Après avoir été nommé par 112 député à son poste, le Premier Ministre désigné Saad Hariri a débuté ses consultations pour former un gouvernement d’union nationale, en rencontrant conformément au protocole, le Président de la Chambre des Députés, Nabih Berry et le Premier Ministre désormais par intérim, Tamam Salam.


Un gouvernement d’union nationale élargi

Le Premier Ministre a réitéré sa volonté de former rapidement un gouvernement d’union nationale et cela avant la fin de l’année 2016 contrairement aux dires de certaines rumeurs qui mettent en avant l’impossibilité d’y procéder avant cette date.

Saad Hariri estime ainsi que le prochain cabinet ministériel serait formé avant la fête de l’Indépendance qui aura lieu le 22 novembre prochain.

Certaines sources indiquent que celui-ci serait formé de 30 ministres contre les 24 habituels, cela afin d’inclure la totalité des partis présents au sein du parlement, croit savoir le quotidien libanais An Nahar et cela en dépit de l’opposition de certains à l’élection du Général Michel Aoun à la Présidence de la République.

L’objectif d’une telle ouverture serait d’éviter tout type d’obstruction du travail du Cabinet. Ainsi de nouveaux ministères seraient créés.

En cas de blocage, un gouvernement formé de technocrates pourrait être formé en lieu et place d’hommes politiques.

Unanimité pour la formation rapide d’un nouveau gouvernement

Côté réactions politiques, l’unanimité semble être de mise concernant la volonté de former rapidement un nouveau gouvernement.

L’ancien premier ministre Fouad Saniora a ainsi appelé tous les partis à coopérer afin de facilité la formation du prochain cabinet. Propos similaires du vice-président de la Chambre qui estime que le prochain gouvernement ne devrait pas inclure un tiers de blocage, tandis que le porte-parole du CPL, désormais parti présidentiel appelle les forces politiques à bénéficier de l’atmosphère de détente actuelle pour la mise en oeuvre rapide de ce cabinet et à la représentation des minorités en son sein.

En dépit de son opposition à l’élection du Président Michel Aoun, le député Samy Gemayel a indiqué étudier favorablement la demande du Premier Ministre Saad Hariri quant à une possible participation du Parti Kataëb.

Les Forces Libanaises demandent 3 ministères, et une pierre d’achoppement avec Amal et le Hezbollah alors que le député Sleiman Franjieh demande un Ministère clé

Les Forces Libanaises auraient fait part de leur volonté d’obtenir trois ministères au sein du prochain gouvernement d’union nationale, dont un ministère régalien, un ministère lié aux services publics et un ministère « d’envergure moyenne ». Le député Georges Adwan a également appelé tous les partis politiques à participer à ce gouvernement et à ce que les personnes responsables d’obstruction ou opposés au gouvernement en soient exclus.

Le Président de la Chambre, Nabih Berri, a de son côté refusé l’obtention pour le Mouvement Amal du Ministère de l’Energie et des Ressources Hydrauliques, préférant garder son influence au sein du Ministère des Finances.

Dans une allocution télévisée à l’occasion de la commémoration de la mort d’un commandant du Hezbollah, le secrétaire général du mouvement chiite Sayyed Hassan Nasrallah aurait chargé Nabih Berry des négocations en cours pour la représentation de la communauté chiite au sein du prochain cabinet. Il aurait également estimé impossible la participation du Hezbollah à ce gouvernement sans présence du mouvement Amal.

« Le Président de la Chambre Berri est une garantie majeure et quiconque est en désaccord avec lui concernant la Présidence doit en prendre conscience ».

Le Député Sleiman Franjieh a, quant à lui, demandé à ce que le Mouvement Marada se voit accordé un ministère clé du prochain gouvernement, faute de quoi il pourrait ne pas y participer. Il a également noté que la coopération avec le Président de la Chambre et le Premier Ministre désigné se poursuit pour l’heure.