Ali al-Taher, nouvelle ligne de fracture au Sud
Les développements dans le sud du Liban dominent largement les journaux du vendredi 11 septembre 2026. Le point de convergence est la destruction par l’armée israélienne d’infrastructures souterraines dans les hauteurs d’Ali al-Taher. L’opération a provoqué une secousse ressentie dans une large partie du Sud. Elle intervient alors que Nabatiyeh est devenue un enjeu majeur pour l’État libanais. Les autorités cherchent à y renforcer leur présence avant qu’une nouvelle progression israélienne ne modifie encore la situation sur le terrain.
Ad Diyar du 11 septembre 2026 décrit un Liban confronté à un « séisme » régional et à une phase jugée complexe et dangereuse. Le journal place l’explosion d’Ali al-Taher au centre de son traitement. Selon ses informations, les autorités libanaises n’avaient pas encore reçu, mercredi soir, de notification officielle concernant la date de la prochaine séance de négociation. Des médias israéliens évoquaient pourtant une réunion à Rome les mardi et mercredi suivants. Dans l’intervalle, l’État cherche à consolider sa présence à Nabatiyeh et dans ses environs. Le journal souligne toutefois que le déploiement de l’armée ne peut être séparé de la poursuite des opérations israéliennes et de l’absence, selon son analyse, d’une pression américaine suffisamment forte pour interrompre cette escalade.
Al Joumhouria du 11 septembre 2026 confirme que les hauteurs d’Ali al-Taher sont devenues le symbole du nouveau rapport de force. Le journal rapporte qu’une secousse de magnitude 4,1 a été enregistrée après les explosions. L’armée israélienne a affirmé avoir achevé la destruction de voies souterraines dans cette zone. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense ont également présenté l’opération comme une étape dans l’établissement de ce qu’ils qualifient de zone de sécurité dans le sud du Liban. Cette formulation alimente les inquiétudes libanaises. Elle laisse entendre que les opérations israéliennes ne se limitent plus à des frappes ponctuelles contre des infrastructures attribuées au Hezbollah.
Al Sharq du 11 septembre 2026 rapporte également une secousse de magnitude 4,1 et indique que les explosions israéliennes ont utilisé plus de 1 100 tonnes d’explosifs pour détruire les tunnels des hauteurs d’Ali al-Taher. Le quotidien replace surtout cet épisode dans une interrogation plus large : jusqu’où peut aller l’escalade et qui peut empêcher son extension vers Nabatiyeh ? La ville devient ainsi un test pour la capacité de l’État à occuper politiquement, administrativement et militairement le terrain avant que la situation ne soit de nouveau transformée par la force.
Asharq Al-Awsat du 11 septembre 2026 décrit, de son côté, les explosions comme un événement comparable à un petit séisme. Le journal reprend lui aussi la magnitude de 4,1 et l’annonce israélienne selon laquelle plus de deux kilomètres d’infrastructures souterraines auraient été détruits. Cette convergence des journaux sur la puissance des explosions donne à Ali al-Taher une portée qui dépasse la seule dimension militaire. Le site devient un marqueur politique. Israël entend montrer qu’il peut modifier la réalité territoriale. Le Liban cherche, à l’inverse, à empêcher que ce précédent ne s’étende à d’autres secteurs.
Nabatiyeh place l’État devant l’épreuve de sa souveraineté
Le débat se déplace donc rapidement vers la présence de l’État. Ad Diyar du 11 septembre 2026 rapporte les propos de Joseph Aoun lors du Conseil des ministres. Le président de la République affirme que « le temps est venu pour que l’État revienne au Sud ». Il assure aux habitants de Nabatiyeh, de Tyr et d’Arab Salim que les institutions ne peuvent rester éloignées de leurs préoccupations. Il demande également à chaque ministère de contribuer au soutien des habitants. Le message dépasse la seule question sécuritaire. La présence de l’État doit aussi prendre la forme de routes, d’écoles, de logements et de services publics.
Nawaf Salam développe la même logique. Selon Ad Diyar du 11 septembre 2026, le Premier ministre considère que la présence de l’armée dans le Sud constitue un facteur de confiance. Il souligne que les habitants réclament avant tout des services essentiels. Le gouvernement a ainsi examiné la réhabilitation des routes, la rentrée scolaire et la mise à disposition de logements préfabriqués. Le déploiement militaire est donc présenté comme l’une des composantes d’un retour plus large de l’administration.
Al Binaa du 11 septembre 2026 rapporte la même orientation du Conseil des ministres. Le gouvernement a notamment approuvé un projet visant à empêcher les transactions immobilières dans les zones occupées par l’armée israélienne. Cette décision donne une dimension foncière à la confrontation. L’enjeu n’est plus seulement d’empêcher de nouvelles avancées militaires. Il s’agit également de préserver les droits de propriété dans des territoires où la souveraineté libanaise est directement mise à l’épreuve.
Le problème reste cependant celui de l’efficacité de cette stratégie. Al Joumhouria du 11 septembre 2026 relève que le renforcement du dispositif officiel à Nabatiyeh vise à créer un nouveau modèle de présence de l’État dans les zones soumises à la pression israélienne. L’objectif est de réduire les vides sécuritaires et les arguments utilisés par Israël. Mais le journal rapporte aussi des craintes : ces mesures risquent de rester de simples palliatifs si elles ne sont pas accompagnées d’une couverture internationale capable de freiner les opérations israéliennes.
La question de l’armée devient dès lors centrale. Al Joumhouria du 11 septembre 2026 fait état d’un nouveau programme européen de coopération destiné aux forces de sécurité libanaises, avec une attention particulière portée à l’armée. Il doit comprendre de la formation, du conseil, des équipements et un renforcement des capacités administratives. Le journal précise cependant que cette démarche ne prévoit ni déploiement d’une nouvelle force européenne au Liban ni mission européenne chargée de désarmer le Hezbollah. La responsabilité de ce dossier resterait entre les mains de l’État et de l’armée libanaise.
Les négociations sous la menace de l’escalade
Le troisième élément majeur est la fragilité du canal diplomatique. Al Joumhouria du 11 septembre 2026 rapporte que des médias israéliens annoncent une huitième séance de négociation à Rome. Les autorités libanaises indiquent toutefois ne pas avoir reçu de convocation américaine officielle. Le Liban aurait également fait savoir qu’il préférait une réunion après le 16 septembre, en raison de la présence prévue de Joseph Aoun à Paris pour les préparatifs de la conférence de soutien à l’armée.
Cette incertitude illustre le décalage entre la négociation et le terrain. D’un côté, Washington continue de présenter le cadre de négociation comme la voie permettant de traiter les questions de sécurité et de souveraineté. De l’autre, Israël poursuit ses frappes et ses destructions. Cette contradiction alimente un débat intérieur de plus en plus vif sur l’utilité du processus.
Nabih Berri exprime l’une des positions les plus pessimistes. Al Joumhouria du 11 septembre 2026 rapporte que le président du Parlement affirme ne pas être optimiste. Il considère que les mouvements diplomatiques actuels sont sans valeur et estime que l’accord-cadre est devenu caduc. Il affirme également que la situation est dangereuse et que les solutions restent éloignées. Son appréciation contraste avec la volonté présidentielle de maintenir une voie politique.
Ad Diyar du 11 septembre 2026 évoque pour sa part deux mois potentiellement décisifs. Le quotidien lie cette période aux élections israéliennes du 27 octobre et aux élections américaines de mi-mandat du début novembre. Selon les sources citées par le journal, Benjamin Netanyahu pourrait être tenté de rechercher un résultat militaire susceptible de modifier le rapport politique avant le scrutin. Le risque évoqué est celui d’une opération plus large au Liban. Cette hypothèse reste une appréciation attribuée aux sources du journal et non un fait établi. Elle permet néanmoins de comprendre pourquoi Nabatiyeh concentre autant d’attention.
Le Hezbollah semble, dans plusieurs récits, éviter pour le moment une réponse qui ouvrirait immédiatement une confrontation générale. Al Joumhouria du 11 septembre 2026 estime que le mouvement cherche une nouvelle manière de répondre aux opérations israéliennes après la transformation du rapport de force depuis 2024. Selon le journal, l’ancienne logique de dissuasion n’est plus directement reproductible. Le Hezbollah prendrait également en compte le calendrier électoral israélien et chercherait à ne pas fournir à Netanyahu le prétexte d’une escalade plus vaste.
De Hormuz à Bab al-Mandab, le Liban rattrapé par la crise régionale
La crise libanaise s’inscrit en même temps dans une confrontation régionale beaucoup plus vaste. Al Araby Al Jadeed du 11 septembre 2026 place au premier plan les tensions entre Washington et Téhéran. Donald Trump affirme que la guerre pourrait se terminer après les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre. L’Iran répond par un discours de fermeté. Un commandant des Gardiens de la révolution annonce que les forces iraniennes sont prêtes à mener des opérations offensives rapides. Le journal rapporte parallèlement la poursuite d’efforts diplomatiques menés notamment par le Qatar, l’Arabie saoudite et Oman pour réduire l’escalade et préserver la navigation maritime.
Le Yémen constitue l’autre bouleversement majeur de la journée. Al Araby Al Jadeed du 11 septembre 2026 rapporte la prise de Mokha par les Houthis après l’effondrement rapide des positions gouvernementales à Hays et Khokha. Selon les responsables militaires cités, les forces houthies se rapprochent de Bab al-Mandab et ont également progressé vers plusieurs îles de la mer Rouge. Cette évolution modifie la portée de la guerre. Bab al-Mandab est l’un des passages essentiels du commerce maritime mondial. Son contrôle ou sa perturbation aurait donc des effets très au-delà du Yémen.
Al Akhbar du 11 septembre 2026 relie directement cette progression à la confrontation avec l’Iran. Le journal considère que l’évolution du rapport de force autour de Bab al-Mandab, combinée aux tensions dans le détroit d’Ormuz, augmente la capacité de pression du camp iranien. Il souligne également le rôle des médiations saoudienne, omanaise et pakistanaise. Dans cette lecture, le Liban n’est pas un théâtre isolé. Son front sud dépend aussi de l’évolution de la confrontation entre Washington, Téhéran et leurs alliés.
Asharq Al-Awsat du 11 septembre 2026 présente la situation yéménite sous un angle différent. Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad al-Alimi, affirme qu’il ne permettra pas que Bab al-Mandab devienne un « autre Hormuz ». Les forces gouvernementales ont réorganisé leur dispositif au sud de Mokha après les avancées houthies. Cette divergence de traitement entre les journaux est importante. Les faits centraux convergent sur une progression militaire majeure des Houthis. Leur signification stratégique varie cependant fortement selon les lignes éditoriales.
Le fil conducteur de cette Une est donc moins un événement unique qu’une même dynamique. Le Liban tente de consolider l’autorité de l’État au Sud au moment où Israël transforme la situation militaire autour d’Ali al-Taher. Dans le même temps, les négociations restent incertaines et la confrontation entre les États-Unis et l’Iran s’étend aux voies maritimes régionales. La progression des Houthis vers Bab al-Mandab ajoute un nouveau facteur de pression. Le Sud libanais se retrouve ainsi au croisement de trois calendriers : celui du retour de l’État, celui des choix militaires israéliens et celui d’une confrontation régionale dont l’issue reste ouverte.
Politique locale : l’État cherche à reprendre l’initiative au Sud tandis que le débat sur les armes et la souveraineté se durcit
Le retour de l’État au Sud devient la priorité politique
La situation dans le sud du Liban impose son rythme à la politique intérieure. Les opérations israéliennes, le sort de Nabatiyeh et le renforcement de la présence de l’armée placent désormais la question de l’autorité de l’État au centre du débat. Plusieurs journaux du 11 septembre 2026 constatent que le dossier dépasse la seule sécurité. Il touche au fonctionnement des institutions, aux services publics, aux armes du Hezbollah et à la capacité du gouvernement à appliquer ses propres décisions.
Ad Diyar du 11 septembre 2026 rapporte que Joseph Aoun a consacré une partie importante du Conseil des ministres à la situation des habitants de Nabatiyeh, Tyr et Arab Salim. Le président de la République leur a assuré que l’État avait entendu leurs appels. Il a demandé que tous les moyens disponibles soient mobilisés pour les aider à rester sur leurs terres. Il a surtout affirmé que « le temps est venu pour que l’État revienne au Sud ». Cette déclaration fixe une ligne politique. Le retour de l’État ne doit pas se limiter au déploiement militaire. Chaque ministère est appelé à intervenir dans son domaine afin de rétablir des services et de soutenir la population.
Nawaf Salam défend une approche comparable. Ad Diyar du 11 septembre 2026 rapporte que le Premier ministre voit dans la présence de l’armée un facteur de confiance. Le gouvernement veut associer cette présence à la remise en état des routes, à la préparation de la rentrée scolaire et à l’installation de logements préfabriqués. La question du Sud est ainsi traitée comme un dossier administratif et social autant que militaire. Al Binaa du 11 septembre 2026 rapporte également que Nawaf Salam insiste sur le rôle du Conseil du Sud, en coordination avec le Conseil du développement et de la reconstruction. Selon lui, les moyens disponibles doivent bénéficier à tous les habitants sans distinction.
Al Sharq du 11 septembre 2026 relève la même orientation. Joseph Aoun y présente le Sud comme une partie essentielle du Liban. Le gouvernement cherche donc à donner une traduction concrète à cette affirmation. Le Conseil des ministres a notamment approuvé un projet de loi empêchant les transactions immobilières dans les zones occupées par l’armée israélienne. La décision vise à protéger les droits fonciers dans les secteurs où l’autorité de l’État est directement contestée. Elle répond également à la crainte que la modification de la situation militaire entraîne des conséquences durables sur la propriété des terres.
La question de Nabatiyeh devient ainsi un test. Al Sharq du 11 septembre 2026 souligne que l’État entend renforcer la présence de ses institutions et de ses services dans la ville. Le ministre de l’Intérieur Ahmad al-Hajjar a notamment évoqué le renforcement de la présence des Forces de sécurité intérieure après la remise en état des bâtiments administratifs. La logique officielle consiste à occuper l’espace par les institutions avant que les opérations israéliennes ne créent une nouvelle réalité. Cette politique reste toutefois soumise à une limite majeure : la capacité du Liban à empêcher Israël de poursuivre ses opérations ne dépend pas uniquement des décisions prises à Beyrouth.
L’armée au cœur du nouveau rapport de force intérieur
La montée en puissance du rôle de l’armée apparaît dans presque tous les traitements de la politique locale. Ad Diyar du 11 septembre 2026 rapporte que le commandant de l’armée, Rodolphe Haykal, a assisté à une manœuvre à munitions réelles dans le jurd d’Al-Qaa, dans la Békaa. Il a insisté sur le maintien de la préparation opérationnelle malgré la multiplication des missions. Son message aux militaires est politique autant que militaire : le pari des Libanais reste celui de l’armée, et une institution forte doit permettre au pays de traverser la période actuelle.
Cette centralité de l’armée nourrit également les attentes envers la conférence internationale consacrée à son soutien. Al Sharq du 11 septembre 2026 rapporte qu’Ibrahim Kanaan considère cette conférence comme une étape essentielle. Le député appelle la communauté internationale à transformer ses engagements en mesures concrètes. Il lie directement le soutien à l’armée à la capacité de l’État de reprendre son rôle. Kanaan affirme aussi que la douleur du Sud concerne l’ensemble du pays et qu’une solution politique constitue une possibilité réelle de sortir de la guerre.
Al Joumhouria du 11 septembre 2026 décrit pour sa part un nouveau programme européen destiné à renforcer les forces de sécurité libanaises, en premier lieu l’armée. Le programme doit porter sur la formation, le conseil, les capacités administratives et certains équipements. Le journal précise qu’il ne s’agit pas de créer une force européenne chargée de remplacer la Force intérimaire des Nations unies ou de désarmer le Hezbollah. Le désarmement reste présenté comme une responsabilité de l’État libanais et de son armée.
Cette distinction est importante dans le débat intérieur. Une partie des forces politiques considère que le renforcement de l’armée doit conduire à une application plus rapide du principe de monopole des armes par l’État. Une autre insiste d’abord sur l’arrêt des opérations israéliennes et le retrait des territoires occupés. Ces deux priorités ne sont pas toujours présentées comme incompatibles. Elles produisent cependant un désaccord sur l’ordre dans lequel elles doivent être appliquées.
Al Binaa du 11 septembre 2026 rapporte ainsi la position de l’ancien ministre Wadih al-Khazen. Celui-ci estime que le Liban respecte ses obligations tandis qu’Israël continue ses opérations. Il demande donc l’application complète de la résolution 1701 et la protection de la mission de l’armée dans le Sud. Selon cette approche, le renforcement de l’État ne peut produire ses effets si les engagements imposés aux différents acteurs restent déséquilibrés.
Les armes du Hezbollah divisent toujours la scène politique
Le dossier des armes reste le principal point de fracture politique. Les journaux présentent des positions nettement opposées, parfois dans des termes très durs. Al Joumhouria du 11 septembre 2026 rapporte que le député Sami Gemayel demande au gouvernement ce qu’il a réellement appliqué de ses décisions souveraines. Le président des Kataëb réclame un calendrier précis et veut connaître les obstacles à leur mise en œuvre. Il affirme également que l’armée doit jouer un rôle central dans le monopole des armes par l’État et dans l’application des décisions gouvernementales concernant le Hezbollah.
Le Hezbollah répond par une lecture inverse. Al Binaa du 11 septembre 2026 rapporte les déclarations du député Ali Ammar, membre du bloc de la Fidélité à la Résistance. Il accuse les États-Unis d’intervenir dans les affaires intérieures libanaises et demande à Washington de cesser d’imposer ses orientations au pays. Il affirme que les Libanais doivent déterminer leurs choix par le dialogue entre leurs différentes composantes. Le député Hassan Fadlallah place, pour sa part, l’occupation israélienne, le déplacement des habitants et les conséquences sociales de la guerre parmi les défis prioritaires.
Cette confrontation montre que la question des armes ne se réduit pas à une discussion technique sur le rôle de l’armée. Elle renvoie à deux conceptions de la souveraineté. Pour les adversaires du Hezbollah, l’existence d’une capacité militaire autonome empêche l’État de contrôler pleinement les décisions de guerre et de paix. Pour le Hezbollah et ses alliés, la souveraineté suppose d’abord la capacité de résister à l’occupation et de ne pas laisser une puissance étrangère dicter les choix du Liban.
Al Akhbar du 11 septembre 2026 traite également cette fracture à travers les rapports entre les Forces libanaises, la Syrie et le Hezbollah. Le journal rapporte que Samir Geagea serait hostile à tout dialogue entre Damas et le Hezbollah avant le règlement de la question des structures militaires et sécuritaires du mouvement. Selon les informations publiées, cette position aurait été exposée à des responsables syriens. Le quotidien affirme aussi que la Turquie favoriserait une approche différente, fondée sur le dialogue afin d’éviter une aggravation des tensions entre le Liban et la Syrie. Ces informations sont attribuées par le journal à ses sources et doivent donc être considérées comme telles.
Berri affiche son pessimisme tandis que le Parlement retrouve son rôle d’arbitre
Nabih Berri occupe une place particulière dans cette séquence. Al Joumhouria du 11 septembre 2026 rapporte que le président de la Chambre se dit pessimiste face à l’évolution de la situation. Il estime que les solutions restent lointaines et considère que les mouvements diplomatiques en cours n’ont pas produit de résultat significatif. Sur le plan intérieur, il maintient cependant l’idée d’un contrôle parlementaire du gouvernement. Interrogé sur l’action de l’exécutif, il indique qu’une reddition de comptes doit avoir lieu au Parlement.
Le calendrier parlementaire a lui-même été modifié pour des raisons politiques et symboliques. Al Joumhouria du 11 septembre 2026 rapporte que Berri avait prévu une séance de discussion gouvernementale les 13 et 14 septembre. Après un échange avec Sami Gemayel, il a accepté de tenir compte de la commémoration de l’assassinat de Bachir Gemayel. Le quotidien présente cette décision comme une volonté de ne pas ajouter une tension mémorielle aux divisions politiques actuelles.
Dans le même temps, les députés préparent les débats sociaux et financiers. Ad Diyar du 11 septembre 2026 rapporte que Hadi Aboul Hosn considère les revendications sociales actuelles comme légitimes. Il appelle à augmenter les recettes publiques sans imposer de charges supplémentaires aux citoyens. Il cite notamment l’amélioration des recettes douanières, la lutte contre l’évasion fiscale et la récupération des revenus liés aux biens publics maritimes et fluviaux. Ces ressources devraient, selon lui, permettre de renforcer les dépenses sociales et de revoir les rémunérations du secteur public et des retraités.
Le Conseil des ministres a d’ailleurs abordé la situation des retraités militaires et civils. Ad Diyar du 11 septembre 2026 indique que le ministère des Finances a été chargé d’étudier les chiffres et les moyens de financer de nouvelles dépenses par des recettes qui ne pèsent pas davantage sur les citoyens. Cette question annonce une bataille budgétaire importante. Les revendications salariales se heurtent à la nécessité de préserver les équilibres financiers alors que l’État tente parallèlement de restaurer ses services.
Réformes, université et amnistie complètent l’agenda institutionnel
Malgré l’urgence sécuritaire, le gouvernement poursuit plusieurs dossiers institutionnels. Le Conseil des ministres a nommé cinq membres du Conseil de la concurrence : Adnan Rammal, Jamil Jalilati, Pascal Daher, Eliane Nehme et Anis Bou Diab. Ad Diyar du 11 septembre 2026 rapporte que cette nomination doit notamment renforcer la lutte contre les situations de monopole. Le gouvernement a également décidé de consacrer une séance spécifique au dossier des déchets.
La situation de l’Université libanaise reste également ouverte. Al Binaa du 11 septembre 2026 indique que le gouvernement maintient les critères retenus pour la titularisation à temps plein des enseignants contractuels. L’ancienneté, les besoins des facultés, la spécialisation, la compétence et l’équité doivent être pris en compte. Les contrats seraient répartis sur quatre étapes, avec un contrôle final des noms avant la poursuite de la procédure. Ce dossier montre que l’exécutif tente de préserver une activité institutionnelle ordinaire malgré la crise du Sud.
Enfin, l’arrêt de l’application de la loi d’amnistie générale introduit un nouveau front politique et juridique. Al Binaa du 11 septembre 2026 rapporte que le Conseil constitutionnel a suspendu, à la majorité, l’application de la loi portant sur l’amnistie générale et la réduction exceptionnelle de certaines peines. Al Sharq du 11 septembre 2026 précise que la décision intervient après le recours déposé contre le texte. Elle doit être officiellement communiquée à Joseph Aoun, Nabih Berri et Nawaf Salam avant sa publication au Journal officiel.
L’ensemble de ces dossiers révèle une politique intérieure organisée autour de deux niveaux simultanés. Le premier est existentiel : souveraineté, Sud, armée, armes du Hezbollah et risque d’une extension de la guerre. Le second concerne le fonctionnement normal de l’État : budget, université, concurrence, déchets, salaires, réformes et législation. La difficulté du gouvernement consiste désormais à traiter les deux sans permettre à l’urgence militaire de suspendre durablement les réformes, ni à l’activité institutionnelle de masquer la gravité du rapport de force qui se joue dans le Sud.
Citation et discours des personnalités politiques : souveraineté, Sud et armes au cœur des prises de parole
Joseph Aoun place le retour de l’État au centre de son discours
Les déclarations de Joseph Aoun occupent une place importante dans la presse libanaise du 11 septembre 2026. Elles dessinent une ligne politique centrée sur le retour de l’État, la protection du Sud et le refus des affrontements entre Libanais. Le président de la République cherche aussi à associer souveraineté et reconstruction des institutions. Son discours ne se limite donc pas au dossier militaire.
Ad Diyar du 11 septembre 2026 rapporte que Joseph Aoun s’est directement adressé aux habitants de Nabatiyeh, de Tyr et d’Arab Salim lors du Conseil des ministres. « Nous avons entendu vos appels, nous sommes à vos côtés », leur a-t-il déclaré. Il a ajouté que l’État ne pouvait rester éloigné d’eux et devait mobiliser les moyens disponibles pour assurer leur maintien sur leurs terres. Sa formule la plus politique est claire : « Le temps est venu pour que l’État revienne au Sud. » Il présente cette présence comme une responsabilité collective. Chaque ministère doit participer à l’effort.
Al Binaa du 11 septembre 2026 reprend la même déclaration et insiste sur l’idée que le Sud constitue une partie essentielle du pays. Joseph Aoun ne réduit pas ce retour à l’armée. Il réclame une mobilisation de l’ensemble de l’appareil public. Cette précision donne à son propos une portée plus large. La souveraineté doit se traduire par une administration présente, des services et une capacité à répondre aux besoins des habitants.
Une autre intervention présidentielle, rapportée par Al Binaa du 11 septembre 2026, porte sur les rapports entre les Libanais et les puissances étrangères. Devant une délégation, Joseph Aoun affirme que « notre loyauté doit aller à notre pays » et que celui qui cherche l’appui de l’étranger contre un partenaire intérieur finit par perdre. Il rappelle qu’aucune guerre libanaise n’a produit de véritable vainqueur et que le pays a toujours payé le prix des affrontements. Cette déclaration intervient alors que les accusations d’ingérence étrangère traversent de nouveau la scène politique.
Joseph Aoun relie aussi la restauration de l’État à la réforme administrative. Al Liwaa du 11 septembre 2026 rapporte qu’il a demandé aux nouveaux responsables de l’Autorité des marchés publics de se considérer comme étant « sur la première ligne de défense de l’argent public ». Il estime que la réussite de cette institution constitue une condition de la restauration de la confiance des bailleurs et des États partenaires. La lutte contre la corruption apparaît ainsi dans son discours comme un autre volet du rétablissement de l’autorité publique.
Le président insiste enfin sur la nécessité de saisir les possibilités économiques offertes au pays. Ad Diyar du 11 septembre 2026 rapporte qu’il a demandé aux ministres de travailler rapidement sur les projets susceptibles d’attirer des investissements, notamment ceux évoqués avec les Émirats arabes unis. « Nous devons employer l’orientation positive envers nous dans l’intérêt du Liban », affirme-t-il. La reconstruction politique recherchée au Sud est donc associée à une restauration plus générale de la confiance dans l’État.
Nawaf Salam défend l’armée et la présence civile de l’État
Les interventions de Nawaf Salam prolongent cette orientation tout en mettant davantage l’accent sur l’action gouvernementale. Ad Diyar du 11 septembre 2026 rapporte que le Premier ministre considère la présence de l’armée dans le Sud comme « un facteur de confiance ». Il ajoute que les habitants demandent des services essentiels. Cette formule traduit sa volonté de ne pas présenter la question méridionale comme un dossier exclusivement sécuritaire.
Al Binaa du 11 septembre 2026 rapporte que Nawaf Salam insiste sur l’existence d’un accompagnement civil du déploiement sécuritaire. Le gouvernement veut renforcer les services dans les secteurs concernés et notamment à Nabatiyeh. Il évoque les mesures prises pour les routes, les écoles et les besoins des populations. La présence de l’armée doit donc être suivie par celle des administrations.
Le Premier ministre développe la même conception lorsqu’il reçoit une délégation du Conseil du Sud. Selon Al Binaa du 11 septembre 2026, il affirme que cette institution doit remplir son rôle en coordination avec le Conseil du développement et de la reconstruction. Il précise que les moyens disponibles doivent servir tous les habitants du Sud « sans exception ». Cette formulation prend une portée politique particulière dans une région où la question de la représentation de l’État et celle de l’influence du Hezbollah restent étroitement liées.
La presse fait également apparaître Nawaf Salam dans le débat sur la politique extérieure et les armes. Al Akhbar du 11 septembre 2026 lui attribue une position soutenant les décisions gouvernementales relatives au monopole de la force par l’État. Le quotidien présente toutefois cette politique sous un angle critique. Cette différence de traitement rappelle que les mêmes déclarations sont interprétées de manière très différente selon les journaux. Le point établi reste que le gouvernement place la souveraineté et le contrôle étatique des armes parmi ses objectifs politiques.
Nabih Berri : « Je ne suis pas optimiste »
Nabih Berri tient l’un des discours les plus pessimistes de la journée. Dans un entretien publié par Al Joumhouria le 11 septembre 2026, le président de la Chambre affirme sans détour : « Je ne suis pas optimiste. » Il considère que la situation générale est dangereuse et que les solutions sont éloignées. Son appréciation repose principalement sur les morts, les destructions et l’évolution du front sud.
Berri affirme également que « l’accord-cadre est tombé ». Il juge les mouvements diplomatiques actuels sans valeur tant qu’ils ne produisent pas d’effets sur le terrain. Son langage tranche avec celui de l’exécutif, qui continue à miser sur les mécanismes de négociation. Il ne remet toutefois pas en cause le rôle de l’armée. Au contraire, Al Joumhouria du 11 septembre 2026 lui attribue cette formule : « L’armée est la colonne fondamentale, voire le pont fondamental de la construction libanaise. »
Le président de la Chambre évoque également sa relation avec Joseph Aoun. Il reconnaît l’existence de désaccords sur plusieurs sujets, mais affirme que ceux-ci n’empêchent pas leur relation. Cette précision est significative dans un contexte où les dossiers du Sud, des négociations et des armes peuvent provoquer des tensions entre institutions.
Sur le terrain intérieur, Berri promet aussi une véritable discussion parlementaire avec le gouvernement. Interrogé par Al Joumhouria du 11 septembre 2026 sur l’évaluation de l’action de l’exécutif, il répond qu’il faudra attendre le moment de la reddition de comptes. Il confirme ensuite qu’une telle reddition de comptes aura bien lieu. Sa position consiste donc à maintenir le Parlement comme lieu de confrontation politique tout en évitant que les divergences ne se transforment en rupture institutionnelle.
Hadi Aboul Hosn lie le Sud à l’unité nationale et aux revendications sociales
Hadi Aboul Hosn développe dans Ad Diyar du 11 septembre 2026 un discours qui associe la souveraineté au Sud, le dialogue parlementaire et la crise sociale. Le député du Rassemblement démocratique estime que le déploiement de l’armée correspond à une revendication ancienne : l’État doit exercer son autorité sur l’ensemble du territoire.
Il apporte toutefois une réserve. Selon lui, les mesures partielles ne suffisent pas à résoudre le problème. Il réclame un retour aux références juridiques et politiques, notamment la résolution 1701, l’accord d’armistice et l’accord de Taëf. L’objectif doit être, selon ses propos rapportés par Ad Diyar, la libération du territoire et la restauration de la décision de l’État.
Aboul Hosn accuse également Israël de détruire des villages afin de préparer des conditions permettant une implantation durable. Il rattache cette politique au projet d’une « Grande Israël ». Face à cette menace, il demande une solidarité entre les Libanais et un accord sur les grands principes nationaux.
Le député défend parallèlement le débat parlementaire. Il considère les séances consacrées à l’interpellation du gouvernement comme une occasion de discussion nationale. Selon lui, il est sain que les divergences soient exprimées sous le toit du Parlement, à condition qu’elles restent soumises à l’exigence d’unité nationale et qu’elles n’alimentent pas les tensions.
Sur le plan social, son discours devient très concret. Il qualifie les revendications des fonctionnaires et des retraités de légitimes. Il demande au gouvernement d’augmenter ses recettes sans faire supporter de nouvelles charges aux citoyens. Il cite l’amélioration des recettes douanières, la lutte contre la fraude fiscale et la perception des revenus provenant des domaines maritimes et fluviaux, des carrières et des autres propriétés publiques. Ces ressources devraient ensuite servir à la santé, au social et aux rémunérations publiques.
Sami Gemayel demande des comptes au gouvernement
Sami Gemayel adopte une position beaucoup plus offensive sur le monopole des armes. Al Sharq du 11 septembre 2026 rapporte que le président des Kataëb demande au gouvernement ce qu’il a réellement exécuté de ses décisions souveraines. Ses questions sont directes : qu’avez-vous appliqué, quel est l’obstacle et quel est le calendrier ?
Gemayel estime que l’armée doit être soutenue afin d’exercer pleinement ses responsabilités. Il relie explicitement ce soutien à la question du monopole des armes par l’État et au désarmement du Hezbollah. Cette position a également été présentée lors de sa rencontre avec l’ambassadeur de France au Liban, Patrick Durel, à l’occasion d’un échange consacré notamment à la conférence internationale de soutien à l’armée.
Il refuse aussi que la crainte d’une confrontation intérieure paralyse les institutions. Selon Al Sharq du 11 septembre 2026, Gemayel affirme que parler du risque pour la paix civile signifie qu’un groupe menace cette paix et que l’État ne peut se soumettre à cette logique. Le président des Kataëb transforme ainsi le dossier des armes en question d’autorité constitutionnelle : l’État doit, selon lui, pouvoir appliquer ses décisions sans que la menace d’un conflit intérieur les rende inopérantes.
Le Hezbollah dénonce la pression américaine et défend sa conception de la souveraineté
Le Hezbollah répond à cette ligne par un discours centré sur l’ingérence américaine et l’occupation israélienne. Al Binaa du 11 septembre 2026 rapporte que le député Ali Ammar accuse les États-Unis d’intervenir « de manière flagrante » dans les affaires libanaises. Il critique les déclarations de l’ambassade américaine et estime que Washington cherche à imposer au Liban des conditions et des orientations.
Ali Ammar affirme que ce que veulent les Libanais est que les États-Unis cessent de leur nuire et arrêtent d’intervenir dans leurs affaires. Il demande également à Washington de cesser de soutenir Israël et de l’obliger à mettre fin à ses opérations ainsi qu’à son occupation du territoire libanais. Le député soutient que les Libanais peuvent déterminer eux-mêmes leurs choix par le dialogue entre les différentes composantes du pays.
Il affirme également que le Hezbollah veut un État fort. Selon les propos rapportés par Al Binaa du 11 septembre 2026, cet État doit être indépendant dans sa décision, fort par son armée, son peuple et son unité nationale. Le désaccord avec les adversaires du Hezbollah ne porte donc pas, dans ce discours, sur le principe affiché d’un État fort. Il porte sur la définition des conditions permettant à cet État d’être souverain et sur la place des armes de la résistance dans cette équation.
Hassan Fadlallah insiste, pour sa part, sur les conséquences concrètes de la guerre. Al Binaa du 11 septembre 2026 rapporte qu’il place l’occupation du territoire méridional au premier rang des défis. Il cite ensuite la question des déplacés des villages frontaliers et des autres zones frappées. Son intervention vise à maintenir le débat sur les armes dans le contexte plus large des opérations israéliennes et de leurs conséquences humaines.
Les déclarations politiques du 11 septembre dessinent ainsi deux conceptions concurrentes, mais qui utilisent souvent les mêmes mots : État, souveraineté, armée et unité nationale. Joseph Aoun et Nawaf Salam mettent en avant le retour concret des institutions. Nabih Berri alerte sur l’impasse et réclame des résultats. Sami Gemayel exige l’application des décisions relatives aux armes. Le Hezbollah fait de l’arrêt des opérations israéliennes et du refus de l’ingérence étrangère une condition essentielle de la souveraineté. Entre ces positions, le Parlement et le gouvernement deviennent les principaux lieux où devra se résoudre un conflit politique que la situation militaire au Sud rend chaque jour plus urgent.
Diplomatie : le Liban mise sur Rome, Paris et les soutiens internationaux face à l’escalade au Sud
Une huitième séance de négociation annoncée, mais encore entourée d’incertitudes
La diplomatie libanaise évolue sous la pression directe des opérations militaires dans le Sud. Les destructions dans les hauteurs d’Ali al-Taher, les inquiétudes autour de Nabatiyeh et les déclarations israéliennes sur une zone de sécurité placent les négociations dans une situation paradoxale. Beyrouth maintient le choix diplomatique, mais les résultats obtenus sur le terrain restent contestés. Les divergences portent désormais autant sur le contenu des discussions que sur leur calendrier et leur capacité à conduire à un arrêt durable des opérations israéliennes.
Al Joumhouria du 11 septembre 2026 rapporte que l’autorité israélienne de radiodiffusion a annoncé une huitième séance de négociation entre le Liban et Israël à Rome les mardi et mercredi suivants. Cette réunion devrait notamment examiner la mise en place d’un mécanisme chargé de vérifier la situation dans les zones expérimentales. Toutefois, les sources officielles libanaises citées par le journal indiquent que Beyrouth n’avait encore reçu aucune notification américaine fixant officiellement le rendez-vous.
Le calendrier pose également problème. Selon Al Joumhouria du 11 septembre 2026, le Liban aurait informé les Américains de sa préférence pour une réunion après le 16 septembre. Joseph Aoun doit en effet être à Paris durant cette période dans le cadre des préparatifs de la conférence internationale de soutien à l’armée libanaise. Deux processus diplomatiques se croisent ainsi. Le premier concerne directement les négociations avec Israël. Le second vise à renforcer les moyens de l’institution militaire chargée d’étendre l’autorité de l’État.
Ad Diyar du 11 septembre 2026 confirme cette incertitude. Selon ses sources officielles, l’État libanais n’avait toujours pas été informé de la date de la nouvelle réunion à Rome malgré les informations israéliennes. Le journal souligne que cette attente intervient alors que les opérations israéliennes se poursuivent quotidiennement. Pour Beyrouth, la négociation doit donc avancer alors même que les conditions militaires se détériorent.
Al Liwaa du 11 septembre 2026 indique toutefois que les responsables libanais ne souhaitent pas suspendre le processus. Selon les informations rapportées par le quotidien, Joseph Aoun aurait réaffirmé que les négociations se poursuivraient. La présidence considère cette voie comme un instrument permettant d’éviter une guerre plus large. Elle refuse cependant que la poursuite des discussions soit interprétée comme une acceptation des opérations israéliennes, de l’occupation ou des destructions.
Cette ligne présidentielle est importante. Elle signifie que la diplomatie n’est pas présentée comme une alternative à la souveraineté, mais comme l’un des instruments censés la restaurer. Le problème réside dans l’écart entre cet objectif et les résultats immédiats. Les destructions à Ali al-Taher ont précisément ravivé les critiques contre le processus.
Nabih Berri conteste l’efficacité du processus diplomatique
Nabih Berri exprime avec force cette défiance. Dans son entretien à Al Joumhouria du 11 septembre 2026, le président de la Chambre affirme que « l’accord-cadre est tombé ». Il juge également que les mouvements diplomatiques actuels sont sans valeur au regard des événements sur le terrain. Sa position ne signifie pas un rejet général de la diplomatie. Elle traduit plutôt l’idée que la négociation perd son sens lorsqu’elle ne parvient pas à empêcher les destructions, les morts ou l’extension de l’occupation.
Al Binaa du 11 septembre 2026 rapporte une position encore plus explicite du député Hani Kobeissi. Celui-ci appelle à revenir sur les négociations directes après plusieurs séances qui, selon lui, n’ont produit aucun résultat. Il demande que les priorités soient désormais l’arrêt des attaques, le retour des habitants, la reconstruction et la récupération des prisonniers.
Ces déclarations montrent l’existence d’une fracture dans l’évaluation du processus. La présidence et le gouvernement maintiennent le canal de négociation. Berri et des responsables proches du mouvement Amal insistent davantage sur l’absence de résultats concrets. Cette divergence peut devenir plus importante si Israël continue à modifier la situation militaire pendant que les discussions se poursuivent.
La position de l’ancien ministre Wadih al-Khazen, rapportée par Al Binaa du 11 septembre 2026, rejoint partiellement cette critique. Il demande quelle peut être l’utilité de l’accord-cadre si Israël ne le respecte pas tandis que le Liban reste seul tenu d’appliquer ses engagements. Il réclame une application complète de la résolution 1701 et estime que les acteurs internationaux qui soutiennent les arrangements existants ont également la responsabilité de protéger la mission de l’armée libanaise.
La question diplomatique est donc progressivement reformulée. Elle ne consiste plus seulement à savoir si le Liban doit négocier. Elle porte sur les garanties obtenues en échange de ses engagements. Les autorités doivent démontrer que le processus permet effectivement de réduire les opérations militaires et de favoriser un retrait israélien.
Washington pousse vers la souveraineté de l’État et le monopole des armes
Le rôle des États-Unis reste déterminant. Al Joumhouria du 11 septembre 2026 rapporte les déclarations d’un responsable du département d’État selon lesquelles Washington suit attentivement les appels provenant du sud du Liban en faveur d’une présence accrue de l’État. Le responsable affirme que les armes du Hezbollah n’ont apporté au Liban que destruction et souffrance. Il considère également le mouvement comme un obstacle à la paix.
Le message américain ne se limite pas au Sud. Washington demande au gouvernement de préparer un plan concernant les armes sur l’ensemble du territoire. Les États-Unis présentent le cadre de négociation comme la principale feuille de route permettant d’avancer vers la paix. La diplomatie américaine lie donc directement le règlement de la confrontation avec Israël au renforcement du monopole de l’État sur les décisions militaires.
Al Binaa du 11 septembre 2026 rapporte la réaction du Hezbollah. Le député Ali Ammar accuse les États-Unis d’ingérence dans les affaires libanaises. Il affirme que Washington cherche à imposer des choix politiques au pays et demande qu’elle cesse de soutenir les opérations israéliennes. Cette réaction illustre l’une des difficultés majeures de la médiation américaine : Washington est un acteur central des négociations, mais sa neutralité est fortement contestée par une partie de la scène libanaise.
Asharq Al-Awsat du 11 septembre 2026 relève une autre dimension de l’activité américaine. Le journal estime que Washington cherche à développer ses relations avec des personnalités et institutions de la communauté chiite en dehors du Hezbollah. La visite de l’ambassadeur américain Michel Issa au Conseil supérieur islamique chiite est présentée dans ce cadre. Le quotidien explique que cette démarche intervient alors que le Hezbollah et ses proches accusent régulièrement les États-Unis d’hostilité envers la communauté chiite.
Al Joumhouria du 11 septembre 2026 apporte des précisions par l’intermédiaire de Michel Issa lui-même. L’ambassadeur qualifie de positive sa visite au Conseil supérieur islamique chiite. Il indique que chaque partie a pu présenter son point de vue. Il rejette toutefois l’idée que cette démarche constitue l’ouverture d’un dialogue direct avec le Hezbollah. Il affirme agir comme ambassadeur auprès de l’ensemble des composantes libanaises.
Cette activité diplomatique américaine dépasse donc les discussions militaires. Washington cherche aussi à agir sur les équilibres politiques et communautaires. Cette stratégie rencontre immédiatement une opposition du Hezbollah, qui refuse que les relations entre les États-Unis et des acteurs chiites soient utilisées pour isoler le mouvement.
Paris prépare le soutien à l’armée libanaise
La France constitue l’autre axe majeur de l’activité diplomatique. La conférence consacrée au soutien de l’armée prend une importance accrue à mesure que Beyrouth présente cette institution comme l’instrument principal du retour de l’État au Sud.
Al Liwaa du 11 septembre 2026 rapporte que les préparatifs logistiques et techniques sont déjà avancés. L’armée et les autres institutions de sécurité ont établi des listes détaillées de leurs besoins. Les responsables libanais veulent profiter de la conférence pour obtenir des engagements concrets. La présence annoncée de Joseph Aoun aux côtés du commandant de l’armée, Rodolphe Haykal, doit donner une dimension politique supplémentaire à la rencontre.
Selon Al Liwaa du 11 septembre 2026, le Liban veut notamment expliquer les difficultés qui ralentissent le déploiement de l’armée au Sud. L’absence d’un retrait israélien complet doit faire partie de l’argumentaire présenté aux partenaires internationaux. Les autorités cherchent donc à éviter que le soutien extérieur soit réduit à une exigence adressée uniquement au Liban. Elles veulent rappeler les obstacles imposés par la situation militaire.
Al Joumhouria du 11 septembre 2026 rapporte que l’ambassadeur américain Michel Issa assure que les États-Unis soutiennent toujours la conférence et y participeront. Il dément ainsi les spéculations selon lesquelles Washington pourrait s’en éloigner en raison de critiques concernant l’action de l’armée. Il précise toutefois que les États-Unis attendent de l’institution militaire qu’elle agisse au maximum de ses capacités.
La question des moyens reste centrale. Michel Issa reconnaît, selon Al Joumhouria du 11 septembre 2026, que l’armée ne dispose pas des mêmes capacités militaires que le Hezbollah. Washington ne lui demanderait donc pas nécessairement une confrontation directe. Elle attend en revanche une utilisation plus active des moyens dont elle dispose dans les secteurs où elle est déployée.
L’Union européenne prépare un dispositif complémentaire
L’Union européenne veut elle aussi renforcer son engagement. Al Joumhouria du 11 septembre 2026 rapporte les informations d’une source diplomatique européenne sur un nouveau programme destiné aux forces de sécurité libanaises. Celui-ci doit porter sur la formation, le conseil, l’équipement et l’amélioration de la coordination entre institutions.
Selon la même source, les préparatifs pourraient se poursuivre jusqu’à la fin de 2026 ou au début de 2027. Une première activité consacrée au programme doit permettre de préciser ses mécanismes. L’objectif est d’aider les institutions libanaises à améliorer leurs capacités sans créer une nouvelle structure internationale opérant directement sur le terrain.
Le diplomate cité par Al Joumhouria insiste sur une limite essentielle : l’Union européenne n’a pas l’intention de déployer une force chargée du désarmement du Hezbollah. Elle ne cherche pas non plus à remplacer la Force intérimaire des Nations unies. Le dossier des armes reste une responsabilité libanaise.
Le journal indique que l’Union européenne aurait consacré depuis 2023 environ 220 millions d’euros au secteur de la sécurité au Liban, dont près de 180 millions à l’armée. Les équipements concernés sont principalement des véhicules, des moyens de transport et du matériel logistique. Ils ne comprennent pas d’armes offensives. La conférence de Paris doit permettre de déterminer plus précisément les besoins futurs.
La stratégie européenne complète donc la stratégie française. Paris offre la plateforme politique. L’Union européenne cherche à structurer des programmes de soutien. Washington conserve une influence déterminante sur les conditions politiques associées à cette aide.
Le Vatican et les contacts arabes élargissent le champ diplomatique
La diplomatie libanaise ne se limite pas aux partenaires occidentaux. Al Sharq du 11 septembre 2026 rapporte une rencontre au Vatican entre le cardinal Pietro Parolin et un groupe de personnalités libanaises chiites. Le secrétaire d’État du Saint-Siège aurait réaffirmé le soutien du Vatican à l’État libanais et à l’exercice de sa souveraineté sur l’ensemble du territoire.
Le Vatican se montre également favorable au dialogue avec toutes les composantes libanaises. Selon Al Sharq du 11 septembre 2026, Pietro Parolin a souligné l’ouverture du Saint-Siège envers les différents courants présents au sein des communautés libanaises, y compris la communauté chiite. Les participants ont, pour leur part, remercié le Vatican pour son soutien au processus destiné à stabiliser les frontières et à permettre le retour des habitants déplacés.
Sur le plan arabe, Joseph Aoun poursuit également les contacts. Al Liwaa du 11 septembre 2026 rapporte son entretien téléphonique avec le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa Al Khalifa. Le président libanais lui a exprimé la solidarité du Liban après les attaques subies par le royaume. Les deux dirigeants ont également évoqué les relations bilatérales et la coopération économique et politique.
Al Liwaa rapporte par ailleurs que le ministre de l’Énergie Joe Saddi a présenté à Joseph Aoun les résultats de discussions menées avec la Jordanie, la Syrie, l’Irak, la Turquie, le Qatar et Chypre sur l’électricité, le pétrole et le gaz. Ces contacts montrent que la diplomatie économique accompagne désormais les démarches sécuritaires.
La politique extérieure libanaise se développe ainsi sur plusieurs cercles simultanés. Rome doit rester le lieu de la négociation avec Israël. Paris doit servir à consolider l’armée. Washington exerce une pression politique sur le dossier des armes. L’Union européenne prépare un soutien institutionnel. Le Vatican tente de maintenir des passerelles entre les différentes composantes libanaises. Enfin, les partenaires arabes restent essentiels pour l’énergie, l’investissement et la stabilité régionale.
Cette multiplication des canaux répond à la faiblesse des garanties disponibles. Le Liban cherche à transformer les soutiens diplomatiques en moyens concrets de protection de son territoire et de consolidation de l’État. Les événements d’Ali al-Taher montrent cependant que le temps diplomatique reste plus lent que le temps militaire. C’est précisément cet écart que les autorités devront réduire si elles veulent préserver la crédibilité du choix de la négociation.
Politique internationale : l’affrontement entre Washington et Téhéran s’étend de l’Iran à Bab al-Mandab
Washington et Téhéran durcissent leurs positions autour d’une guerre sans issue immédiate
La confrontation entre les États-Unis et l’Iran constitue le principal dossier international traité par les journaux du 11 septembre 2026. Elle ne se limite plus aux échanges militaires directs. Elle affecte les installations nucléaires iraniennes, les bases américaines de la région, la circulation maritime, le marché pétrolier et les équilibres au Yémen. Plusieurs médiations tentent parallèlement de maintenir un canal diplomatique. Toutefois, les déclarations publiques des deux camps restent dominées par la menace.
Al Araby Al Jadeed du 11 septembre 2026 rapporte que Donald Trump prévoit une fin de la guerre après les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre. Le président américain estime que l’Iran ne pourra pas soutenir durablement la confrontation. Il affirme que des négociations restent possibles, tout en précisant qu’elles ne constituent pas son option privilégiée. Il lie également la poursuite de la guerre aux prix élevés du pétrole et prévoit une baisse de ceux-ci après la fin des hostilités.
Donald Trump menace en parallèle de frapper le site iranien de Jabal al-Faas, situé à proximité de l’installation nucléaire de Natanz. Il affirme que les États-Unis ont observé une activité dans ce secteur. Asharq Al-Awsat du 11 septembre 2026 rapporte que Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, confirme l’existence d’indices montrant une nouvelle activité autour du site. Il précise cependant que les inspecteurs de l’agence n’ont pas pénétré dans le complexe souterrain.
Le dossier nucléaire revient donc au premier plan. Al Araby Al Jadeed du 11 septembre 2026 indique que le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique a décidé de saisir le Conseil de sécurité au sujet du non-respect allégué par Téhéran de ses obligations. Le représentant iranien auprès de l’agence, Reza Najafi, rejette cette décision. Il la présente comme le résultat d’une pression politique américaine et affirme qu’elle est dépourvue de fondement.
Asharq Al-Awsat du 11 septembre 2026 rapporte que le Conseil de sécurité a ensuite examiné la question des sanctions. Dans le même temps, un responsable du Parlement iranien a évoqué la possibilité d’un retrait du traité de non-prolifération nucléaire. Cette menace ajoute un élément supplémentaire au rapport de force. Elle ne signifie pas que Téhéran a pris une telle décision. Elle montre néanmoins que les responsables iraniens cherchent à élargir les options disponibles face aux pressions internationales.
L’Iran annonce être passé d’une posture défensive à une logique offensive
Les déclarations militaires iraniennes sont tout aussi fermes. Al Araby Al Jadeed du 11 septembre 2026 rapporte les propos de Hassan Hassan Zadeh, commandant des forces des Gardiens de la révolution dans la région de Téhéran. Celui-ci affirme que les forces iraniennes sont désormais prêtes à conduire des « attaques rapides » et à intervenir dans n’importe quelle région du pays.
Le responsable iranien soutient que son pays a dépassé le stade d’une confrontation purement défensive. Il annonce la constitution d’unités capables de mener des opérations spéciales rapides. Son discours cherche à présenter l’Iran comme disposant encore d’une capacité d’initiative malgré les opérations américaines et israéliennes.
Cette rhétorique est accompagnée d’actions militaires. Al Araby Al Jadeed du 11 septembre 2026 rapporte, en citant des sources américaines, que plusieurs appareils militaires américains ont été endommagés lors d’une attaque iranienne contre la base aérienne de Mouwaffaq al-Salti en Jordanie. Environ huit avions de combat auraient subi des dommages limités et un autre appareil aurait été plus sérieusement touché. Al Quds Al Arabi du 11 septembre 2026 reprend également ces informations en les attribuant à un responsable américain.
La confrontation s’étend ainsi aux installations américaines réparties dans la région. Elle augmente le risque d’un cycle dans lequel chaque attaque entraîne une riposte sur un autre territoire. Les pays accueillant des installations militaires américaines se retrouvent directement exposés.
Israël reste également partie prenante. Al Araby Al Jadeed du 11 septembre 2026 rapporte que le ministre israélien de la Défense menace les principales infrastructures énergétiques iraniennes en cas de nouvelle attaque contre Israël. Il affirme que l’armée israélienne est prête à infliger des dommages beaucoup plus importants à l’Iran. Les déclarations américaines et israéliennes convergent donc sur la volonté de maintenir une menace militaire crédible contre Téhéran.
Hormuz concentre les enjeux énergétiques et diplomatiques
La question du détroit d’Ormuz constitue l’un des principaux prolongements de la guerre. Al Akhbar du 11 septembre 2026 décrit des négociations entre l’Iran et Oman concernant un mécanisme de circulation maritime. Selon les sources citées par le journal, les discussions auraient progressé sur la définition d’une voie de navigation entre les eaux iraniennes et omanaises.
Le quotidien affirme que les équipes techniques et juridiques auraient travaillé sur des cartes et sur les modalités de sécurisation du passage. Oman agirait dans ce dossier en coordination avec plusieurs acteurs régionaux et internationaux. Ces informations restent attribuées aux sources d’Al Akhbar et ne constituent pas l’annonce officielle d’un accord définitif.
Téhéran réclamerait, selon le même journal, des garanties plus larges avant tout règlement durable. Elles concerneraient notamment la levée du blocus, l’accès aux fonds iraniens et la fin complète de l’état de guerre. L’enjeu d’Ormuz ne serait donc pas dissocié du reste de la négociation entre l’Iran et les États-Unis.
L’Arabie saoudite jouerait également un rôle dans les médiations. Al Akhbar du 11 septembre 2026 rapporte que Riyad maintient des contacts avec les responsables iraniens et américains. Le journal évoque également la possibilité de déplacements de responsables iraniens en Arabie saoudite. Là encore, il s’agit d’informations attribuées aux sources du quotidien.
Al Araby Al Jadeed du 11 septembre 2026 confirme, de manière plus générale, l’intensification des démarches diplomatiques régionales. Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed ben Abdelrahmane Al Thani, s’est entretenu avec son homologue saoudien, Faisal ben Farhan. Doha affirme soutenir les efforts destinés à garantir la liberté de navigation et à parvenir à un accord plus large. Le ministre saoudien a également échangé avec son homologue omanais, Badr ben Hamad Al Busaidi.
Les monarchies du Golfe cherchent ainsi à éviter que la confrontation ne rende durablement impraticables les grandes voies maritimes. Elles sont directement exposées aux conséquences économiques d’une fermeture ou d’une perturbation prolongée d’Ormuz.
Le basculement militaire au Yémen place Bab al-Mandab au centre de la crise
Le second bouleversement majeur se déroule au Yémen. Al Araby Al Jadeed du 11 septembre 2026 rapporte que les Houthis ont pris le contrôle de Mokha après l’effondrement des positions des forces gouvernementales dans plusieurs secteurs du littoral occidental. Cette progression rapproche leurs forces de Bab al-Mandab, passage stratégique reliant la mer Rouge au golfe d’Aden.
Le journal décrit un renversement rapide du rapport de force. Les forces gouvernementales avaient été présentées quelques jours auparavant comme capables de progresser. Les Houthis ont finalement lancé des attaques coordonnées et utilisé plusieurs axes pour contourner les défenses adverses. La rupture des lignes d’approvisionnement entre Hays et Mokha aurait joué un rôle important dans l’effondrement.
Des responsables militaires gouvernementaux cités par Al Araby Al Jadeed du 11 septembre 2026 affirment que les Houthis ont progressé vers plusieurs îles de la mer Rouge. Le porte-parole militaire houthi affirme, de son côté, que la navigation internationale restera sûre et que les opérations sont liées à la poursuite de la guerre et du blocus contre le Yémen.
Al Quds Al Arabi du 11 septembre 2026 présente également la prise de Mokha comme un événement stratégique. Un responsable militaire houthi interrogé par le journal explique que les combats précédents ont permis de couper les voies de ravitaillement des forces adverses. Le quotidien rapporte parallèlement que les forces gouvernementales parlent d’un retrait et d’une réorganisation de leurs positions.
Asharq Al-Awsat du 11 septembre 2026 adopte une lecture différente. Le journal insiste sur la volonté du gouvernement yéménite de reconstituer ses lignes au sud de Mokha. Rashad al-Alimi affirme que le Yémen ne permettra pas que Bab al-Mandab devienne « un autre Hormuz ». Il considère la protection de ce passage comme un enjeu non seulement yéménite, mais aussi régional et international.
Les récits divergent donc sur la portée de la progression houthie. Ils convergent toutefois sur un fait essentiel : la bataille pour la côte occidentale a désormais une incidence directe sur Bab al-Mandab.
Le contrôle des détroits transforme la guerre en crise économique mondiale
La simultanéité des tensions à Ormuz et Bab al-Mandab donne à la confrontation une dimension économique mondiale. Al Binaa du 11 septembre 2026 place cette question au centre de sa Une. Le journal souligne que les prix pétroliers augmentent à mesure que les risques pesant sur les voies de navigation s’accumulent.
Selon Al Binaa du 11 septembre 2026, le baril de Brent a dépassé 107 dollars tandis que le brut américain a franchi les 100 dollars. Le journal associe cette hausse aux attaques contre les navires, aux tensions autour d’Ormuz et aux événements du Yémen. Son analyse insiste sur la capacité croissante des alliés de l’Iran à peser sur les deux passages stratégiques.
Al Akhbar du 11 septembre 2026 développe une lecture similaire. Il estime que la progression houthie augmente la pression sur les États-Unis et leurs partenaires. Le journal considère qu’Ormuz et Bab al-Mandab sont devenus des éléments d’une même confrontation stratégique. Cette lecture reflète la ligne du quotidien et doit être distinguée des informations factuelles sur les mouvements militaires.
Les conséquences sont néanmoins concrètes. Une perturbation simultanée des deux passages affecterait les exportations d’énergie, le transport maritime et les coûts d’assurance. Elle toucherait aussi le commerce passant par la mer Rouge et le canal de Suez. C’est précisément cette dimension qui explique l’intensification des médiations saoudienne, qatarie et omanaise.
Gaza, la Cisjordanie et les élections israéliennes restent sous tension
La guerre régionale n’efface pas le dossier palestinien. Al Quds Al Arabi du 11 septembre 2026 rapporte la mort d’une famille de quatre personnes lors d’une frappe israélienne dans le nord de Gaza. Le journal fait également état d’autres opérations militaires et de nouvelles victimes dans l’enclave.
Les Nations unies alertent parallèlement sur la situation humanitaire. Selon Al Quds Al Arabi du 11 septembre 2026, les stocks de fournitures essentielles sont insuffisants en raison du manque de financement et des restrictions imposées à l’entrée des marchandises. Le journal rapporte également les difficultés liées à l’approvisionnement en carburant.
La politique palestinienne reste elle aussi incertaine. Al Araby Al Jadeed du 11 septembre 2026 rapporte que Jibril Rajoub écarte la tenue des élections législatives palestiniennes le 28 novembre dans les conditions actuelles. Il appelle à un dialogue national et estime qu’une présidentielle devrait précéder les législatives.
En Israël, les élections du 27 octobre deviennent parallèlement un facteur de politique régionale. Al Binaa du 11 septembre 2026 rapporte des sondages montrant les difficultés de Benjamin Netanyahu à assurer une majorité parlementaire à son camp. Le journal souligne notamment la progression de Gadi Eisenkot et les divisions à droite. La campagne israélienne se déroule donc alors que les fronts libanais, palestinien et iranien restent ouverts.
La journée du 11 septembre montre ainsi une région où les crises auparavant traitées comme des fronts distincts deviennent de plus en plus interdépendantes. La guerre entre Washington et Téhéran agit sur les prix de l’énergie et sur les bases américaines. Ormuz devient un enjeu de négociation. L’avancée houthie place Bab al-Mandab au cœur de la confrontation. Israël maintient ses opérations à Gaza et au Liban tout en entrant dans une période électorale décisive. Dans ce contexte, les médiations régionales tentent moins de résoudre immédiatement l’ensemble des conflits que d’empêcher leur fusion en une confrontation encore plus vaste.
Économie : budget, dépôts bancaires et investissements replacent la relance libanaise au centre des débats
Le budget 2027 sous la pression des salaires et des revendications sociales
L’économie libanaise revient au premier plan à travers plusieurs dossiers qui se rejoignent autour d’une même difficulté : comment rétablir le fonctionnement normal de l’État sans imposer de nouvelles charges à une population déjà fragilisée ? Le projet de budget 2027, les rémunérations du secteur public, les dépôts bancaires, la restructuration des banques, le port de Beyrouth et la relance des hydrocarbures constituent les principaux sujets économiques des journaux du 11 septembre 2026.
Ad Diyar du 11 septembre 2026 accorde une place importante au projet de budget. Joseph Aoun souligne que son examen lors de séances successives doit permettre son adoption dans les délais constitutionnels. Le président relève qu’il s’agit, pour la deuxième fois, d’un projet présenté dans les délais prévus. Derrière cette question de procédure apparaît un objectif politique : rétablir progressivement la régularité budgétaire après des années de crise institutionnelle et financière.
Le débat devient cependant beaucoup plus difficile lorsqu’il porte sur les rémunérations. Ad Diyar du 11 septembre 2026 rapporte les propos de l’ancien député Chamel Roukoz, qui estime que le budget ne devrait pas être adopté avant l’intégration d’une augmentation des salaires. Les revendications des fonctionnaires, des militaires à la retraite et des autres catégories dépendant de l’État pèsent donc directement sur la préparation budgétaire.
Le Conseil des ministres a lui-même abordé cette question. Ad Diyar du 11 septembre 2026 rapporte que le gouvernement a discuté avec les retraités militaires et civils sur la base de données chiffrées. Le ministère des Finances a été chargé d’examiner les montants nécessaires et de rechercher des recettes capables de financer les dépenses sans faire supporter un coût supplémentaire excessif aux citoyens.
Cette contrainte résume une grande partie du problème budgétaire. L’État doit augmenter ses dépenses sociales et salariales tout en évitant une nouvelle pression fiscale. Il doit parallèlement financer la reconstruction, les services publics et le retour de ses institutions dans le Sud.
Hadi Aboul Hosn propose dans Ad Diyar du 11 septembre 2026 plusieurs pistes. Il réclame une amélioration des recettes douanières, une lutte plus efficace contre l’évasion fiscale et une meilleure perception des revenus provenant des domaines publics maritimes et fluviaux. Il cite également les carrières et les autres ressources appartenant à l’État. Selon lui, ces recettes devraient servir en priorité aux secteurs de la santé et du social ainsi qu’à la révision des rémunérations du secteur public et des retraités.
Le député considère donc que le problème ne réside pas seulement dans le montant des dépenses. Il concerne la capacité de l’administration à percevoir les revenus existants. Cette distinction est essentielle. Une hausse des taxes sur la consommation produirait rapidement des recettes, mais elle pèserait sur le pouvoir d’achat. Une amélioration du recouvrement suppose des réformes administratives plus longues, mais permettrait de limiter cette charge.
Les dépôts bancaires restent au cœur de la reconstruction financière
La question des dépôts demeure l’autre grand dossier économique. Ad Diyar du 11 septembre 2026 rapporte les déclarations d’Ibrahim Kanaan après sa rencontre avec le patriarche maronite Béchara Raï. Le député estime que toute phase de transition économique nécessite de restaurer la confiance des Libanais et des déposants dont les fonds restent bloqués.
Kanaan affirme que les sommes perdues ou immobilisées peuvent encore, au moins en partie, être sauvées. Il place le projet relatif à la régularisation financière et à la restitution des dépôts au centre de cette démarche. Selon lui, les textes financiers et les réformes ont atteint une phase avancée, mais leur aboutissement exige une coopération entre plusieurs acteurs.
Le député cite notamment l’État, la Banque du Liban et le Fonds monétaire international. Il réclame des chiffres définitifs et fiables. Cette exigence traduit l’un des problèmes qui accompagnent le dossier bancaire depuis le début de la crise : toute répartition des pertes dépend d’abord d’une évaluation reconnue des actifs, des engagements et des responsabilités.
La question n’est donc pas seulement de décider que les déposants doivent récupérer leur argent. Il faut déterminer les ressources disponibles, leur calendrier de mobilisation et la part qui incombera aux banques, à la Banque du Liban et éventuellement à l’État.
Al Joumhouria du 11 septembre 2026 aborde également le problème sous l’angle des opérations financières passées. Le quotidien souligne la complexité juridique d’une éventuelle récupération de fonds liés aux politiques et opérations menées pendant les années précédant l’effondrement. Il rappelle que nombre de ces opérations ont été réalisées dans le cadre de lois, de règlements et de décisions officielles.
Cette question complique la recherche des responsabilités. Une opération financière peut avoir produit des effets très négatifs tout en ayant été autorisée par les règles alors en vigueur. Le travail de réforme doit donc distinguer les éventuelles infractions des choix de politique financière qui se sont révélés coûteux.
Le débat sur la récupération des dépôts est ainsi indissociable de celui sur la responsabilité. Les déposants attendent un mécanisme de remboursement. Les institutions doivent parallèlement éviter que le coût de la crise ne soit transféré à l’ensemble des contribuables sans examen des responsabilités des établissements bancaires et des autorités financières.
La restructuration bancaire avance sur le terrain législatif
Le secteur bancaire connaît parallèlement une nouvelle évolution juridique. Al Sharq du 11 septembre 2026 rapporte que Joseph Aoun a promulgué la loi portant réforme et réorganisation des banques. Le texte modifie certaines dispositions de la législation adoptée en août 2025.
Cette promulgation constitue une étape supplémentaire dans la construction du cadre juridique destiné à traiter les conséquences de la crise bancaire. Elle ne règle cependant pas automatiquement le dossier des déposants. La restructuration des établissements et le traitement des dépôts sont liés, mais ils répondent à des mécanismes distincts.
La priorité consiste à identifier les banques viables, les besoins de recapitalisation et les établissements qui ne peuvent poursuivre leurs activités dans leur configuration actuelle. La restauration de la confiance dépendra ensuite de la manière dont les pertes seront reconnues et réparties.
Le dossier de la Banque du Liban reste donc central. Ibrahim Kanaan, dans Ad Diyar du 11 septembre 2026, demande précisément une coopération avec la banque centrale afin d’aboutir à des chiffres définitifs. Sans cette étape, toute promesse de remboursement risque de rester théorique.
Le débat bancaire est d’autant plus important que la relance de l’investissement suppose un système financier capable de jouer de nouveau son rôle. La crise des dépôts ne concerne pas seulement les épargnants. Elle limite aussi la capacité des banques à financer les entreprises et les projets productifs.
Le port de Beyrouth devient un symbole de l’investissement recherché
La reconstruction et l’extension du port de Beyrouth constituent l’un des rares dossiers économiques présentés de manière clairement positive par les sources. Ad Diyar du 11 septembre 2026 met en avant le projet porté par CMA CGM et Rodolphe Saadé. Le journal considère le développement du port comme une occasion de rendre à Beyrouth une place importante dans le commerce maritime méditerranéen.
Joseph Aoun a lui-même évoqué le dossier devant le Conseil des ministres. Ad Diyar du 11 septembre 2026 rapporte qu’il qualifie la pose de la première pierre de l’extension du port d’événement positif capable de redonner de l’espoir aux Libanais. Il souhaite que cette opération soit suivie d’autres projets.
La portée économique est double. Le port représente d’abord une infrastructure essentielle pour les importations, les exportations et les activités logistiques. Sa modernisation peut ensuite servir de signal aux investisseurs étrangers. Dans une économie marquée par la crise bancaire et la guerre, la capacité d’attirer des capitaux sur des infrastructures de long terme constitue un indicateur important de confiance.
Le président évoque également les possibilités d’investissements émiratis. Selon Ad Diyar du 11 septembre 2026, les autorités libanaises ont demandé aux ministères de préparer des projets susceptibles d’être présentés aux Émirats arabes unis. Des responsables et hommes d’affaires émiratis auraient manifesté leur intérêt et des délégations se seraient déjà rendues au Liban.
Joseph Aoun demande donc aux ministères de travailler rapidement et de coordonner leurs projets. Son message consiste à éviter que les rivalités administratives ou politiques ne fassent perdre au Liban des possibilités de financement.
L’investissement extérieur reste toutefois directement dépendant de la sécurité. Les projets d’infrastructures exigent une visibilité que les opérations militaires au Sud rendent plus difficile. Le contraste entre l’extension du port et les destructions dans le Sud résume ainsi le dilemme économique du moment : des possibilités de relance existent, mais elles restent vulnérables à l’évolution régionale.
Pétrole et gaz : une quatrième phase de licences en préparation
Ad Diyar du 11 septembre 2026 consacre également un dossier détaillé aux hydrocarbures. Le ministère de l’Énergie et l’Autorité de gestion du secteur pétrolier travaillent à la préparation d’une quatrième phase d’attribution de licences. L’objectif est de rendre les conditions plus attractives pour les entreprises après les difficultés rencontrées lors des phases précédentes.
Le journal indique que les modifications envisagées portent notamment sur les garanties financières et techniques. Leur réduction pourrait permettre à des entreprises de taille moyenne et à des alliances régionales de participer, plutôt que de réserver de fait les appels d’offres aux grands groupes internationaux.
Le cadre de partage des revenus pourrait également être ajusté. Ad Diyar du 11 septembre 2026 évoque une part directe de l’État estimée à 4 % pour le gaz et comprise entre 5 % et 12 % pour le pétrole. Le mécanisme envisagé prévoirait aussi une récupération des coûts et un partage progressif des bénéfices. Les entreprises bénéficieraient d’une part plus élevée au début, tandis que celle de l’État augmenterait avec la rentabilité.
Les délais d’exploration pourraient être rendus plus souples en cas de circonstances sécuritaires exceptionnelles. Cette disposition est particulièrement importante dans le contexte actuel. Le risque militaire constitue précisément l’un des principaux obstacles à la présence des sociétés internationales dans les eaux libanaises.
Les blocs du nord présentent une difficulté supplémentaire : l’absence de délimitation complète de la frontière maritime avec la Syrie. Ad Diyar du 11 septembre 2026 évoque une zone litigieuse comprise entre environ 750 et 1 000 kilomètres carrés. La création d’une commission libano-syrienne commune doit permettre de faire avancer le dossier.
Parmi les possibilités étudiées figure une formule d’exploitation commune dans les secteurs concernés. Le journal évoque également une coordination avec les acteurs disposant déjà de droits du côté syrien. L’objectif est de réduire le risque juridique pour les sociétés susceptibles de participer à la prochaine phase.
Le bloc 8 serait exclu de la nouvelle procédure après la signature de son accord d’exploration, tandis que le bloc 9 pourrait y revenir après sa récupération complète par l’État. Les autres blocs disponibles seraient également proposés. La quatrième phase pourrait être lancée à la fin de l’automne ou au début de 2027 si les conditions politiques et sécuritaires le permettent.
Énergie et investissements régionaux : Beyrouth multiplie les pistes
Al Liwaa du 11 septembre 2026 rapporte que le ministre de l’Énergie Joe Saddi a présenté à Joseph Aoun les résultats de discussions concernant l’électricité, le pétrole et le gaz avec plusieurs pays. La Jordanie, la Syrie, l’Irak, la Turquie, le Qatar et Chypre figurent parmi les interlocuteurs mentionnés.
Cette multiplication des contacts montre que la politique énergétique ne repose pas uniquement sur les hydrocarbures offshore. Le Liban cherche aussi des solutions régionales pour son approvisionnement électrique et énergétique. Le coût de l’énergie demeure en effet un obstacle majeur à la compétitivité des entreprises et au fonctionnement des services publics.
Le développement des infrastructures, la réforme bancaire et l’énergie apparaissent donc comme trois conditions liées de la relance. Le port peut renforcer le rôle commercial du pays. Les hydrocarbures peuvent ouvrir une source de revenus à moyen terme. Les accords énergétiques régionaux peuvent réduire certaines contraintes immédiates. Mais tous ces projets supposent une amélioration durable de la sécurité et de la gouvernance.
Le budget 2027 donne à ces dossiers une échéance immédiate. Le gouvernement doit répondre aux demandes salariales tout en finançant ses priorités. Il doit restaurer la confiance des déposants sans créer une nouvelle charge insoutenable pour les finances publiques. Il cherche parallèlement à attirer des capitaux étrangers et à remettre en mouvement des projets énergétiques longtemps retardés.
L’économie libanaise du 11 septembre 2026 apparaît ainsi moins confrontée à une absence de projets qu’à une difficulté de mise en œuvre. Les pistes existent : restructuration bancaire, restitution des dépôts, meilleure collecte des recettes, investissement portuaire, coopération énergétique et exploration des hydrocarbures. Leur succès dépend désormais de trois conditions que les sources font apparaître de manière récurrente : disposer de chiffres financiers fiables, restaurer le fonctionnement des institutions et empêcher que l’instabilité sécuritaire ne détruise les premiers signes de reprise.
Justice : l’amnistie générale suspendue, tandis que les dossiers financiers et criminels replacent la responsabilité au centre du débat
Le Conseil constitutionnel suspend l’amnistie générale
La décision du Conseil constitutionnel de suspendre l’application de la loi d’amnistie générale domine l’actualité judiciaire libanaise du 11 septembre 2026. Elle intervient moins d’un mois après l’adoption du texte par le Parlement et ouvre une nouvelle phase dans un dossier sensible sur les plans juridique, politique et communautaire. Plusieurs journaux rapportent la décision, qui ne constitue pas encore un jugement définitif sur le fond du recours.
Annahar du 11 septembre 2026 indique que le Conseil constitutionnel a rendu, le 10 septembre, la décision numéro 2026/10 suspendant l’application de la loi numéro 2026/70. Celle-ci concerne une amnistie générale ainsi qu’une réduction exceptionnelle de la durée de certaines peines. La décision a été prise à la majorité lors d’une séance présidée par le juge Tannous Mechleb.
Le quotidien précise que les juges Aouni Ramadan, Ahmad Akram Baassiri, Albert Serhan, Riad Abou Ghida, Fawzat Farhat, Michel Tarzi, Elias Mecherkani et Mireille Najm ont participé à la séance. Le vice-président du Conseil, Omar Hamza, était absent pour raisons de santé. Le Conseil a décidé que la suspension serait officiellement notifiée au président Joseph Aoun, au président de la Chambre Nabih Berri et au Premier ministre Nawaf Salam, puis publiée au Journal officiel.
Al Binaa du 11 septembre 2026 rapporte également la suspension du texte et souligne qu’elle intervient à la suite du recours présenté contre la loi. Al Sharq du 11 septembre 2026 reprend la même décision et rappelle qu’elle bloque provisoirement l’application des dispositions concernant l’amnistie et les réductions de peine.
Al Quds Al Arabi du 11 septembre 2026 apporte un élément politique supplémentaire. Le journal indique que le recours a été présenté par le bloc parlementaire Liban fort, présidé par Gebran Bassil. Le bloc estime que la formule adoptée par le Parlement soulève des problèmes constitutionnels. Le quotidien rappelle que la loi avait été votée lors de la séance parlementaire du 12 août 2026.
La suspension ne doit cependant pas être confondue avec une annulation. À ce stade, le Conseil constitutionnel empêche l’application du texte pendant l’examen du recours. L’enjeu porte donc désormais sur la décision au fond et sur les dispositions précises que le Conseil jugera conformes ou contraires aux règles constitutionnelles.
Le dossier possède aussi une dimension politique sensible. Al Quds Al Arabi du 11 septembre 2026 rapporte que des militants sunnites ont critiqué le recours et annoncé leur intention de sanctionner politiquement les députés concernés lors des prochaines élections dans plusieurs circonscriptions. Le contentieux juridique se double ainsi d’une lecture communautaire et électorale. Cette réaction rapportée par le journal ne préjuge toutefois en rien de l’examen juridique mené par le Conseil constitutionnel.
Une affaire de voitures volées révèle un réseau transnational complexe
Ad Diyar du 11 septembre 2026 consacre un important dossier judiciaire à une enquête portant sur des véhicules soupçonnés d’avoir été volés et sur des ramifications internationales initialement apparues dans une affaire de stupéfiants. Le dossier relie, selon le journal, le Liban, Dubaï, l’Arménie, l’Arabie saoudite, la Syrie et d’autres territoires traversés par certaines opérations commerciales.
Le procureur général près la cour d’appel du Mont-Liban, le juge Sami Sader, a engagé des poursuites contre plusieurs personnes dans le cadre du dossier portant sur le vol de véhicules et la participation présumée à ces opérations. Ad Diyar du 11 septembre 2026 cite notamment Jad Hadchiti, né en 1996, et Wael Claude Jamaas, né en 1990, tous deux détenus. Le journal mentionne également Georges Rizk, né en 1967, et Elias Tayoun, présentés comme étant en fuite.
Le dossier a été transmis à la première juge d’instruction du Mont-Liban, Nada Asmar. Selon Ad Diyar, il était auparavant passé par le parquet général près la Cour de cassation après des procédures conduites sous la supervision de l’avocate générale près cette juridiction, Samaranda Nassar.
La particularité de l’affaire tient à son origine. Selon les éléments publiés par Ad Diyar du 11 septembre 2026, certaines pistes seraient apparues lors d’investigations sur un réseau international de stupéfiants et à la suite d’un signalement provenant de Dubaï par l’intermédiaire de l’organisation internationale de police criminelle. L’exploitation de conversations, d’images et de données relatives à des ventes et à des expéditions aurait ensuite ouvert un volet distinct concernant des voitures.
Les enquêteurs s’intéressent à des opérations d’achat, de vente, d’entrée temporaire et de réexportation de véhicules entre les Émirats arabes unis et le Liban. Certaines transactions auraient également impliqué des passages par la Syrie, la Jordanie ou l’Arabie saoudite. Des personnes liées au dossier auraient par ailleurs exercé des activités en Arménie et en Géorgie.
Ad Diyar insiste toutefois sur le statut judiciaire des informations. Une partie des éléments publiés provient des investigations et doit encore être vérifiée par la justice. Les soupçons ne peuvent donc être présentés comme des faits définitivement établis.
Le nom de Georges Rizk apparaît de manière centrale dans les éléments rapportés par le quotidien. Les enquêteurs examineraient l’étendue de ses activités dans le commerce automobile entre Dubaï et le Liban. Elias Tayoun est, pour sa part, présenté dans une déposition comme une personne travaillant avec lui et participant à certaines démarches relatives aux véhicules et aux formalités.
Le dossier illustre surtout la complexité des affaires criminelles contemporaines. Une enquête ouverte autour de stupéfiants peut faire apparaître des flux financiers, des véhicules et des opérations commerciales traversant plusieurs frontières. La justice libanaise doit alors travailler avec des informations provenant de juridictions et de services étrangers.
Les investigations doivent distinguer les soupçons des responsabilités établies
L’affaire des véhicules pose également une question essentielle de méthode judiciaire. Ad Diyar du 11 septembre 2026 rapporte que les enquêteurs ont demandé l’examen des conversations et des photographies ainsi que l’identification des véhicules apparaissant dans les échanges. Des expertises doivent permettre de vérifier leur situation juridique.
Des demandes de renseignements auprès des services internationaux compétents sont également évoquées. L’objectif est de déterminer si les voitures concernées ont été signalées comme volées et de reconstituer leurs mouvements entre les différents pays.
Le journal mentionne aussi des informations de source sécuritaire selon lesquelles certaines sommes liées à des ventes auraient été encaissées par des proches d’un suspect. Là encore, Ad Diyar précise que ces informations restent soumises à l’enquête et à la vérification judiciaire. Cette précaution est fondamentale. L’existence d’une transaction ou d’un lien personnel ne suffit pas, en elle-même, à établir une responsabilité pénale.
Le passage de l’enquête sécuritaire à l’instruction judiciaire doit précisément permettre de distinguer les indices, les témoignages et les faits établis. La juge d’instruction devra déterminer le rôle de chaque personne poursuivie et vérifier la provenance des véhicules concernés.
Cette affaire fournit ainsi l’un des dossiers criminels les plus développés de la presse libanaise du jour. Elle associe criminalité organisée, coopération internationale et traçabilité des transactions. Elle montre aussi pourquoi la circulation transfrontalière des biens complique les enquêtes lorsque plusieurs systèmes juridiques sont concernés.
Le dossier financier reste dominé par la question de la responsabilité dans la crise bancaire
La justice financière constitue l’autre axe important de la rubrique. Les sources du 11 septembre abordent notamment les opérations effectuées avant et pendant la crise bancaire, les responsabilités institutionnelles et les procédures liées à l’ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé.
Al Sharq du 11 septembre 2026 affiche à sa Une la position de l’avocat de Riad Salamé selon laquelle 230 millions correspondent à des prêts et non à des commissions. Cette affirmation relève de la défense et doit être présentée comme telle. Elle montre cependant que la qualification juridique des mouvements financiers demeure au cœur du contentieux.
Al Joumhouria du 11 septembre 2026 aborde plus largement la difficulté de récupérer des fonds issus d’opérations financières anciennes. Le journal relève que certaines opérations aujourd’hui contestées ont été réalisées dans le cadre de lois, règlements et décisions administratives qui étaient alors en vigueur.
Cette situation pose une question judiciaire délicate. Une politique financière ayant produit des pertes importantes n’est pas automatiquement constitutive d’une infraction. La responsabilité politique, la responsabilité administrative et la responsabilité pénale répondent à des critères différents. Pour établir une infraction, la justice doit donc identifier des actes précis et les confronter aux règles applicables au moment où ils ont été commis.
Le débat sur les fonds publics et les dépôts bancaires accentue cette exigence. Les demandes de restitution sont fortes, mais elles doivent être accompagnées d’une reconstitution précise des flux financiers. Les sources montrent ainsi une tension entre l’urgence politique de désigner les responsabilités et la lenteur nécessaire de l’établissement judiciaire des faits.
Les institutions de contrôle prennent une place croissante dans la lutte contre la corruption
Le renforcement des mécanismes de contrôle complète cette actualité judiciaire. Al Liwaa du 11 septembre 2026 rapporte les propos de Joseph Aoun lors de la prestation de serment du président et des membres de l’Autorité des marchés publics. Le chef de l’État leur demande de se considérer comme étant sur « la première ligne de défense de l’argent public ».
Le président estime que la gouvernance des marchés publics constitue une composante du plan de redressement économique et financier. Il lie également la réussite de cette autorité à la restauration de la confiance des institutions internationales et des pays susceptibles d’aider le Liban.
Même si cette autorité n’est pas une juridiction, son rôle se situe en amont du travail judiciaire. La transparence des marchés publics et la traçabilité des procédures peuvent réduire les possibilités d’irrégularités. Elles facilitent également le travail des organes de contrôle lorsque des soupçons apparaissent.
Le message présidentiel replace donc la lutte contre la corruption dans une chaîne plus large. La justice intervient lorsque des infractions sont soupçonnées. Les organismes de contrôle doivent, eux, réduire les zones d’opacité susceptibles de favoriser ces infractions.
La réforme prend une importance particulière au moment où le Liban cherche des financements extérieurs pour l’armée, les infrastructures, l’énergie et la reconstruction. Les partenaires étrangers veulent disposer de garanties sur l’utilisation des fonds. Le fonctionnement des organismes de contrôle devient ainsi un élément de la crédibilité financière de l’État.
L’enjeu judiciaire dépasse les seules affaires individuelles
Les dossiers du 11 septembre 2026 montrent finalement une justice confrontée à trois catégories de problèmes. La première est constitutionnelle, avec l’amnistie générale et le contrôle exercé sur une loi adoptée par le Parlement. La deuxième est pénale, avec l’enquête sur le réseau présumé de véhicules volés et ses ramifications internationales. La troisième est financière, avec les dossiers issus de la crise bancaire et la recherche des responsabilités.
Dans chacun de ces cas, le même enjeu apparaît : distinguer la décision politique de la qualification juridique. Le Parlement peut voter une amnistie, mais le Conseil constitutionnel doit vérifier sa conformité aux normes supérieures. Les services de sécurité peuvent identifier un réseau présumé, mais les personnes poursuivies restent soumises à l’enquête et au jugement. Des opérations financières peuvent être politiquement contestées sans que leur caractère pénal soit automatiquement établi.
Cette distinction est d’autant plus importante dans le contexte libanais que les grandes affaires judiciaires deviennent rapidement des sujets politiques ou communautaires. La suspension de l’amnistie en fournit déjà un exemple. Le recours constitutionnel est immédiatement interprété à travers les équilibres électoraux et confessionnels.
La journée judiciaire du 11 septembre ne se résume donc pas à une succession de procédures. Elle pose directement la question de la capacité des institutions à établir les responsabilités selon des règles communes. Entre l’amnistie suspendue, les enquêtes criminelles transfrontalières et les contentieux financiers, la justice est appelée à jouer un rôle central dans une période où la restauration de l’État dépend aussi de la confiance accordée à ses mécanismes de contrôle.
Société : retour des déplacés, logements fragilisés et services publics sous la pression de la guerre
Dans la banlieue sud de Beyrouth, le retour se fait sous des immeubles fragilisés
Les conséquences sociales de la guerre ne s’arrêtent pas avec le retour des habitants dans leurs quartiers. Al Araby Al Jadeed du 11 septembre 2026 consacre une enquête détaillée à la situation dans la banlieue sud de Beyrouth. Le journal décrit des familles revenues après le cessez-le-feu mais contraintes de vivre dans des immeubles dont la structure a été endommagée par les opérations israéliennes. Le logement, qui devait permettre de sortir du déplacement et d’éviter le coût des loyers, devient ainsi une nouvelle source d’inquiétude.
Selon Al Araby Al Jadeed du 11 septembre 2026, plus de 34 immeubles considérés comme menacés font actuellement l’objet d’opérations de consolidation prises en charge par l’Union des municipalités de la banlieue sud. Ce chiffre permet de mesurer l’ampleur d’un problème qui ne concerne pas uniquement les bâtiments entièrement détruits. Une partie du parc immobilier est toujours debout mais ne garantit plus nécessairement la sécurité de ses occupants.
Le quotidien décrit des habitants qui avaient passé leur déplacement dans des écoles, des espaces collectifs ou des logements temporaires. Leur retour devait signifier la fin de cette période. Il les confronte pourtant à des plafonds fissurés, à des structures affaiblies et à la crainte d’un effondrement. La peur change ainsi de forme : le danger immédiat des bombardements est remplacé par celui d’un logement fragilisé.
Cette situation place les familles devant un choix difficile. Quitter à nouveau leur domicile suppose de trouver un autre logement et d’en supporter le coût. Rester permet de réduire les dépenses, mais peut exposer les occupants à un risque matériel. La pénurie de solutions alternatives pousse donc certaines familles à accepter un niveau de danger qu’elles n’auraient pas envisagé dans une situation normale.
Al Araby Al Jadeed du 11 septembre 2026 met également en évidence l’insuffisance des financements et des indemnisations disponibles. Le problème devient particulièrement lourd lorsque l’immeuble n’est pas totalement détruit. Il faut déterminer s’il peut être réparé, quel type de travaux est nécessaire et qui doit les financer. Cette phase est moins visible que la reconstruction complète d’un bâtiment, mais elle concerne directement la sécurité quotidienne des habitants.
La question sociale de la reconstruction commence donc bien avant la reconstruction proprement dite. Elle passe d’abord par l’expertise des bâtiments, la sécurisation des structures et la possibilité de reloger provisoirement les familles menacées. Sans ces étapes, le retour peut simplement déplacer le risque.
Le Sud tente de préparer le retour des habitants et la rentrée scolaire
Le même problème se pose dans le Sud, où les déplacements restent liés aux opérations militaires et à l’état des infrastructures. Al Binaa du 11 septembre 2026 rapporte que le président du Conseil du Sud, Hachem Haidar, a présenté à Nawaf Salam les mesures actuellement menées dans les villages méridionaux. La remise en état des écoles figure parmi les priorités.
Selon Hachem Haidar, une grande partie des établissements concernés a déjà commencé à être réparée. Le Conseil du Sud cherche à achever les travaux dans l’ensemble des écoles afin que l’année scolaire puisse débuter dans des conditions aussi normales que possible. Le programme comprend également le déblaiement et la réhabilitation des infrastructures.
La rentrée scolaire devient ainsi un indicateur concret du retour à la vie normale. Une famille peut difficilement envisager de revenir durablement dans son village si les enfants ne disposent pas d’école, si les routes sont impraticables ou si les services de base ne fonctionnent pas. La reconstruction sociale ne peut donc être séparée de la reconstruction matérielle.
Al Quds Al Arabi du 11 septembre 2026 rapporte également les déclarations de Hachem Haidar sur la remise en état des écoles et le retour des déplacés. Nawaf Salam insiste pour sa part sur la nécessité de diriger les moyens disponibles vers tous les habitants du Sud sans distinction. Le Premier ministre présente le Conseil du Sud comme l’un des instruments permettant de répondre à ces besoins, en coordination avec le Conseil du développement et de la reconstruction.
Ad Diyar du 11 septembre 2026 ajoute que le gouvernement a examiné la remise en état des routes, la rentrée scolaire et la fourniture de logements préfabriqués. Ces trois dossiers sont directement liés. Le logement permet le retour immédiat. Les routes rendent possibles les déplacements et l’approvisionnement. Les écoles transforment le retour provisoire en réinstallation familiale.
Joseph Aoun insiste, selon Ad Diyar du 11 septembre 2026, sur le soutien aux habitants de Nabatiyeh, Tyr et Arab Salim. Il demande de leur fournir les moyens de rester sur leurs terres. Derrière la formule politique du « retour de l’État » apparaît donc un enjeu social très concret : empêcher que l’insécurité et la dégradation des services ne produisent un déplacement durable des populations.
Nabatiyeh devient aussi une bataille pour le fonctionnement quotidien
La situation de Nabatiyeh illustre particulièrement ce lien entre sécurité et vie quotidienne. Les autorités veulent renforcer l’armée et les Forces de sécurité intérieure, mais elles cherchent aussi à remettre en fonctionnement les administrations locales.
Al Quds Al Arabi du 11 septembre 2026 rapporte que le ministre de l’Intérieur Ahmad al-Hajjar considère le renforcement de la présence sécuritaire comme une responsabilité nationale. Cette présence doit protéger les habitants, mais aussi assurer la continuité du travail administratif et des services publics.
La distinction est importante. Une ville peut être sous contrôle officiel tout en restant socialement paralysée si les administrations sont fermées, si les écoles ne fonctionnent pas et si les infrastructures restent endommagées. La stratégie gouvernementale cherche donc à faire progresser simultanément le dispositif sécuritaire et l’appareil administratif.
Cette approche se heurte cependant à la poursuite des opérations israéliennes. Toute remise en état peut être fragilisée par une nouvelle escalade. Les habitants doivent ainsi décider s’ils reviennent dans des zones où l’État rétablit progressivement ses services, mais où le risque militaire n’a pas disparu.
Cette incertitude produit un coût social difficile à mesurer uniquement par les destructions physiques. Les familles peuvent différer leur retour. Les commerces hésitent à reprendre leurs activités. Les établissements scolaires doivent organiser leur fonctionnement dans un environnement instable. La reconstruction d’une communauté exige donc une prévisibilité que le contexte militaire ne garantit pas encore.
Fonctionnaires et retraités réclament une amélioration de leurs revenus
La crise sociale ne se limite pas aux régions touchées par la guerre. Les revendications salariales du secteur public occupent également une place importante dans les journaux du 11 septembre 2026. Fonctionnaires et retraités demandent une amélioration de revenus affaiblis par les années de crise économique.
Ad Diyar du 11 septembre 2026 rapporte que le gouvernement a discuté avec les retraités militaires et civils sur la base de données chiffrées. Le ministère des Finances doit examiner les montants nécessaires et rechercher des sources de financement qui ne fassent pas supporter de nouvelles charges excessives à la population.
Hadi Aboul Hosn, interrogé par Ad Diyar du 11 septembre 2026, qualifie ces revendications de légitimes. Il estime que le gouvernement doit améliorer les recettes publiques en renforçant la collecte douanière, en luttant contre l’évasion fiscale et en récupérant les revenus provenant des propriétés publiques.
Le député demande que les ressources ainsi obtenues servent notamment aux dépenses sociales et sanitaires et à la révision des rémunérations du secteur public et des retraités. Cette position traduit l’une des principales tensions sociales du moment : les revenus doivent être revalorisés, mais une augmentation financée uniquement par de nouvelles taxes risquerait d’aggraver les difficultés d’autres catégories de la population.
Le problème des rémunérations publiques touche également le fonctionnement des institutions. Des administrations dont les salariés ne peuvent couvrir leurs besoins essentiels ont plus de difficultés à retenir leurs personnels et à fournir des services réguliers. La question salariale devient ainsi une question de capacité de l’État.
L’Université libanaise attend le règlement du dossier des enseignants
L’Université libanaise constitue un autre terrain où les questions sociales et institutionnelles se rejoignent. Al Binaa du 11 septembre 2026 rapporte que le Conseil des ministres a réaffirmé les critères retenus pour le passage à temps plein des enseignants contractuels.
L’ancienneté, les besoins de chaque faculté, la spécialisation, la compétence et l’équité doivent être pris en compte. Les contrats doivent être organisés en quatre étapes. Le gouvernement prévoit également une vérification finale des noms en tenant compte des remarques formulées par les ministres.
La première série de contrats doit, selon les éléments rapportés par Al Binaa du 11 septembre 2026, prendre effet à partir du début de 2027. Le gouvernement s’est donné un délai pour achever l’examen du dossier.
L’enjeu dépasse la situation professionnelle des enseignants concernés. L’Université libanaise constitue le principal établissement public d’enseignement supérieur du pays. Sa capacité à maintenir des enseignants qualifiés et à assurer ses cours concerne directement les étudiants dont les familles ne peuvent supporter le coût d’un enseignement privé.
Le dossier illustre donc la manière dont la crise de l’État se transmet aux services sociaux. La stabilité professionnelle des enseignants, le financement de l’université et la qualité de l’enseignement deviennent interdépendants.
Les déchets reviennent à l’agenda gouvernemental
La gestion des déchets fait également son retour parmi les priorités de l’exécutif. Al Binaa du 11 septembre 2026 rapporte que le Conseil des ministres a décidé de consacrer une séance spécifique à ce dossier à la demande de Joseph Aoun. Le Conseil du développement et de la reconstruction doit parallèlement aider les municipalités pour le balayage et la collecte.
La décision montre que le dossier n’est pas considéré comme réglé par les mécanismes existants. Les municipalités doivent assurer une partie importante des services alors que leurs ressources restent limitées. La pression est encore plus forte dans les secteurs touchés par la guerre, où les gravats s’ajoutent aux déchets ordinaires.
Le déblaiement possède en effet une dimension différente dans les régions bombardées. Il faut distinguer les déchets courants des matériaux issus des bâtiments détruits ou endommagés. La remise en état des quartiers exige des moyens logistiques et financiers plus importants.
Le dossier rejoint ainsi celui de la reconstruction. Dans le Sud comme dans la banlieue sud de Beyrouth, rendre un quartier de nouveau habitable suppose de rétablir les services municipaux en même temps que les logements et les infrastructures.
La guerre transforme le logement en première urgence sociale
Les différentes informations publiées le 11 septembre 2026 font finalement apparaître le logement comme l’un des principaux fils conducteurs de la crise sociale. Dans la banlieue sud, certaines familles sont revenues dans des immeubles fragilisés parce qu’elles ne peuvent continuer à payer un autre logement. Dans le Sud, les autorités préparent des logements préfabriqués pour permettre le retour. Dans les villages, la réouverture des écoles et la réhabilitation des routes doivent rendre ce retour durable.
Cette situation montre que le nombre de personnes déplacées ne suffit pas à mesurer les conséquences sociales de la guerre. Une famille peut officiellement être revenue tout en restant dans une situation précaire. Le retour géographique ne signifie pas nécessairement la fin du déplacement social.
Al Araby Al Jadeed du 11 septembre 2026 donne à cette réalité sa forme la plus concrète avec les immeubles endommagés de la banlieue sud. Des habitants ont retrouvé leur quartier mais pas nécessairement un logement sûr. Les bâtiments menacés rappellent que les conséquences des frappes peuvent apparaître longtemps après leur fin.
Dans le Sud, les efforts du Conseil du Sud montrent inversement les conditions nécessaires à une réinstallation : écoles, infrastructures, déblaiement et services. Le gouvernement tente d’y ajouter une présence administrative et sécuritaire plus forte.
À ces conséquences directes de la guerre s’ajoutent les difficultés du reste de la société : faiblesse des rémunérations publiques, situation des retraités, besoins de l’Université libanaise et problèmes de gestion des déchets. La pression sociale se déploie donc sur plusieurs niveaux à la fois.
Le défi pour l’État n’est plus seulement de financer des réparations. Il doit permettre aux habitants de vivre dans des logements sûrs, aux enfants de retrouver leurs écoles, aux administrations de fonctionner et aux salariés publics de disposer de revenus suffisants. La question sociale devient ainsi l’une des mesures les plus concrètes de la capacité du Liban à passer d’un simple arrêt des combats à un véritable retour à une vie normale.
Culture : Beyrouth maintient son agenda musical tandis que cinéma, littérature et arts interrogent un monde en crise
Amine Boudchar choisit Beyrouth pour une première rencontre avec le public libanais
La matière culturelle du 11 septembre 2026 est moins abondante que celle consacrée à la politique ou à la guerre. Elle permet néanmoins de dégager plusieurs tendances. Beyrouth conserve une activité musicale malgré le contexte sécuritaire. Le cinéma s’empare directement des conflits contemporains. La littérature explore, elle, la frontière entre réel et imaginaire. Les pages culturelles montrent ainsi une création qui ne se coupe pas des crises politiques, mais qui tente de les traduire par d’autres formes.
Al Quds Al Arabi du 11 septembre 2026 annonce notamment la première prestation au Liban du chef d’orchestre et chanteur marocain Amine Boudchar. L’artiste doit se produire le samedi 26 septembre à Beirut Hall, dans la capitale. Il a lui-même présenté cette étape de sa tournée 2026 comme une « soirée exceptionnelle ». Le rendez-vous constitue surtout sa première rencontre sur scène avec le public libanais.
Le spectacle repose sur la formule participative qui a contribué à la notoriété de Boudchar. Al Quds Al Arabi du 11 septembre 2026 explique que le public ne reste pas simple spectateur. Il participe à l’interprétation d’un ensemble de chansons et de pièces musicales arabes, marocaines et issues du patrimoine. L’orchestre accompagne cette participation collective. Le concert se construit donc autour d’un échange entre musiciens et salle plutôt qu’autour d’une interprétation entièrement descendante.
Cette formule a déjà été utilisée par Amine Boudchar lors de concerts organisés au Maroc ainsi que dans plusieurs pays arabes et européens. Al Quds Al Arabi du 11 septembre 2026 relève qu’elle lui a permis d’attirer un public important. L’étape de Beyrouth s’inscrit dans cette tournée internationale, mais elle possède une portée particulière puisqu’elle marque son entrée sur la scène libanaise.
L’annonce mérite également d’être replacée dans le contexte de la journée. Les premières pages des journaux sont dominées par les explosions dans le Sud, les craintes autour de Nabatiyeh et les risques d’élargissement de la guerre. Le maintien d’un rendez-vous musical à Beyrouth ne signifie donc pas que la culture fonctionne en dehors de la crise. Il montre plutôt que les organisateurs et les artistes continuent, lorsque les conditions le permettent, à programmer des manifestations devant un public libanais.
La source ne fournit cependant pas suffisamment d’éléments pour établir à elle seule l’état économique du secteur des concerts ou mesurer la fréquentation attendue. Il serait donc excessif de présenter cette annonce comme la preuve d’une reprise générale de la vie culturelle. Elle constitue en revanche un rendez-vous précis et documenté dans les pages culturelles du 11 septembre.
La musique internationale conserve une place dans l’agenda culturel
Al Quds Al Arabi du 11 septembre 2026 signale également plusieurs rendez-vous musicaux susceptibles d’intéresser les amateurs de jazz et de musiques internationales. La présence de ces manifestations dans les pages culturelles confirme que la musique reste l’un des domaines les plus visibles de l’agenda culturel disponible dans les sources de cette édition.
La programmation musicale apparaît surtout comme un espace de circulation entre artistes arabes et publics de différents pays. Le cas de Boudchar est représentatif. Son répertoire et son dispositif participatif reposent sur des références musicales arabes et marocaines, mais sa tournée dépasse son pays d’origine. Beyrouth devient l’une des étapes de cette circulation culturelle.
Cette dimension est particulièrement visible dans une capitale qui conserve une fonction de rencontre entre productions libanaises, arabes et internationales. Les sources du jour ne fournissent toutefois pas un inventaire suffisamment exhaustif pour dresser un calendrier complet de toutes les manifestations organisées au Liban. Il faut donc limiter l’agenda aux événements explicitement documentés et ne pas combler les lacunes avec des manifestations absentes du corpus.
Le principal rendez-vous libanais clairement établi reste ainsi le concert d’Amine Boudchar du 26 septembre. Les autres contenus culturels disponibles permettent davantage de suivre les tendances de la création arabe et internationale que de constituer un agenda libanais exhaustif.
Cette distinction est nécessaire pour respecter la priorité donnée à la culture libanaise. La matière du jour ne permet pas de construire artificiellement une longue liste d’expositions, de concerts ou de spectacles locaux. Mieux vaut conserver les rendez-vous établis et utiliser le reste des sources pour observer les grands thèmes culturels qui traversent la région.
À Venise, le cinéma confronte directement la guerre à Gaza
Annahar du 11 septembre 2026 consacre une partie de ses pages culturelles au Festival international du film de Venise. Le journal s’intéresse notamment à un documentaire présenté dans le cadre de la manifestation organisée du 2 au 12 septembre. Le film évoqué traite de Gaza et porte un regard critique sur la guerre à travers des protagonistes israéliens.
Le traitement d’Annahar du 11 septembre 2026 pose directement la question de la place du cinéma face à une guerre toujours en cours. L’enjeu n’est pas seulement esthétique. Il porte sur la responsabilité du cinéma lorsqu’il travaille sur des événements dont les conséquences humaines continuent de se dérouler au moment même où les œuvres sont montrées au public.
Le film est réalisé par Yuval Abraham et Rachel Zor. Annahar du 11 septembre 2026 indique également que sa production implique The Guardian et le producteur et distributeur français Marin Karmitz. Le choix d’un documentaire ancré dans une actualité immédiate montre la place prise par les conflits contemporains dans les grandes manifestations cinématographiques.
Pour le public libanais, cette question possède une résonance particulière. Les lecteurs suivent simultanément la situation à Gaza et l’escalade dans le sud du Liban. Un documentaire consacré à cette guerre ne peut donc être reçu comme un objet cinématographique totalement éloigné de l’expérience régionale.
Le sujet montre également comment les frontières entre politique et culture deviennent plus poreuses. Les mêmes événements peuvent être examinés dans les pages internationales sous l’angle militaire et diplomatique, puis dans les pages culturelles sous celui de l’image, de la représentation et du témoignage. Le cinéma ne remplace pas l’information. Il propose une autre manière d’interroger les individus placés au cœur du conflit et les responsabilités qui l’accompagnent.
Cette présence de Gaza dans un grand festival international confirme enfin que la guerre est devenue un objet culturel avant même d’être achevée. Elle oblige les cinéastes, les producteurs, les festivals et les spectateurs à réfléchir à la distance nécessaire pour représenter des événements encore ouverts.
La littérature arabe travaille l’étrangeté du quotidien
Al Quds Al Arabi du 11 septembre 2026 réserve également une place importante à la littérature. Le quotidien s’intéresse à la fantaisie du réel et à l’étrangeté narrative dans le roman Qahirat al-Yawm al-Daïe. Le sujet figure parmi les principaux contenus culturels annoncés par le journal.
L’intérêt du traitement réside dans la manière dont le roman transforme le réel en matière narrative. Le fantastique n’est pas nécessairement conçu comme une rupture complète avec la réalité. Il peut servir à rendre perceptible ce que le quotidien possède déjà d’absurde, d’instable ou d’inquiétant.
Dans une édition dominée par les guerres et les bouleversements régionaux, cette interrogation littéraire forme un contrepoint. Elle n’est pourtant pas entièrement séparée du contexte. Les sociétés confrontées à des transformations rapides fournissent elles-mêmes une matière où le réel peut prendre une apparence étrange. La littérature dispose alors de moyens différents de ceux du journalisme pour rendre cette expérience sensible.
Les pages politiques cherchent à déterminer ce qui s’est produit, quels acteurs sont responsables et quelles conséquences peuvent en découler. Le roman peut travailler l’expérience du temps, de la perte, de l’incertitude ou de l’étrangeté. La source culturelle met ainsi l’accent sur les procédés narratifs et sur le rapport entre réalité et imaginaire.
Il convient néanmoins de ne pas transformer ce sujet en dossier sur la littérature libanaise. Les sources du 11 septembre 2026 ne fournissent pas ici une œuvre libanaise correspondant au focus prioritaire demandé. Le contenu reste pertinent dans une revue culturelle arabe, mais il ne doit pas être artificiellement présenté comme une actualité littéraire libanaise.
Cette limite est révélatrice de l’ensemble de la rubrique. Les sources permettent de maintenir une véritable section Culture, mais elles fournissent moins de matière spécifiquement libanaise que dans les rubriques politique, économie ou société. La priorité doit donc aller aux manifestations organisées au Liban, puis aux sujets culturels régionaux les mieux documentés.
Les arts plastiques interrogent la construction derrière le désordre
Al Liwaa du 11 septembre 2026 contient également une réflexion consacrée aux arts plastiques et mentionne notamment Willem de Kooning. Le texte s’intéresse à la géométrie de ses œuvres et à la manière dont un ordre peut apparaître derrière ce qui semble, au premier regard, relever du désordre.
Cette approche est différente des autres sujets culturels de la journée. Elle ne part ni d’un concert ni d’un conflit immédiat. Elle revient à la construction même de l’œuvre et au regard nécessaire pour dépasser la première impression.
Le recours à de Kooning permet d’aborder la tension entre geste, composition et perception. Le désordre apparent n’exclut pas la structure. Le regard du spectateur doit chercher les lignes, les équilibres et les rapports qui organisent la toile au-delà de l’impression immédiate.
Ce type de contenu apporte une respiration aux pages culturelles. Là où le cinéma documente la violence et où la littérature interroge l’étrangeté du réel, les arts plastiques replacent l’attention sur la forme et sur le processus de création.
La matière fournie par Al Liwaa du 11 septembre 2026 reste cependant davantage critique et réflexive qu’événementielle. Elle ne permet pas de signaler, sur cette seule base, une exposition libanaise précise. Il serait donc incorrect de l’intégrer artificiellement à un agenda d’expositions à Beyrouth.
Cette prudence permet également de distinguer deux fonctions différentes des pages culturelles. Certaines servent à annoncer des événements et à renseigner le lecteur sur un rendez-vous précis. D’autres proposent une lecture critique d’une œuvre, d’un artiste ou d’un mouvement. Les deux sont nécessaires, mais elles ne peuvent être utilisées de la même manière pour constituer un agenda.
Un agenda libanais réduit mais clairement identifiable
L’agenda culturel strictement libanais qui ressort des sources du 11 septembre 2026 est finalement plus limité que l’ensemble des pages culturelles consultées. Le rendez-vous le plus clairement documenté est celui d’Amine Boudchar à Beirut Hall, le samedi 26 septembre. Al Quds Al Arabi du 11 septembre 2026 présente cette soirée comme la première prestation de l’artiste au Liban.
Les sources signalent parallèlement une activité autour du jazz et des musiques internationales. Elles ne permettent cependant pas de reconstituer avec la même précision l’ensemble des dates, des lieux et des artistes sans risquer d’introduire des informations insuffisamment établies. L’agenda doit donc rester volontairement limité aux manifestations réellement documentées.
Cette relative faiblesse quantitative est elle-même significative. Les journaux du 11 septembre consacrent une part beaucoup plus importante de leur espace à la guerre, à la politique et aux crises régionales. Même les pages culturelles sont en partie rattrapées par cette actualité, comme le montre le traitement cinématographique de Gaza.
Pour autant, la culture ne disparaît pas. La venue d’Amine Boudchar à Beyrouth témoigne de la poursuite des échanges artistiques entre le Liban et le reste du monde arabe. Les grands festivals internationaux présentent des œuvres qui interrogent directement les guerres de la région. La littérature poursuit son exploration du réel par l’imaginaire. Les arts plastiques maintiennent une réflexion sur la forme et le regard.
La matière disponible impose néanmoins une limite nette. Elle permet de documenter la continuité d’une vie culturelle et quelques rendez-vous précis, mais pas de prétendre à une profusion d’événements libanais qui n’apparaît pas dans les sources. Pour cette édition du 11 septembre 2026, la culture reste donc présente, mais sous une forme plus resserrée : un agenda musical à Beyrouth, une création arabe en circulation et des œuvres qui, du cinéma à la littérature, continuent d’interroger les crises contemporaines.


