Pour les uns, les armes du Hezbollah ; pour les autres, les sanctions Américaines contre ce dernier. Corruption et vol pour les uns et les autres, sans oublier aussi les banques et le Gouvernorat de la Banque Centrale.

Voilà comment se résument les responsabilités de l’effondrement financier aux dires de toute la classe politique et des opposants à cette dernière.

Il est tellement convenant à la veille des élections législatives d’occulter les responsabilités directes des parlements et gouvernements qui nous ont offert des décennies durant électricité, essence et fuel les moins chers au monde et une gestion de la chose publique bien plus que médiocre. Irresponsabilité, manque de vision et de courage ont alimenté cette catastrophique fuite en avant.

Une lecture simplifiée des chiffres permet de retracer la plus grande partie du trou financier dans lequel nous nous trouvons. Vol, effet Hezbollah et fonds illégalement transférés n’en constituent qu’une petite portion. Pourtant c’est cette partie qui constitue l’entièreté des slogans mis en avant par tous les candidats à la consultation du 14 Mai. Tous unis dans le déni et l’irresponsabilité.

Il est tragique que jusqu’à ce jour, pas un seul politicien, parti ou groupe réformiste, n’ait osé endosser ou partager ce constat et proposer au Libanais un plan de sortie de crise. Un plan qui a des degrés divers va faire mal à tous, mais qui devrait nous piloter comme tant d’autres pays, jusqu’à la sortie de crise souhaitée. Depuis 2019, nous n’avons connu que le plan de redressement commandité par le cabinet Diab (descendu par tout l’échiquier politico/financier et aujourd’hui regretté par certains) et qui n’a même pas été efficacement défendu par ceux qui l’avaient conçu. Aujourd’hui, c’est une équipe de choc commanditée par le Gouvernement Mikati qui s’évertue depuis des mois à mettre en place une version révisée de cette feuille de route. Là aussi, pointent déjà les embuches des uns et des autres dans cette démagogie ambiante. 

En conséquence de cette opacité et de ces mensonges sciemment entretenus par tous ceux qui se présentent aux élections, Il y a beaucoup de Libanais qui croient encore que le pays n’est pas en faillite et que l’argent est caché dans les tiroirs de certains corrompus ou dans des comptes bancaires a l’étranger. 

Alors, le réveil traumatisant après les élections et dans des circonstances de plus en plus difficiles ? ou se trouvera-t-il de francs et responsables postulants qui oseront informer les Libanais et préparer le terrain pour le long parcours du redressement dont nous serons tous acteurs, victimes et bénéficiaires ? dans un Etat qui se reconstruit avec l’assentiment de citoyens informés et ou le discours et les rivalités politiques seront principalement axés sur les politiques sociales, les finances publiques, la vision économique, la discipline collective, la bonne gouvernance et la responsabilisation. 

Un discours qui ne laissera aucune place au déni et au mensonge, porteurs d’incompétences. 

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