Capture d'écran de google map: la décharge de Costa Brava
Capture d'écran de google map: la décharge de Costa Brava

La controversée décharge de Costa Brava, située à proximité de l’aéroport international de Beyrouth, serait menacée de fermeture. En cause, l’opposition des municipalités de la banlieue Sud de la capitale.

Ces dernières accorderaient un délai de 10 jours aux autorités politiques pour régler certains problèmes concernant cette décharge, a annoncé leur représentant lors d’une conférence de presse donnée ce mercredi par leur porte-parole, Mohammed Dergham, qui estiment par ailleurs que la pollution engendrée menace la santé des habitants.

En conséquent, les municipalités de la région menacent désormais de bloquer l’entrée de la décharge d’ici 10 jours.

Les élus dénoncent également le fait que cette décharge, à l’origine temporaire semble s’est transformée en solution permanente à la crise des déchets, 3 ans après avoir été mise en place.

Ainsi,, le gouvernement a adopté en 2018, un plan d’extension de la décharge afin que les déchets des régions du Chouf et d’Aley puissent y être également stockés. À l’origine, elle était destinée à ne juste accueillir les ordures de la capitale

Egalement, plus de 1 000 tonnes de déchets s’y accumulent désormais chaque jour, accusent les responsables locaux, en contravention avec une décision du conseil des ministres début 2019 qui en limitait l’accueil.

Cette décharge a été à l’origine de nombreuses polémiques. Déjà sa localisation à proximité de l’aéroport comporte certains risques pour les aéronefs en provenance et en partance, par le fait que les ordures attirent des volatiles, induisant une augmentation importante du risque de collision aviaire.

Egalement, des vidéos circulant sur les réseaux sociaux et notamment celle d’une rivière située dans la banlieue même de la capitale Beyrouth, à Hay el Sellom en septembre 2018 avaient semé l’effroi auprès de la population libanaise.

Une crise chronique des ordures depuis la fermeture de la décharge de Naameh en 2015

Pour rappel, les ordures avaient commencé à s’accumuler dans les rues de Beyrouth et du Mont-Liban à partir du 17 juillet 2015 suite à l’annulation du contrat avec la compagnie de ramassage Sukleen et de l’expiration du mandat d’exploitation de la décharge de Naameh.

Face à l’impossibilité de trouver une solution pérenne à l’époque, les autorités d’alors avaient décidé de la réouverture de la décharge de Bourj Hammoud au nord de Beyrouth et de l’ouverture de la décharge de Costa Brava au sud de la capitale en dépit de la signature en 1994 du traité de Barcelone qui interdit de jeter des ordures en mer.

Cette crise avait amené à la mobilisation d’une frange de la population, avec de nombreuses manifestations qui se sont ainsi déroulées durant l’été 2015 au centre-ville de Beyrouth.

Les Forces de Sécurité ont été critiquées pour un usage inapproprié de la la violence, alors que certaines sources indiquaient que des éléments proches de partis politiques s’étaient infiltrés parmi les manifestants pour provoquer des incidents.

Des ordures à la mer plutôt que de les voir dans les rues

Largement dépassées par la tournure des évènements, les autorités libanaises, face aux manifestants qui demandaient alors le retrait de la classe politique actuelle accusée de corruption dans différents dossiers, ne se sont contentées que d’annoncer des plans provisoires dont la mise en place de décharges au lieu-dit de Costa Brava au Sud de la Capitale et à Bourj Hammoud et Jdeideh au Nord de la Capitale, toutes sur des espaces gagnés sur la mer en contradiction avec le traité de Barcelone dont le Liban est portant signataire.

En avril 2019, le ministre de l’environnement, Fadi Jreissati, avait indiqué que la décharge de Bourj Hammoud, devrait être encore étendue en raison de l’absence de solution à long terme, jusqu’à présent dans la gestion des déchets et des ordures.

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