À la lecture de certains commentaires qui refusent par exemple l’aide du FMI ou de toute organisation internationale, au prétexte que cela augmentera notre dette publique ou qu’il s’agit d’abord de récupérer l’argent détourné, je doute que ces personnes aient compris l’urgence de la situation et des tâches à effectuer en priorité.

Aujourd’hui, nous ne possédons plus les clés de notre destinée et cela depuis un certain temps. Ils ne le découvrent aujourd’hui parce qu’on leur a menti durant des années. Nos ratios économiques ont dépassé toutes les lignes rouges, avec aujourd’hui une dette publique qui atteint 166% du PIB ou encore presque 90 milliards de dette publique. Il n’existe plus de fonds locaux de manière suffisante pour à la fois défendre la parité de la livre libanaise, la crise de liquidité en dollar était le premier symptôme, pour sauver les dépôts des banques, le contrôle des capitaux était le deuxième symptôme, pour respecter les engagements obligataires, le défaut de mars/avril/juin sera le 3ème symptôme de la crise économique, mais le plus inquiétant sera le 4ème, le fait de ne plus pouvoir nourrir la population.
En toute franchise, je préfère encore une population qui survie qu’une population qui crève littéralement de faim.

Le problème est qu’aujourd’hui, les gens n’arrivent pas à concevoir l’urgence de la situation d’un pays en faillite depuis mai 2019, puisque c’est la BDL et non le ministère des Finances qui avait remboursé les obligations arrivées à maturité à l’époque, et de la priorisation des tâches à accomplir.

50% de la population risque de se retrouver vivant sous le seuil de pauvreté en 2020, selon une étude de la Banque Mondiale, faut-il le rappeler… Cette population n’aurait pas les moyens de s’alimenter et d’aller se faire soigner.

Il s’agit donc avant tout de permettre à la population de survivre et d’acheter de quoi la nourrir et de la soigner.

Les gens exigent “le retour des fonds volés”. Certes, cela n’est que justice mais aussi démagogique parce que cela ne s’improvise pas du jour au lendemain. Il faut enquêter, prouver qu’il y a eu détournement de fonds, prises illégales d’intérêt, abus de biens sociaux, ces 2 points étant généralement assez difficiles à prouver au Liban. L’enquête réclame des années et ensuite il faut organiser des procès puis la mise en application des peines prononcées et si les sommes sont déposées à l’étranger, cela peut encore s’avérer plus long puisqu’il s’agit aussi de faire face à de possibles recours sur un plan international. L’affaire des fonds détournés aux Philippines lors de la dictature Marcos, il y a de cela 20 ans, n’est toujours pas achevée.
Pourra-t-on survivre aussi longtemps à la crise qui a lieu aujourd’hui? Je crains que non. Nous n’avons plus le luxe d’attendre le versement hypothétiques de fonds.

Nous devons aujourd’hui permettre à la population de vivre pour que ces recours puissent être demain effectués. Il y a là, la priorité des choses à accomplir.

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