L’activité des conteneurs au port de Beyrouth a progressé de 16,27 % sur un an au premier semestre 2026, atteignant 471 637 EVP à fin juin. La hausse repose surtout sur le transbordement, qui bondit de 46,78 % sur la même période, tandis que les opérations de chargement et de déchargement progressent de 7,81 %. Les chiffres du mois de juin montrent toutefois un ralentissement, avec 73 626 EVP traités, soit une baisse de 2,53 % par rapport à mai. Ces données interviennent alors que le Liban cherche à renforcer ses échanges commerciaux et que les exportations vers l’Arabie saoudite ont repris après plusieurs années d’interruption.
471 637 EVP traités au port de Beyrouth
Le port de Beyrouth a traité 471 637 EVP entre janvier et juin 2026, contre un volume inférieur sur la même période de 2025. L’EVP, ou équivalent vingt pieds, constitue l’unité internationale utilisée pour mesurer le trafic de conteneurs. La progression annuelle de 16,27 % confirme ainsi une augmentation sensible de l’activité portuaire au cours des six premiers mois de l’année.
Les opérations de chargement et de déchargement ont représenté 342 318 EVP à fin juin, soit une hausse de 7,81 % sur un an. Elles constituent près des trois quarts de l’activité totale des conteneurs enregistrée sur la période. Cette catégorie reflète plus directement les mouvements de marchandises liés aux importations et aux exportations du pays.
Le reste de l’activité provient du transbordement. Celui-ci a atteint 129 319 EVP au premier semestre, en progression de 46,78 % par rapport à la même période de 2025. La croissance de ce segment est donc nettement supérieure à celle des opérations directement liées au commerce libanais et explique une part importante de l’amélioration du trafic global.
Le transbordement progresse de près de 47 %
La progression du transbordement constitue le principal fait marquant des statistiques du premier semestre. Avec 129 319 EVP traités, cette activité représente désormais environ 27 % du volume total des conteneurs passés par le port de Beyrouth entre janvier et juin.
Le transbordement correspond aux conteneurs déchargés d’un navire puis chargés sur un autre afin de poursuivre leur trajet vers une destination différente. Ces marchandises ne sont donc pas nécessairement destinées au marché libanais. Leur progression renseigne davantage sur la place du port dans les circuits maritimes régionaux que sur l’évolution de la consommation intérieure ou des exportations nationales.
Cette distinction est essentielle pour interpréter la hausse globale de 16,27 %. Le trafic directement associé aux chargements et déchargements augmente de 7,81 %, tandis que le transbordement progresse presque six fois plus rapidement. Une partie importante de la croissance enregistrée au premier semestre résulte donc du renforcement des opérations de transit maritime.
Un ralentissement apparaît en juin
Les données mensuelles apportent toutefois une nuance à la progression observée depuis janvier. En juin, l’activité totale des conteneurs s’est établie à 73 626 EVP, contre un peu plus de 75 500 EVP en mai. Le recul atteint ainsi 2,53 % en un mois.
Cette baisse intervient dans un environnement régional et sécuritaire instable, susceptible de perturber les flux commerciaux, les calendriers des compagnies maritimes et les opérations logistiques. Un seul mois ne permet cependant pas d’établir une tendance durable. Les chiffres des prochains mois seront nécessaires pour déterminer si le recul enregistré en juin reste ponctuel ou marque un ralentissement plus prolongé.
La comparaison avec les premiers mois de 2026 montre déjà une normalisation progressive du rythme de croissance annuel. L’activité cumulée affichait une avance beaucoup plus importante sur 2025 au début de l’année. À mesure que les mois passent, l’écart se réduit, même si le volume cumulé du premier semestre reste nettement supérieur à celui enregistré un an auparavant.
La reprise des exportations vers l’Arabie saoudite
Le mois de juin a également été marqué par la reprise des exportations libanaises vers l’Arabie saoudite. Les premières cargaisons ont quitté le port de Beyrouth après la levée de l’interdiction qui pesait depuis 2021 sur les importations de produits libanais dans le royaume.
Cette réouverture revêt une importance particulière pour les producteurs libanais. Avant les restrictions, les pays du Golfe et notamment l’Arabie saoudite constituaient des débouchés importants pour plusieurs secteurs de production. Le rétablissement de ces flux offre donc une possibilité de reconquête commerciale après plusieurs années durant lesquelles les entreprises libanaises avaient dû chercher d’autres marchés.
L’effet sur les chiffres du premier semestre reste nécessairement limité puisque la reprise des expéditions est intervenue en juin. Les statistiques du troisième trimestre permettront davantage de mesurer son impact sur les exportations et, plus largement, sur l’activité de chargement du port de Beyrouth.
Le port reste essentiel aux échanges du Liban
L’évolution du trafic constitue un indicateur important pour une économie fortement dépendante des échanges maritimes. Le port de Beyrouth demeure l’une des principales portes d’entrée des marchandises au Liban et joue également un rôle dans les exportations nationales. La progression de ses volumes influence directement les activités de transport, de logistique, de stockage et de distribution.
Les chiffres doivent néanmoins être interprétés avec prudence. Une augmentation de l’activité portuaire ne signifie pas automatiquement une amélioration équivalente de l’économie libanaise. Une part importante de la progression de 2026 provient du transbordement, tandis que les chargements et déchargements liés au commerce augmentent à un rythme plus modéré.
La composition du trafic sera donc aussi importante que son volume au cours du second semestre. Une poursuite de la hausse du transbordement renforcerait le rôle régional du port, tandis qu’une augmentation durable des exportations pourrait davantage bénéficier à la production libanaise et aux entrées de devises.
À fin juin, le bilan reste néanmoins nettement positif en comparaison annuelle : 471 637 EVP ont été traités en six mois, soit 16,27 % de plus qu’un an auparavant. Le recul mensuel observé en juin et l’évolution des exportations vers les marchés du Golfe seront désormais deux des indicateurs à suivre dans les prochaines statistiques portuaires.


