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L’envoyé spécial français Patrick Durel qui s’était rendu au Liban cette semaine à la demande du Président de la République Française, Emmanuel Macron, s’est retrouvé face au blocage des différents partis politiques libanais qui peinent toujours à s’entendre concernant la formation du gouvernement Hariri IV.

Ainsi, même si ce dernier a réussi à faire établir un contact téléphonique entre le premier ministre désigné Saad Hariri et le dirigeant du Courant Patriotique Libre Gébran Bassil, il les a également informé que le Liban pourrait ne plus recevoir l’aide économique de la communauté internationale face à la crise financière que le Pays des Cèdres traverse actuellement faute de la formation d’un nouveau gouvernement d’ici le début des fêtes.

Pour l’heure, les différends porteraient sur la nomination des ministres chrétiens du prochain cabinet. Saad Hariri persisterait à nommer lui-même 5 des 9 ministres chrétiens, y compris ceux qui se verront attribuer les portefeuilles alloués à la Présidence de la République. Le chef de l’état, le général Michel Aoun, refuserait catégoriquement cette demande.

D’autres sources indiquent que les différends entre les 2 hommes porteraient également sur le maintien ou non du gouverneur de la Banque du Liban. Le Président de la République exigerait ainsi son remplacement après qu’il ait refusé de répondre favorablement à la majorité des questions posées dans le cadre de l’enquête juricomptable des comptes de la Banque du Liban, une condition jugée nécessaire à la poursuite de la procédure en vue d’obtenir l’aide internationale. Le Premier Ministre désigné Saad Hariri souhaiterait quant-à-lui le maintien de Riad Salamé à son poste.

Sur ce dossier, la ministre sortante de la justice Marie Claude Najem est montée au créneau, accusant l’ancien ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, le président de la commission parlementaire des finances et du budget Ibrahim Kanaan et le vice-président de la Chambre Elie Ferzli de refuser le chiffrage des pertes du secteur financier afin de les minimiser.

La conférence d’aide organisée par Paris, initialement prévue mi-octobre et dont la date a déjà été repoussée à mi-novembre pourrait encore être reportée dans l’attente de la formation d’un nouveau gouvernement. Le cas échéant, elle ne pourrait porter que sur l’aide alimentaire et non financière.

D’autres différends seraient apparus quant à l’attribution des portefeuilles de la santé, des travaux publics, des télécommunications, de l’éducation et des affaires sociales. La semaine a également été marquée par les propos de l’ambassadrice américaine au Liban, Dorothy Shea qui a conditionnée l’aide des Etats-Unis face au coronavirus à ce que le Hezbollah n’obtienne pas le ministère de la santé.

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