Plusieurs sources indiquent que la principale difficulté actuelle dans la formation d’un nouveau gouvernement serait due à l’insistance du Président de la République, le Général Michel Aoun, à ce que le Président du CPL, par ailleurs son gendre, soit reconduit comme Ministre des Affaires Etrangères.

Ainsi, le Premier Ministre Saad Hariri souhaiterait composer son prochain gouvernement avant la démission du cabinet actuel répondant ainsi à l’une des principales revendications des manifestants, alors que le mouvement qui paralyse une grande partie du territoire libanais entre dans son 13ème jour. Ils demanderaient également des élections législatives anticipées, l’abolition du système confessionnel et le retour de l’argent volé.
L’autre possibilité serait de remanier son gouvernement actuel en excluant une grande partie des ministres du cabinet actuel, afin d’apaiser les protestataires.

Pour l’heure, le mouvement protestataire contre les autorités politiques accusées de corruption et d’avoir mené le Liban en quasi faillite ne semble pas faiblir, bien au contraire, alors que les partis politiques semblent également vouloir organiser des contre-manifestations comme hier le CPL à Jounieh.

Concernant les manifestations, le Premier Ministre s’est déclaré opposé à tout recours à la violence pour obtenir la réouverture des axes routiers majeurs toujours bloqués.

L’appel à la démission du Ministre des AF Gébran Bassil revient souvent dans les manifestations,. Ce dernier est accusé, comme de nombreux autres ministres, députés, anciens et actuels, comme l’Ancien Premier Ministre Fouad Saniora, de corruption.

Un gouvernement de 14 membres qui excluraient de nombreuses figures actuelles

Le Premier Ministre, indiquent certaines sources, souhaiterait composer un gouvernement de 14 membres où seront absents Gébran Bassil, Ali Hassan Khalil, le ministre Amal des Finances, Waël Abou Faour du PSP, Youssef Fénianos des Marada ou encore Mohammed Choucair, qui est un de ses proches pour le Courant du Futur dont la décision d’imposer une taxe sur les communications VOIP – mesure aujourd’hui annulée -, a été à l’origine des manifestations dans la nuit du 17 au 18 octobre.

L’Urgence économique commence à se faire entendre

Ce lundi, le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé a évoqué un effondrement économique d’ici quelques jours sur les ondes de CNBC avant de se reprendre dans un communiqué, indiquant plutôt qu’il s’agirait de trouver une solution immédiate, alors que des manifestations se produisaient devant le siège de la BDL à Hamra ou encore devant ses succursales. Les protestataires demandent la démission de Riad Salamé accusé d’avoir collaboré au pillage des fonds publics.

Hier, le Gouverneur de la Banque du Liban s’est rendu auprès du Premier Ministre pour évoquer avec lui la mise en application du plan de réforme présenté la semaine dernière et visant à obtenir un déficit de seulement 0.6% en 2020. Il s’agirait également de permettre le déblocage des fonds prévus dans le cadre du plan d’aide économique au Liban intitulé CEDRE. Cependant, ce plan est aujourd’hui quelque remis en question, certaines organisations participant à CEDRE ayant indiqué vouloir remettre en cause les lignes de crédit déjà accordées au Liban.

Pour l’heure, les principales institutions libanaises demeurent toujours fermées. Il s’agit notamment des banques, des écoles – l’exception de certaines régions comme la Békaa ou du côté de Tebbine, ou des universités comme le NDU, LAU, AUB ou USJ. Concernant les 2 dernières, leurs dirigeants ont rencontré hier le Président de la République pour discuter de la situation.

Concernant des banques, les experts notent que des mesures de contrôles des retraits devraient être mises en place pour juguler les possibles effets de retraits massifs à la fois de livres libanaises ou de dollars en cas de réouverture. Ils craignent également que des transferts massifs de devises aient lieu dans ce cas, avec un effondrement, voir une faillite de plusieurs établissements bancaires majeurs au Liban.

Face à ce risque, l’Association des Banques du Liban (ABL) a choisi de temporiser, préférant attendre un retour au calme avant toute réouverture des banques libanaises.

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