Toujours aucune réunion du gouvernement en raison du désaccord persistant entre Walid Joumblatt (PSP) et Talal Arslan (PDL), alors que le Premier Ministre Saad Hariri est revenu au Liban.

Le désaccord porte toujours sur l’institution judiciaire qui devrait être en charge de l’enquête concernant l’incident de Qabr Chamoun, qui pour rappel, a fait 2 morts du côté des gardes du corps du Ministre en charge du dossier des réfugiés syriens Saleh Gharib, un proche de Talal Arslan.

La situation s’est encore compliquée entre les 2 parties, suite à un nouvel incident à proximité du domicile du ministre ce samedi matin alors qu’un membre du PSP aurait tenté de pénétrer à son domicile.

L’échec de la médiation d’Abbas Ibrahim

Tant Walid Joumblatt que Talal Arslan rejettent le compromis proposé par le directeur de la Sureté Générale qui a proposé de les réunir au Palais Présidentiel de Baabda en vue d’une réconciliation.

Ibrahim Abbas a confirmé que pour l’heure, aucune des 2 parties ne souhaite conclure une telle réconciliation.

Il avait également proposé que le gouvernement puisse se réunir en l’absence de Saleh Gharib, pour le Parti Démocratique Libanais et d’Akram Chehayeb pour le Parti Socialiste Progressiste (PSP), puis à une réunion annexe entre Talal Arslan et Walid Joumblatt au Palais de Baabda en présence du Président de la République Michel Aoun, de son Premier Ministre Saad Hariri et du Président de la Chambre Nabih Berri pour se voir être présenté les résultats de l’enquête préliminaire.

Talal Arslan exige que l’incident de Qabr Chamoun soit déféré au Conseil Judiciaire

Pour l’heure, Talal Arslan – qui estime que la fusillade est une tentative d’assassinat du Ministre – maintient sa demande à ce que l’affaire soit soumise au Conseil Judiciaire. Il est soutenu dans sa demande par le Courant Patriotique Libre (CPL) et le Hezbollah mais cette décision devrait revenir au Conseil des Ministres. Cette demande prend cependant à contrepied, la Présidence de la République qui avait proposé à ce que le dossier puisse être jugé par la cour de justice militaire comme solution de sortie de crise.

« La balle n’est pas dans notre camp et j’en ai fini avec les initiatives », estime Talal Arslan, qui répond ainsi par un non à l’initiative du Général Abbas Ibrahim visant à réunir au Palais de Baabda les 2 dirigeants druzes en vue de les réconcilier. Cette initiative a également été rejetée par Walid Joumblatt.

Talal Arslan, qui appelle par ailleurs à la mise en place d’un nouveau plan sécuritaire pour le Mont Liban, estime donc nécessaire à ce qu’un vote du Conseil des Ministres figure à l’ordre du jour afin de déférer le dossier devant le conseil de la magistrature. Le recourt à cette instance est jugée nécessaire par lui, puisque « refuge normal lorsqu’un ministre subit une attaque armée. »

Pour rappel, le Conseil de la magistrature examine tous les crimes commis contre la sécurité intérieure ou extérieure de l’État, ainsi que certains des crimes contre la sécurité publique. Il gère également le procès conformément à une décision rendue par le Conseil des ministres.

Et Walid Joumblatt demande à ce que l’affaire soit présentée à la cour de justice militaire

Quant à Walid Joumblatt, il estime que l’incident devrait être déféré à la cour de justice militaire, étant soutenu par le mouvement Amal du Président de la Chambre Nabih Berri et par les Forces Libanaises.

Les versions de l’incident, toujours divergentes entre protagonistes

Ainsi, le convoi du Ministre des AF Gébran Bassil avait été bloqué au niveau de la même localité par les sympathisants du PSP. Il avait alors fait demi-tour en raison de la possibilité d’incidents sécuritaires.

Selon le Ministre de la Défense, des informations de ses services avaient relevé la présence d’armes dans les voitures des manifestants pro-Joumblatt.

Suite à ce blocage du convoi du Ministre des AF qui devait initialement retrouver son homologue en charge de la question des réfugiés syriens originaire de la localité de Kfar Matta, ce dernier souhaitait se porter à sa rencontre.

Rapidement, des rumeurs ont circulé parmi les manifestants sur la possible présence de Gébran Bassil dans la voiture de Salah Gharib.

Le Ministre Sahel Gharib a accusé les manifestants d’être à l’origine d’une tentative d’assassinat. Ces derniers, selon Saleh Gharib auraient ouvert le feu au passage de son convoi. Son véhicule a d’ailleurs été touché de plusieurs balles.

Pour sa part, des personnes affiliées au PSP accusent les gardes du corps du Ministre Saleh Gharib d’être à l’origine des premiers coups de feu.

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