Alors que le Liban entre dans son 41ème jour de manifestations, la tension entre les manifestants et les partisans du mouvement Amal et du Hezbollah montent alors que le Premier Ministre sortant Saad Hariri a annoncé le retrait de sa candidature visant à se succéder à lui-même.

En effet, les incidents se multiplient, notamment à Tyr au Sud du Liban hier soir où les tentes des protestataires ont été brulées ou encore au niveau de la capitale et plus précisément du Rond point du Cola où des coups de feu auraient été tirés en l’air.

Suite aux propos tenus hier par le Président de la Chambre des Députés et dirigeant du mouvement Amal, l’Armée Libanaise aurait, par ailleurs, estimé nécessaire à ne plus permettre la fermeture des routes en raison des craintes d’affrontements entre les 2 bords. Nabih Berri se serait notamment montré agacé par le blocage du périmètre du Parlement, les 2 mardi précédents, alors qu’un projet de loi d’amnistie des délits financiers et des détournements de fonds publics était à l’origine prévu. Ce projet de loi a été reporté à une date ultérieure non précisée.

Nabih Berri avait également estimé que les barrages étaient à l’origine de la mort de 2 personnes à Jiyyeh. Cependant, des enregistrements rendus publics sur les réseaux sociaux indiquent que ce barrage pourrait avoir été mis en place par l’Armée Libanaise en aval du barrage des manifestants, afin de dévier le trafic routier vers la route maritime.

Nabih Berri avait, par ailleurs, annoncé qu’il renonçait ce matin à soutenir la candidature du Premier Ministre sortant Saad Hariri dans les colonnes du journal Al Joumhouria.

Pour sa part, le Premier Ministre sortant Saad Hariri a également annoncé le retrait de sa candidature, sur fond de divergences importantes quant à la constitution du prochain cabinet, ce dernier souhaitant constituer un gouvernement de technocrates à format réduit, chose refusée par le Courant Patriotique Libre, le Hezbollah et le mouvement Amal qui souhaitent la mise en place d’un gouvernement techno-politique.

Les Nations Unies ont appelé ce lundi les partis politiques à contrôler leurs partisans dans ce face à face, après les incidents de dimanche soir déjà au niveau du centre-ville.

Des incidents avec des risques de plus en plus importants de dérapage sectaire

Le duo chiite aurait utilisé cet incident de la route pour donner le mot d’ordre à la mobilisation de ses partisans tant à Beyrouth, la capitale qu’à Tyr au Sud du Liban, le Hezbollah qualifiant par exemple le barrage de Jiyyeh, “de crime terroriste” hier dans un communiqué.

Lors de ce face à face dans la capitale, alors que les partisans du Hezbollah agitant un drapeau du mouvement chiite avec le slogan “Chiites, Chiites, Chiites!”, les manifestants ont – quant-à-eux – scandé: “C’est le Liban, pas l’Iran” et “Terroriste, terroriste, le Hezbollah est un terroriste”, une première.

2 personnes ont été blessées alors que des sympathisants du Hezbollah et d’Amal sont venus sur les lieux du Ring Fouad Chéhab, dont l’axe Hamra – Ashrafieh venait tout juste d’être fermé à la circulation.

Des véhicules et des magasins des quartiers de Monnot et de Saïfi Village – situés à Beyrouth Est – ont également été dévastés par des partisans des mouvements chiites, ce qui fait craindre une résurgence des divisions de la guerre civile.

Egalement ce lundi soir, des coups de feu ont été tiré dans la région de Cola à Beyrouth après que des convois de motos de sympathisants du Hezbollah et d’Amal soient passés dans la région. Puis, les partisans du Courant du Futur (CDF) du Premier Ministre Saad Hariri – qui a annoncé le retrait de sa candidature aujourd’hui – avaient bloqué la route Qasqas à Beyrouth après que le passage de ce convoi, avant que l’Armée Libanaise puisse intervenir et obtenir la réouverture de cet axe.

Ce mardi, ces attaques ne semblent pas avoir découragé les manifestants. Ainsi à Tyr, au Sud, ils sont revenus sur les lieux de l’attaque pour remettre en place les tentes détruites.

La multiplication des affrontements entre les manifestants libanais et les partisans du groupe du Hezbollah placent les forces armées et de sécurité libanaises dans une situation délicate, menaçant de division le Liban, pays actuellement dans une impasse politique, le Liban ne disposant plus de gouvernement depuis la démission du Premier Ministre Saad Hariri, le 29 octobre 2019, suite déjà, à des affrontements entre sympathisants du Hezbollah et du mouvement Amal avec des protestataires, place Riad el Solh, en face même du Grand Sérail, siège du gouvernement.

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