Le Ministre des Finances Ghazi Wazni, en compagnie de l'ambassadeur de Grande Bretagne au Liban, le 30 avril 2020. Crédit Photo: Dalati & Nohra

Le Ministre des Finances Ghazi Wazni a indiqué hier que le gouvernement a, pour la première fois, appelé à la mise en place d’une procédure visant à instaurer une parité flottante de la Livre Libanaise face au dollar, alors que le Premier Ministre Hassan Diab a officialisé une demande d’aide au FMI pour un montant de 10 milliards de dollars afin de restructurer l’économie libanaise durement impactée par la crise.

Selon le Ministre des finances, le flottement de la parité de la livre libanaise face au dollar devrait intervenir d’ici quelques mois.

Pour rappel, le Liban est confronté depuis le début de l’été 2019, à une grave crise de liquidité entrainant une diminution dramatique des réserves monétaires censées garantir la stabilité de la livre libanaise face au dollar et l’instauration de manière unilatérale d’un contrôle des capitaux par les banques libanaise et non les institutions de tutelle comme la Banque du Liban ou le Ministère des Finances.

Ces dernières semaines, ont été même instaurées différentes parités. Ainsi, à côté de la parité officielle de 1507 LL/USD toujours maintenue pour l’heure mais où les devises sont devenues totalement absente, une parité dite “du marché” ) à 3200 LL/USD a été mise en place par la Banque du Liban en coopération avec l’Association des Banques du Liban et le Syndicat des Agents de Change, et une parité dite du marché à destination des institutions non financières de transfert d’argent à 3650 LL/USD. Enfin, une parité du marché noir s’est également mise en place, atteignant en début de semaine le record historique de 4300 LL/USD avant de voir la valeur de la livre libanaise légèrement s’améliorer.

Ghazi Wazni confirme que le Liban vise à obtenir entre 10 à 15 milliards de dollars d’aide du Fonds Monétaire International et des pays amis du Liban, cela pour la première fois de son histoire. Ainsi, si certains craignaient la hausse de certaines taxes, l’instauration de nouvelles taxes ou de l’arrêt des subventions publiques à certains secteurs d’activité, le plan, souligne le Ministre, écarte ces risques pour épargner les personnes les plus vulnérables et les classes moyennes.

Il s’agira donc de mieux collecter les taxes déjà mises en place, du retour des fonds détournés, et de réduire les inégalités sociales en taxant les personnes à haut revenu, ainsi que d’une amélioration des dépenses et de la gestion publique. La réforme du secteur clé de l’électricité publique devrait être mise en oeuvre rapidement notamment.

La dévaluation dans un premier temps de la livre libanaise à 3 500 LL/USD, note le plan, devrait relancer la compétitivité de la production locale. Des mesures compensatoires à destination des personnes vulnérables seront également mises en place pour éviter une inflation importante. Il s’agira notamment de l’abolition des intermédiaires dont les fameuses agences exclusives.

Sur le dossier du système financier, les secteurs bancaires publics et privés devraient être restructurés pour faire face à d’importantes pertes, estimées à 160 milliards de dollars pour les seules banques privées au taux de parité de 1507 LL/USD.

Aucun haircut n’est prévu, précise le ministre des finances qui rappelle que le gouvernement souhaite protéger les dépôts, mais il s’agira de distribuer les pertes, notamment de la Banque du Liban pour rebâtir un système monétaire solide et restaurer la confiance.

Par ailleurs, s’exprimant auprès du journal Al Joumhouria, le Ministre a estimé que ce plan ouvre la voie à des négociations avec le Fonds Monétaire International en vue d’obtenir une aide économique.

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