Alors que le Hamas se prépare à une offensive terrestre israélienne dans la bande de Gaza, les mouvements du Hezbollah sur la frontière nord d’Israël méritent d’être regardé de près. Le Ministre Iranien de la Défense Ahmad Vahidi, le 17 novembre, a appelé le monde musulman à exercer des représailles contre les actions israéliennes à Gaza. Naturellement, beaucoup regardent dans la direction du Liban, où le Hezbollah, le proxy iranien le plus compétent, pourrait ouvrir un second front contre Israël.

Bien que l’Iran aimerait avoir l’occasion de démontrer le spectre de sa force militaire de son intermédiaire, et surtout après avoir fourni le Hamas avec des roquettes longue portée Fajr-5  qui ont touché Tel Aviv et Jérusalem, de son coté, le Hezbollah sera probablement extrêmement prudent dans son choix de participer ou non à cette guerre. Le destin du groupe est lié à celui du régime du président syrien Bachar al Assad. Si la Syrie se divise selon des lignes sectaires, le Liban sera  susceptible à son tour de sombrer dans la guerre civile. Le Hezbollah devra donc conserver la force et les ressources pour une bataille au Liban même contre ses rivaux sectaires. En effet, le mouvement chiite se serait déjà préparé pour un tel scénario en prenant le contrôle des villages le long du bassin de la rivière Oronte afin de maintenir une continuité géographique avec la communauté alaouite de Syrie.

Dans le même temps, si le Hamas est capable d’enliser les forces terrestres israéliennes en les entraînant dans une guerre d’usure à Gaza, le Hezbollah peut y voir une opportunité politique afin de redorer son blason comme leader du mouvement de résistance dans la région. Dans un tel cas, le Hezbollah aurait probablement intérêt à suivre de près la situation jusqu’à ce qu’il puisse être assuré que les forces israéliennes sont suffisamment limités sur le front de Gaza avant qu’elles ne puissent pouvoir attaquer le front nord. Le mouvement chiite ne cherche pas une confrontation majeure avec Israël, et les dizaines de milliers de réservistes israéliens supplémentaires appelés en lien à l’Opération Plomb Durci suggèrent qu’Israël se prépare déjà pour une situation critique sur deux fronts. Si le Hezbollah décide de participer à la guerre,  il serait fort probable que l’état hébreu soit déjà obligé d’obtenir un cessez le feu afin que le mouvement chiite puisse prétendre à une victoire symbolique et à un coût relativement faible.

Cependant  le Hezbollah ne sait pas encore comment la bataille Israël et le Hamas va s’achever.  le groupe semble donc prendre une approche prudente. Stratfor a reçu des indications que le Hezbollah aurait empêché des groupes radicaux palestiniens dans les camps de réfugiés du sud du Liban de tirer des roquettes vers  le nord d’Israël. En plus d’une augmentation du nombre de patrouilles de l’armée libanaise et la force intérimaire des Nations Unies au Liban, le Hezbollah a déployé de nombreux agents en civil le long de la frontière pour surveiller la situation. Le mouvement chiite a également installé des caméras autour du camp de réfugiés palestiniens d’Ain al-Hilweh près de Saïda et dont l’objectif est de surveiller le trafic entre le camp et ses environs vers l’extérieur. Considérant que le Hezbollah contrôle totalement les mouvements dans et vers les camps de réfugiés palestiniens du Sud Liban, Ain al-Hilweh se situant dans un quartier sunnite, le Hezbollah a loué un certain nombre d’appartements autour de ce camp, en particulier dans le quartier d’al Ta’mir, afin de pouvoir tout de même procéder une étroite surveillance.

Pour le moment, le Hezbollah semble avoir l’intention de ne pas laisser engager dans la bataille de Gaza et à la voir s’étendre au sud du Liban. Il reste à voir si ce calcul passerait si le Hamas réussi à user les forces terrestres israéliennes.

Source: Stratfor

Traduction Libnanews

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