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Après la Finul, la bataille du prochain dispositif au Liban-Sud : Pakistan, option américaine et négociations en coulisses

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Le départ annoncé de la Finul ouvre déjà une bataille diplomatique sur l’architecture sécuritaire qui devra lui succéder au Liban-Sud. Derrière les déclarations officielles sur le soutien à l’armée libanaise, plusieurs scénarios commencent à apparaître dans la presse du 16 septembre 2026. Ils ne décrivent pas encore un accord. Ils révèlent plutôt une négociation en cours, avec plusieurs formules concurrentes. Le Pakistan apparaît comme un candidat possible à une future force multinationale. Une présence militaire américaine est également évoquée dans une analyse. Parallèlement, les capitales occidentales discutent de l’après-Finul et de la place que devra occuper l’armée libanaise.

Ad Diyar du 16 septembre 2026 apporte les éléments les plus précis sur la piste pakistanaise. Selon des « sources politiques informées » citées par le journal, Islamabad voudrait prolonger au Liban le rôle diplomatique acquis dans les négociations entre Washington et Téhéran. La coopération officiellement affichée entre le Liban et le Pakistan ne constituerait ainsi qu’une partie d’un rapprochement beaucoup plus large. 

Le Pakistan se positionne au-delà de la médiation

La première étape de ce rapprochement est déjà visible. Ad Diyar rappelle la récente visite au Pakistan du ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar. Celle-ci a notamment débouché sur un accord concernant l’échange de prisonniers et sur une coopération sécuritaire contre les stupéfiants et la criminalité informatique. Islamabad a également réaffirmé son soutien à la souveraineté libanaise et condamné les attaques israéliennes.

Mais les sources citées par Ad Diyar décrivent une ambition différente. Des discussions auraient eu lieu dans les couloirs des Nations unies et lors de rencontres entre responsables régionaux au sujet d’un éventuel rôle militaire pakistanais au Liban. Islamabad serait, selon ces sources, disposé en principe à participer à la « force alternative », quelle qu’en soit finalement la forme, qui pourrait prendre le relais de la Finul après la fin de sa mission.

Cette perspective s’inscrit dans une transformation plus large de la diplomatie pakistanaise. Islamabad avait accueilli et parrainé plusieurs étapes des discussions entre les États-Unis et l’Iran à partir d’avril 2026. Ce processus avait conduit à la signature du mémorandum de juin, avant que les négociations ne se déplacent vers Genève et Doha. Malgré les difficultés rencontrées depuis, le Pakistan continuerait à se considérer comme un intermédiaire potentiel entre Washington et Téhéran. 

Cette position intéresse directement Beyrouth. Les sources d’Ad Diyar estiment que les responsables libanais voient dans le Pakistan un État susceptible de parler simultanément aux Américains et aux Iraniens. Son poids militaire et ses relations avec les deux camps pourraient en faire un acteur acceptable dans un environnement où la composition de la future force constitue autant une question politique qu’une question militaire.

Le président Joseph Aoun a déjà indiqué que le Liban accueillait favorablement toute aide susceptible de contribuer à mettre fin à la guerre. Selon Ad Diyar, les derniers contacts libano-pakistanais auraient renforcé l’idée que le Pakistan pourrait également servir de relais auprès de l’Iran afin de faciliter l’application d’éventuels accords internationaux. 

Une future force multinationale encore sans forme définitive

Le scénario rapporté par Ad Diyar ne consiste pas nécessairement à remplacer simplement les Casques bleus pakistanais par les Casques bleus actuels. Le journal évoque plutôt la possibilité d’un nouveau dispositif multinational.

Le Pakistan pourrait en constituer un des noyaux. Il ne fait actuellement pas partie des 46 pays participant à la Finul, dont Ad Diyar chiffre l’effectif à 7 462 soldats. En revanche, Islamabad possède une longue expérience des opérations de maintien de la paix des Nations unies. Pour les sources du quotidien, cette expérience donnerait à son armée à la fois les compétences techniques et une forme de légitimité internationale pour participer à une nouvelle mission créée afin d’éviter un vide sécuritaire dans le Sud. 

La participation pakistanaise au rendez-vous préparatoire de Paris consacré au soutien à l’armée prend dès lors une signification supplémentaire. Officiellement, cette réunion doit permettre d’identifier les besoins de l’armée et des forces de sécurité. Dans la lecture proposée par les sources d’Ad Diyar, elle peut également servir à mesurer la disposition des États à s’impliquer dans l’étape suivante.

Le quotidien ajoute un autre élément : les responsables libanais rechercheraient une formule régionalement acceptable, alors qu’une alliance militaire essentiellement européenne dans le Sud se heurterait, selon ses sources, à l’opposition israélienne et aux réticences américaines. Le Pakistan présenterait dans cette hypothèse un profil différent. 

Il faut cependant conserver une distinction essentielle. Ad Diyar rapporte ici les appréciations de sources anonymes. Aucun élément du corpus ne permet d’affirmer qu’un accord international aurait déjà été conclu pour confier au Pakistan un tel rôle.

La Finlande confirme que l’après-Finul est déjà un sujet de discussion

Un élément officiel donne néanmoins davantage de consistance à l’existence de discussions sur le futur dispositif.

Ad Diyar du 16 septembre rapporte la visite à Beyrouth du ministre finlandais de la Défense Antti Häkkänen. La Finlande participe depuis longtemps à la Finul. Son ministre a rencontré Joseph Aoun et le ministre libanais de la Défense Michel Menassa.

Häkkänen a indiqué que son pays regardait favorablement ce que souhaiterait le Liban pour la période suivant la fin du mandat de la Finul. Il a également souligné la disposition de la Finlande à renforcer sa coopération militaire avec Beyrouth. De son côté, le Liban cherche à maintenir une implication internationale dans le Sud après la fin de la mission actuelle. 

Ce signal est important. Il ne confirme ni le scénario pakistanais ni celui d’une présence américaine. Il confirme en revanche que la question de l’après-Finul est désormais traitée comme un dossier concret entre Beyrouth et certains partenaires internationaux.

Le débat ne porte donc plus seulement sur le maintien ou le départ de la mission existante. Il commence à porter sur ce qui viendra après elle.

Washington, Paris et Rome au cœur de la recherche d’une formule

Al Joumhouria replace cette réflexion dans une négociation plus large. Le quotidien rapporte que la préparation de la conférence de Paris consacrée à l’armée se déroule en parallèle des discussions concernant les négociations libano-israéliennes, l’extension de l’autorité de l’État et les modalités de déploiement de l’armée dans le Sud.

Selon les informations diplomatiques rapportées par le journal, la question centrale devient la capacité à passer d’un cadre politique général à des mécanismes exécutables. Les précédentes négociations auraient permis certaines avancées techniques sur les « zones expérimentales » et sur le déploiement de l’armée. Mais les dossiers les plus difficiles restent ouverts : retrait israélien, mécanisme de vérification, dispositions sécuritaires et armes du Hezbollah. 

L’enjeu de la future présence internationale doit donc être lu à travers ce cadre. Une nouvelle force ne pourrait pas être conçue indépendamment de la mission confiée à l’armée libanaise, des modalités du retrait israélien et des garanties qui seraient demandées aux différentes parties.

Washington conserve dans ce dispositif une position centrale. Al Joumhouria souligne que le remplacement de la réunion prévue à Rome par un rendez-vous entre les ambassadeurs libanais et israélien à Washington confirme la volonté américaine de conserver la maîtrise du canal diplomatique. Le journal y voit un signal montrant que Washington ne veut pas laisser le processus se bloquer malgré le report de la nouvelle réunion de Rome. 

Annahar du 16 septembre 2026 fait une lecture proche sur ce point. Le quotidien estime que l’organisation par les États-Unis d’une rencontre entre les ambassadeurs libanais et israélien vise à maintenir le processus en vie, même sans avancée décisive immédiate. Le soutien à l’armée suit la même logique : préserver un cadre minimal en attendant que la situation régionale permette éventuellement d’aller plus loin. 

L’hypothèse la plus sensible : des forces américaines dans le Sud

C’est dans ce contexte qu’apparaît le scénario le plus spectaculaire. Ad Diyar du 16 septembre publie une analyse intitulée « Des forces américaines dans le Sud ? ».

Le texte évoque une anticipation attribuée au diplomate américain Aaron David Miller. Selon la formulation rapportée par le journal, un règlement entre Beyrouth et Tel-Aviv pourrait finalement conduire, avec l’accord de Téhéran, au stationnement de forces américaines plutôt qu’européennes dans le Liban-Sud. 

La portée de cette information doit être strictement délimitée. Ad Diyar ne rapporte pas ici une décision du gouvernement américain. Le quotidien ne produit pas davantage un projet officiel de déploiement. Il s’agit d’un scénario attribué à un diplomate américain dans le cadre d’une analyse.

La différence est fondamentale.

Mais l’hypothèse devient intéressante lorsqu’elle est rapprochée des autres informations. Le Pakistan est présenté comme un possible élément d’une force multinationale. La Finlande discute officiellement avec Beyrouth de l’étape suivant la Finul. Washington conserve la maîtrise de la médiation entre le Liban et Israël. Paris prépare avec Beyrouth le soutien à l’armée. Et les discussions portent déjà sur les conditions concrètes d’un futur dispositif sécuritaire.

Il ne s’agit donc pas de preuves convergentes en faveur d’une force américaine. Il s’agit de signes convergents montrant que le vide laissé par la Finul fait déjà l’objet d’une compétition entre plusieurs architectures possibles.

Une équation à trois niveaux : armée libanaise, force internationale et garanties régionales

La première architecture serait centrée sur l’armée libanaise. Celle-ci deviendrait la principale force déployée sur le terrain, avec un soutien international accru et un mécanisme extérieur de vérification et d’assistance.

La deuxième ajouterait une force multinationale à cette présence nationale. Le Pakistan pourrait alors jouer un rôle significatif en raison de son expérience militaire et de sa capacité à maintenir des relations avec des acteurs antagonistes. C’est essentiellement le scénario que décrivent les sources d’Ad Diyar.

La troisième serait beaucoup plus directement américaine. Elle impliquerait une présence des États-Unis sur le terrain et transformerait profondément la nature des garanties sécuritaires au Liban-Sud. Pour l’instant, les sources fournies ne permettent pas d’aller au-delà de l’hypothèse rapportée par Ad Diyar.

Le facteur iranien traverse pourtant les trois scénarios. Le rôle attribué au Pakistan repose précisément sur sa capacité à dialoguer avec Téhéran. L’hypothèse américaine rapportée par Ad Diyar suppose elle-même un assentiment iranien. Et le dispositif de sécurité envisagé au Sud ne peut être dissocié du devenir des armes du Hezbollah.

C’est ici que le dossier de l’après-Finul rejoint directement celui des négociations régionales.

Le Sud devient une pièce du règlement régional

Le calendrier contribue à accélérer les discussions. Les négociations avec Israël doivent définir les conditions d’un retrait et les arrangements sécuritaires. Le rendez-vous de Paris doit déterminer les capacités supplémentaires nécessaires à l’armée. Les contacts avec les pays susceptibles de participer au futur dispositif commencent parallèlement à prendre forme.

Le Pakistan dispose, dans cette équation, d’un avantage particulier. Son éventuelle présence pourrait répondre simultanément à plusieurs contraintes : apporter une force militaire expérimentée, éviter une composition exclusivement occidentale et maintenir un canal politique avec l’Iran.

Mais cette solution n’est pas acquise. De même, aucune source du corpus ne confirme qu’une force américaine aurait reçu l’approbation de Washington, de Beyrouth ou de Téhéran. Les journaux décrivent des hypothèses, des consultations et des intérêts qui se croisent. Ils ne décrivent pas encore un accord.

C’est précisément ce qui rend le dossier important. La question n’est plus seulement de savoir quand la Finul quittera le Sud, mais quelle architecture de sécurité sera suffisamment acceptable pour empêcher que son départ ne crée un vide.

Derrière le Pakistan, la Finlande, Paris, Rome et Washington se dessinent ainsi plusieurs conceptions de l’après-Finul. Leur point commun reste l’armée libanaise. Leur principale différence concerne l’identité, le mandat et la puissance de la présence internationale qui l’accompagnerait.

Pour l’instant, le Pakistan constitue la piste la plus détaillée rapportée par une source de presse. L’option américaine reste la plus sensible et la moins établie. Entre les deux, les consultations occidentales montrent que la recherche d’une formule de remplacement a déjà commencé.

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Newsdesk Libnanews
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