle intervient alors que la question de l’influence iranienne dans la région et au Liban constitue déjà un sujet de confrontation intérieure. La formulation choisie par Joseph Aoun permet toutefois de défendre la solidarité avec Riyad sans transformer sa déclaration en attaque directe contre Téhéran.

Nawaf Salam défend la solidarité avec Riyad et prépare la confrontation politique intérieure

Le Premier ministre Nawaf Salam adopte une position proche sur l’escalade en Arabie saoudite. Al Sharq du 9 septembre 2026 rapporte qu’il condamne « dans les termes les plus fermes les attaques auxquelles le Royaume d’Arabie saoudite a été exposé ». Il affirme « la solidarité totale du Liban avec le Royaume, direction et peuple, et son soutien face à toute attaque visant sa sécurité, sa souveraineté et la sécurité de ses citoyens et des résidents sur son territoire ». Nawaf Salam reconnaît également « son droit à prendre les mesures nécessaires pour défendre son territoire et son peuple et protéger sa sécurité et sa souveraineté ». Le Premier ministre ajoute que les attaques contre les civils et les installations économiques et vitales ne menacent pas seulement la stabilité saoudienne, mais peuvent aussi déstabiliser l’ensemble de la région. Cette déclaration est significative parce qu’elle intervient au moment où la gouvernement libanaise cherche à consolider ses relations avec les États arabes et à obtenir un soutien plus large à ses décisions sur l’autorité de l’État.

Sur le plan intérieur, les paroles de Nawaf Salam sont moins nombreuses dans les éditions du jour que les analyses de son action. Il reste cependant au centre de deux dossiers. Le premier est la préparation du budget 2027. Le second est la prochaine séance parlementaire de contrôle. Ad Diyar du 9 septembre 2026 rappelle que les critiques récentes de Samir Geagea contre le mandat présidentiel et la gouvernement ont provoqué une réponse du Premier ministre. Le journal estime que les effets de cet échange pourraient apparaître lors de la séance parlementaire attendue. Nawaf Salam doit donc défendre simultanément la politique de la gouvernement face aux partis de l’opposition, son orientation concernant le monopole de la décision de guerre et de paix et son programme économique. Ses rencontres avec Nabih Berri prennent dans ce contexte une importance supplémentaire. Elles concernent le Sud, mais également le fonctionnement du Parlement et les relations entre l’exécutif et le législatif. Al Akhbar du 9 septembre 2026 ajoute que Nawaf Salam prépare son déplacement aux États-Unis pour l’Assemblée générale des Nations unies. Le journal affirme qu’il souhaite y rencontrer des responsables américains de premier plan. Cette séquence devrait lui permettre de défendre directement la position de la gouvernement sur le Sud, l’armée et les négociations.

Michel Issa s’adresse directement à la communauté chiite et précise les limites du dialogue avec le Hezbollah

Les déclarations les plus commentées de la journée sont celles de l’ambassadeur américain Michel Issa après sa rencontre avec le cheikh Ali al-Khatib au Conseil islamique chiite supérieur. Elles constituent un événement politique en elles-mêmes, car elles s’adressent explicitement à la communauté chiite et abordent directement la question du Hezbollah. Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026 rapporte Michel Issa déclarant : « C’était une rencontre très importante, car la communauté chiite est celle qui est affectée par ce qui se passe au Liban, et puisque cette communauté est la plus touchée, il m’importe de connaître l’avis des personnes qui la représentent. » Il explique ensuite la logique de son initiative : « Nous essayons de la comprendre correctement, car nous ne voulons que le bien de cette communauté, afin que le Sud revienne à ses habitants et que les gens retournent dans leurs villages et leurs maisons. » La formulation associe directement le sort de la population du Sud au règlement politique recherché par Washington.

Michel Issa introduit toutefois immédiatement une réserve. Selon Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026, il déclare : « Mais en même temps, nous avons un problème : nous ne pouvons pas parvenir à un résultat avec une partie de cette communauté, et l’intérêt de cette communauté est que cette partie comprenne quelles sont ses responsabilités. » L’ambassadeur ne nomme pas le Hezbollah dans cette phrase. La suite de ses déclarations ne laisse cependant guère de doute sur le destinataire. Interrogé sur ses propos précédents selon lesquels les États-Unis seraient disposés à négocier avec le Hezbollah, il rectifie leur interprétation. Il déclare : « La déclaration a été comprise de manière erronée. Je voulais dire que l’État libanais est celui qui négocie dans l’intérêt du Liban, et que nous sommes prêts à négocier avec eux par l’intermédiaire de l’État libanais, pour transmettre ce que nous pouvons transmettre. Nous sommes des médiateurs, rien de plus. » Cette précision fixe une ligne politique : Washington envisage la transmission de messages au Hezbollah, mais refuse de substituer un canal partisan au rôle officiel de l’État libanais.

Nahar du 9 septembre 2026 apporte d’autres éléments sur la rencontre. Selon les informations du journal, Michel Issa affirme que les États-Unis travaillent à l’application de l’accord-cadre et à la réussite des négociations entre le Liban et Israël. Le journal rapporte également que l’ambassadeur a défendu l’idée qu’Israël « se défend en définitive ». Cette formulation provoque un désaccord avec Ali al-Khatib, qui insiste sur les victimes civiles et demande une intervention américaine plus forte pour mettre fin aux attaques. Nahar indique qu’à la fin de la rencontre Michel Issa a présenté « le travail pour désarmer le Hezbollah » comme « le chemin de la solution ». Le cheikh Ali al-Khatib lui aurait alors répondu : « Vous ne cherchez pas à trouver une solution. » La divergence porte donc moins sur la nécessité d’une issue politique que sur son ordre d’exécution.

Ali al-Khatib lie la question des armes aux garanties, à la protection et au retrait israélien

Les propos du vice-président du Conseil islamique chiite supérieur constituent la réponse politique et religieuse la plus structurée aux demandes américaines. Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026 rapporte qu’Ali al-Khatib demande aux États-Unis d’adopter « un rôle juste et équilibré, au moins pour traiter la crise ». Il expose ensuite sa lecture de l’origine du problème des armes. Il déclare : « Les chiites ne sont pas des terroristes et ils n’ont pas porté les armes par confort, mais à cause de l’occupation israélienne. Ils sont aujourd’hui prêts à traiter cette question si la garantie et la protection leur sont assurées, de manière à les rassurer sur leur avenir et leur destin. » La citation ne constitue donc pas un refus absolu d’aborder les armes. Elle pose des conditions préalables : garantie, protection et sécurité de la population.

Ali al-Khatib demande également à Washington de faire pression sur Israël pour obtenir au moins une mesure susceptible d’ouvrir la voie à la stratégie de sécurité nationale proposée par Joseph Aoun. Il estime que l’accord-cadre n’a pas permis d’obtenir un résultat de cette nature. Il renouvelle donc son appel à un dialogue national sous l’autorité du président de la République. Le responsable religieux interpelle ensuite Michel Issa sur le traitement différent du soutien iranien au Hezbollah et du soutien américain à Israël. Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026 rapporte exactement sa question : « La République islamique d’Iran a soutenu la résistance au Liban pour libérer la terre, et vous soutenez Israël par tous les moyens alors qu’il occupe la terre. Pourquoi ceci est-il interdit et cela permis ? » Il poursuit en rappelant que les États arabes avaient accepté à Beyrouth le principe d’une solution à deux États. Il demande ce qu’est devenue cette solution et ce que Washington a fait pour la mettre en œuvre. Puis il pose une autre question : « Est-il logique de me demander de remettre mon arme alors que vous occupez ma terre ? » Il conclut sur ce point par une formule claire : « Qu’Israël se retire, et alors chaque chose viendra en son temps. »

Al Akhbar du 9 septembre 2026 présente le même échange sous un angle plus conflictuel. Selon ses sources, Michel Issa aurait répété pendant la rencontre que le Hezbollah devait remettre ses armes avant qu’un retrait israélien puisse être demandé. Ali al-Khatib aurait répondu avec fermeté qu’il était impossible de réclamer cette remise alors que le territoire était occupé. Le journal rapporte aussi que le responsable religieux a demandé aux États-Unis de lever les restrictions qui compliquent l’arrivée des aides et des fonds destinés aux personnes déplacées. L’ensemble de son discours cherche ainsi à déplacer le débat. Au lieu de présenter les armes comme une question isolée, il les rattache à l’occupation, à la protection des habitants, au retour des déplacés et au rôle des puissances internationales.

Naim Kassem et le Hezbollah maintiennent leur accusation contre l’orientation présidentielle

Le discours du Hezbollah apparaît principalement à travers les positions antérieures de son secrétaire général Naim Kassem et les déclarations rapportées de responsables du parti. Ad Diyar du 9 septembre 2026 décrit une relation profondément détériorée avec Joseph Aoun. Selon le journal, le Hezbollah reproche au président de s’être écarté de son discours d’investiture et des engagements qui avaient permis son élection. La publication rapporte que les déclarations et communiqués du parti ainsi que les positions de Naim Kassem accusent la présidence de s’être engagée dans « un projet américain » dont l’objectif serait d’assurer la sécurité d’Israël. Les responsables du Hezbollah cités par Ad Diyar considèrent également que les négociations directes n’ont jusqu’ici permis d’obtenir aucun droit concret pour le Liban. Ils conseillent au président de revenir aux principes sur lesquels ils affirment avoir coopéré avec lui lorsqu’il était commandant de l’armée puis au moment de son élection.

Cette position s’accompagne d’un désaccord stratégique profond. Selon Ad Diyar du 9 septembre 2026, Joseph Aoun considère la diplomatie comme le moyen de sauver le pays, tandis que le Hezbollah continue d’affirmer son droit à la résistance et à la défense. Le parti refuse, selon la publication, que les négociations permettent à Israël d’obtenir ce que son armée n’a pas réussi à imposer par la force. Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026 apporte un autre élément. Une source politique affirme que le Hezbollah a transmis qu’il « ne donnera pas à Netanyahu ce qu’il veut au moment où il le veut ». Le parti considérerait son silence militaire actuel comme une décision réfléchie. Il chercherait à éviter de fournir au Premier ministre israélien une occasion d’améliorer sa position politique avant les élections. Les déclarations officielles directes de Naim Kassem sont cependant moins abondantes dans les éditions du jour que les analyses consacrées à la stratégie du Hezbollah. Les sources permettent donc d’établir une ligne générale, mais pas d’attribuer au secrétaire général des formulations supplémentaires qui ne figurent pas explicitement dans le corpus.

Samir Geagea hausse le ton tandis que Melhem Riachi maintient le dialogue avec Baabda

Les prises de position de Samir Geagea sont également au centre des commentaires politiques. Ad Diyar du 9 septembre 2026 rapporte que les Forces libanaises cherchent à relativiser l’idée d’une rupture avec la présidence ou la gouvernement. Des sources du parti expliquent que le ton élevé du chef des Forces libanaises ne signifie pas que les relations ont atteint une impasse. Elles présentent au contraire ses critiques comme « un appel clair à lancer un processus sérieux pour traiter la situation existante ». Le parti souhaite mettre fin à ce qu’il considère comme une « situation non institutionnelle ». Selon ces sources, Geagea n’a pas fermé la porte au dialogue. Il veut exercer une pression afin que les responsables passent « de la phase des positions générales à celle de la recherche effective d’un règlement ».

Cette stratégie est illustrée par l’activité de Melhem Riachi. Ad Diyar du 9 septembre 2026 indique que ses discussions avec les milieux de Baabda se poursuivent. Elles visent à trouver une issue politique empêchant le différend de s’aggraver et permettant de définir une méthode institutionnelle de règlement. Les Forces libanaises combinent ainsi un discours public plus offensif avec le maintien de négociations discrètes. Cette méthode devrait également apparaître lors de la prochaine séance parlementaire de contrôle. Les critiques de Samir Geagea contre la présidence et la gouvernement et la réponse de Nawaf Salam sont citées par Ad Diyar comme l’un des éléments susceptibles de rendre cette séance particulièrement animée.

Yassine Jaber et Paul Morcos tentent de calmer le front social ouvert par le budget

Les déclarations économiques des membres de la gouvernement complètent cette journée de prises de parole. Avant la réunion consacrée au budget 2027, Al Liwa’ du 9 septembre 2026 rapporte les propos du ministre des Finances Yassine Jaber : « Il n’y aura pas de nouveaux impôts sur le citoyen dans le budget, car nous avons pris en considération les conditions économiques dans lesquelles il vit. » Il précise également que l’augmentation intégrée au budget après les décisions sur les rémunérations se situe « dans les limites de 700 à 800 millions de dollars américains ». Le message vise à rassurer les contribuables tout en répondant aux revendications des fonctionnaires et des militaires retraités.

Après la séance, le ministre de l’Information Paul Morcos insiste sur le fait que le Conseil des ministres « n’est absolument pas indifférent à la préoccupation sociale ». Il rappelle les mesures concernant les salaires ainsi que les aides sociales, sanitaires et éducatives. Dans le même temps, il indique que la gouvernement s’est étonnée du mouvement annoncé par les anciens membres des forces armées, compte tenu de la situation économique, sécuritaire et financière. Il annonce néanmoins la disponibilité de l’exécutif au dialogue et la création d’une commission ministérielle présidée par Tarek Mitri.

Les déclarations politiques du 9 septembre 2026 font ainsi apparaître plusieurs lignes de fracture précises. Joseph Aoun défend le renforcement de l’État et de l’armée. Nawaf Salam associe solidarité arabe, action diplomatique et gestion des tensions intérieures. Michel Issa ouvre explicitement la possibilité de transmettre des messages au Hezbollah, mais uniquement à travers l’État. Ali al-Khatib accepte que la question des armes soit discutée, tout en exigeant garanties, protection et retrait israélien. Le Hezbollah maintient sa critique de la stratégie présidentielle et refuse que les négociations consacrent ce qu’il considère comme des gains israéliens. Samir Geagea accroît la pression sans interrompre le dialogue avec Baabda. Enfin, Yassine Jaber et Paul Morcos cherchent à empêcher que la contestation sociale du budget ne devienne un nouveau facteur de déstabilisation politique.

Diplomatie : Washington ouvre un canal par l’État, Beyrouth mobilise ses partenaires et la Ligue arabe soutient la souveraineté libanaise

La visite de Michel Issa au Conseil chiite donne une nouvelle dimension à la médiation américaine

La diplomatie occupe une place centrale dans les éditions du 9 septembre 2026. Elle est dominée par la visite de l’ambassadeur américain Michel Issa au Conseil islamique chiite supérieur et par les efforts engagés pour contenir l’escalade dans le Sud. Plusieurs publications décrivent cette rencontre comme inhabituelle par son lieu, son moment et son contenu. Elle intervient après l’aggravation de la situation autour de Nabatiyeh et d’Ali al-Taher. Elle se déroule aussi alors que la question des armes du Hezbollah reste au centre des discussions entre Washington et Beyrouth. Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026 rapporte que Michel Issa a rencontré pendant plus d’une heure le vice-président du Conseil islamique chiite supérieur, le cheikh Ali al-Khatib. Les sources du Conseil qualifient la discussion de « très franche ». L’ambassadeur y expose la position américaine, tandis qu’Ali al-Khatib présente les préoccupations de la communauté chiite face à l’occupation et aux attaques israéliennes. Michel Issa explique publiquement la raison de sa démarche : « C’était une rencontre très importante, car la communauté chiite est celle qui est affectée par ce qui se passe au Liban, et puisque cette communauté est la plus touchée, il m’importe de connaître l’avis des personnes qui la représentent. » Il ajoute : « Nous essayons de la comprendre correctement, car nous ne voulons que le bien de cette communauté, afin que le Sud revienne à ses habitants et que les gens retournent dans leurs villages et leurs maisons. » Le diplomate américain reconnaît néanmoins l’existence d’un obstacle avec une partie de cette communauté. Il déclare : « Nous avons un problème : nous ne pouvons pas parvenir à un résultat avec une partie de cette communauté, et l’intérêt de cette communauté est que cette partie comprenne quelles sont ses responsabilités. » Le Hezbollah n’est pas explicitement nommé dans cette phrase. Il devient cependant le sujet direct lorsque Michel Issa est interrogé sur une éventuelle négociation américaine avec le parti. Il précise : « La déclaration a été comprise de manière erronée. Je voulais dire que l’État libanais est celui qui négocie dans l’intérêt du Liban, et que nous sommes prêts à négocier avec eux par l’intermédiaire de l’État libanais, pour transmettre ce que nous pouvons transmettre. Nous sommes des médiateurs, rien de plus. » La formule dessine le cadre diplomatique souhaité par Washington. Les États-Unis n’excluent pas la transmission de messages au Hezbollah. Ils veulent toutefois que l’État libanais demeure l’interlocuteur et l’intermédiaire institutionnel. Al Akhbar du 9 septembre 2026 livre une version plus tendue des discussions. Selon les sources du Conseil citées par le journal, Michel Issa aurait insisté pendant la rencontre sur la remise des armes du Hezbollah comme condition permettant ensuite de discuter avec Israël d’un retrait. Le cheikh Ali al-Khatib lui aurait opposé l’impossibilité de demander le désarmement tant que le territoire reste occupé. Les deux versions convergent ainsi sur le fond du désaccord diplomatique : Washington veut placer la question des armes au début de la séquence, tandis que le responsable religieux chiite réclame d’abord des garanties et une évolution concrète sur le terrain.

Ali al-Khatib demande aux États-Unis une preuve concrète avant toute avancée sur les armes

Le discours d’Ali al-Khatib transforme la rencontre en échange sur les conditions d’un compromis et non en simple réception diplomatique. Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026 rapporte qu’il demande « un rôle juste et équilibré » des États-Unis dans le règlement de la crise. Il explique ensuite : « Les chiites ne sont pas des terroristes et ils n’ont pas porté les armes par confort, mais à cause de l’occupation israélienne. Ils sont aujourd’hui prêts à traiter cette question si la garantie et la protection leur sont assurées, de manière à les rassurer sur leur avenir et leur destin. » Cette déclaration contient une ouverture conditionnelle. La question des armes peut être traitée, mais seulement si la population concernée obtient des garanties sur sa sécurité. Ali al-Khatib demande donc à l’administration américaine de faire pression sur Israël pour obtenir « ne serait-ce qu’une mesure » susceptible d’ouvrir la voie à la discussion sur la stratégie de sécurité nationale souhaitée par Joseph Aoun. Il estime que l’accord-cadre n’a pas encore permis d’obtenir un résultat concret de ce type. Il renouvelle parallèlement son appel à un dialogue national sous le patronage du président de la République. L’échange devient plus direct lorsque le responsable religieux compare le soutien iranien au Hezbollah au soutien américain à Israël. Il déclare : « La République islamique d’Iran a soutenu la résistance au Liban pour libérer la terre, et vous soutenez Israël par tous les moyens alors qu’il occupe la terre. Pourquoi ceci est-il interdit et cela permis ? » Il rappelle également l’initiative arabe adoptée au sommet de Beyrouth et demande ce qu’est devenue la solution à deux États. Il poursuit : « Est-il logique de me demander de remettre mon arme alors que vous occupez ma terre ? » Puis il affirme : « Qu’Israël se retire, et alors chaque chose viendra en son temps. » Nahar du 9 septembre 2026 rapporte une confrontation similaire. Le journal indique qu’Ali al-Khatib a demandé à l’ambassadeur pourquoi les États-Unis ne faisaient pas davantage pour arrêter les attaques israéliennes et les pertes civiles. Selon Nahar, Michel Issa a répondu que Washington travaillait à la réussite des négociations et à l’application de l’accord-cadre. Le journal lui attribue également l’idée qu’Israël « se défend en définitive ». À la fin de la rencontre, Nahar rapporte que Michel Issa a présenté le désarmement du Hezbollah comme « le chemin de la solution ». Ali al-Khatib lui répond alors : « Vous ne cherchez pas à trouver une solution. » Les publications diffèrent donc sur certains détails, mais toutes décrivent une discussion où aucun accord n’a été obtenu sur l’ordre des concessions. Cette absence de convergence constitue l’une des principales limites de la médiation américaine à ce stade.

Les contacts internationaux cherchent à empêcher Nabatiyeh de devenir le point de départ d’une guerre plus large

Le canal ouvert avec le Conseil chiite s’inscrit dans une activité diplomatique beaucoup plus vaste autour du Sud. Ad Diyar du 9 septembre 2026 rapporte que des contacts intensifs ont été menés par les trois présidences, parallèlement à des démarches arabes et internationales. Selon des sources ministérielles citées par le journal, ces efforts ont contribué à réduire la tension militaire autour de Nabatiyeh et de ses environs. Les inquiétudes portaient sur un élargissement des affrontements et sur leurs conséquences pour l’ensemble du Sud. Les contacts ne visent pas seulement à obtenir une accalmie immédiate. Ils cherchent également, selon Ad Diyar, à maintenir des canaux permettant d’élaborer des arrangements plus durables. Le renforcement de la présence de l’armée est présenté comme l’un des éléments de cette démarche. Al Sharq Al Awsat du 9 septembre 2026 adopte une lecture proche. Le journal estime que les contacts menés par Joseph Aoun avec les Américains ont contribué à « freiner » la campagne militaire israélienne après plusieurs jours d’escalade. Il rappelle que les frappes avaient fait au moins 28 morts et de nombreux blessés et provoqué le déplacement de centaines de personnes dans la région de Nabatiyeh. Selon cette publication, Beyrouth attend toujours que Washington fixe la date de la huitième séance de négociations avec Israël. La diplomatie américaine conserve donc un rôle déterminant à la fois dans la maîtrise de l’escalade et dans la poursuite du processus de négociation. Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026 estime que l’activité américaine a aussi une fonction de réassurance envers la communauté chiite. La publication présente la visite de Michel Issa comme un moyen de transmettre directement le message américain à une population qui supporte une grande partie du coût humain et matériel de la guerre. Le journal estime que la médiation ne pourra toutefois gagner en crédibilité que si elle produit des résultats visibles concernant la sécurité, le retour des habitants, les détenus et le retrait israélien. Cette analyse est importante parce qu’elle distingue le dialogue diplomatique de ses effets concrets. La multiplication des rencontres ne suffit pas si la situation sur le terrain continue à se détériorer.

Paris prépare le soutien à l’armée dans une phase où son rôle devient plus politique

La France apparaît principalement à travers la préparation de la réunion internationale de Paris du 17 septembre. Ad Diyar, Al Bina’, Al Sharq et Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026 rapportent que Joseph Aoun et Rodolphe Haykal ont examiné les préparatifs de cette rencontre consacrée à l’armée et aux Forces de sécurité intérieure. La réunion intervient dans un contexte particulier. L’armée est appelée à intensifier son activité dans des secteurs exposés aux attaques israéliennes, tandis que les autorités libanaises veulent faire de l’institution militaire le principal instrument de l’autorité de l’État. Le soutien international prend donc une portée dépassant la fourniture d’équipements. Al Sharq du 9 septembre 2026 présente d’ailleurs le rendez-vous de Paris comme une étape visant à soutenir l’armée tout en consolidant les institutions de l’État. Dans cette logique, l’aide extérieure doit permettre aux autorités de transformer le principe du monopole de l’État sur la sécurité en capacité réelle. Le député Assaad Dergham formule cependant une exigence plus dure. Al Sharq rapporte qu’il demande à Joseph Aoun de suspendre les négociations jusqu’à ce que le soutien, l’équipement et l’armement nécessaires soient effectivement fournis à l’armée. Il souhaite que l’aide militaire et financière devienne une condition de la poursuite des discussions. Cette position n’est pas présentée comme celle de la présidence, mais elle montre l’existence d’un débat intérieur sur la valeur des garanties internationales. Certains responsables craignent que l’État soit appelé à assumer de nouvelles obligations sans recevoir les moyens correspondants. La diplomatie française se trouve ainsi associée à un test : les partenaires du Liban peuvent-ils renforcer assez rapidement l’armée pour qu’elle assume le rôle que les négociations veulent lui confier ?

Nawaf Salam prépare son déplacement américain et cherche à élargir les soutiens à la position libanaise

Le Premier ministre Nawaf Salam prépare parallèlement une séquence diplomatique importante aux États-Unis. Al Akhbar du 9 septembre 2026 rapporte que son déplacement pour l’Assemblée générale des Nations unies doit être utilisé pour multiplier les rencontres avec des responsables internationaux. Selon le journal, le responsable saoudien Yazid ben Farhane aurait promis de contribuer à l’organisation de réunions avec des chefs d’État et de gouvernement présents à New York. Nawaf Salam espérerait également une rencontre, même courte, avec Donald Trump si le président américain participe aux travaux, ou une réunion particulière avec Marco Rubio. Nahar du 9 septembre 2026 indique de son côté que le Premier ministre doit quitter Beyrouth le 19 septembre à destination de New York, à la tête d’une délégation comprenant le ministre des Affaires étrangères Youssef Rajji. Il doit prononcer le discours du Liban le 24 septembre. Le journal annonce également une rencontre avec Marco Rubio le 28 septembre. Cette réunion doit notamment porter sur la situation sécuritaire dans le Sud, le rôle de l’armée et les arrangements internationaux qui accompagneront la phase suivante. La diplomatie de Nawaf Salam vise donc plusieurs objectifs. Elle doit défendre la position libanaise sur les attaques israéliennes, consolider le soutien international à l’armée, obtenir des garanties sur le processus de négociation et présenter les décisions de la gouvernement comme une restauration de l’autorité de l’État plutôt que comme une concession imposée de l’extérieur. L’appui arabe obtenu au même moment renforce cette stratégie.

La Ligue arabe apporte une couverture politique aux décisions de l’État libanais

La réunion du Conseil de la Ligue arabe constitue en effet un autre élément majeur de la diplomatie libanaise. Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026 rapporte que les ministres arabes des Affaires étrangères ont réaffirmé leur « solidarité totale avec la République libanaise » ainsi que leur soutien à « sa souveraineté, son indépendance et son unité nationale ». Le Conseil insiste également sur « le droit exclusif de l’État libanais à prendre ses décisions nationales souveraines, loin de toute intervention ou pression extérieure ». Il soutient les mesures de la gouvernement visant à récupérer la compétence sur la décision de guerre et de paix et à limiter les armes à l’armée et aux forces de sécurité légales, sur la base de l’accord de Taëf et de la résolution 1701. Le Conseil approuve également les décisions concernant l’interdiction des activités militaires et sécuritaires menées en dehors du cadre légal. Dans le même temps, il condamne les attaques israéliennes, demande le retrait complet d’Israël des territoires libanais occupés et rejette toute tentative d’imposer des zones tampons. Cette double position est essentielle pour Beyrouth. Elle évite que le soutien arabe à l’autorité exclusive de l’État puisse être interprété comme une acceptation des opérations israéliennes. Elle associe au contraire les deux demandes : monopole de l’État libanais sur la décision sécuritaire et retrait israélien. La Ligue arabe demande en outre un soutien accru à l’armée et une coopération internationale concernant le retour des déplacés syriens. Elle salue aussi les réformes financières et institutionnelles entreprises par la gouvernement. Pour Nawaf Salam et Joseph Aoun, cette déclaration constitue donc un appui diplomatique significatif avant les prochaines discussions internationales.

Beyrouth affiche une solidarité sans ambiguïté avec Riyad après les attaques des Houthis

L’escalade au Yémen et les attaques contre l’Arabie saoudite provoquent enfin une importante séquence diplomatique libanaise. Joseph Aoun et Nawaf Salam condamnent tous deux les attaques visant Abha, Khamis Mushait, Jazan et Najran. Ad Diyar du 9 septembre 2026 rapporte Joseph Aoun déclarant : « Nous, au Liban, suivons avec une profonde inquiétude cette dangereuse escalade qui vise la sécurité et la stabilité du Royaume d’Arabie saoudite. » Il poursuit : « La sécurité du Royaume est une partie indivisible de la sécurité du Liban et de l’ensemble de la région arabe. » Il réaffirme enfin la solidarité du Liban avec Riyad. Al Sharq du 9 septembre 2026 rapporte une position comparable de Nawaf Salam. Le Premier ministre condamne « dans les termes les plus fermes » les attaques et affirme « la solidarité totale du Liban avec le Royaume, direction et peuple ». Il reconnaît également le droit saoudien de prendre les mesures nécessaires pour défendre le territoire, la population et la souveraineté du royaume. Ces déclarations interviennent alors que l’Arabie saoudite joue un rôle croissant dans les démarches diplomatiques autour du Liban. Elles permettent aussi à Beyrouth de réaffirmer son appartenance à un cadre arabe au moment où les tensions avec l’Iran restent au centre de nombreux dossiers régionaux.

La diplomatie libanaise du 9 septembre 2026 se développe ainsi sur plusieurs fronts simultanés. Washington cherche à traiter la question du Hezbollah sans contourner officiellement l’État. Le Conseil islamique chiite supérieur demande des garanties et un retrait israélien avant une avancée décisive sur les armes. Les trois présidences multiplient les contacts pour empêcher l’élargissement de la guerre autour de Nabatiyeh. Paris prépare une réunion destinée à renforcer les capacités de l’armée. Nawaf Salam organise une séquence américaine destinée à obtenir davantage de soutien. La Ligue arabe fournit une couverture politique à la souveraineté de l’État tout en exigeant le retrait israélien. Enfin, Joseph Aoun et Nawaf Salam affichent leur solidarité avec l’Arabie saoudite. Le point encore non résolu reste l’ordre des engagements : les différents acteurs reconnaissent la nécessité d’un règlement, mais ne s’accordent toujours pas sur la mesure qui doit ouvrir le processus.

Politique internationale : l’Arabie saoudite frappée par les Houthis, la pression occidentale monte contre les colonies israéliennes et les crises régionales s’entrecroisent

L’offensive des Houthis contre l’Arabie saoudite ouvre une nouvelle phase de la guerre au Yémen

L’attaque menée contre plusieurs villes du sud de l’Arabie saoudite constitue le principal dossier international des éditions du 9 septembre 2026. Al 3arabi Al Jadid, Al Sharq Al Awsat, Al Quds, Al Liwa’, Al Bina’ et Ad Diyar lui accordent une place majeure. Les journaux décrivent une opération combinant missiles balistiques et drones contre Abha, Khamis Mushait, Jazan et Najran. Les installations énergétiques et militaires figurent parmi les objectifs revendiqués par les Houthis. Des zones civiles ont également été touchées. Selon le bilan saoudien repris par plusieurs publications, 73 civils ont été blessés, dont des femmes et des enfants. Al 3arabi Al Jadid du 9 septembre 2026 décrit l’opération comme l’une des attaques les plus importantes par son étendue. Le journal rapporte que des installations liées à la compagnie pétrolière saoudienne ont été visées à Abha, Najran et Jazan. La base aérienne de Khamis Mushait et l’aéroport international d’Abha figurent également parmi les objectifs annoncés par les Houthis. Le ministère saoudien de l’Énergie fait état d’incendies et de l’arrêt temporaire de certaines opérations. Les autorités indiquent cependant que des équipes sont intervenues pour sécuriser les sites et évaluer les dégâts. Le porte-parole des forces de la coalition, Turki al-Maliki, affirme que les attaques contre des installations civiles et économiques constituent une menace directe contre la sécurité des habitants du royaume. Al 3arabi Al Jadid rapporte sa déclaration selon laquelle la coalition prendra « toutes les mesures opérationnelles nécessaires pour dissuader cette milice » et pour répondre aux sources de la menace. Les Houthis présentent une version entièrement différente. Selon leur communiqué rapporté par le journal, l’opération a été menée « avec des dizaines de missiles balistiques et de drones » et a visé des installations d’Aramco ainsi que la base de Khamis Mushait. Ils affirment qu’elle constitue une réponse aux opérations militaires menées contre eux au Yémen. Le communiqué ajoute : « Nous n’hésiterons pas à porter des frappes plus fortes et plus larges contre l’ennemi saoudien. » Les deux récits montrent donc que la séquence ne relève pas d’un incident frontalier limité. Riyad la présente comme une attaque contre sa souveraineté et ses infrastructures civiles. Les Houthis la présentent comme une extension directe de la guerre yéménite.

Riyad promet une réponse tout en maintenant ouverte la voie diplomatique

La réaction saoudienne occupe une place centrale dans Al Sharq Al Awsat du 9 septembre 2026. Le ministre des Affaires étrangères Fayçal ben Farhane, en déplacement à Moscou, affirme que les Houthis « ont ouvert contre eux-mêmes une porte qu’ils ne pourront pas supporter ». Il ajoute que l’Arabie saoudite « n’hésitera pas à défendre sa sécurité, à protéger ses intérêts et à accomplir ses devoirs de manière à assurer la sécurité au Yémen et dans la région ». Le ministre ne ferme toutefois pas la voie diplomatique. Il rappelle que Riyad et la gouvernement yéménite soutiennent toujours les solutions politiques et la possibilité de négociations destinées à épargner au peuple yéménite davantage de souffrances. Cette combinaison entre menace de riposte et maintien d’un canal politique caractérise la position saoudienne rapportée par plusieurs journaux. Al Liwa’ du 9 septembre 2026 reprend également les mots de Fayçal ben Farhane selon lesquels les Houthis « ont ouvert contre eux-mêmes une porte qu’ils ne pourront pas supporter ». Le journal rapporte qu’il accuse le mouvement de chercher à exporter vers l’Arabie saoudite les difficultés auxquelles il est confronté à l’intérieur du Yémen. Selon le ministre, les Houthis recourent à la violence lorsqu’ils se trouvent dans une position difficile et imposent davantage de souffrances aux Yéménites au lieu de s’engager de manière responsable dans un processus politique. Le Conseil des ministres saoudien affirme parallèlement le droit du royaume à défendre sa sécurité et ses capacités. Il condamne les attaques contre les installations civiles et économiques et les menaces contre la navigation commerciale en mer Rouge. Al Sharq Al Awsat rapporte que le porte-parole de la coalition, Turki al-Maliki, qualifie l’escalade de « dangereuse ». Selon lui, elle confirme « l’approche hostile et irresponsable » des Houthis. La coalition promet de répondre aux sources de la menace et de les neutraliser. La Russie apporte également son soutien à Riyad. Lors de sa conférence de presse avec Fayçal ben Farhane, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov juge les attaques « inacceptables » et estime qu’elles auront des conséquences négatives. Il soutient les efforts saoudiens en faveur d’un règlement au Yémen et insiste sur la nécessité de garantir la sécurité de la navigation internationale.

Washington désigne explicitement l’Iran derrière une partie de l’escalade

La réaction américaine donne au conflit une dimension régionale plus nette. Al Sharq Al Awsat du 9 septembre 2026 rapporte les déclarations de Marco Rubio. Le ministre américain des Affaires étrangères affirme : « Les Houthis sont des instruments et des mandataires de l’Iran. » Il ajoute : « Je pense que la main iranienne se trouve clairement derrière une partie de ce qui se passe. » Rubio rappelle également que les États-Unis entretiennent une relation militaire et défensive très forte avec l’Arabie saoudite et qu’ils suivent attentivement les développements. Ad Diyar du 9 septembre 2026 rapporte une formulation similaire. Selon le journal, Marco Rubio déclare : « Les Houthis sont, à bien des égards, des agents et des mandataires des Iraniens. Je pense que l’Iran se trouve clairement derrière certains de ces événements. » Il souligne ensuite la solidité de la relation militaire défensive entre Washington et Riyad. Cette accusation intervient dans une période de confrontation directe entre Washington et Téhéran décrite dans plusieurs journaux du corpus. Elle transforme l’offensive houthie en épisode supplémentaire d’un conflit régional plus vaste. L’Iran n’est plus présenté seulement comme un soutien politique ou militaire des Houthis. Les responsables américains cités suggèrent qu’il joue un rôle dans l’escalade actuelle. Les sources fournies ne présentent cependant pas de preuve indépendante permettant d’établir la nature exacte d’une éventuelle décision iranienne concernant cette opération. Il convient donc de conserver l’attribution : il s’agit de l’accusation formulée par Marco Rubio et non d’un fait établi par les journaux.

La solidarité avec Riyad s’étend aux États du Golfe. Al 3arabi Al Jadid du 9 septembre 2026 rapporte la condamnation du Conseil de coopération du Golfe. Son secrétaire général Jassem Mohammed al-Budaiwi affirme le soutien des États membres aux mesures prises par l’Arabie saoudite pour protéger son territoire, ses citoyens et ses résidents. Le Qatar condamne également les attaques et affirme que « la sécurité du Royaume d’Arabie saoudite est une partie indivisible de la sécurité de l’État du Qatar et du système de sécurité collective des États du Conseil de coopération du Golfe ». Les Émirats arabes unis et Bahreïn adoptent des positions similaires. Le Koweït condamne parallèlement les menaces contre les navires commerciaux en mer Rouge. Cette réaction collective donne à la crise une dimension de sécurité du Golfe qui dépasse la seule relation entre Riyad et les Houthis.

Les forces gouvernementales yéménites progressent sur plusieurs fronts

L’attaque contre l’Arabie saoudite intervient alors que les forces hostiles aux Houthis annoncent des avancées à l’intérieur du Yémen. C’est un élément essentiel dans l’interprétation proposée par Al 3arabi Al Jadid et Al Sharq Al Awsat du 9 septembre 2026. Al Sharq Al Awsat rapporte que les forces gouvernementales ont pris le contrôle de la région d’Al-Yatma dans le district de Khabb wa al-Shaaf, dans la province d’Al-Jawf, après avoir repris Al-Labnat. La publication souligne l’importance de ces positions pour les voies de circulation et d’approvisionnement des Houthis. Leur contrôle pourrait permettre aux forces gouvernementales de poursuivre leur mouvement en direction d’Al-Hazm, chef-lieu de la province. Dans la province d’Al-Bayda, les forces des Brigades des Géants ont également lancé une opération de grande ampleur. Selon les sources de terrain citées par Al Sharq Al Awsat, elles ont pris plusieurs positions avancées après des combats. Les affrontements se poursuivent parallèlement dans la région de Taëz et sur la côte occidentale. Al 3arabi Al Jadid rapproche explicitement cette pression militaire de l’offensive contre l’Arabie saoudite. Le journal cite des analystes qui estiment que les Houthis cherchent à déplacer une partie du conflit vers le territoire saoudien pour réduire la pression exercée sur leurs positions au Yémen. Cette analyse reste celle des interlocuteurs du journal. Elle ne constitue pas une explication officiellement reconnue par toutes les parties. Le président du Conseil de direction présidentiel yéménite, Rachad al-Alimi, salue pour sa part les progrès des forces gouvernementales dans plusieurs fronts. Il affirme que les Houthis ont choisi l’escalade et qu’ils doivent en assumer les conséquences. Le conflit entre donc dans une phase où opérations terrestres au Yémen et frappes à longue distance contre l’Arabie saoudite se répondent directement.

La pression sur les routes pétrolières rapproche le baril du seuil des 100 dollars

Al Bina’ du 9 septembre 2026 place la crise yéménite dans le contexte plus vaste de la confrontation autour des voies énergétiques. Le journal observe une pression simultanée sur deux passages essentiels pour les exportations du Golfe : le détroit d’Ormuz à l’est et Bab el-Mandeb ainsi que la mer Rouge à l’ouest. Il rapporte que le Brent a dépassé 99 dollars au cours des échanges, tandis que certains pétroles de Dubaï et d’Oman ont franchi les 100 dollars. Selon le journal, la question n’est donc plus simplement de savoir si le pétrole peut atteindre 100 dollars, mais pendant combien de temps les stocks stratégiques et les voies d’approvisionnement alternatives pourront empêcher une installation durable au-dessus de ce niveau. Al Sharq Al Awsat du 9 septembre 2026 place également le pétrole parmi les principaux sujets de sa une. Le journal évoque un baril qui touche les 100 dollars, dans un contexte où Riyad et Moscou coordonnent leur action au sein du groupe des producteurs de pétrole. L’attaque contre les installations saoudiennes renforce les préoccupations sur la sécurité des infrastructures énergétiques. Al 3arabi Al Jadid souligne pour sa part que les frappes contre des installations du secteur énergétique dans le sud du royaume ravivent les craintes pour l’approvisionnement mondial. La publication rappelle également que Bab el-Mandeb est l’un des passages majeurs pour les échanges énergétiques. Le dossier yéménite devient donc simultanément militaire, diplomatique et économique.

Londres et onze autres États occidentaux durcissent leur position contre les colonies israéliennes

L’autre grand événement international du 9 septembre 2026 concerne la Cisjordanie. Al 3arabi Al Jadid, Al Quds, Al Liwa’ et Al Sharq Al Awsat consacrent une large place à la décision britannique de restreindre les échanges avec les colonies israéliennes. Le ministre britannique des Affaires étrangères Ed Miliband annonce devant la Chambre des communes la volonté de Londres d’interdire l’importation de produits provenant des colonies considérées comme illégales en Cisjordanie occupée. Selon Al 3arabi Al Jadid du 9 septembre 2026, le dispositif doit prendre plusieurs mois avant d’entrer en application. Le ministre annonce également la création d’un nouveau régime de sanctions. Il reconnaît en outre l’existence d’un « nettoyage ethnique » visant les Palestiniens dans certaines parties de la Cisjordanie. Al Quds du 9 septembre 2026 décrit un ensemble plus large de mesures. Londres prévoit des sanctions contre des colons, des entreprises et des individus contribuant à l’expansion des colonies. La publicité au Royaume-Uni pour des biens immobiliers situés dans les colonies doit également être interdite. Des restrictions sur certaines exportations susceptibles de contribuer au maintien de l’occupation sont annoncées. Ed Miliband affirme que l’occupation israélienne des territoires palestiniens est illégale et que cette situation doit avoir des conséquences sur les relations économiques. Il précise toutefois que le différend britannique ne vise pas le peuple israélien, mais les politiques de son gouvernement.

La démarche dépasse le Royaume-Uni. Douze États annoncent leur intention d’imposer des restrictions au commerce avec les colonies : le Canada, le Danemark, la Finlande, la France, l’Islande, l’Irlande, la Norvège, la Pologne, le Portugal, l’Espagne, la Suède et le Royaume-Uni. Al Liwa’ du 9 septembre 2026 rapporte que ces États considèrent les colonies comme illégales au regard du droit international et estiment que leur expansion compromet la possibilité d’une solution à deux États. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot annonce que la France entend adopter des mesures similaires concernant les produits des colonies. La présidence palestinienne salue la décision britannique et y voit une étape importante contre la colonisation.

Israël répond à Londres par des sanctions et la fermeture de la représentation britannique à Jérusalem

La réaction israélienne est immédiate. Les journaux du corpus rapportent la décision de fermer la représentation consulaire britannique à Jérusalem et de réduire plusieurs formes de coopération avec Londres. Al 3arabi Al Jadid du 9 septembre 2026 rapporte également la suspension de la participation britannique à la mission de coordination concernant Gaza ainsi que l’arrêt de la formation britannique destinée aux forces de sécurité de l’Autorité palestinienne. Des responsables et citoyens britanniques doivent être interdits d’entrée en Israël. Al Quds du 9 septembre 2026 décrit la réponse israélienne comme particulièrement dure. Les autorités israéliennes accusent Londres d’intervenir dans les élections israéliennes. Le gouvernement britannique rejette de son côté l’idée que ses mesures soient dirigées contre la population israélienne et les présente comme une réponse à la politique de colonisation et aux violences en Cisjordanie. Cette crise diplomatique est significative parce qu’elle traduit le passage d’une critique occidentale essentiellement déclarative à des mesures économiques concrètes. Les restrictions annoncées ne concernent pas l’ensemble des échanges avec Israël. Elles ciblent les colonies et les acteurs liés à leur développement. Elles créent néanmoins un précédent politique que Tel-Aviv considère comme suffisamment sérieux pour justifier des représailles diplomatiques.

Les opérations israéliennes en Syrie suscitent de nouvelles accusations internationales

La Syrie apparaît également dans plusieurs éditions. Al 3arabi Al Jadid et Al Bina’ du 9 septembre 2026 rapportent les conclusions d’une commission internationale indépendante chargée d’enquêter sur la Syrie. Celle-ci exprime une « profonde inquiétude » devant les opérations israéliennes dans le sud du pays. Des habitants de Quneitra et de Deraa ont signalé des incursions, des patrouilles, des perquisitions et des arrestations. Al Bina’ rapporte que la commission a documenté la mise en place de points de contrôle temporaires et d’infrastructures militaires permanentes sur le territoire syrien. Jusqu’en juin, elle aurait identifié 49 Syriens détenus par l’armée israélienne sur le territoire syrien, parmi lesquels deux enfants. La commissaire Fiona Ni Aolain déclare que de tels actes « pourraient constituer des crimes de guerre ». La commission décrit également la présence israélienne comme une « occupation militaire ». Ces conclusions interviennent dans un contexte où la Syrie tente de reconstruire ses institutions et de stabiliser ses relations régionales. Elles ajoutent donc un nouveau dossier au contentieux international autour des opérations israéliennes hors de ses frontières.

Moscou et Washington relancent leurs échanges sur l’Ukraine

Enfin, plusieurs publications suivent les contacts entre Donald Trump et Vladimir Poutine sur la guerre en Ukraine. Al Liwa’ du 9 septembre 2026 rapporte une conversation téléphonique entre les deux présidents, qualifiée par le Kremlin de franche et constructive. Selon le conseiller présidentiel russe Iouri Ouchakov, Vladimir Poutine et Donald Trump ont discuté des résultats des démarches menées par les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner. Poutine aurait présenté au président américain son analyse de la situation militaire et salué les efforts de médiation de Washington. Donald Trump aurait réaffirmé son intérêt pour une avancée vers le règlement du conflit pendant son mandat. Al Sharq Al Awsat du 9 septembre 2026 rapporte parallèlement que le président ukrainien Volodymyr Zelensky se dit favorable à une rencontre trilatérale entre représentants ukrainiens, russes et américains. Il déclare : « Si toutes les parties sont d’accord, nous voulons également tenir la réunion à l’automne. Si elle peut être organisée en septembre, ce serait formidable. Plus tôt, ce sera mieux. » Les sources du jour ne permettent toutefois pas d’affirmer qu’un accord sur cette rencontre a déjà été obtenu.

La politique internationale du 9 septembre 2026 est ainsi dominée par plusieurs foyers qui tendent à se rejoindre. L’escalade entre les Houthis et l’Arabie saoudite se superpose à la confrontation entre Washington et Téhéran et menace les routes énergétiques. Les États occidentaux augmentent leur pression économique sur les colonies israéliennes, provoquant une crise diplomatique avec Tel-Aviv. Les opérations israéliennes en Syrie suscitent de nouvelles accusations internationales. Enfin, Washington et Moscou tentent de maintenir un canal politique sur l’Ukraine. Dans l’ensemble du corpus, la caractéristique commune de ces crises est l’utilisation simultanée de la force, des sanctions et de la négociation, sans qu’aucun de ces grands dossiers n’ait encore atteint un règlement durable.

Économie : budget 2027, stratégie de Karim Souaid et bataille autour de la récupération des milliards perdus

Le budget 2027 ouvre le débat sur les salaires, les recettes et les limites financières de l’État

Le projet de budget 2027 constitue l’un des principaux dossiers économiques libanais dans la presse du 9 septembre 2026. Al Sharq et Al Liwa’ rendent compte de l’ouverture de son examen par le Conseil des ministres sous la présidence de Nawaf Salam. Le ministre des Finances Yassine Jaber présente d’abord le rapport préparé par son ministère, avant que les ministres n’abordent les articles les uns après les autres. Certaines dispositions sont modifiées dès cette première séance. D’autres doivent être examinées lors de réunions successives. Le contexte est particulièrement sensible. Le gouvernement doit répondre aux demandes salariales du secteur public tout en évitant une nouvelle dérive des dépenses. Il doit aussi préserver les recettes et la stabilité monétaire. Al Liwa’ du 9 septembre 2026 rapporte à ce sujet une déclaration explicite de Yassine Jaber : « Il n’y aura pas de nouveaux impôts sur le citoyen dans le budget, car nous avons pris en considération les conditions économiques dans lesquelles il vit. » Le ministre indique cependant que les augmentations déjà décidées ont un coût. Il précise : « L’augmentation dans le budget a été approuvée lorsque nous avons décidé l’augmentation des salaires, dans une limite de 700 à 800 millions de dollars américains. » Le gouvernement doit donc absorber cette charge sans la transformer, selon les engagements du ministre, en nouvelle pression fiscale directe sur les ménages. Cette équation provoque immédiatement une confrontation avec les militaires retraités et les autres composantes du secteur public. Le ministre de l’Information Paul Morcos affirme après la réunion que le Conseil des ministres « n’est absolument pas indifférent à la préoccupation sociale ». Il rappelle les augmentations accordées ainsi que les prestations sociales, sanitaires et éducatives. Toutefois, l’exécutif estime que l’état des finances publiques ne permet pas de satisfaire sans limite les revendications. Une commission présidée par le vice-Premier ministre Tarek Mitri doit donc négocier avec les représentants des anciens militaires. Nahar du 9 septembre 2026 relève que les retraités civils et militaires menacent de reprendre manifestations et grèves si le projet n’est pas modifié. L’économie budgétaire se transforme ainsi immédiatement en dossier social et politique. Le gouvernement ne cherche plus seulement à présenter des comptes. Il doit convaincre les salariés et retraités que le redressement des finances publiques ne se fera pas à leurs dépens, tout en démontrant aux partenaires internationaux que les dépenses restent maîtrisées.

Karim Souaid distingue la stabilité de la livre d’un retour officiel à un taux fixe

Al Sharq du 9 septembre 2026 consacre un développement important à la situation monétaire et aux positions du gouverneur de la Banque du Liban, Karim Souaid. Le gouverneur apporte d’abord une précision sur la stabilité actuelle de la monnaie. Il distingue la situation observée d’une véritable politique officielle de change fixe. Il déclare : « Nous sommes aujourd’hui face à une stabilité de la livre, et non à une fixation de la livre. » Cette nuance est importante. Elle signifie que la relative stabilité du taux ne doit pas être interprétée comme le retour au modèle monétaire qui prévalait avant l’effondrement financier. Karim Souaid relie cette stabilité à la demande de monnaie nationale générée par la fiscalité. Selon lui, l’État collecte chaque année l’équivalent d’environ six milliards de dollars en livres libanaises. Cette obligation crée une demande de monnaie locale et contribue à la stabilité du marché. Le gouverneur salue également la politique du ministère des Finances en matière de perception des recettes et de maîtrise des dépenses. Il qualifie cette évolution de « discipline financière ». Le lien entre politique budgétaire et politique monétaire apparaît donc clairement dans son raisonnement : si l’État recommençait à financer de larges déficits ou perdait sa capacité à percevoir ses recettes, la stabilité monétaire deviendrait beaucoup plus difficile à préserver.

Le gouverneur fournit également une indication importante sur les actifs extérieurs de la Banque du Liban. Al Sharq du 9 septembre 2026 rapporte qu’ils s’élèvent à environ 12 milliards de dollars. Karim Souaid refuse toutefois de les présenter comme une réserve librement disponible. Il explique que cette somme comprend notamment les réserves obligatoires déposées par les banques commerciales ainsi que les dépôts de l’État. Elle ne peut donc pas être considérée comme un stock de devises appartenant sans restriction à la banque centrale. Interrogé sur le niveau minimal en dessous duquel les réserves ne devraient pas descendre, il refuse de fixer un seuil intangible dans le contexte actuel de crise et de guerre. Cette prudence contraste avec les débats des années précédentes sur l’utilisation des réserves pour financer les dépenses ou les importations. Karim Souaid aborde également l’hypothèse d’une suppression de plusieurs zéros sur la monnaie. Il considère que cette question appartient à une phase ultérieure et ne constitue pas une priorité dans les circonstances présentes. Son discours met donc l’accent sur la préservation de la stabilité existante plutôt que sur une transformation immédiate du régime monétaire.

Plus de six milliards de dollars ont été versés aux déposants, mais la question des pertes reste entière

Le dossier des dépôts demeure au centre des préoccupations. Al Sharq du 9 septembre 2026 rapporte que Karim Souaid chiffre à environ 6,1 milliards de dollars les paiements cumulés effectués aux déposants dans le cadre des circulaires 158 et 166. Cette donnée mesure les montants effectivement restitués à travers les mécanismes mis en place après la crise. Elle ne règle toutefois pas le problème de fond : la détermination des obligations réelles de la Banque du Liban et des sommes qui pourront être rendues à terme. Le gouverneur évoque à ce propos ce qu’il appelle des « anomalies » dans les engagements inscrits au bilan de la Banque du Liban. Selon ses déclarations rapportées par Al Sharq, ces montants pourraient atteindre « 30 % de la valeur ». La publication précise que la Banque du Liban a déjà utilisé cette notion pour désigner des créances qu’elle considère comme injustifiées. Parmi les exemples figurent des dépôts dont l’origine n’est pas identifiée, des conversions comptables de livres en dollars effectuées après le début de la crise sans couverture réelle et des intérêts considérés comme excessifs. La question devient particulièrement sensible, car le classement d’une créance parmi ces anomalies peut déterminer la part des pertes supportée par les différents acteurs. Karim Souaid indique que les montants restant dus après vérification pourraient être payés aux déposants en espèces sur plusieurs années ou au moyen de titres. Il ne fournit donc pas, dans les éléments rapportés par Al Sharq, de calendrier définitif de remboursement de l’ensemble des dépôts.

Le gouverneur aborde également le sujet de l’or. Il affirme ne pas être favorable, par principe, à sa vente. Toutefois, Al Sharq rapporte qu’il ne ferme pas complètement cette possibilité dans un cas précis : si la Banque du Liban était incapable d’honorer une obligation urgente envers les déposants. Le raisonnement exclut donc l’idée d’utiliser l’or simplement pour financer les dépenses courantes de l’État. L’éventuelle mobilisation de cet actif serait liée aux droits des déposants. Cette position montre que le débat sur la répartition des pertes reste ouvert. Le gouverneur cherche à distinguer les engagements qu’il considère comme légitimes des opérations qui doivent encore faire l’objet de vérifications.

Al Akhbar décrit un projet de récupération de cinq milliards de dollars par des règlements judiciaires

Al Akhbar du 9 septembre 2026 consacre sa principale enquête économique à un projet attribué à Karim Souaid pour récupérer environ cinq milliards de dollars. Le journal affirme que le gouverneur utilise dans certaines discussions l’expression « mini Ritz », en référence à la campagne saoudienne de 2017 durant laquelle des princes, responsables et hommes d’affaires avaient été retenus au Ritz-Carlton de Riyad et amenés à conclure des règlements financiers. Selon Al Akhbar, la comparaison s’arrête cependant à l’objectif de récupération de fonds. Les méthodes envisagées au Liban seraient différentes. Le journal affirme que Karim Souaid ne prévoit pas de détentions directes, mais la préparation de dossiers, le dépôt d’actions judiciaires et le recours à des audits financiers et judiciaires. Ces procédures devraient, selon les informations de la publication, créer les conditions de règlements permettant de récupérer des sommes contestées.

Al Akhbar identifie trois grands ensembles d’opérations susceptibles d’être examinés. Le premier concerne les fonds dépensés pour subventionner des produits après l’effondrement financier. Le deuxième porte sur des prêts remboursés à des taux de change inférieurs à celui du marché. Le troisième concerne certaines opérations réalisées entre la Banque du Liban, des propriétaires de banques et de grands déposants ou clients. Le journal souligne toutefois lui-même les difficultés juridiques du projet. Il estime que certaines opérations peuvent paraître avantageuses ou contestables sans être nécessairement illégales. Une partie d’entre elles a été exécutée sur la base des pouvoirs accordés au gouverneur de la Banque du Liban par le Code de la monnaie et du crédit. La publication précise donc que l’existence de soupçons ne suffit pas à établir une infraction. Les enquêtes financières devront déterminer si les opérations constituent réellement des détournements ou si elles ont été réalisées dans le cadre de pouvoirs légaux, même lorsque leur opportunité économique peut être contestée.

Le système de subventions de l’après-2019 revient au centre des audits

Le soutien aux produits essentiels constitue l’un des dossiers les plus lourds décrits par Al Akhbar du 9 septembre 2026. Le journal rappelle que le mécanisme a commencé avec la circulaire 530 du 30 septembre 2019 pour financer en devises les importations de produits essentiels. Il concernait notamment les produits pétroliers, le blé et les médicaments. Le dispositif a ensuite été modifié et élargi par la circulaire 561 du 8 juin 2020. Le soutien couvrait alors 90 % des factures d’importation des produits pétroliers et 85 % de celles du blé, des médicaments, du matériel médical, du lait infantile et de certaines matières premières destinées à l’industrie pharmaceutique. Une nouvelle extension est intervenue en juillet 2020 avec la circulaire 564 de la Banque du Liban et une décision du ministère de l’Économie. Le dispositif a alors concerné une liste plus large de produits alimentaires et de matières premières.

Al Akhbar chiffre à environ 8,4 milliards de dollars la valeur du soutien relevant du dernier dispositif lié au ministère de l’Économie. Le journal évalue à environ 14 milliards de dollars le coût global des subventions. Ces montants expliquent pourquoi le dossier occupe une place importante dans les audits souhaités par Karim Souaid. Toutefois, la publication souligne une difficulté majeure : prouver qu’une partie des fonds a été volée est beaucoup plus complexe que constater l’ampleur des dépenses. Les registres sont multiples et le contrôle des stocks a été insuffisant. Il faut donc établir le lien entre les devises fournies à un taux subventionné, les marchandises effectivement importées, leur présence sur le marché et leur prix de vente. Al Akhbar estime que le gouverneur devrait s’appuyer sur les résultats de l’audit judiciaire consacré aux opérations de soutien. Le journal précise cependant qu’il n’est pas encore clair si cet audit couvre toute la période ou seulement une partie des opérations. Cette réserve est importante : les cinq milliards de dollars évoqués constituent un objectif attribué au gouverneur et non une somme déjà identifiée comme récupérable par une décision judiciaire.

Les remboursements de prêts et les opérations bancaires constituent le volet le plus controversé

Le troisième terrain évoqué par Al Akhbar concerne les emprunteurs ayant remboursé leurs crédits dans des conditions rendues très avantageuses par l’effondrement du taux de change. Le journal cite notamment les remboursements effectués au moyen de dollars bancaires fortement dépréciés. Il estime que prouver l’existence d’un délit sera difficile lorsque les opérations ont respecté les règles en vigueur. La même difficulté se pose pour certaines opérations entre les banques et la Banque du Liban, les fusions, les achats et ventes d’actions ou les prêts importants accordés à de grands clients. Selon Al Akhbar, l’objectif du projet serait alors moins d’obtenir systématiquement des condamnations que de parvenir à des règlements financiers. La publication formule une critique explicite de cette approche : « Le gouverneur n’entend procéder à aucune reddition de comptes ni à aucune mise en cause, mais à des règlements pour récupérer des sommes financières détournées. » Cette phrase constitue l’interprétation du journal du mécanisme qu’il décrit.

Al Akhbar rapporte également que des procédures ont déjà visé certains responsables bancaires et de grands clients. Toutefois, le journal reconnaît que les dossiers ouverts jusqu’à présent suscitent des interrogations sur la solidité des preuves. Selon les personnes qu’il cite, certaines procédures contiendraient davantage de conclusions ou de soupçons que d’éléments permettant d’établir clairement une infraction. Le défi pour Karim Souaid sera donc double. Il devra démontrer que les sommes réclamées reposent sur des opérations juridiquement contestables. Il devra aussi éviter que le processus de récupération soit perçu comme sélectif ou soumis à des considérations politiques. Al Akhbar souligne à ce propos le poids des centres d’influence politiques, confessionnels et bancaires dans le système libanais.

Solidere relance le débat sur la valeur des actifs de Beyrouth et les droits des actionnaires

Un autre dossier économique important concerne Solidere. Al Akhbar du 9 septembre 2026 affirme qu’un débat s’est ouvert sur la prolongation de la durée de vie de la société alors que son échéance approche. Le journal rappelle que Solidere avait été créée pour reconstruire le centre-ville de Beyrouth, mais estime que son activité s’est progressivement déplacée vers l’achat, la vente et l’investissement immobilier au Liban et à l’étranger. Selon la publication, la gouvernement de Nawaf Salam a demandé à la société de remplir les conditions juridiques et administratives nécessaires pour engager une procédure de prolongation. Al Akhbar affirme cependant que Solidere n’a pas encore convoqué l’assemblée générale nécessaire ni fourni tous les documents demandés.

Le journal donne également une place importante au conflit concernant les actionnaires et la municipalité de Beyrouth. Il affirme que certains actionnaires disent ne plus avoir reçu de dividendes depuis 2006. La municipalité, qui possède elle aussi des intérêts liés au dossier, aurait formulé plusieurs objections. Al Akhbar rapporte que le gouverneur de Beyrouth, Marwan Abboud, a adressé plusieurs avertissements à la société. Le dossier devient donc à la fois financier, immobilier et politique. La question n’est pas seulement de savoir si Solidere doit continuer à exister. Elle porte aussi sur les conditions de cette prolongation, sur la gouvernance de la société, sur les droits des actionnaires et sur l’utilisation future d’actifs situés au cœur de la capitale. Le journal présente Joseph Aoun comme directement impliqué dans les discussions, mais cette affirmation relève du traitement propre à Al Akhbar et doit être attribuée comme telle.

Ogero et le projet Liban Télécom ajoutent les télécommunications aux dossiers économiques sensibles

Al Akhbar du 9 septembre 2026 consacre également un dossier à Ogero et au projet Liban Télécom. La publication rapporte des tensions entre la direction et les représentants des employés. Elle affirme que le directeur général par intérim d’Ogero, Maroun Loundes, a convoqué la présidente du syndicat des employés pour l’interroger sur l’existence d’une intention de faire grève. Le journal inscrit cet épisode dans les inquiétudes suscitées par la restructuration du secteur et par le projet Liban Télécom. La publication utilise un terme particulièrement accusateur dans son titre en parlant d’une possible « intimidation » des employés destinée à faciliter le projet. Cette qualification relève du journal et ne peut être présentée comme un fait établi sans autre source. Le dossier montre néanmoins que la réforme des entreprises et organismes publics devrait devenir un autre terrain de confrontation sociale. Le secteur des télécommunications représente à la fois une source potentielle de recettes pour l’État et une infrastructure essentielle. Toute modification de sa structure touche donc simultanément les finances publiques, l’emploi et la qualité des services.

Les dossiers économiques du 9 septembre 2026 dessinent ainsi une même difficulté sous plusieurs formes. Le budget 2027 doit financer les besoins sociaux sans recréer des déficits incontrôlés. Karim Souaid cherche à préserver la stabilité monétaire tout en distinguant les réserves réellement disponibles des autres actifs. La Banque du Liban doit poursuivre le remboursement des déposants alors que la répartition définitive des pertes n’est toujours pas réglée. Le projet de récupération de cinq milliards de dollars décrit par Al Akhbar pourrait ouvrir de nombreux dossiers bancaires et financiers, mais sa solidité dépendra des preuves et des audits. Solidere soulève la question de la gouvernance des actifs immobiliers du centre de Beyrouth. Enfin, Ogero et Liban Télécom montrent que la restructuration des entreprises publiques ne pourra pas être menée sans conflit social. Le redressement économique libanais entre ainsi dans une phase où la stabilisation des chiffres doit encore être transformée en règles durables, en remboursements effectifs et en réformes capables de résister aux rapports de force politiques.

Société : déplacements répétés dans le Sud, services publics fragilisés et contestation sociale autour des revenus

Les habitants du Sud confrontés à un nouveau cycle de déplacement

Les conséquences sociales de l’escalade dans le sud du Liban occupent une place importante dans les journaux du 9 septembre 2026. La reprise des frappes autour de Nabatiyeh, Kfar Roummane et des localités voisines a ravivé un phénomène que de nombreuses familles pensaient avoir laissé derrière elles : le déplacement. Nahar du 9 septembre 2026 décrit une nouvelle vague de départs depuis plusieurs villages autour de Nabatiyeh. Le journal cite notamment Zefta, Habbouch, Toul, Deir al-Zahrani, Kfar Sir, Qsaibeh et Choukine. Des habitants de Kfar Roummane quittent également la région après les frappes meurtrières qui ont touché la localité. Ce mouvement ne prend pas encore, selon les éléments rapportés, la forme d’un déplacement général de toute la population. Il concerne surtout des familles qui disposent d’une solution de repli et celles qui comptent des enfants. Mais sa portée sociale est importante. Certaines de ces familles avaient déjà quitté leur domicile plusieurs fois au cours des phases précédentes de la guerre. Elles avaient ensuite repris progressivement une vie régulière. Le retour de la menace les place de nouveau devant la même décision : rester dans une région exposée ou abandonner temporairement leur logement sans savoir combien de temps durera cette nouvelle absence. Nahar rapporte le témoignage d’Ayman Qobeissi, habitant de Kfar Roummane. Il explique : « Lundi, la localité a effectivement commencé à se vider de ses habitants, au point que lundi soir elle était presque totalement vide. » Il précise cependant que le cortège funèbre organisé le lendemain a ramené temporairement davantage de monde. Selon lui, les départs avaient commencé avant même cette journée, lorsque les frappes autour d’Ali al-Taher et de la périphérie de Kfar Roummane s’étaient intensifiées. Il ajoute : « Pour Nabatiyeh également, celui qui dispose d’une solution de remplacement n’hésite pas à partir. » Lui-même indique avoir quitté les lieux avec sa famille pour rejoindre sa sœur, installée à Saïda après avoir perdu son propre logement à Nabatiyeh. Cette succession de déplacements illustre l’un des principaux effets sociaux de la guerre : le logement de repli d’une famille est souvent celui d’une autre famille déjà déplacée. La solidarité familiale permet donc d’absorber une partie de la crise, mais elle concentre également les difficultés dans les foyers d’accueil.

Saïda et ses environs absorbent une partie des départs tandis que Beyrouth reste secondaire

Nahar du 9 septembre 2026 observe que Saïda et les localités voisines constituent la principale destination des personnes quittant le secteur de Nabatiyeh. Le journal cite Ghaziyeh, Qanarit, Haret Saïda, Wardaniyeh, Jounieh et Jiyeh parmi les lieux de repli. Les municipalités y suivent l’évolution de la situation et se préparent à l’éventualité d’une augmentation du nombre de déplacés. Beyrouth ne constitue pas, à ce stade, la première destination. Nahar rapporte qu’environ dix familles seulement ont été accueillies dans un complexe scolaire de Bir Hassan, où vivent déjà d’autres personnes déplacées. Ali Hamada, responsable du centre cité par le journal, explique qu’il n’est pas prévu d’ouvrir de nouveaux centres dans la capitale en l’absence d’un déplacement massif. Il souligne cependant la grande précarité des personnes déjà hébergées. Cette situation montre que le dispositif social repose encore largement sur des solutions informelles : hébergement chez des proches, location provisoire ou accueil limité dans quelques structures collectives. Le maire de Zawtar al-Gharbiyeh, Abdel Ezzeddine, confirme également à Nahar que certaines familles ont quitté la localité, en particulier celles ayant de jeunes enfants. Le mouvement est donc sélectif, mais suffisamment important pour modifier la vie quotidienne des villages. Les départs entraînent une baisse de l’activité commerciale, perturbent la scolarité et rendent plus difficile le fonctionnement normal des services municipaux. La question du retour devient elle aussi plus complexe. Plus les épisodes de déplacement se répètent, plus les familles hésitent à réinvestir dans leur logement, leur commerce ou leur exploitation agricole. Le phénomène ne se limite donc pas à quelques jours d’absence. Il fragilise la capacité des villages à retrouver durablement leur population.

La volonté de rassurer les habitants explique en partie le renforcement des patrouilles de l’armée à Nabatiyeh. Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026 rapporte que des sources militaires insistent sur le fait que l’armée était déjà présente dans la ville et qu’elle a surtout intensifié ses déplacements dans les rues. Le président de la municipalité de Nabatiyeh, Abbas Fakhr al-Din, indique de son côté, dans Al Akhbar du 9 septembre 2026, qu’une présence militaire plus visible vise à « renforcer la tranquillité parmi les gens et les pousser à retourner à Nabatiyeh ». Il constate une reprise limitée des retours après le déploiement. Sa principale inquiétude concerne toutefois la durée de cette protection. Il redoute que l’armée puisse être amenée à se retirer si une décision politique lui était imposée. La sécurité ressentie par la population reste donc dépendante d’un contexte militaire et politique qui échappe largement aux habitants.

Les pertes civiles à Kfar Roummane rappellent le coût familial de l’escalade

Al Quds du 9 septembre 2026 revient sur les funérailles organisées à Kfar Roummane après les frappes israéliennes. Le journal rapporte que des centaines de personnes ont participé aux obsèques de treize victimes. Parmi elles figuraient des membres de mêmes familles, dont un nourrisson âgé de trois mois. Le vice-président de la municipalité, Noureddine Noureddine, déclare : « Nous avons treize martyrs, parmi lesquels le grand-père et la grand-mère, les époux et les épouses, et leurs enfants, dont un nourrisson âgé de trois mois. » Au-delà du bilan militaire, cette configuration des victimes souligne la dimension familiale des pertes. Une frappe contre un logement peut supprimer plusieurs générations d’une même famille. Les conséquences sociales dépassent alors le nombre de morts. Elles concernent les survivants, les proches, les logements détruits et la capacité des familles à reconstruire leur réseau de soutien.

Al Bina’ du 9 septembre 2026 rapporte également la mort d’une employée du ministère du Travail, Hiba Ali Sabbah, avec plusieurs membres de sa famille lors d’une frappe sur Kfar Roummane. Les employés de l’administration centrale du ministère observent une heure de solidarité à l’occasion de ses funérailles. Le ministre du Travail Mohammad Haidar demande également une minute de silence au début d’une réunion consacrée à la protection de l’emploi, au redressement des entreprises et à la résistance de l’économie. Il rend hommage à la victime et réaffirme sa condamnation des attaques contre les civils et les quartiers résidentiels. L’événement relie directement le conflit à la vie administrative ordinaire. Les victimes ne sont pas seulement décrites comme des habitants d’une zone de guerre. Elles sont aussi des employés, des collègues et des membres de familles dont l’absence se répercute sur des institutions et des communautés professionnelles.

Les hôpitaux et les soignants du Sud travaillent sous une pression croissante

Nahar du 9 septembre 2026 consacre une large place aux conséquences des attaques sur le système de santé dans le Sud. Le journal rappelle que plusieurs établissements ont subi des frappes ou des dégâts au cours des derniers mois. Il cite notamment l’hôpital gouvernemental de Bint Jbeil, celui de Mays al-Jabal, l’hôpital de Tebnine ainsi que plusieurs établissements de Tyr et de Nabatiyeh. Selon la publication, l’hôpital gouvernemental de Bint Jbeil avait notamment bénéficié d’équipements modernes fournis par le Qatar après la guerre de 2006. Il a ensuite été touché lors des opérations plus récentes. L’hôpital de Mays al-Jabal a lui aussi subi des atteintes répétées. Dans le secteur de Tyr, Nahar cite les hôpitaux Hiram, Jabal Amel et libano-italien. Des frappes à proximité ont provoqué des blessures parmi les médecins, infirmiers et employés ainsi que des dégâts matériels.

Le journal évoque également les établissements de Nabatiyeh, dont l’hôpital gouvernemental Nabih Berri, l’hôpital Al-Najda al-Chaabia, l’hôpital Ghandour et l’établissement Cheikh Ragheb Harb. Le problème ne se limite pas aux bâtiments. Des ambulances et des centres de secours ont également été détruits ou endommagés. La conséquence pour les habitants est directe. Une population confrontée aux frappes doit simultanément composer avec une capacité médicale fragilisée. Le risque social augmente lorsque les habitants hésitent à revenir dans une région où les structures sanitaires sont elles-mêmes exposées. Nahar souligne que plusieurs établissements continuent pourtant à fonctionner malgré ces conditions. Les équipes médicales prennent en charge les blessés tout en travaillant sous la menace d’une nouvelle attaque. La question sanitaire devient ainsi un élément central du maintien de la population dans le Sud.

Les militaires retraités et les fonctionnaires remettent le pouvoir d’achat au centre de la crise sociale

L’autre grand volet de la rubrique société concerne les revenus du secteur public. Le projet de budget 2027 déclenche une mobilisation des militaires retraités et des fonctionnaires. Al Liwa’ du 9 septembre 2026 rapporte que le Conseil des ministres s’est penché sur les revendications de l’Association des anciens membres des forces armées. Le gouvernement rappelle les augmentations déjà accordées et les prestations sociales, sanitaires et éducatives. Le ministre de l’Information Paul Morcos déclare que le Conseil des ministres « n’est absolument pas indifférent à la préoccupation sociale ». Il souligne néanmoins les contraintes imposées par la situation des finances publiques. Le gouvernement se dit surpris par l’annonce d’une mobilisation dans un contexte qu’il qualifie de particulièrement délicat sur les plans économique et sécuritaire. Cette réaction ne met pas fin au mouvement. Une commission ministérielle présidée par Tarek Mitri est chargée de rencontrer les représentants des anciens militaires et de rechercher une formule susceptible d’améliorer leur situation.

Nahar du 9 septembre 2026 rapporte que le Conseil national des anciens fonctionnaires de l’État appelle les retraités et leurs familles à se rassembler place Riad el-Solh. Le mouvement doit rejoindre les autres composantes du secteur public, civiles et militaires. Les revendications ne concernent donc plus une seule catégorie professionnelle. Elles traduisent une inquiétude plus générale sur la valeur réelle des rémunérations et pensions. Le ministre des Finances Yassine Jaber affirme de son côté, selon Al Liwa’, qu’aucun nouvel impôt ne doit être imposé aux citoyens dans le budget. Il indique que les augmentations salariales déjà décidées représentent une charge comprise entre 700 et 800 millions de dollars. Le gouvernement se trouve ainsi pris entre deux impératifs sociaux contradictoires. Il doit améliorer les revenus pour éviter un nouvel effondrement du pouvoir d’achat, mais il veut empêcher que ces augmentations créent un déficit susceptible de déstabiliser de nouveau la monnaie.

Le logement des militaires illustre les conséquences concrètes de l’érosion des salaires

Al Sharq du 9 septembre 2026 développe un aspect moins visible de cette crise : l’accès des militaires au logement. Le journal rappelle que le projet de budget prévoit un financement destiné à relancer les prêts bonifiés de l’Établissement public de l’habitat. Il pose alors la question des dispositifs spécifiques destinés aux membres des forces de sécurité. Le système de logement de l’armée, qui bénéficie également à des membres de la Sûreté générale et de la Sécurité de l’État, est décrit comme largement paralysé depuis la crise financière de 2019 en raison de l’arrêt des prêts bancaires. Selon la publication, le ministre de la Défense Michel Menassa cherche à relancer le dossier. Le principal obstacle est simple : les salaires militaires restent trop faibles pour permettre des emprunts importants.

Al Sharq évoque plusieurs pistes. Au lieu de calculer la capacité d’emprunt uniquement sur le salaire du militaire, il serait possible de tenir compte du revenu total du ménage ou de recourir à un garant. Le journal précise que les services sociaux des Forces de sécurité intérieure continuent à proposer certains prêts individuels, mais que leur montant reste limité par le niveau des rémunérations. Le plafond évoqué est de 969 millions de livres, tandis que le niveau le plus bas est de 88 millions. Les prêts sont remboursés sur quatre ans avec un taux dégressif. Ce dossier illustre la manière dont l’effondrement salarial produit des effets durables. Même lorsque des mécanismes de crédit existent, les revenus officiels sont trop faibles pour permettre à une famille de financer un logement. L’amélioration de la protection sociale des militaires ne peut donc être séparée de la question générale des salaires.

Les petites municipalités tentent de maintenir les services avec des ressources réduites

Al Joumhouriyat du 9 septembre 2026 consacre également un dossier aux difficultés des municipalités à travers l’exemple de Marjaba. Le président de la municipalité, Joseph Dagher, insiste sur la nécessité d’un soutien durable de l’État et d’un fonctionnement plus efficace du Fonds municipal indépendant. Selon lui, les montants versés aux communes doivent être adaptés à leur valeur réelle, car la dégradation du pouvoir d’achat a fortement réduit la capacité des municipalités à financer leurs missions. Il demande également un élargissement des compétences locales afin que les municipalités puissent résoudre plus rapidement certains problèmes sans être bloquées par de longues procédures administratives.

Malgré ces contraintes, la municipalité poursuit plusieurs petits projets. Al Joumhouriyat cite notamment un mur réalisé avec l’aide du ministère des Travaux publics, le remplacement de l’éclairage traditionnel par des lampes moins consommatrices et l’installation d’équipements solaires dans les zones mal alimentées en électricité. Joseph Dagher résume l’approche municipale par la formule « construire les personnes avant les pierres ». La municipalité maintient également des activités collectives, notamment les préparatifs d’un événement de Noël destiné à rassembler les habitants. Ces initiatives illustrent le rôle social pris par les municipalités depuis la crise financière. Elles ne sont plus seulement chargées des routes, de l’éclairage ou de la collecte des déchets. Elles tentent aussi de préserver des espaces de vie collective dans un pays où les services publics nationaux restent fragiles.

La question de l’entrée des Syriens au Liban provoque de nouvelles inquiétudes sécuritaires et sociales

Al Akhbar du 9 septembre 2026 rapporte enfin un dossier sensible concernant les conditions d’entrée des ressortissants syriens. Selon les informations propres au journal, Nawaf Salam aurait demandé que les procédures soient assouplies et que certains obstacles soient supprimés. Al Akhbar affirme notamment qu’une discussion concerne environ 640 000 mesures d’interdiction d’entrée visant des Syriens ayant précédemment enfreint les règles de séjour, franchi illégalement la frontière ou fait l’objet de poursuites pour diverses infractions. Le journal rapporte que des responsables sécuritaires et militaires expriment des réserves face à une suppression générale de ces mesures. Ils redoutent notamment une augmentation rapide des entrées au Liban dans un contexte économique difficile en Syrie.

Cette information doit rester strictement attribuée à Al Akhbar, qui la présente sur la base de ses propres sources. Le journal indique également que Joseph Aoun aurait insisté sur le principe de réciprocité avec Damas concernant les formalités et les frais. La question comporte donc plusieurs dimensions : relations bilatérales, contrôle des frontières, mobilité des personnes et capacité économique du Liban à absorber de nouveaux arrivants. Elle intervient alors que la Ligue arabe appelle parallèlement à une coopération permettant le retour sûr et durable des Syriens présents au Liban.

La société libanaise décrite par les journaux du 9 septembre 2026 subit ainsi plusieurs formes de pression simultanées. Les familles du Sud connaissent de nouveaux déplacements et hésitent à reconstruire une vie durable dans des zones exposées. Les établissements de santé et les secours fonctionnent dans un environnement dangereux. Les fonctionnaires et militaires retraités réclament des revenus correspondant davantage au coût de la vie. L’accès au logement demeure difficile même pour les membres des institutions chargées de la sécurité. Les municipalités compensent, avec des ressources réduites, une partie des faiblesses des services publics. Enfin, la question syrienne continue de produire des débats sociaux et sécuritaires. Derrière les grandes discussions sur la souveraineté, les armes et les négociations, les éditions du jour décrivent donc surtout une population dont les conditions quotidiennes restent directement dépendantes de la sécurité, du pouvoir d’achat et de la capacité des institutions publiques à continuer de fonctionner.

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