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Liban : 11 morts dans la nuit de dimanche à lundi après un week-end de frappes

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Onze personnes, dont deux enfants et deux secouristes, ont été tuées dans la nuit du dimanche 6 au lundi 7 septembre à Kfar Remmane, dans le caza de Nabatiyeh. Une première frappe israélienne a détruit un immeuble résidentiel peu après minuit, faisant neuf morts et cinq blessés. Une seconde attaque, menée par drone, a visé un véhicule civil et tué deux secouristes. Ces bombardements, conduits sans avertissement d’évacuation préalable signalé, constituent l’épisode le plus meurtrier d’un week-end marqué par une nette intensification des frappes israéliennes dans le Sud-Liban. Dimanche, sept personnes avaient déjà été tuées, tandis que l’hôpital Ghandour était détruit et que des locaux du ministère des Finances étaient endommagés à Nabatiyeh.

Kfar Remmane, onze morts au cœur de la nuit

La séquence de Kfar Remmane concentre désormais l’attention au Liban en raison de son bilan humain et de la nature des cibles touchées. Selon les informations communiquées par l’Agence nationale d’information libanaise, l’immeuble résidentiel a été frappé juste après minuit. Neuf personnes ont péri dans le bâtiment, parmi lesquelles deux enfants, et cinq autres ont été blessées. Peu après, un drone israélien a frappé un véhicule civil dans la même localité. Deux secouristes qui se trouvaient à bord ont été tués. L’armée israélienne n’avait pas publié d’avertissement en ligne avant ces deux attaques et n’avait pas encore fourni, lundi matin, d’explication détaillée sur les objectifs visés.

Le contraste est d’autant plus marqué qu’un avertissement d’évacuation a été diffusé quelques heures plus tard pour un bâtiment situé dans une autre localité du Sud. L’armée israélienne affirmait alors vouloir frapper des installations du Hezbollah. À Kfar Remmane, aucune mesure comparable n’avait précédé les frappes ayant tué les onze personnes. Cette différence nourrit les interrogations sur les conditions de ciblage et sur la présence de civils au moment des attaques. Elle intervient alors qu’Israël affirme utiliser des moyens de surveillance et des munitions de précision pour réduire les risques pour la population.

Trois jours de bombardements israéliens au Liban

L’attaque de lundi prolonge une séquence de bombardements commencée vendredi 4 septembre. Ce jour-là, plusieurs frappes israéliennes avaient touché des secteurs du Sud-Liban, notamment dans la région de Nabatiyeh. Le bilan définitif communiqué par le ministère libanais de la Santé faisait état de quatre morts et 23 blessés. Des femmes, des enfants et des secouristes figuraient parmi les blessés. Israël avait déclaré avoir visé des dépôts d’armes du Hezbollah après une attaque de drone lancée contre ses soldats, sans qu’un avertissement d’évacuation ait précédé les frappes.

La situation s’est encore dégradée dimanche 6 septembre. Sept personnes ont été tuées dans différentes attaques israéliennes dans le Sud. Deux hommes sont morts dans une localité située à la lisière de la zone occupée par les forces israéliennes. À Arab Salim, deux femmes ont été tuées et six personnes blessées, dont deux filles. Une frappe distincte de drone à Nabatiyeh al-Tahta a ensuite fait trois morts. L’armée israélienne a affirmé avoir agi en réponse à deux drones explosifs du Hezbollah dirigés contre ses forces dans le Sud-Liban.

L’hôpital Ghandour détruit à Nabatiyeh

Au-delà du bilan humain, les frappes de dimanche ont marqué les esprits par les infrastructures atteintes à Nabatiyeh. L’hôpital Ghandour, situé à Nabatiyeh al-Fawqa, a été détruit. L’établissement n’accueillait ni patients ni personnel au moment de l’attaque. Israël a confirmé avoir visé le site et a affirmé qu’un centre de commandement du Hezbollah fonctionnait dans un bâtiment anciennement utilisé comme hôpital. Selon l’armée israélienne, des membres du mouvement impliqués dans des missions d’artillerie et de surveillance y opéraient.

Pour les autorités libanaises, la destruction de l’hôpital a néanmoins constitué une nouvelle atteinte à une infrastructure sanitaire. Le ministère de la Santé a dénoncé la frappe et rappelé la protection dont bénéficient les établissements de santé en droit international humanitaire. Le fait que Ghandour ne soit plus en activité au moment du bombardement a évité un bilan humain supplémentaire, mais sa destruction a renforcé le sentiment d’une extension des frappes à des infrastructures civiles et de services dans la région de Nabatiyeh.

Le ministère des Finances également touché

Dans la même séquence, les locaux régionaux du ministère des Finances ont subi d’importants dégâts. Le ministère a indiqué que le bâtiment de la direction régionale des Finances et des services de l’Agriculture, situé à proximité du site visé, avait été touché par le souffle et les effets du bombardement. Des portes et des fenêtres ont été détruites, des bureaux endommagés et des dossiers dispersés. Des dizaines de commerces et de cafés voisins ont également subi des dégâts.

Le ministre des Finances, Yassine Jaber, a demandé aux services concernés de mettre immédiatement les dossiers et documents en sécurité et de garantir la continuité du travail administratif. Il a ensuite précisé que les employés étaient indemnes, la frappe ayant eu lieu avant leur arrivée. Les contribuables de la région de Nabatiyeh devaient pouvoir déposer temporairement leurs dossiers auprès des services financiers de Saïda afin d’éviter une interruption des démarches. Jaber a présenté l’attaque contre des installations servant directement les citoyens comme une atteinte aux institutions de l’État.

Aoun, Berry et Salam dénoncent l’escalade

Ces destructions ont provoqué une réaction au sommet des institutions libanaises. Le président Joseph Aoun a dénoncé dimanche une « dangereuse escalade » et estimé que les frappes touchaient désormais des administrations civiles, des structures sanitaires et des services assurés par l’État. Il a tenu Israël pour responsable de cette évolution et demandé aux États-Unis ainsi qu’à la communauté internationale d’intervenir pour faire cesser les attaques. Pour la présidence, l’atteinte à des bâtiments publics donnait une dimension supplémentaire aux violations du cessez-le-feu dénoncées depuis plusieurs semaines.

Le président du Parlement, Nabih Berry, a également réagi aux morts enregistrées dans plusieurs localités ainsi qu’à la destruction de l’hôpital Ghandour et aux dégâts subis par le ministère des Finances. Il a accusé Israël de ne respecter aucune des formules de cessez-le-feu et appelé les forces politiques libanaises à considérer la situation du Sud comme une responsabilité nationale. Berry a également dénoncé la poursuite des destructions de maisons et de villages dans les cazas de Nabatiyeh, Marjayoun, Bint Jbeil et Tyr.

Le Premier ministre Nawaf Salam a, de son côté, pris contact avec le maire de Nabatiyeh afin d’évaluer l’ampleur des dégâts et la situation de la population. Il a affirmé que les frappes ne modifieraient pas la volonté du gouvernement de soutenir le retour des habitants et d’assurer la continuité des services publics. Salam s’est aussi entretenu avec Yassine Jaber au sujet du ministère des Finances, en insistant sur la nécessité d’éviter toute interruption des services destinés aux citoyens.

Les réactions publiques libanaises convergent donc sur deux points : le bilan humain et l’atteinte aux infrastructures civiles et étatiques. Le gouvernement et les responsables institutionnels demandent une intervention internationale plus ferme, alors que le cessez-le-feu conclu en juin avait réduit l’intensité des combats sans mettre fin aux frappes. Israël continue d’opérer dans une zone du Sud qu’il présente comme une zone de sécurité et poursuit des attaques au nord de celle-ci. Le Hezbollah affirme pour sa part que l’intensification des opérations israéliennes vise à exercer une pression sur Beyrouth dans le cadre des discussions conduites sous médiation américaine.

Au moins 22 morts depuis vendredi

En trois jours, le bilan s’est rapidement alourdi. Quatre personnes ont été tuées vendredi, sept dimanche et onze dans la nuit de dimanche à lundi. Au moins 22 morts ont ainsi été recensés depuis vendredi dans les différentes vagues de bombardements. Le chiffre illustre l’accélération de la violence, mais l’événement central de ce lundi reste Kfar Remmane, où neuf personnes ont été tuées dans un immeuble résidentiel et deux secouristes dans un véhicule civil.

Lundi matin, les secours et l’évaluation des dégâts se poursuivaient dans la région de Nabatiyeh. L’armée israélienne n’avait toujours pas expliqué précisément les objectifs des deux frappes de Kfar Remmane ni répondu aux interrogations sur l’absence d’avertissement préalable. Après la destruction d’un hôpital, les dégâts infligés à une administration publique et les sept morts de dimanche, les onze victimes de la nuit ont placé la région face à un nouveau bilan humain alors que les modalités d’application du cessez-le-feu restent en suspens.

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Newsdesk Libnanews
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