Le Premier Ministre Saad Hariri lors de la conférence de presse annonçant le report du conseil des ministres. Crédit Photo: Dalati & Nohra
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Le Hezbollah pourrait se détacher du mouvement Amal et ne pas nommer l’ancien premier ministre Saad Hariri comme prochain locataire du Grand Sérail, indiquent certaines sources, rejoignant ainsi la position de son allié du Courant Patriotique Libre, des Forces Libanaises ou encore du Parti Socialiste Progressiste.

Cette information intervient alors que demain, devraient débuter les consultations parlementaires obligatoires menées par la Présidence de la République, en vue de nommer le prochain premier ministre.

La formation d’un possible gouvernement par Saad Hariri semble aussi être difficile, les partis politiques ainsi que la Présidence de la République elle-même s’interrogeant sur la capacité de ce dernier à former un cabinet de spécialistes apolitiques en appartenant lui-même à la classe politique.

Au centre-ville, un face à face tendu entre sympathisants de l’ancien premier ministre et partisans de la révolution – qui dénoncent la candidature de ce dernier – a également eu lieu. Des individus ont incendié le symbole de la révolution, qui était installé place des martyrs.

Le Courant du Futur a dénoncé ces personnes et appelé au calme alors que les forces de sécurité intérieure indiquent avoir arrêté 4 personnes impliquées dans cet incident.

Pour rappel, Saad Hariri avait démissionné le 29 octobre 2019, suite à d’importantes manifestations. Les protestataires dénonçaient déjà la classe politique accusée de corruption et d’avoir mené le Pays des Cèdres à la quasi-faillite financière.

Le Liban est sans gouvernement depuis le 10 août dernier, après la démission du cabinet Hassan Diab suite à l’explosion du port de Beyrouth, le 4 août. Le 31 août, Mustapha Adib a été nommé Premier Ministre à l’issue des consultations parlementaires obligatoires menées par la Présidence de la République. Cependant, la formation d’un nouveau gouvernement bute sur l’attribution du ministère des finances, ministère clé pour la mise en place du programme de réformes économiques exigées par la communauté internationale et nécessaire face à la crise que traverse le Pays des Cèdres.

Ainsi, le Hezbollah et Amal exigent que ce portefeuille ministériel soit attribué à l’un de leurs membres, ce que refusent les autres partis politiques qui demandent en retour, une rotation des portefeuilles ministériels régaliens.

La France s’est, par ailleurs, fortement impliquée dans le dossier libanais, le président de la république française Emmanuel Macron devenant même le porte-parole de la communauté internationale suite à sa visite le 6 août 2020 deux jours après l’explosion du port de Beyrouth. Il a rappelé que le déblocage de l’aide internationale reste conditionné à la fin des importants détournement de fonds par les responsables de partis politiques ou encore au sein des administrations libanaises.

Le 8 octobre 2020, l’ancien premier ministre Saad Hariri se déclare candidat à ce poste après avoir indiqué faire des concessions au sujet de l’attribution du portefeuille des finances qui devrait ainsi revenir au candidat soutenu à la fois par le Hezbollah et le mouvement Amal.

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