Création mondiale de la 2e symphonie de Bechara El-Khoury par l’OJIF à l’UNESCO

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Mercredi, 24 octobre 2018, le ciel de Paris était au rendez-vous organisé par la Délégation permanente du Liban à l’UNESCO, un événement culturel de grande importance : la création mondiale de la 2e symphonie de Bechara El-Khoury par l’Orchestre des jeunes d’Île de France (l’OJIF).

Depuis de nombreuses années, la Délégation permanente du Liban auprès de l’UNESCO valorise le patrimoine musical libanais par l’organisation de concerts de musique savante libanaise, afin d’en montrer toute la beauté et la diversité Ces dernière éditions étaient consacrées à la musique de chambre vocale et au piano, mais cette année, un orchestre composé de 90 instrumentistes, une première absolue, qui a  interpréter les pièces de l’un des plus prestigieux compositeurs libanais, Bechara El-Khoury (Mot de la Délégation Libanaise).

 » Le Liban est un pays de dialogue des cultures et le rôle de la Délégation du Liban auprès de l’UNESCO est aussi celui de valoriser et de diffuser ses nombreux langages artistiques dans leur diversité et leur beauté. »  (S.E. Mme Sahar Baassiri, Ambassadrice, déléguée permanente du Liban auprès de l’UNESCO). Ce 24 octobre, devant une salle comble, nous en avons eu la preuve.

 » Ce n’est certes pas la première fois que la Délégation permanente du Liban organise un concert de musique savante libanaise, mais c’est certainement la première fois qu’elle le fait avec un effectif aussi imposant pour ne pas dire impressionnant ! » (Zeina Kayali, chargée de mission à l’Unesco et auteur de la collection Figures musicales du Liban, Geuthner, Paris, 2017.)

Mme Sahar Baassiri, Ambassadrice, déléguée permanente du Liban auprès de L'UNESCO
Mme Sahar Baassiri, Ambassadrice, déléguée permanente du Liban auprès de L’UNESCO

Mon article vient en remerciement à Son Excellence, Mme Sahar Baassiri, Ambassadrice  auprès de l’UNESCO, à Mme Zeina Saleh kayali, chargé mission auprès de la délégation libanaise, pour son aide enthousiaste et indispensable et à toute l’équipe.

Ô combien, cette équipe dynamique, cette délégation libanaise, hisse haut et fort notre drapeau. Car Pour réussir un tel événement, il y a eu volonté, organisation, donation, bénévolat, etc. Des ingrédients réunis qui ont fait qu’on était, nous public, emportés tous par la magie du voyage qu’ont bien voulu synchroniser organisateurs, compositeurs et chefs d’orchestres avec 90 instrumentistes pour un concert d’une heure et demie, répartie en deux parties :

  • La première, consacrée à Bechara el-Khoury (1957) , Concerto pour clarinette op.78 « Autumn Pictures » (2010) et sa deuxième Symphonie « Träume von Wien » (2018), jouée devant nous en première mondiale et qui vient en clôture à son année de résidence à l’Orchestre des Jeunes d’Île de France.
  • La seconde, une suite symphonique La Mer, rendant hommage à Claude Debussy (1862-1918) qui est l’un des grands inspirateurs de notre compositeur, Bechara El-Khoury

Afin de rester fidèle à toutes ces émotions ressenties, je vous communique quelques détails d’une soirée inoubliable, d’après le programme.

Bechara El-Khoury en Résidence à l’OJIF

Béchara el Khoury

Une année en Résidence à l’OJIF vient de s’achever pour notre compositeur franco-libanais, Bechara el-Khoury. Après un premier concert en février à La Seine Musicale autour de son œuvre pour cordes, l’OJIf avait créé en juin dernier une pièce pour violoncelle et orchestre, Chant de lumière pour la Sainte Vierge au Théâtre Rutebeuf (Clichy).

Le concert de ce 24 octobre 2018,  clôt cette année passée par la création de sa symphonie. Compositeur, poète, Becharra El-Khoury est créé par tous les grands orchestres, interprété par tous les grands musiciens.

Son amitié pour l’OJIF a commencé au concert d’inauguration le 2 juillet 2016 : c’est dans sa pièce Unfinished journey que l’OJIF a retenti pour la première fois.  Un an plus tard, il célébrait à Beyrouth ses 60 ans lors d’un grand concert de gala dirigé par David Molard, avec Patrick Messana, Fanny Robillard et Gabriel Yared. Quelques moi plus tard, l’OJIF lui a proposé de l’accueillir en résidence sut l’année 2018, ave le soutien de la SACEM et de la Fondation Robert Alfred Matta. Après une première soirée à la Seine musicale consacrée, à son œuvre, cette résidence fut l’occasion de deux commandes : Chant de lumière pour la Sainte Vierge, pour violoncelle et orchestre, crée par Louis Rodde le 15 juin au Théâtre Rutebeuf, et sa deuxième symphonie Traüme von Wien, créée ce soir à L’UNESCO.

Les œuvres

Dédicataire du concerto pour clarinette  de Bechara El-Khoury, Patrick Messina, Première Clarinette solo de l’OJIF, l’avait crée au Chatelet en 2010, enregistré en 2012, puis interprété à Beyrouth en 2017 avec David Molard, Directeur musical de l’OJIF, pour les 60 ans du compositeur. Placé sous le signe de l’amitié, ce concert les réunit à nouveau dans cette œuvre impressionnante, où « des couleurs poétiques se mêlent puis disparaissent, comme un ciel d’automne ».  Le son rond et large de la clarinette reflète les textures épaisses et colorées de l’automne, celles des nuages des feuilles humides, des forets de feu, des vignes gorgées de soleil, des cèdres immuables qui ne jaunissent jamais. En ce 24 octobre, le ciel de Paris s’est prêté aussi bien que celui de Beyrouth au jeu des impressions automnales.

Patrick Messina, pouvait en témoigner : il est passionnant d’ouvrir une partition jamais entendue. En parcourant pour la première fois les pages de la symphonie n°2  « Träume von Wien », le second dédicataire de la soirée, David Molard, a voyagé dans ces « rêves de Vienne » qu’a faits pour lui notre compositeur en résidence. « Une œuvre qui s’arrête aux portes du mysticisme, une sorte d’appel au futur. »

Des inspirations de la seconde école de Vienne, et notamment de la musique d’Alban Berg, parfaitement homogène entre le faste et la décadence s’exprime dans des couleurs chaudes et des textures moites. Les mêmes cellules rythmiques ou mélodiques sont reprises tantôt dans des plages méditatives, tantôt dans des passages explosifs : un écho permanent entre deux figures d’une même ville, ce que Vienne rêverait d’être et ce que Vienne se résout à être. On sent venir le XXe siècle et son horreur, on rêve encore de l’Impératrice et ses bals.

Foin des couleurs chaudes, notre palette vire au bleu. Le bleu horizon, le bleu océan, le bleu-vert des vagues, le bleu nuit qui unit l’air et l’eau, le bleu marine des profondeurs, le bleu turquoise des lagons, le bleu lavande de la grisaille, le bleu limpide d’un jour sans nuage, le bleu pastel de l’aube qui se lève, le bleu céruléen de la matinée qui se dresse, l’azur du ciel de midi sur la mer.

« Vous ne savez peut-être pas que j’étais promis à la belle carrière de marin, et que seuls les hasards de l’existence m’ont fait bifurquer. Néanmoins j’ai conservé une passion sincère pour Elle. Vous me direz à cela que l’Océan ne baigne pas précisément les coteaux bourguignons… ! […] Mais j’ai d’innombrables souvenirs ; cela vaut mieux en mon sens qu’une réalité dont le charme pèse généralement trop lourd sur votre pensée. »

Ces souvenirs et ces impressions vont animer le pinceau du compositeur qui, depuis sa Bourgogne (puis les côtes de la Manche), décrit la mer avec la meilleure des réalités. Les scintillements des trompettes, les reflets du cor anglais, la plénitude des violoncelles, le jeu des lumières et le jeu des timbres animent cette partition marie d’un élan de vie que nulle mer ne saurait noyer (Cf. programme de la soirée).

« L’émotion était plus forte devant la Mer de Debussy que devant la mer elle-même. » (Sviatoslav Ritcher)

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