Un nouveau bras-de-fer oppose le président de la république, le général Michel Aoun, au président de la chambre des députés Nabih Berri, après que celui-ci, selon certaines sources, tente de faire passer de force un vote du parlement lors de la session extraordinaire convoquée par le chef de l’état, visant à déférer les anciens ministres accusés d’être impliqués dans l’explosion du port de Beyrouth devant la haute cour de justice en charge de juger les anciens et actuels présidents de la république, premiers ministres et ministres, ce que redoutent les familles des victimes.

Des personnes proches de la présidence accusent également Ein Tineh de chercher à enterrer l’audit juricomptable de la Banque du Liban qui pourrait révéler certaines anomalies financières.

Selon le président du parlement, “il n’y a aucune restriction aux projets de loi ou de propositions dont le Bureau du Parlement décide de discuter”, refusant au président “de renvoyer des lois et des propositions qu’après qu’elles aient été publiées par le Parlement”.

Pour rappel, le président de la république, le général Aoun, ainsi que le premier ministre Najib Mikati avaient signé le décret 8662, appelant à une réunion extraordinaire du parlementa fin d’examiner une série d’articles et textes jugés urgents comme les projets de loi ou propositions d’urgence liés aux réformes, au plan de redressement financier, ou à l’urgence des conditions de vie.

Il s’agit aussi d’examiner les nouvelles régulations liées à l’instauration d’un contrôle formel des capitaux ou l’obligation de restitution des fonds transférés à l’étranger mais aussi de prolonger la levée du secret bancaire de la Banque du Liban afin de poursuivre l’audit juricomptable de cette institution. Enfin, le gouvernement devrait également présenter sa déclaration gouvernementale, obtenir la confiance et dans la foulée proposer les budgets 2021 et 2022.

La présidence de la république se retranche elle, sous l’article 33 de la constitution libanaise qui stipule que la présidence de la république détermine la date d’ouverture et de fermeture des sessions ainsi que son ordre du jour.

Article 33 de la constitutionlibanaise
(Modifié par la loi constitutionnelle du 17/10/1927 et par la loi constitutionnelle du 21/9/1990) 
L’ouverture et la clôture des sessions ordinaires on lieu de plein droit aux dates fixées à l’article 32. Le Président de la République en accord avec le Chef du gouvernement peut convoquer la Chambre des députés à des sessions extraordinaires par décret qui déterminera la date d’ouverture et de clôture des sessions ainsi que leur ordre du jour.
Le président de la République est tenu de convoquer la Chambre des députés à des sessions extraordinaires si la majorité absolue de l‘ensemble de ses membres le demande.

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