Le trafic passagers de l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth a fortement reculé depuis le début de 2026. Entre janvier et août, 3 581 861 voyageurs ont été enregistrés, soit une baisse de 24,17 % par rapport à la même période de 2025. Les arrivées ont diminué de 26,57 % et les départs de 21,54 %. Le mois d’août marque toutefois un redressement par rapport à juillet, avec 835 903 passagers et une progression mensuelle de 15,78 %.
Près d’un quart de passagers en moins depuis janvier
Sur les huit premiers mois de 2026, l’aéroport de Beyrouth a enregistré 1 814 097 passagers à l’arrivée. Leur nombre recule de 26,57 % sur un an. Les départs ont atteint 1 766 630 voyageurs, soit une diminution de 21,54 %.
Cette contraction touche donc les deux principaux flux de voyageurs. Elle reflète les perturbations qui ont affecté le transport aérien depuis le début de l’année, dans un contexte marqué par la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah.
Le trafic en transit reste très limité. Il atteint 2 553 passagers sur les huit premiers mois, en hausse de 45,14 % sur un an. Cette progression importante en pourcentage repose cependant sur une base particulièrement faible et ne modifie pas la tendance générale du trafic.
Pour le Liban, cette baisse constitue un indicateur économique important. L’aéroport de Beyrouth reste la principale porte d’entrée internationale du pays pour les voyageurs. Son activité influence directement les déplacements de la diaspora et les flux touristiques, avec des répercussions sur l’hôtellerie, la restauration, les transports et plusieurs activités commerciales.
L’aéroport de Beyrouth rebondit en août
La situation s’est améliorée pendant l’été. En août 2026, 835 903 passagers ont utilisé l’aéroport, soit 15,78 % de plus qu’en juillet.
Cette progression mensuelle accompagne la reprise graduelle des opérations aériennes et l’amélioration des conditions de déplacement après l’atténuation des hostilités. Elle reste toutefois insuffisante pour retrouver les niveaux de l’année précédente.
Par rapport à août 2025, le nombre total de passagers diminue encore de 10,04 %. Les arrivées ont atteint 369 812 voyageurs, en baisse de 6,61 % sur un an. Les départs se sont établis à 465 804 passagers, soit un recul de 12,59 %. Le transit a représenté 287 voyageurs, en diminution de 25,07 %.
La comparaison entre juillet et août révèle également un changement dans la composition du trafic. Les arrivées ont diminué de 15,39 % sur un mois, tandis que les départs ont progressé de 63,68 %. Le nombre de voyageurs en transit a, de son côté, reculé de 20,28 %.
Cette forte augmentation des départs intervient à la fin de la haute saison estivale. Elle coïncide avec le retour à l’étranger d’une partie des expatriés et visiteurs venus passer l’été au Liban.
Le rebond estival ne compense pas les pertes de 2026
La progression enregistrée en août réduit une partie du retard accumulé depuis janvier, sans inverser la tendance annuelle. Avec 3,58 millions de passagers sur huit mois, l’aéroport reste près d’un quart en dessous de son niveau de la même période de 2025.
Cette différence entre les évolutions mensuelle et annuelle est essentielle pour mesurer la situation. À court terme, l’activité aérienne s’est redressée. Sur l’ensemble de l’année, elle demeure cependant profondément affectée par les perturbations intervenues au cours des mois précédents.
Août constitue ainsi un mois de reprise plutôt qu’un retour complet à la normale. La hausse de 15,78 % par rapport à juillet montre que les flux de voyageurs peuvent repartir rapidement lorsque davantage de vols sont assurés et que les conditions de déplacement s’améliorent.
La baisse des arrivées depuis janvier reste néanmoins particulièrement marquée. Avec un recul annuel de 26,57 %, le Liban a accueilli nettement moins de voyageurs par voie aérienne qu’au cours des huit premiers mois de 2025.
Cette évolution pèse notamment sur les activités qui dépendent des visiteurs étrangers et des Libanais expatriés. L’effet économique exact ne peut toutefois pas être déduit des seules statistiques aéroportuaires, car celles-ci ne distinguent pas systématiquement les touristes, les résidents, les expatriés et les voyageurs d’affaires.
Le trafic aérien reste sensible à la sécurité
Les données de 2026 illustrent une nouvelle fois la forte sensibilité du transport aérien libanais aux évolutions sécuritaires. La reprise du conflit entre Israël et le Hezbollah a perturbé la demande et les programmes de vols.
Même après l’annonce d’un cessez-le-feu à la mi-avril, le retour des liaisons aériennes s’est effectué progressivement. Les compagnies peuvent réduire leurs fréquences, suspendre certaines dessertes ou modifier leurs programmes lorsque la situation sécuritaire se détériore.
Ces décisions ont un effet immédiat sur les capacités disponibles. Elles influencent aussi le comportement des voyageurs, qui peuvent différer leur séjour lorsqu’ils craignent une interruption des liaisons ou une dégradation rapide de la situation.
Le redressement observé durant l’été montre inversement la rapidité avec laquelle une amélioration des conditions peut soutenir le trafic. Mais quelques mois de reprise ne suffisent pas nécessairement à compenser les pertes accumulées pendant les périodes de perturbation.
À fin août, les chiffres décrivent donc une situation contrastée. L’aéroport de Beyrouth a retrouvé une activité plus soutenue au cours de l’été, avec plus de 835 000 passagers sur le seul mois d’août. Sur les huit premiers mois de 2026, il accuse néanmoins toujours une baisse de 24,17 % sur un an. Les données de l’automne permettront de mesurer si la reprise des opérations aériennes se maintient après la fin de la haute saison.




