Précédent la rencontre tant attendue entre Walid Joumblatt et Talal Arslan qui devraient discuter « d’une feuille de route pour mettre fin à la crise gouvernementale », le Président de la République, le Général Michel Aoun, son Premier Ministre Saad Hariri et le Président de la Chambre Nabih Berri, ont abordé la situation économique du Liban.

Sont présents également, le Ministre de l’Economie, Mansour Bteich, le Gouverneur de la Banque du Liban (BDL) Riad Salamé et le Président de l’Association des Banques Libanaises Salim Sfeir ainsi que le Président de la Commission parlementaire du budget et des finances Ibrahim Kanaan.

Cette réunion intervient alors que des signaux inquiétants sont apparus sur le plan économique, avec une difficulté accrue de la part de l’État à se refinancer. Ainsi, le recul de 5.5% des bénéfices des banques libanaises, généralement réinvesties sous forme d’obligations libanaises, le fait que seuls 1.3% de la dernière émission a été souscrite par les Banques Locales, croit savoir le quotidien The Daily Star dans son édition d’aujourd’hui. Ces dernières estiment que les taux d’intérêts sont trop bas pour susciter leur intérêt.
D’autre part, des informations publiées par Bloomberg faisant état du report du paiement des sommes dues aux hôpitaux, aux entrepreneurs en travaux publics, à la caisse de sécurité sociale expliqueraient également la réduction du déficit budgétaire de 28% au cours du mois dernier. Cependant, il s’agira également que les autorités respectent désormais leurs engagements financiers, faute de quoi, il se pourrait qu’elles soient considérées en état de cessation de paiement.
Cette baisse des bénéfices pourrait également amener les agences de notations internationales dont Moody’s a dégrader de manière supplémentaire les notes attribuées aux banques libanaises, voire même celles des obligations étatiques.
Dans un tel scénario, les efforts des autorités pour réduire les taux d’intérêts, comme stipulés par le budget 2019 tout juste adopté, pourraient être vains.

Devant l’incertitude économique, les autorités publiques estiment que le taux de croissance de l’économie libanaise reste pour l’heure nulle. Le Ministère des Finances s’était, auparavant, montré quelque peu optimiste, indiquant s’attendre à un taux de croissance de 1.2% pour l’année 2019, dans le cadre de rédaction du budget 2019.
Ces diverses informations rendent difficiles le fait que le Liban puisse respecter ses engagements de réduire à moins de 7% le déficit budgétaire, contre 11.1% en 2018.

Par ailleurs, concernant le versement des fonds stipulés par CEDRE, la dernière crise gouvernementale a quelque peu inquiété les pays et organisations donateurs, qui estiment désormais, selon le quotidien Al Joumhouria, que la classe politique libanaise est indifférente et irresponsable.

En raison de l’urgence de la situation économique, les experts estiment que la crise politique induite par la fusillade de Qabr Chamoun et la paralysie du gouvernement, est, par conséquent, un luxe dont le Liban ne peut se permettre.

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