Le Premier Ministre Saad Hariri
Le Premier Ministre Saad Hariri

Le Premier ministre Saad Hariri a annoncé aujourd’hui la démission de son gouvernement à l’issue de 13 jours d’une révolution qui s’est déclenchée le 17 octobre, suite à l’annonce d’une taxe sur les communications WhatsApp par le ministre des Télécommunications Mohamad Choucair. Cette mesure avait amené une importante partie de la population à descendre dans la rue pour protester contre la crise économique et le recours aux taxes afin de réduire l’important déficit public.

Le Premier Ministre annonce se rendre au Palais Présidentiel de Baabda pour présenter sa démission au Président de la République, le Général Michel Aoun et appelle la population à sauvegarder la stabilité et la sécurité du Liban.

Personne n’est plus grand que le Pays, a rappelé le Premier Ministre désormais sortant.

L’annonce a été suivie de la joie dans les différents points où sont rassemblés les manifestants en dépit d’importants incidents aujourd’hui au niveau du Ring Fouad Chéhab et surtout au centre ville de Beyrouth, place Riad el Solh et Place des Martyrs.

En effet, cette démission intervient alors que des sympathisants, identifiés par les médias libanais et certaines personnes comme appartenant au mouvement Amal et Hezbollah, ont réussi à dévaster le centre ville de Beyrouth avant de se retirer, sous les yeux des forces de sécurité intérieure qui ne sont pas intervenues. Des témoignages, pour l’heure non confirmés par le bilan, font état de personnes poignardées.

Il demeure que le Premier Ministre devrait être à nouveau nommé pour former le prochain cabinet gouvernemental. Pour l’heure, on ignore si les principaux obstacles à la formation de ce gouvernement sont levés ou s’ils persistent afin de le mettre rapidement en place. Des sources notent que le principal obstacle est l’insistance du Président de la République, le Général Michel Aoun, à ce que Gébran Bassil, le Président du Courant Patriotique Libre et son gendre – soit reconduit à son poste de Ministre des Affaires Etrangères.

Cette révolution a commencé par des manifestations sur les places principales des villes au Liban puis s’est étendue sur tout le territoire libanais, avec la fermeture des axes routiers principaux, sans qu’aucune solution n’est apparue jusqu’à présent. La semaine dernière, Saad Hariri avait pourtant annoncé un nouveau plan de réformes économiques incluses dans le budget 2020 visant à réduire le déficit public à 0.6%.

Cependant les manifestants exigeaient la démission à la fois du gouvernement et du parlement, considérant la classe politique libanaise comme étant corrompue.

Cette semaine, le Premier Ministre a également été sujet à d’importantes pressions, non seulement populaire, le mouvement de protestation ne faiblissant pas, mais également économiques, avec la fermeture depuis le 18 octobre des banques libanaises ou encore socio-culturelles, avec la grève générale des institutions culturelles ou encore la fermeture des écoles.

Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL) dont les manifestants réclament également la démission, avait estimé nécessaire la mise en place d’une solution rapide pour éviter tout effondrement économique, alors que le Liban risque désormais d’être en situation de défaut de paiement au mois de novembre. En effet, le Ministère des Finances devrait ainsi rembourser une émission obligataire de 1.5 milliards de dollars arrivant à échéance et 500 millions de dollars au titre du service de la dette publique, argent dont il ne dispose aujourd’hui pas. Face à cela, le Ministre des Finances avait annoncé l’émission prochaine d’une nouvelle émission obligataire pour un montant de 2 milliards de dollars. Cependant, la crise actuelle pourrait rendre difficile cette émission.

Aussi de nombreux experts craignent un grand manque de liquidités après la fin des manifestations mais également notent d’importants risques de faillites d’établissements bancaires majeurs.

Pour rappel enfin, le Premier Ministre Libanais avait vu son gouvernement actuel être formé en février 2019, après une gestation de 9 mois à l’issue des élections législatives de mai 2018. Sa principale mission était la mise en oeuvre du plan de réformes économiques, présentées dans le cadre de la conférence CEDRE qui pourrait être remise à voir annulée.

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