Photomontage: En Bas à gauche, Nahr Kalb dans les années 50 avant la construction de la centrale électrique de Zouk. En haut à gauche, publicité pour le Holiday Beach au début des années 70. La source de ces 2 photos est le site OldBeirut. A droite, la plage située entre le Holiday Beach et le Rimal aujourd'hui. Crédit Photo: LBCI.
Photomontage: En Bas à gauche, Nahr Kalb dans les années 50 avant la construction de la centrale électrique de Zouk. En haut à gauche, publicité pour le Holiday Beach au début des années 70. La source de ces 2 photos est le site OldBeirut. A droite, la plage située entre le Holiday Beach et le Rimal aujourd'hui. Crédit Photo: LBCI.

Ah qu’elle était belle, la Mer Méditerranée, cette mer dans laquelle on se baignait insouciant. Elle était belle cette mer dans laquelle, on pêchait des poissons qu’on s’empressait de frire pour les dévorer. Elle était belle cette Mer Méditerranée au bord de laquelle on construisait des châteaux de sable et on affrontait à coup de boule de sable ceux des autres camarades. Il était un temps où elle était bleu, il y a 30 ans à peine.

J’étais un de ces gamins qui passait à l’époque son temps à rêvasser au bord de la plage, à jouer avec d’autres , à naviguer sur des radeaux de fortunes ou des canots gonflables pour jouer à nos ancêtres les Phéniciens. A essayer de capturer crabes ou encore poulpes, à plonger pour en découvrir les secrets.

Hélas, comme toute bonne chose, ce temps est malheureusement révolu.

Des photographies honteuses circulent actuellement sur la toile de ma plage, celle-là même où j’ai passé cette enfance. On voit cette plage jusqu’à l’horizon souillée par des déchets, conséquence de la dernière tempête pourtant de faible intensité qui a balayé le Liban la semaine dernière, alors que le Pays des Cèdres se prépare à en affronter une nouvelle cette semaine. Ces déchets proviennent de nos décharges, celles que les autorités libanaises ont mis en place en 2015 pour répondre – de manière déjà très incorrecte – à la crise des ordures.

La Mer rend ainsi ce que nous lui avons jeté à la figure à la rendre malade.

Ainsi, au lieu de voir nos ordures s’entasser dans nos rues, nos responsables ont préféré les mettre dans des décharges situées tout juste au bord de la mer. C’était sans compter les tempêtes ou les mouettes ou Dieu quel autre Tsunami.

En 2 ans, ils ont perdu leurs temps à tergiverser, ils ont même décidé le mois dernier à étendre la zone d’exploitation des ordures de Costa Brava au Chouf et à la région d’Aley. Encore plus de déchets, on finit enseveli, au lieu de mettre en place une politique de gestion et de valorisation de ces déchets.

En 2015, quand on s’était opposé à la création de ces décharges, certaines personnes nous attaquaient verbalement. Nous étions décriés comme complices d’une crise sanitaire, parce que les ordures dans la rue provoquent des maladies.

Aujourd’hui, ces personnes doivent être fières de manger ces déchets qui finissent dans nos assiettes. Appelant à une mise sous tutelle internationale en raison de l’absurdité de cette décision via la presse et les médias internationaux, nous étiez considérés comme des traîtres au Liban. Oui, nous nuisions à cette image quasi-sacrée. Le Liban doit paraître beau à l’étranger et non pour ce qu’il en est en réalité, c’est-à-dire violé par des décisions incohérentes, conséquentes de pouvoirs qui se succèdent et qui sont paralysés. Eux et leurs progénitures et héritiers n’ont pas peur de se baigner en mer, et pour cause, ils vont à Mykonos ou d’autres paradis bien loin des préoccupations de leurs concitoyens qui voteront tout de même en leurs faveurs aux prochaines élections.

Et pendant ce temps-là, la plage de mon enfance se meurt, les petits poissons qui nageaient entre nos jambes de gamins ont disparu. et les crabes, les poulpes sont partis vers des lieux plus propices et nous demeurons comme des idiots à ne pas savoir quoi faire pour éviter ce genre de situation alors que nous savons pertinemment que faire.

Il est temps que les Libanais se réfèrent à la Justice pour enquêter sur ces violations de nos droits à la santé et à un environnement sain.
Il est temps que les propriétaires des terrains adjacents des plages entament une action judiciaire puisque ces lieux sont également leurs gagne-pains et que les autorités d’alors se référaient aux coûts prohibitifs de la mise en place d’un retraitement des déchets pour justifier la création de ces décharges. Ces coûts sont en aucune commune mesure comparable à la perte aujourd’hui d’une image de marque pour le Liban et pour son tourisme.

Il est temps également que les citoyens que nous sommes deviennent également responsables et qu’à défaut des autorités publiques, nous puissions diminuer nos déchets et notamment au niveau de l’utilisation des matières plastiques.
Il est temps de prendre nos destins en main.

Honte à nous de les avoir laissé jusqu’à présent faire.

Rendez-nous les plages de nos enfances pour que nos enfants puissent un jour en profiter.

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