“Gouverner, c’est prévoir ; et ne rien prévoir, c’est courir à sa perte “, comme le souligne Emile de Girardin et donc c’est aussi anticiper. 

La responsabilité des personnes au pouvoir est aussi celle de prévoir et d’agir aujourd’hui par rapport aux conséquences qu’affronteront demain, le pays ou encore la population. 

La leçon est d’autant plus cruelle au Liban qu’on pouvait prévoir mais qu’on n’a, au final, rien fait pour empêcher la situation d’atteindre ce point critique.

Face à la crise financière et économique, l’ensemble des participants au pouvoir est en cause. Ils n’ont pas su voir la catastrophe financière et socio-économique qui arrive ou plutôt, ils ont été prévenus de sa gravité par des gens qu’ils n’écoutaient pas, par des experts notamment mais pour autant, ils n’ont rien fait, à quelques exceptions prêts comme entre 1998 et 2000, en raison du déni dont ils nous affligeaient années après années, mois après mois et surtout jours après jours.

Ils préféraient naviguer à vue, trouver une solution après l’autre, parfois même en aggravant en réalité la situation. Ainsi, à la problématique du pouvoir d’achat, ils ont répondu en augmentant les salaires, sans gains de productivité alors que l’augmentation du pouvoir d’achat était possible par d’autres mesures. De facto, ils ont augmenté les tensions monétaires déjà présente au lieu de les résoudre.

Aussi, face à la crise de l’immobilier, ils ont stimulé le secteur de la construction, engendrant plus d’offre sur le marché sans correction des prix au lieu de stimuler la demande. Ainsi, Beyrouth aujourd’hui compte 26% d’unités immobilières, appartements donc construits depuis 1996, vides.

On pourrait ainsi multiplier les exemples d’une mauvaise gérance de la chose publique, avec des stimulis à court terme mais aucune solution réellement pérenne.

C’est ainsi que désormais nous trouvons, 2 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, 40% de chômage, 40 000 enfants qui vivent désormais avec l’aide de l’UNICEF…
Ce ne sont que quelques chiffres concernant la situation libanaise actuelle et le pire n’est pas encore arrivé. Il est devant nous. 

Aujourd’hui, malheureusement, la perte n’est pas celle d’une classe politique qui a conduit le Liban à cette situation, mais aussi celle de la population, qui est quelque également responsable, ayant accordé ses votes, années après années, élections après élections aux mêmes personnes, au même système. 

Nous en sommes collectivement responsables au final.

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