Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a donné une dernière chance à Moscou de se mettre en conformité avec le Traité FNI, d’après le journal autrichien Die Presse. Il s’agit bien entendu d’une nouvelle inversion accusatoire si l’on s’en tient strictement aux faits.

L’Otan fera face à un «problème sérieux» si la Russie ne montre pas son attachement au Traité sur les armes nucléaires à portée intermédiaire (FNI), mais avant que l’Alliance réagisse, elle appelle pour la dernière fois Moscou à céder, a déclaré dimanche le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg cité par le quotidien autrichien Die Presse. 
«La Russie a une dernière chance. Si elle n’en profite pas, nous devrons nous occuper spécifiquement de cet élément du réarmement russe», a indiqué M.Stoltenberg tout en refusant de préciser quelles mesures l’Alliance voulait prendre. 
Il a affirmé qu’à l’heure actuelle, il n’y avait pas de nouveaux missiles de croisière américains en Europe, avant de réitérer les accusations contre Moscou portant sur le missile de croisière 9М729 (code Otan: SSC-8). Selon les États-Unis, ce missile violerait le Traité FNI, qui abolit l’usage de toute une série de missiles d’une portée variant de 500 à 5.500 kilomètres. 

La vérité

En 2017, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova avait commenté les accusations de Washington, notant que le missile de croisière 9M729 n’avait jamais été conçu et testé pour avoir une portée interdite par le Traité FNI. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov l’a encore rappelé en octobre 2018. 
De l’autre côté, début décembre, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a menacé de retrait des États-Unis du Traité FNI de 1987, si Moscou ne s’y conforme pas sous un délai de 60 jours. Donald Trump avait déjà annoncé l’intention de Washington de sortir du Traité FNI en octobre 2018.

Moscou avait déclaré à plusieurs reprises qu’il tenait les engagements pris dans le cadre du Traité FNI et qu’il avait des questions à poser à Washington. La Russie souligne que les États-Unis déploient sur terre, notamment sur une base militaire en Roumanie ainsi qu’en Pologne, des installations capables de lancer des missiles de croisière de type Tomahawk ce qui est interdit par le Traité. La Russie a également fait remarquer que Washington développait des drones d’attaque et finançait les recherches sur la création d’un missile de croisière basé au sol. 

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