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Gouvernement Salam : pourquoi la bataille de la confiance pourrait se retourner contre ses adversaires

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La séance parlementaire consacrée au gouvernement de Nawaf Salam devait permettre à ses adversaires de mettre l’exécutif sous pression. Elle pourrait produire l’effet inverse. Selon plusieurs informations publiées dans la presse libanaise du 16 septembre 2026, les critiques contre le gouvernement restent fortes, mais elles ne semblent pas, à ce stade, former une majorité prête à provoquer sa chute. Plus encore, une mise aux voix de la confiance pourrait contraindre des députés critiques ou hésitants à se ranger derrière Nawaf Salam afin d’éviter l’ouverture d’une nouvelle crise politique.

Ad Diyar du 16 septembre rapporte que des milieux favorables au gouvernement considèrent qu’une éventuelle demande de confiance transformerait la séance en épreuve politique beaucoup plus large. Selon eux, elle pourrait conduire à la reconstitution d’une majorité parlementaire autour du Premier ministre, y compris avec des députés qui ne soutiennent pas nécessairement l’ensemble de sa politique.

Le raisonnement avancé tient moins à l’adhésion au gouvernement qu’aux conséquences de sa chute. Dans un Parlement fragmenté, provoquer le départ de Nawaf Salam ouvrirait immédiatement la question de son remplacement et de la formation d’un nouvel exécutif. Ad Diyar estime qu’un accord rapide sur une nouvelle équipe serait très difficile.

Le journal va jusqu’à évoquer l’existence d’une limite politique connue des protagonistes. Les oppositions peuvent critiquer, mettre en cause les ministres et contester les choix du gouvernement. Le passage à une bataille destinée à le faire tomber constituerait cependant une autre étape.

Une majorité de circonstance autour de Salam

La séance du 15 septembre a pourtant montré l’ampleur des divergences.

La politique du gouvernement envers Israël, le cadre des négociations, les armes du Hezbollah, les conséquences de la guerre, les réformes économiques, les dépôts bancaires et les nominations administratives ont donné lieu à des interventions parfois très dures.

Jouant ouvertement la carte de l’opposition, Gebran Bassil a présenté une véritable liste d’accusations contre l’exécutif. Ad Diyar du 16 septembre rapporte que le président du Courant patriotique libre a qualifié l’équipe de Nawaf Salam de gouvernement des axes, de l’obscurité et des promesses sans résultats. Il lui a reproché son bilan économique, sa gestion du dossier des armes et plusieurs choix politiques.

Bassil a néanmoins laissé planer l’incertitude sur la confiance. Il a déclaré que son groupe conservait le droit de la demander à la fin de la séance.

Cette réserve est politiquement significative.

Demander un vote permettrait au Courant patriotique libre de pousser sa logique d’opposition jusqu’au bout. Mais une victoire parlementaire du gouvernement donnerait à Nawaf Salam une nouvelle légitimité précisément au moment où ses adversaires cherchent à démontrer son affaiblissement.

Al Joumhouria, dans son édition datée du 15 septembre, avait déjà identifié ce risque avant la séance. Le quotidien rapportait qu’un responsable politique considérait qu’une demande de confiance pouvait aboutir soit à un résultat proche du précédent, soit à une légère progression du gouvernement. Dans les deux cas, l’opération risquait de consolider l’exécutif plutôt que de l’ébranler.

Annahar du 16 septembre fait le même constat après la première journée des débats. Le journal estime que la majorité qui continue d’accorder sa confiance au gouvernement n’a pas réellement changé. Il souligne qu’un nouveau vote pourrait même conduire l’exécutif à obtenir une nouvelle fois la confiance du Parlement malgré la virulence des critiques entendues dans l’hémicycle.

Les trois lectures convergent donc sur un point : la contestation parlementaire est réelle, mais elle ne se transforme pas automatiquement en majorité de remplacement.

Des adversaires qui ne forment pas un même camp

La difficulté tient à la nature même de l’opposition.

Les députés qui attaquent le gouvernement ne le font pas pour les mêmes raisons. Certains lui reprochent d’aller trop loin dans les négociations avec Israël. D’autres lui reprochent de ne pas aller assez vite dans l’application du monopole des armes par l’État. Certains concentrent leurs critiques sur les questions économiques et financières. D’autres visent les nominations ou le fonctionnement institutionnel.

Cette fragmentation est apparue très clairement pendant la séance.

Les députés du Hezbollah ont vivement réagi au discours de Nawaf Salam sur la guerre et sur le cadre des négociations. Hassan Ezzeddine a notamment accusé le pouvoir d’avoir accepté un cadre rédigé au bénéfice d’Israël sans disposer d’éléments de force suffisants.

À l’autre extrémité du débat, des députés des Forces libanaises et des Kataëb ont défendu l’orientation générale du gouvernement, notamment sur le monopole des armes.

George Adwan a choisi l’ironie pour soutenir Nawaf Salam. Il lui a demandé comment il pouvait « oser » engager son gouvernement dans la voie du monopole des armes, avant de l’encourager à poursuivre cette politique. Samy Gemayel a également présenté le gouvernement comme une occasion de reconstruire l’État, tout en lui demandant de transformer ses positions en actes.

Entre ces deux camps, d’autres groupes ont adopté des positions plus nuancées. Le Parti socialiste progressiste a défendu le principe du monopole des armes tout en contestant certains résultats des négociations et en demandant des garanties pour ceux qui ont combattu l’occupation.

La critique du gouvernement existe donc sur plusieurs fronts qui ne peuvent pas facilement être additionnés.

Un député opposé à la politique économique de Nawaf Salam ne votera pas nécessairement avec le Hezbollah contre le gouvernement. Un parlementaire hostile aux armes du Hezbollah peut critiquer certains ministres tout en refusant de provoquer une crise gouvernementale. Un autre peut contester les négociations avec Israël sans souhaiter le retour à plusieurs mois de consultations pour former un nouvel exécutif.

C’est cette géographie parlementaire qui protège aujourd’hui Nawaf Salam davantage qu’un soutien uniforme à son action.

Le facteur extérieur dans les calculs parlementaires

Ad Diyar ajoute une autre dimension à cette protection.

Selon les milieux cités par le quotidien le 16 septembre, les acteurs étrangers qui suivent le dossier libanais considèrent la stabilité du gouvernement comme un élément important de la prochaine étape. Une bataille de confiance serait donc également lue à l’extérieur comme un test de la capacité de Nawaf Salam à continuer de gérer cette phase.

Cette appréciation ne signifie pas que des capitales étrangères détermineraient le vote des députés. Elle pèse néanmoins dans les calculs politiques au moment où plusieurs dossiers libanais dépendent directement de négociations et de soutiens internationaux.

Le calendrier est particulièrement chargé. Le Liban prépare la conférence de Paris consacrée au soutien à l’armée et aux forces de sécurité. Les négociations avec Israël se poursuivent sous médiation américaine. Le gouvernement cherche parallèlement des financements pour la reconstruction et tente de faire avancer les dossiers financiers avec les institutions internationales.

Une chute de l’exécutif interromprait ou compliquerait ces différents processus.

Al Liwaa du 16 septembre insiste également sur cet élément de stabilité. Le journal estime que les équilibres parlementaires ne laissent pas apparaître une force politique suffisamment cohérente pour provoquer la chute du gouvernement et assumer immédiatement les conséquences d’une telle décision.

Le soutien dont bénéficie l’exécutif ne doit cependant pas être confondu avec un satisfecit sur son bilan. Plusieurs députés susceptibles de lui maintenir leur confiance ont eux-mêmes formulé de sévères critiques.

La majorité dont dispose Nawaf Salam ressemble donc davantage à une majorité de nécessité qu’à un bloc politique homogène.

La séance révèle les faiblesses autant que la résistance du gouvernement

Cette protection parlementaire ne fait pas disparaître les problèmes auxquels le gouvernement est confronté.

Les interventions des députés ont rappelé la faiblesse des résultats obtenus sur plusieurs dossiers. Le Sud reste soumis aux opérations israéliennes. Des habitants ne peuvent toujours pas regagner leurs villages. La reconstruction dépend de financements extérieurs. Le dossier des armes reste conflictuel. La situation économique continue de peser lourdement sur les ménages.

Nawaf Salam a lui-même reconnu l’ampleur des difficultés.

Selon Ad Diyar du 16 septembre, il a insisté devant les députés sur le coût considérable de la guerre et sur la nécessité d’obtenir un soutien arabe et international pour la reconstruction. Il a également défendu le recours à la négociation comme moyen de parvenir au retrait israélien et au retour des habitants.

Son discours n’a pas convaincu ses adversaires. Mais il a permis de replacer la responsabilité politique de son gouvernement dans un contexte régional exceptionnel, argument que ses soutiens utilisent pour expliquer la lenteur des résultats.

La séance devient ainsi un exercice paradoxal. Plus les députés exposent les faiblesses de l’exécutif, plus apparaît la difficulté de construire une alternative susceptible de réunir une majorité.

Le risque d’offrir à Salam une nouvelle légitimité

C’est finalement le dilemme auquel se trouve confronté Gebran Bassil.

Le Courant patriotique libre veut s’imposer comme la principale force d’opposition parlementaire. Bassil l’a dit explicitement pendant la séance. Pour rendre cette posture crédible, une demande de confiance constituerait le geste politique le plus fort.

Mais le résultat pourrait être exactement contraire à celui recherché.

Une majorité en faveur de Nawaf Salam permettrait au Premier ministre de sortir de deux journées de critiques en affirmant qu’il conserve la confiance du Parlement. Le vote effacerait en partie l’image d’un gouvernement assiégé et déplacerait le débat vers l’incapacité de ses opposants à réunir une majorité contre lui.

Ad Diyar souligne précisément ce risque. Selon les sources favorables au gouvernement citées par le journal, une bataille de confiance pourrait pousser des députés hésitants à rejoindre le camp du maintien de l’exécutif, non par adhésion à toutes ses politiques, mais pour empêcher une déstabilisation institutionnelle.

C’est probablement la principale protection de Nawaf Salam à ce stade.

Ses adversaires peuvent mettre son gouvernement en difficulté. Ils peuvent contester son bilan, viser certains ministres et dénoncer ses choix. Ils peuvent même parvenir à réunir autour d’une critique particulière des députés appartenant à des camps très différents.

Mais faire tomber le gouvernement exige autre chose : une majorité capable d’assumer ce qui viendrait le lendemain.

Or les informations publiées par Ad Diyar, Annahar, Al Joumhouria et Al Liwaa montrent qu’une telle majorité ne s’est pas dessinée pendant la première journée des débats.

La séance parlementaire révèle donc une situation inhabituelle. Nawaf Salam ne dispose pas d’une majorité politique uniforme, mais ses adversaires ne disposent pas davantage d’une majorité alternative. Dans cet équilibre, la menace d’un vote de confiance peut devenir moins dangereuse pour le gouvernement que pour ceux qui décideraient de le provoquer.

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Newsdesk Libnanews
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