S’exprimant sur les ondes de la chaine de télévision Al Hadath, le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, a réitéré son refus de communiquer les documents nécessaires à la poursuite de l’audit juricomptable des comptes de la Banque du Liban en dépit de la recommandation adoptée par le parlement la semaine dernière, en raison de la législation locale.

Riad Salamé estime ainsi que l’adoption d’une loi est nécessaire pour lever le secret bancaire et le code de la monnaie et du crédit concernant l’audit juricomptable complet des comptes de la Banque du Liban, contredisant ainsi à la fois la présidence de la république et le parlement libanais.

Pour rappel, le Président de la République a déféré au gouvernement la recommandation du parlement à ce que puissent être communiqués les documents nécessaires. Ce mardi, le ministre sortant des finances Ghazi Wazni a ainsi demandé dans une lettre au gouverneur de la Banque du Liban de transmettre tous les documents nécessaires, non pas seulement pour l’audit juricomptable de la Banque du Liban mais également des ministères et institutions publiques. Cette information intervient alors que de nombreux experts soulignent que le parlement a adopté une recommandation et non une loi qui aurait été contraignante pour la banque centrale.

Abordant à nouveau la question, Riad Salamé a ainsi indiqué qu’il communiquerait les informations liées aux institutions publiques mais que celles liées aux banques locales nécessitent un changement de réglementation locale.

Il a également estimé que les accusations qui le visent sont incorrectes et qu’il n’est pas corrompu ou partisant.

La Banque du Liban poursuivra le programme de subvention des produits de première nécessité pour seulement 2 mois, a-t-il également noté.

Selon Riad Salamé, plus de 30 milliards de dollars ont été retirés des banques libanaises les 12 derniers mois.

Par ailleurs, il a évoqué que la Banque du Liban achètera les banques qui auront failli à augmenter leurs fonds propres, et a indiqué espérer que le parlement coopèrera à mettre en place un nouveau cadre légal concernant le taux de change de la livre libanaise pour éviter toute spéculation contre elle.

Concernant les dépôts, le gouverneur de la Banque du Liban a indiqué qu’ils sont saufs. Cependant, « nous sommes au Liban, ce qui signifie que les dépôts sont en livres libanaises et non en dollar contrairement à ce que prétendent les relevés de compte », souligne-t-il.

Riad Salamé a noté que les « vrais dollars » déposés par les banques libanaises auprès de la BdL ont été repris par ces dernières, le solde restant dans la banque centrale étant des dollars libellés à l’origine en livre libanaise, convertis électroniquement en dollars mais qui n’ont jamais été réels.

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