Une visite des différents sites de Beyrouth avait été organisée ce dimanche par des activistes impliqués dans la défense du site archéologique de Bachoura actuellement démantelé pour laisser la place à un projet immobilier.

Selon des témoins présents à cet événement, la dernière étape du parcours, a été marquée par une bagarre entre ces derniers et des « éléments inconnus » que certaines sources indiquent être liées au promoteur.

Avant cet incident, les nombreuses personnes participants à cette journée de découverte du Patrimoine Beyrouthins s’étaient rendus sur les différents sites du centre-ville, comme celui du Port Phénicien de Minet el Hosn ou celui du Souk de Beyrouth.

Des spécialistes ont ainsi pu expliquer aux participants les différentes périodes historiques de la capitale libanaise.

Ils ont regretté le manque d’information fourni par les autorités publiques concernant ces sites.

Ils se sont ensuite dirigés vers le site archéologique de Bachoura, objet actuel d’une polémique concernant sa conservation.

Le site de Bachoura, menacé de démantèlement par un projet immobilier

Selon le quotidien Al Akhbar, le site de Bachoura fait l’objet d’une plainte déposée contre la société Alia & Co devant le Conseil d’Etat par l’avocat Na’el Qadbiyeh qui s’oppose à la décision concernant son démantèlement décidé en mars sur la base de documents fournis par la société elle-même au Ministère de la Culture et non la Direction Générale des Antiquités, seule institution normalement apte à prendre une telle décision.

Cette société souhaiterait déplacer un mur d’enceinte de ce site pour le replacer ensuite sur les mêmes lieux, une fois la construction de sous-sols réalisés.

Pour sa part, le Ministre de la Culture de l’époque Ghattas Khoury avait indiqué avoir pris en compte, non pas le rapport fourni par la société Alia & Co mais celle d’une commission formée dans le cadre de ce dossier et constituée de 3 ingénieurs. Il aurait également obtenu la sauvegarde et la restauration par le promoteur d’une église et de 250 tombes de la période romaine présentes sur le site.

Pour rappel, le site de Bachoura comporte différents artéfacts remontant au Premier Siècle après JC, soit durant la période romaine de Beyrouth.

Ainsi, une portion du mur romain aurait été découverte, ainsi qu’une nécropole de la même époque.

Suite à cette plainte pour laquelle différentes ONG et le député Jamil Sayed se sont également portées partie civile, le Conseil d’Etat avait déjà décidé de la suspension du démantèlement de ces artéfacts.

Les travaux auraient depuis repris sur place, indiquent des témoins.

Passez votre chemin, il n’y a rien à voir

Selon le témoignage rapporté par Al Akhbar, l’incident s’est produit après le départ d’une partie des participants à cette marche.

Na’el Qadbiyeh a indiqué que des personnes sont alors arrivées sur les lieux pour les menacer:
« Avec qui êtes-vous oncle, vous avez tort? Si vous nous parlez du sujet, nous devons vous briser … et si vous devez parler avec une tête plus grosse, nous le briserons …« 

Il aurait alors fait appel aux forces de Sécurité. S’en prenant physiquement à l’avocat, ils l’auraient alors jeté sur une voiture avant de lui assener des coups de points.

Selon certaines sources, ces individus seraient liés au promoteur qui aurait ainsi souhaité empêcher la tenue de cet évènement avec pour objetfif que le public ne soit pas alerté des dangers pesant sur le site archéologique de Bachoura.

Ces mêmes sources ont indiqué connaitre l’identité des assaillants, posséder des photographies et des vidéos de l’incidents.

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