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La célèbre maison Christie’s a indiqué organiser une vente aux enchères exceptionnelle au bénéfice des Organisations Non Gouvernementales agissant dans le cadre de la reconstruction de la ville de Beyrouth, dévastée par une importante explosion, le 4 août dernier.

Cette vente intitulée We Are All Beirut présente les oeuvres de différents artistes libanais tel que Huguette Caland, Paul Guiragossian, Nabil Nahas mais également régionaux ou encore internationaux.

Le catalogue de la vente est disponible au lien suivant du 11 novembre jusqu’au 24 novembre.

https://onlineonly.christies.com/s/we-are-all-beirut/lots/1891?fbclid=IwAR1it0CDbuSS642XL210JXGzo18ALRdWbXlSkc6uTOnhM6ghOEhOgYM3pwI

Selon le communiqué de Christie’s

Le produit de la vente profitera au Fonds arabe Arts & Culture (AFAC), une ONG de confiance, pour aider directement la communauté artistique de Beyrouth avec le produit supplémentaire remis à la Croix-Rouge libanaise d’une partie de la vente qui a été obtenue par un partenariat de confiance avec Arthaus Beirut.

L’AFAC mettra en commun les ressources pour redistribuer le soutien financier dans tous les domaines artistiques, en ciblant spécifiquement la scène artistique à Beyrouth. Des institutions telles que le Sursock Museum et les galeries locales qui ont subi d’importants dommages recevront ce produit, à la fois en termes de réparation des dommages structurels et par le biais de programmes de réhabilitation lancés par l’AFAC après l’explosion.

Dans le cadre de cette initiative caritative, Christie’s collabore avec de solides sociétés de conception et de production basées à Beyrouth. Un catalogue électronique dédié sera conçu par MFB Studio ainsi qu’une vidéo dédiée produite par Boo Productions pour souligner le généreux soutien des personnalités culturelles clés à cette initiative.

Selon le dernier bilan actuel, plus de 200 personnes seraient décédées et plus de 6 500 personnes ont été blessées dans l’explosion qui a ravagé le port de Beyrouth et une grande partie de la capitale libanaise. 300 000 personnes seraient également sans logement des suites de cette explosion.

La piste d’une explosion accidentelle, le 4 août 2020, de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium à l’intérieur d’un entrepôt du port de Beyrouth, saisies en 2014 à bord d’un navire poubelle, le Rhosus battant pavillon moldave, est pour le moment privilégiée par les autorités libanaises. Cette explosion équivaudrait à celle de 600 tonnes de TNT ou encore à un tremblement de terre de 3.3 sur l’échelle de Richter.
Elle aurait ainsi causé un cratère de 110 mètres de long sur 43 mètres de profondeur, indique, le dimanche 9 août, une source sécuritaire citant les propos d’experts français présents sur place.

S’exprimant dans les colonnes du Washington Post dans son édition du 7 septembre, le Procureur de la République, le juge Ghassan Oweidat, a révélé qu’outre les 2750 tonnes de nitrate d’ammonium, du kérosène, du gazoil, 25 tonnes de feux d’artifices et détonateurs à usage pour les mines se trouvaient également présents dans ce même entrepôt.

La présence de ces produits aurait ainsi pu entretenir le feu et lui permettre d’atteindre les températures permettant l’explosion du nitrate d’ammonium, soulignent certains experts.

Les dégâts seraient estimés entre 10 milliards à 15 milliards de dollars.

Le port de Beyrouth, un espace où la corruption était généralisée

Le refus des les autorités libanaises à la mise en place d’une enquête internationale serait lié à la crainte de voir l’ampleur de la corruption touchant la principale porte du Liban et où seraient impliqués la quasi-totalité des partis politiques libanais, y compris certains qui réclament aujourd’hui cette enquête, notent certaines sources médiatiques, sous le couvert d’une autorité temporaire de gestion du port de Beyrouth dont les nominations se faisaient selon des lignes sectaires officiellement.

Mis quasiment en cause en raison de sa proximité par rapport à l’ancien directeur du port de Beyrouth Hassan Koraytem en place depuis plus de 20 ans, Saad Hariri dément aujourd’hui tout lien direct avec ce dernier.

Une culture généralisée de la corruption

Sur place, les opérateurs notent que le transit des marchandises donne souvent lieu à un racket. Ainsi, pour pouvoir sortir des marchandises du port de Beyrouth, d’importants dessous de table doivent être fréquemment payés.

D’autres notent que certaines cargaisons ne sont pas vérifiées. Des marchandises sont également sous-facturées afin de ne pas payer les taxes pourtant dûs à un état en crise financière.

L’enquête sur les responsables impliqués dans l’explosion

Pour l’heure, 25 personnes seraient actuellement détenues dans le cadre de l’enquête concernant cette explosion. Parmi eux, le directeur du port de Beyrouth, Hassan Koraytem, ainsi que le directeur des services de la douane libanaise Badri Daher, tous 2 mis en examen par le juge d’instruction Fadi Sawwan, en charge de l’enquête.

Au total, plusieurs responsables sécuritaires et du port de Beyrouth ont ainsi été arrêtés.

Certaines sources soulignent que les différents partis politiques libanais s’étaient partagés les revenus du port de Beyrouth , rendant difficile actuellement de connaitre les responsabilités de chacun dans cette explosion.

Plusieurs partis politiques, de la majorité comme de l’opposition, souhaiteraient également conclure de manière rapide l’enquête étant impliqués dans différents trafics qui ont lieu depuis ou vers le port de Beyrouth. Ils souhaiteraient ainsi éviter à ce qu’on puisse découvrir le degré d’implication de chacun et des violations sécuritaires nécessaires à la poursuite de ses trafics. 

Aussi, des responsables sécuritaires avaient prévenu les autorités politiques à plusieurs reprises au cours des dernières années, les autorités judiciaires n’ont pas décidé de la mise en oeuvre des mesures de transfert nécessaires de la cargaison.

Certaines sources proches du dossier soulignent également la responsabilité de plusieurs administrations dans le port de Beyrouth, d’autant que de hauts responsables étaient informés du danger posé par le stockage de manière inadéquate de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium depuis 2014.

Si le rapport du FBI n’a pas pu conclure sur l’origine de l’explosion et évoque une piste à priori accidentelle sur base des informations fournies par les autorités libanaises, le Liban reste dans l’attente des résultats des enquêtes parallèles menées par la France et la Grande Bretagne.

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