Nabatiyeh cristallise les craintes d’un nouvel élargissement de la guerre
La situation dans le sud du Liban domine très largement les unes et les pages politiques des journaux du 10 septembre 2026. Nabatiyeh concentre désormais une grande partie des inquiétudes après les combats autour d’Ali al-Taher, la poursuite des frappes israéliennes et les craintes d’un élargissement des zones directement exposées. Al Joumhouriyat, le 10 septembre 2026, rapporte les inquiétudes d’une source sécuritaire de haut rang concernant les intentions israéliennes après la prise d’Ali al-Taher. Selon cette source, des discussions auraient lieu en Israël sur de nouvelles opérations permettant d’étendre les zones contrôlées dans le Sud. Le quotidien insiste sur la valeur militaire de la hauteur d’Ali al-Taher, qui domine Nabatiyeh et ouvre des possibilités de surveillance vers l’Iqlim al-Touffah. Il évoque aussi les risques liés au calendrier électoral israélien, les élections étant prévues à la fin d’octobre. Le journal reste toutefois prudent : les projets évoqués relèvent de renseignements et d’évaluations rapportés par ses sources et non d’une annonce officielle israélienne. Ad Diyar, le 10 septembre 2026, s’interroge de son côté sur ce qui pourrait suivre le franchissement des lignes rouges que le Hezbollah considérait jusqu’ici comme déterminantes. Le quotidien rapporte que, selon des milieux informés de la situation sur le terrain, le Hezbollah ne réduit pas l’intensification israélienne à la seule campagne électorale de Benjamin Netanyahu. Le parti considérerait que les bombardements, les destructions et les tentatives de progression territoriale répondent à un plan plus large. Israël chercherait à imposer progressivement de nouvelles réalités tout en évitant, pour le moment, le coût d’une guerre générale. Ad Diyar rapporte également que le Hezbollah estime avoir restauré une partie de ses capacités après les pertes considérables subies. Il ne donne cependant aucun calendrier pour une éventuelle riposte. La décision dépendrait d’un calcul beaucoup plus vaste que le seul rapport de forces dans le Sud.
La pression militaire reste visible dans les informations de terrain. Al Sharq, le 10 septembre 2026, rapporte des explosions israéliennes à Markaba et Bani Hayyan, ainsi que des frappes dans les secteurs de Wadi Zibqin et Wadi al-Salouqi. Une attaque contre une moto sur la route entre Zibdin et Marj Harouf a également fait une victime. Des mouvements de blindés israéliens ont été signalés à l’est de Khiam. Al Quds, le 10 septembre 2026, rapporte lui aussi un élargissement des opérations israéliennes dans le Sud et accorde une place particulière aux demandes exprimées à Nabatiyeh en faveur d’un déploiement immédiat de l’armée. Le journal évoque un appel signé par plus de six cents personnes, parmi lesquelles des médecins, des ingénieurs, des avocats, des universitaires, des journalistes et des militants. L’objectif affiché est de protéger Nabatiyeh et d’éviter une extension des destructions. Al Liwa’, le 10 septembre 2026, observe également que le renforcement de l’armée est devenu une demande importante dans la ville et ses environs. Le quotidien y voit le signe d’un recours accru aux institutions de l’État. Nahar, le 10 septembre 2026, choisit pour sa part une formule qui résume la journée : le pouvoir se trouve entre la « fumée » des protestations intérieures et celle du Sud. Al Akhbar, le 10 septembre 2026, replace cette situation dans un cadre stratégique plus vaste. Selon son analyse, la question essentielle n’est pas seulement de savoir quel camp dispose de la puissance militaire la plus importante. Elle porte sur la capacité d’Israël et des États-Unis à transformer leur avantage militaire en nouvel ordre politique. Le quotidien relève qu’après six mois de guerre, l’Iran reste en mesure de peser sur la région et sur le détroit d’Ormuz. Au Liban, Israël maintient une présence territoriale tandis que la question des armes du Hezbollah reste sans solution. Al Akhbar estime donc que la puissance militaire peut imposer des destructions et modifier certains rapports de forces sans nécessairement produire un règlement accepté par tous les acteurs.
L’armée renforce sa présence et expose les limites du retour dans les villages
Le rôle de l’armée constitue le deuxième grand fil conducteur de l’actualité. Ad Diyar, Al Akhbar, Al Bina’, Al Joumhouriyat, Al Liwa’ et Al Sharq, le 10 septembre 2026, reprennent largement le communiqué du commandement militaire consacré aux opérations menées dans les zones placées sous son contrôle. L’armée indique avoir installé six barrages fixes et treize points de surveillance sur les routes conduisant à Zawtar al-Gharbiyeh, Froun et Srifa ainsi qu’à l’intérieur de ces localités. Des patrouilles pédestres et motorisées sont assurées en permanence. Les unités spécialisées annoncent également avoir saisi environ 1 818 armes et munitions. Elles citent notamment dix plateformes de lancement de roquettes, sept roquettes, six drones, cinquante et un projectiles, dix bombes aériennes et 1 560 munitions légères. Un nombre important de mines et d’engins explosifs a également été retiré. Par ailleurs, environ douze kilomètres de routes ont été ouverts. Des maisons ont été inspectées avec l’accord de leurs propriétaires. L’armée affirme que les habitants ont coopéré avec les opérations destinées à retirer les armes, les munitions et les restes dangereux de la guerre. Ces mesures sont présentées comme l’application des engagements pris depuis l’accord-cadre du 26 juin 2026. Le commandement souligne toutefois qu’un accord complet n’a pas encore été trouvé sur toutes les étapes concernant les zones concernées et les mesures qui devront suivre. La question ne porte donc plus seulement sur la présence physique de soldats dans le Sud. Elle concerne aussi les modalités précises d’un contrôle opérationnel durable et la capacité de l’armée à assumer davantage de responsabilités alors que les attaques se poursuivent.
Les données publiées sur Zawtar al-Gharbiyeh illustrent surtout les difficultés du retour des habitants. Al Joumhouriyat, le 10 septembre 2026, rapporte que près de 70 % de la population a pu revenir dans la localité afin de constater l’état des biens. Pourtant, seuls 16 % des habitants auraient pu s’y réinstaller réellement. Cela représente environ soixante familles sur quatre cent cinquante. Selon les chiffres communiqués par l’armée, 85 % des maisons ont été totalement détruites et les 15 % restantes ont subi des dégâts partiels. L’enjeu sécuritaire rejoint donc directement celui de la reconstruction. L’armée peut contrôler les entrées, retirer des munitions et ouvrir les routes. Le retour durable reste impossible lorsque les logements et les infrastructures sont détruits. Dans le même temps, le commandement militaire affirme avoir recensé environ 7 700 violations israéliennes depuis la signature de l’accord-cadre. Des tirs auraient également été effectués à proximité de ses soldats et de ses patrouilles. L’armée estime que ces opérations provoquent de nouveaux déplacements de population et portent atteinte à sa crédibilité devant les habitants comme devant la communauté internationale. Al Bina’, le 10 septembre 2026, insiste sur une autre dimension du problème. Le quotidien estime qu’un accord destiné à arrêter la guerre ne peut produire une stabilité réelle si les attaques contre les civils se poursuivent et si les victimes ne disposent pas de voies suffisantes pour obtenir justice. Il cite les événements de Nabatiyeh al-Fawqa, Arabsalim et Kfar Roummane. Cette lecture diffère de celle d’Al Liwa’, qui met surtout en avant le retour de l’État et l’élargissement du rôle de l’armée. Les deux journaux convergent toutefois sur un élément essentiel : l’avenir du Sud dépend désormais autant de la capacité des institutions libanaises à agir que de l’arrêt effectif des opérations israéliennes.
Joseph Aoun assume la négociation tandis que Rome et Paris deviennent deux étapes décisives
La réponse politique à cette situation s’articule autour du choix de la négociation. Ad Diyar, Al Bina’, Al Joumhouriyat, Al Liwa’, Al Sharq et Nahar, le 10 septembre 2026, accordent une place importante aux déclarations de Joseph Aoun. Le président affirme que le Liban a choisi de négocier avec Israël en tant qu’État souverain et qu’aucune puissance étrangère ne doit décider à sa place. Il présente cette orientation comme une décision fondée sur l’intérêt national et la protection du pays. Joseph Aoun fixe trois objectifs : arrêter la guerre, permettre aux déplacés de retourner dans leurs villages et mettre définitivement fin à l’état d’hostilité avec Israël. Il répond aussi aux critiques suscitées par cette dernière formulation. Selon lui, elle ne signifie pas que le Liban abandonne sa souveraineté. Il demande au contraire si le pays peut continuer à supporter une succession de guerres. Al Joumhouriyat, le 10 septembre 2026, rapporte qu’il inscrit son choix dans une volonté de sortir du cycle des conflits qui pèse sur le Liban depuis plusieurs décennies. Le président estime que le recul de l’autorité de l’État a contribué à conduire le pays à la situation actuelle. Il assure que le Liban ne doit pas revenir à cette période. Al Sharq, le 10 septembre 2026, rapporte également son avertissement contre le recours à des puissances extérieures dans les conflits internes. Joseph Aoun affirme que celui qui cherche à s’appuyer sur l’étranger contre un autre Libanais finit lui-même par perdre, car les intérêts des puissances extérieures ne se confondent pas nécessairement avec ceux du Liban.
Les négociations restent pourtant entourées d’incertitudes. Al Joumhouriyat, le 10 septembre 2026, rapporte qu’un porte-parole américain affirme que les parties libanaise et israélienne restent engagées dans un dialogue et qu’une nouvelle réunion doit avoir lieu à Rome. Toutefois, le calendrier paraît lié à la conférence préparatoire de Paris sur le soutien à l’armée libanaise. Le journal évoque aussi une possible séparation entre les discussions diplomatiques et militaires. Les premières resteraient à Rome. Les secondes pourraient se dérouler aux États-Unis. Ad Diyar, le 10 septembre 2026, rapporte pour sa part une prudence croissante de l’Italie concernant une éventuelle participation à une nouvelle force internationale appelée à remplacer la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Selon des sources diplomatiques européennes citées par le journal, Rome souhaite obtenir des garanties précises sur la sécurité de ses soldats, le mandat de la force et ses règles d’engagement. L’expérience positive des soldats italiens auprès des populations du Sud ne suffirait pas si la nature de leur mission devait profondément changer. Al Sharq, le 10 septembre 2026, accorde parallèlement une place importante à la conférence préparatoire prévue à Paris le 17 septembre. Le journal affirme que l’armée a préparé une étude détaillée de ses besoins en armes, équipements, transports, communications et moyens humains. La conférence doit servir à mobiliser un soutien international et arabe. Le renforcement de l’armée devient ainsi directement lié à la négociation : plus l’État souhaite exercer son autorité dans le Sud, plus il doit démontrer qu’il dispose des moyens matériels et politiques nécessaires pour le faire.
La contestation des militaires et le contrôle du gouvernement ouvrent un deuxième front intérieur
La crise du Sud ne fait pas disparaître les difficultés sociales. Nahar, Ad Diyar, Al Joumhouriyat, Al Bina’ et Al Sharq, le 10 septembre 2026, placent les manifestations des militaires retraités parmi les principaux événements de la journée. Les protestataires dénoncent le projet de budget 2027 et réclament une correction de leurs pensions et de leurs revenus. Des rassemblements ont eu lieu à Beyrouth, mais également dans plusieurs régions. À Riad el-Solh, les manifestants ont brûlé des pneus devant le Grand Sérail. Certains ont franchi les barrières installées autour du bâtiment. Des routes ont été temporairement bloquées à Madfoun, dans la Békaa et à Baalbeck. Les militaires retraités affirment que leur objectif n’est pas de pénaliser la population. Ils veulent empêcher le gouvernement d’ignorer leurs revendications et les engagements pris précédemment. Joseph Aoun a déclaré soutenir les droits des militaires retraités comme ceux des personnels encore en activité. Il appelle toutefois à concilier leurs demandes avec les moyens disponibles et avec la nécessité de préserver l’équilibre financier. Al Bina’, le 10 septembre 2026, rapporte que des discussions avec les représentants des retraités ont porté sur l’établissement d’une estimation commune du coût des mesures réclamées. Le dossier doit ensuite revenir devant le Conseil des ministres. Al Joumhouriyat, le 10 septembre 2026, résume cette tension en présentant les « droits des militaires face à l’épreuve du budget » comme l’un de ses principaux sujets. L’image est politiquement forte : l’institution que le Liban veut renforcer pour assurer sa souveraineté dans le Sud est confrontée, dans le même temps, à une profonde crise sociale parmi ceux qui ont servi dans ses rangs.
Al Akhbar, le 10 septembre 2026, ajoute à cette tension la question du contrôle parlementaire du gouvernement. Le journal s’interroge sur la décision de Nabih Berri de convoquer une séance générale consacrée à l’action gouvernementale. Le Parlement s’était principalement consacré à la législation pendant les mois précédents. La séance pourrait désormais devenir le lieu d’un débat beaucoup plus large sur la politique du gouvernement, les dossiers économiques, la sécurité et la situation du Sud. Al Akhbar relève surtout le risque que la discussion quitte rapidement le terrain de la responsabilité gouvernementale pour se concentrer sur le Hezbollah et ses armes. Le même journal met également en avant l’extension du terminal à conteneurs du port de Beyrouth. Un investissement de 100 millions de dollars est prévu par l’opérateur actuel afin d’accroître les capacités du port. Al Akhbar questionne cependant le fondement juridique de la procédure, l’absence d’une mise en concurrence plus large et les conditions dans lesquelles cet investissement supplémentaire a été accordé. Ces dossiers rappellent que l’épreuve de souveraineté à laquelle le Liban est confronté ne concerne pas uniquement ses frontières. Elle concerne aussi le fonctionnement de ses institutions, la gestion de ses infrastructures et la confiance dans les décisions publiques. La journée du 10 septembre place ainsi le pouvoir devant plusieurs exigences simultanées : empêcher l’extension de la guerre, consolider le rôle de l’armée, préserver une voie diplomatique, répondre aux revendications sociales et maintenir le contrôle politique sur une situation intérieure de plus en plus tendue.
Politique locale : l’État cherche à consolider son autorité entre négociation, contrôle du Sud et tensions institutionnelles
Joseph Aoun défend une souveraineté fondée sur la décision de l’État
La ligne politique défendue par Joseph Aoun occupe une place centrale dans la presse libanaise du 10 septembre 2026. Le président de la République assume désormais ouvertement le choix de la négociation avec Israël. Il le présente comme une décision souveraine et non comme une concession imposée par une puissance étrangère. Ad Diyar, le 10 septembre 2026, rapporte que Joseph Aoun fixe comme objectifs l’arrêt de la guerre, le retour des déplacés dans leurs villages et la fin définitive de l’état d’hostilité avec Israël. Le président répond également aux critiques suscitées par cette dernière expression. Il demande si les Libanais souhaitent rester dans un état permanent de guerre et si le pays dispose encore des moyens nécessaires pour supporter un nouveau conflit. Al Joumhouriyat, le 10 septembre 2026, développe largement cette position. Joseph Aoun y affirme que le Liban ne doit pas revenir à une période où la souveraineté de l’État était affaiblie. Il fait remonter cette évolution à 1969 et considère que l’abandon progressif de certaines prérogatives de l’État a contribué aux crises qui ont suivi. Il assure que le pouvoir actuel poursuivra la voie choisie. Al Sharq, le 10 septembre 2026, rapporte aussi son avertissement contre l’utilisation de soutiens extérieurs dans les conflits entre Libanais. Selon Joseph Aoun, celui qui cherche à s’appuyer sur l’étranger contre un autre acteur intérieur finit par perdre, car les puissances étrangères agissent d’abord selon leurs propres intérêts. Le président appelle ainsi à faire de l’intérêt libanais le point de référence de la décision politique. Il insiste sur la nécessité de dépasser les divisions partisanes et confessionnelles. Il affirme également que toutes les parties ont perdu dans les guerres successives. Al Liwa’, le 10 septembre 2026, relève toutefois que cette orientation présidentielle ne supprime pas les différences d’approche au sommet de l’État. Le journal met en regard les propos de Joseph Aoun sur la fin de l’état d’hostilité et ceux de Nabih Berri sur les risques de discorde intérieure. Le président du Parlement affirme que rien n’est plus précieux que le Liban et met en garde contre les guerres internes, les divisions politiques et les crises sécuritaires. Il considère que les questions souveraines doivent être gérées sans provoquer une confrontation entre Libanais. Cette différence ne constitue pas encore une rupture institutionnelle. Elle montre plutôt deux priorités : Baabda insiste sur la restauration de la décision souveraine et sur la négociation, tandis que Aïn el-Tiné met l’accent sur la cohésion interne et sur le refus d’une solution susceptible d’ouvrir un conflit autour du Hezbollah et de ses armes.
La situation du Sud donne à ce débat une dimension très concrète. Joseph Aoun a présidé à Baabda une réunion réunissant les principaux responsables militaires et sécuritaires. Ad Diyar, Al Bina’, Al Joumhouriyat et Al Sharq, le 10 septembre 2026, rapportent que la réunion était consacrée à la situation générale dans le Sud et plus particulièrement à Nabatiyeh. Le président considère que tout vide sécuritaire peut servir de prétexte à de nouvelles attaques et porter atteinte à la souveraineté nationale. Il présente donc le déploiement dans Nabatiyeh comme une obligation de l’État, mais également comme un élément renforçant sa position dans les négociations avec Israël. L’armée est décrite par Joseph Aoun comme la colonne vertébrale de la stabilité. Son action doit être coordonnée avec celle des Forces de sécurité intérieure, de la Sûreté générale, de la Sûreté de l’État et de la Défense civile. Cette volonté de coordination intervient alors que la situation de Nabatiyeh alimente les inquiétudes. Al Liwa’, le 10 septembre 2026, rapporte que des habitants de la ville et des localités voisines demandent une présence plus forte de l’armée. Le journal estime que les événements d’Ali al-Taher ont modifié une partie du débat local sur le rôle des institutions. Al Joumhouriyat, le 10 septembre 2026, rapporte pour sa part des craintes concernant une possible extension des opérations israéliennes vers des secteurs dominant Nabatiyeh et l’Iqlim al-Touffah. Dans ce contexte, l’intervention de l’État n’est plus seulement présentée comme une question de principe. Elle devient une réponse immédiate au risque d’un élargissement de la zone de confrontation. Al Akhbar, le 10 septembre 2026, souligne cependant les limites de cette approche lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’un retrait israélien. Le journal considère que le cœur du problème reste l’ordre des étapes : Israël lie son retrait à la question des armes du Hezbollah, alors que le parti estime que le retrait doit précéder tout règlement concernant son arsenal. Cette contradiction pèse directement sur la capacité de l’État à imposer une solution uniquement par le déploiement de ses institutions.
Nawaf Salam entre gestion gouvernementale, budget et pression parlementaire
Nawaf Salam se trouve au centre d’un autre volet de l’actualité politique. Le Premier ministre doit simultanément suivre la situation du Sud, conduire l’examen du budget 2027 et préparer la participation libanaise à l’Assemblée générale des Nations unies. Ad Diyar, le 10 septembre 2026, rapporte que Joseph Aoun et Nawaf Salam ont examiné ensemble les développements dans le Sud ainsi que les mesures prises par l’armée pour renforcer sa présence dans les villages non occupés. Les deux responsables ont également discuté du projet de budget 2027 et des préparatifs de la délégation que Nawaf Salam doit présider à New York durant la troisième semaine de septembre. Al Bina’, le 10 septembre 2026, rapporte que le Conseil des ministres poursuit l’examen du budget article par article. Certaines dispositions ont été modifiées. Le gouvernement doit également revenir sur les revendications des militaires et des fonctionnaires après l’établissement d’estimations concernant leur coût. Cette question prend une dimension politique importante. Les militaires retraités ont manifesté dans plusieurs régions et à proximité du Grand Sérail. Ils reprochent au projet de budget de ne pas répondre suffisamment à l’effondrement de leurs revenus. Ad Diyar, le 10 septembre 2026, adopte un ton particulièrement sévère envers la politique budgétaire. Le journal considère que les militaires ayant servi l’État ne devraient pas être contraints de manifester pour obtenir une amélioration de leurs pensions. Il rapporte qu’une délégation conduite par Chamel Roukoz doit poursuivre les discussions avec la direction générale du ministère des Finances. Joseph Aoun affirme soutenir les droits des militaires, mais il demande de tenir compte des capacités financières de l’État. La tension est donc claire : le pouvoir veut renforcer l’armée et les appareils de sécurité au moment même où leurs personnels et leurs retraités réclament une amélioration de leur situation matérielle.
La pression sur le gouvernement ne vient pas seulement de la rue. Al Akhbar, le 10 septembre 2026, s’interroge longuement sur la décision de Nabih Berri de convoquer une séance générale consacrée à la discussion de la politique gouvernementale. Le quotidien relève que les séances parlementaires précédentes étaient surtout consacrées au travail législatif. La nouvelle séance doit donc ouvrir un véritable exercice de contrôle politique. Elle intervient dans un contexte sensible, juste avant le déplacement de Nawaf Salam à New York. Selon Al Akhbar, plusieurs dossiers peuvent être abordés : la situation économique, les impôts, la politique sécuritaire et les développements dans le Sud. Le journal estime surtout que le débat pourrait rapidement se déplacer vers les armes du Hezbollah et le rôle du parti. Une séance initialement destinée à interroger le gouvernement pourrait alors se transformer en confrontation entre blocs parlementaires. Al Bina’, le 10 septembre 2026, rapporte que Nabih Berri a fixé la séance de discussion générale aux 15 et 16 septembre. Al Sharq, le 10 septembre 2026, précise que le calendrier a été modifié après une demande de Sami Gemayel, la première date prévue coïncidant avec la commémoration de l’assassinat de Bachir Gemayel. Le président du Parlement a accepté de reporter la séance. Cette décision donne aussi une indication sur la volonté de Berri de maintenir l’exercice parlementaire sans créer une controverse supplémentaire autour du calendrier. La séance reste néanmoins politiquement sensible. Elle constitue la première occasion importante de placer directement le gouvernement Salam face à un débat général sur son bilan, alors que l’exécutif doit gérer simultanément le Sud, les négociations, le budget et les revendications sociales.
Le Hezbollah encadre sa parole et la question de ses armes reste au centre du débat
Le Hezbollah intervient dans cette séquence politique en cherchant d’abord à contrôler les messages qui lui sont attribués. Ad Diyar, Al Bina’ et Al Sharq, le 10 septembre 2026, rapportent un communiqué des relations médiatiques du parti consacré aux déclarations faites par différentes personnalités dans les médias et sur les réseaux sociaux. Le Hezbollah rappelle que les informations ou analyses exprimées par des personnes proches du parti ne doivent pas être automatiquement considérées comme des positions officielles. Il précise que ses positions sont exprimées par les discours de son secrétaire général Naim Kassem, par les communiqués officiels du parti et de la résistance, par ses relations médiatiques et par le bloc parlementaire de la Fidélité à la résistance. Toute autre déclaration engage uniquement son auteur. Cette clarification intervient à un moment où les interrogations se multiplient sur la réaction du Hezbollah aux développements du Sud. Ad Diyar, le 10 septembre 2026, pose directement la question de la durée de son silence militaire. Le journal rapporte que le parti considère qu’Israël a déjà franchi plusieurs lignes rouges par les destructions, les attaques contre les civils et la poursuite de ses opérations. Toutefois, la décision de reprendre des opérations de grande ampleur dépendrait d’une évaluation quotidienne de la situation régionale. Le quotidien affirme que le parti conserve une volonté de combattre, mais qu’il doit tenir compte d’un rapport de forces défavorable et d’une confrontation qui dépasse désormais le seul territoire libanais. Al Akhbar, le 10 septembre 2026, replace cette hésitation dans le débat sur la fonction même des armes. Le journal estime que la question ne peut pas être résolue uniquement en exigeant la remise de l’arsenal. Selon son analyse, la persistance de l’occupation et des bombardements entretient auprès d’une partie de la population l’idée que les armes restent nécessaires. Le quotidien considère ainsi qu’une solution durable suppose de modifier les conditions sécuritaires qui justifient leur maintien aux yeux de leurs partisans.
Cette question traverse également les positions des adversaires politiques du Hezbollah. Al Sharq, le 10 septembre 2026, rapporte une déclaration de Samir Geagea demandant l’application des décisions gouvernementales relatives aux structures militaires et sécuritaires du parti, notamment à Nabatiyeh et dans ses environs. Le chef des Forces libanaises estime que l’armée doit retirer les armes non étatiques et démanteler les infrastructures concernées afin de permettre à l’État de demander ensuite aux États-Unis d’exercer une pression pour l’arrêt des attaques israéliennes. Al Liwa’, le 10 septembre 2026, adopte une lecture proche lorsqu’il décrit un élargissement du soutien local au choix de l’État. À l’inverse, Ad Diyar et Al Bina’ insistent davantage sur l’occupation israélienne et sur l’impossibilité de dissocier la question des armes de celle du retrait. Ces divergences structurent désormais la politique intérieure. Elles opposent moins les acteurs sur l’objectif affiché d’un État souverain que sur la séquence permettant d’y parvenir. Pour certains, le monopole des armes par l’État doit être établi immédiatement afin de renforcer la position libanaise. Pour d’autres, un désarmement préalable alors que l’armée israélienne reste présente dans des territoires libanais ferait disparaître un moyen de pression avant d’avoir obtenu le retrait. Cette contradiction devrait se retrouver au Parlement lors de la discussion générale du gouvernement. Elle accompagne également les négociations avec Israël et les discussions internationales sur le soutien à l’armée.
Réformes financières, contrôle de l’État et nouveaux sujets de friction
La politique locale ne se limite pas au dossier militaire. Joseph Aoun a également reçu le président de la commission parlementaire des Finances et du Budget, Ibrahim Kanaan. Ad Diyar et Al Bina’, le 10 septembre 2026, rapportent que les discussions ont porté sur les réformes financières après l’adoption de la loi de réforme bancaire par le Parlement. Ibrahim Kanaan insiste sur la nécessité de restaurer la confiance dans le système bancaire et de traiter la question des dépôts de manière équitable. La détermination des responsabilités et la vérification des chiffres restent présentées comme des étapes indispensables. Ce dossier s’inscrit dans la volonté affichée par Joseph Aoun de faire de la lutte contre la corruption une priorité. Al Sharq, le 10 septembre 2026, rapporte que le président considère cette lutte comme l’une des principales batailles de son mandat. Il affirme que plusieurs décennies de paralysie administrative, de clientélisme politique et de partage confessionnel ne peuvent pas être réparées rapidement, mais soutient que les premières étapes de réforme ont été engagées. Il met aussi en avant les progrès financiers enregistrés par l’État avant la nouvelle détérioration de la situation sécuritaire. Ces déclarations doivent toutefois être replacées dans leur contexte politique : elles constituent le bilan présenté par la présidence elle-même et non une évaluation indépendante des résultats économiques du gouvernement.
Al Akhbar, le 10 septembre 2026, apporte précisément un contrepoint à ce discours réformateur avec son enquête sur l’extension du terminal à conteneurs du port de Beyrouth. Le projet prévoit un investissement de cent millions de dollars destiné à augmenter fortement la capacité du terminal. Le journal s’interroge sur la procédure suivie avec l’opérateur actuel et sur le fondement juridique d’une attribution directe. Il rapporte que le ministre des Travaux publics, Fayez Rasamny, a demandé des explications concernant la base légale de l’opération. Al Akhbar souligne qu’une priorité contractuelle pour exploiter de nouvelles installations ne signifie pas nécessairement que les travaux de développement doivent être confiés sans mise en concurrence. Le quotidien pose aussi la question de l’avenir des autres activités du port si le terminal à conteneurs continue de s’étendre. Le dossier prend ainsi une dimension politique : la reconstruction de l’État et le rétablissement de la confiance ne se mesurent pas seulement à la présence de l’armée ou à l’adoption de lois bancaires. Ils dépendent aussi de la transparence des contrats publics, du fonctionnement des institutions et de la capacité du gouvernement à justifier ses décisions. Entre le contrôle du Sud, la négociation avec Israël, le budget 2027, la colère des militaires, la séance de discussion parlementaire et les interrogations sur la gestion des infrastructures publiques, la politique libanaise du 10 septembre 2026 se concentre donc autour d’une même question : celle de la capacité de l’État à exercer effectivement ses responsabilités sans provoquer une nouvelle fracture intérieure.
Diplomatie : Rome, Paris et Washington au centre d’une bataille pour imposer les conditions de la désescalade
Les négociations avec Israël restent ouvertes mais leur calendrier dépend désormais du terrain
Le canal de négociation entre le Liban et Israël reste ouvert, mais la presse du 10 septembre 2026 décrit un processus ralenti par les opérations militaires dans le Sud et par les divergences sur les engagements attendus de chaque partie. Al Joumhouriyat, le 10 septembre 2026, rapporte qu’un porte-parole du département d’État américain affirme que les parties libanaise et israélienne demeurent engagées dans un dialogue et qu’une nouvelle rencontre à Rome reste prévue. Le calendrier annoncé plusieurs semaines auparavant n’est toutefois plus considéré comme acquis. Le journal explique que le dossier a été évoqué lors de la visite en Israël de l’ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, et de son entretien avec Benjamin Netanyahu. Une nouvelle réunion avait alors été envisagée dans les semaines suivantes, sans engagement israélien sur une date précise. Selon Al Joumhouriyat, Israël aurait ensuite lié de nouvelles étapes à des mesures concrètes de l’armée libanaise. Cette évolution a rapproché le calendrier de Rome de celui de la réunion préparatoire de Paris consacrée au soutien international à l’armée. Le quotidien avance ainsi que les résultats de Paris pourraient déterminer le moment et les conditions de la prochaine séquence de négociation. Il évoque aussi une distinction croissante entre deux niveaux. Le premier serait politique et diplomatique, avec Rome comme lieu de discussion. Le second serait militaire et pourrait être traité séparément aux États-Unis. Pour l’administration américaine, selon l’analyse développée par Al Joumhouriyat, le maintien de cette table de négociation constitue en lui-même un objectif. Washington chercherait à empêcher la disparition d’un canal qui laisserait davantage de place aux rapports de forces régionaux et à l’Iran. Le journal estime que les États-Unis veulent également maintenir la stabilité de l’architecture politique libanaise et éviter un effondrement du processus sous la pression des événements du Sud. Cette lecture dépasse toutefois les annonces officielles américaines et relève de l’analyse du quotidien. Ad Diyar, le 10 septembre 2026, adopte une approche beaucoup plus sceptique sur la médiation américaine. Le journal s’interroge sur la capacité des États-Unis à obtenir des concessions d’Israël alors que les bombardements, les destructions et les opérations terrestres se poursuivent. Il relève que Washington affirme pouvoir faciliter les discussions, mais que le Liban ne dispose toujours pas d’un arrêt effectif des opérations israéliennes. Cette contradiction nourrit une question centrale dans la diplomatie libanaise : négocier pendant que les opérations militaires se poursuivent permet-il d’améliorer la position de Beyrouth ou, au contraire, de négocier sous une pression permanente ? La présidence a tranché en faveur du maintien du processus. Joseph Aoun répète que le choix de négocier relève d’une décision souveraine et que son objectif est de mettre fin à la guerre, de ramener les déplacés et de mettre définitivement fin à l’état d’hostilité. Al Joumhouriyat et Ad Diyar montrent cependant que la discussion ne porte plus seulement sur la finalité du dialogue. Elle concerne désormais l’ordre des étapes, les garanties et les gestes que chaque partie devra accomplir avant la suivante.
La diplomatie libanaise cherche parallèlement à transformer le renforcement de l’armée en argument politique. Pour Joseph Aoun, le déploiement dans les zones non occupées doit prouver que l’État assume ses responsabilités. Il doit aussi empêcher tout vide sécuritaire susceptible d’être utilisé comme justification de nouvelles opérations israéliennes. Al Joumhouriyat, le 10 septembre 2026, rapporte que Washington attend justement des mesures pratiques de la part de l’armée. Le journal affirme que les États-Unis souhaitent voir l’institution militaire progresser sur le terrain dans le cadre du principe de monopole des armes par l’État. Toutefois, le même quotidien relève que le renforcement des patrouilles et du déploiement à Nabatiyeh ne s’est pas traduit par une confrontation directe avec le Hezbollah. Il y voit la confirmation que les autorités libanaises continuent de refuser un affrontement intérieur. Ce point est essentiel dans la conduite diplomatique du dossier. Beyrouth cherche à présenter l’armée comme l’acteur central de la sécurité tout en évitant que les demandes extérieures ne provoquent une crise interne. Al Bina’, le 10 septembre 2026, conteste pour sa part toute stratégie qui ferait dépendre la souveraineté libanaise de la seule pression américaine. Dans une analyse consacrée à la réponse diplomatique aux opérations israéliennes, le journal réclame une diplomatie plus offensive. Il estime que le Liban doit utiliser simultanément l’armée, l’unité intérieure et les instruments politiques dont il dispose, tout en évitant de considérer Washington comme un arbitre neutre. Le quotidien critique également le discours de la diplomatie libanaise lorsqu’il le juge trop prudent face aux attaques israéliennes. Cette position se distingue nettement de la stratégie suivie par la présidence. Elle montre néanmoins que la diplomatie constitue désormais un sujet de confrontation intérieure. Les discussions avec Israël ne sont pas jugées uniquement à leurs résultats. Elles sont aussi évaluées selon le rapport de forces qu’elles créent au Liban. Al Akhbar, le 10 septembre 2026, développe un raisonnement comparable sur un autre registre. Le journal estime que les États-Unis disposent d’une influence majeure dans les discussions, mais que la persistance de l’occupation et des bombardements limite la capacité de Washington à convaincre les partisans du Hezbollah qu’un transfert complet de la sécurité à l’État suffit à garantir leur protection. Ainsi, la diplomatie libanaise se retrouve devant une équation difficile : démontrer à Israël et aux États-Unis que l’État peut exercer son autorité, tout en démontrant aux habitants du Sud que cette autorité peut également les protéger contre Israël. Tant que la seconde démonstration reste incomplète, les progrès institutionnels risquent de ne pas produire automatiquement les effets politiques recherchés.
Al Bina’-10 09 2026.pdf
Paris transforme le soutien à l’armée en levier diplomatique tandis que les acteurs internationaux cherchent leurs garanties
La conférence préparatoire consacrée au soutien à l’armée devient dans ce contexte un rendez-vous diplomatique aussi important que militaire. Al Sharq, le 10 septembre 2026, indique que la réunion prévue à Paris le 17 septembre doit mobiliser une aide internationale et arabe destinée à renforcer les capacités de l’armée et des forces de sécurité. Le journal rapporte que Joseph Aoun doit y participer aux côtés du président français Emmanuel Macron et du roi Abdallah II de Jordanie. Une participation de nombreux États, responsables militaires et représentants d’organisations internationales est également annoncée. L’objectif ne se limite pas à l’achat d’équipements. Paris veut contribuer à créer les conditions permettant à l’État libanais d’étendre son autorité, notamment dans le Sud et le long des frontières. L’armée a préparé une étude détaillée de ses besoins matériels, techniques, logistiques et humains. Les demandes portent sur les équipements, les moyens de déplacement, les communications et les capacités nécessaires à un déploiement durable. Al Joumhouriyat, le 10 septembre 2026, souligne cependant que les contributions internationales ne sont pas encore toutes garanties. Le journal affirme que l’Arabie saoudite a accepté de participer après des démarches françaises, mais qu’elle n’a pas annoncé à ce stade un engagement précis dans le fonds de financement. Il rapporte également que des milieux américains attendent des mesures sur le terrain avant que de nouvelles aides importantes soient débloquées. Washington devrait néanmoins être représenté par un responsable militaire de haut rang lié au mécanisme de coordination avec le Liban. Cette prudence révèle le caractère politique du soutien financier. Les États donateurs veulent savoir comment l’armée utilisera ses nouvelles capacités et dans quel cadre elles seront déployées. La France cherche ainsi à transformer la conférence de Paris en pont entre le soutien matériel à l’institution et le processus politique avec Israël. Plus l’armée dispose de capacités crédibles, plus Beyrouth peut soutenir qu’elle est en mesure de remplir les fonctions sécuritaires que ses partenaires internationaux exigent. Mais l’équation reste conditionnée par le comportement israélien. L’armée libanaise affirme elle-même que la poursuite des attaques et des violations réduit sa capacité à achever ses missions. L’aide internationale ne pourra donc pas résoudre seule le problème si les zones dans lesquelles l’armée doit se déployer continuent d’être bombardées. Paris doit ainsi travailler simultanément sur deux niveaux : augmenter la capacité de l’État libanais et obtenir un environnement permettant à cette capacité de produire des résultats. La conférence apparaît dès lors comme une étape de négociation indirecte sur l’avenir du Sud, et pas seulement comme une réunion de donateurs.
La question de l’avenir de la présence internationale renforce encore cet enjeu. Ad Diyar, le 10 septembre 2026, rapporte que l’Italie est devenue plus prudente concernant une éventuelle force internationale appelée à succéder à la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Selon des sources diplomatiques européennes citées par le journal, Rome s’était montrée initialement intéressée par une nouvelle formule. La visite à Beyrouth du responsable des services de renseignement italiens aurait toutefois conduit à une réévaluation. Celui-ci aurait rencontré des responsables officiels et d’autres acteurs afin d’obtenir des garanties sur la nature de la mission, l’environnement dans lequel les soldats seraient appelés à opérer et les risques de confrontation avec des groupes armés ou avec les habitants. Le rapport remis après cette visite aurait été réservé, en particulier sur la question de la protection des soldats italiens. Le Parlement italien voudrait connaître précisément les règles d’engagement, le mandat de la force et les responsabilités en cas d’incident. Ad Diyar rappelle que les militaires italiens actuellement présents dans le Sud disposent d’un capital de confiance construit au fil des années grâce à leurs liens avec les populations et à leurs activités civiles et humanitaires. Une nouvelle mission, avec des pouvoirs différents, pourrait cependant modifier cette relation. Cette prudence italienne rejoint les interrogations plus générales sur l’après-mission internationale actuelle. Elle montre qu’aucun remplacement ne peut être décidé sans définir qui protège la force, quels pouvoirs lui sont accordés et comment elle se coordonne avec l’armée libanaise. Al Quds, le 10 septembre 2026, apporte à ce dossier la position des Nations unies. Le journal rapporte que le secrétaire général Antonio Guterres demande un arrêt immédiat des hostilités et le retrait des forces israéliennes du territoire libanais. Il appelle également toutes les parties à respecter la souveraineté du Liban et leurs obligations internationales. Al Quds rapporte en outre les inquiétudes du secrétaire général concernant les attaques contre des civils, des établissements de santé et des institutions publiques. Le quotidien cite également la Force intérimaire des Nations unies au Liban, qui affirme avoir observé depuis l’accord de juin un nombre important de tirs israéliens sans enregistrer de tirs comparables depuis le côté libanais. Cette position fournit à Beyrouth un argument diplomatique important : les demandes portant sur les obligations de l’État libanais peuvent être accompagnées d’une demande internationale explicite de retrait israélien et de cessation des attaques.
Washington cherche un accès politique plus large tandis que Beyrouth multiplie les canaux extérieurs
L’action américaine ne se limite pas au dialogue avec les autorités. Plusieurs journaux s’intéressent aux tentatives de Washington d’établir un contact politique plus direct avec la communauté chiite. Al Joumhouriyat, le 10 septembre 2026, consacre un dossier à ce qu’il décrit comme une volonté américaine de distinguer le Hezbollah de son environnement social. Selon cette analyse, Washington maintient son objectif de mettre fin aux armes échappant aux institutions de l’État, mais cherche à éviter de présenter cette politique comme une confrontation avec les chiites. Le problème identifié par le journal tient à la confiance. Les habitants du Sud évaluent la politique américaine à partir de leur expérience directe : bombardements, destructions, occupation et possibilités de retour dans leurs villages. Dès lors, un discours américain assurant que la communauté n’est pas visée ne peut produire un effet durable si Washington ne parvient pas à obtenir des garanties concrètes de sécurité. La logique présentée par Al Joumhouriyat consiste à diminuer progressivement les raisons qui nourrissent le soutien aux armes du Hezbollah. Cela supposerait un retrait israélien, un arrêt durable des opérations, une reconstruction, des garanties pour le Sud et une armée capable d’assurer effectivement la protection du territoire. Dans ce scénario, le débat sur les armes pourrait ensuite être déplacé du terrain militaire vers le terrain politique. Al Akhbar, le 10 septembre 2026, traite cette même stratégie d’un point de vue beaucoup plus critique. Le journal s’en prend notamment au rôle de l’ambassadeur américain Michel Issa et à sa proximité affichée avec la position israélienne. Il considère que les démarches américaines auprès d’acteurs chiites s’inscrivent dans une stratégie de pression politique contre le Hezbollah. Au-delà du ton très polémique de cette lecture, la convergence entre les deux journaux porte sur l’existence même d’un nouvel effort américain vers des interlocuteurs chiites autres que le parti. Ils divergent profondément sur son sens. Al Joumhouriyat y voit la recherche d’une solution permettant de détacher la communauté de la logique des armes. Al Akhbar y voit une tentative d’affaiblissement politique du Hezbollah. Cette bataille de perception constitue désormais une dimension à part entière de l’activité diplomatique américaine au Liban.
Beyrouth tente, de son côté, de ne pas limiter son action extérieure au seul canal américain. Al Bina’, le 10 septembre 2026, rapporte ainsi la visite de l’ambassadeur de Chine auprès de la presse libanaise et les discussions portant sur la guerre régionale ainsi que sur les moyens de mettre fin aux opérations au Liban. Le journal insiste sur l’intérêt de Pékin pour la stabilité et sur le maintien des contacts avec les responsables libanais. Al Sharq, le 10 septembre 2026, rapporte aussi que Nawaf Salam prépare sa participation aux réunions de l’Assemblée générale des Nations unies durant la troisième semaine de septembre. Ce déplacement doit offrir au Premier ministre une plateforme supplémentaire pour exposer la position libanaise, alors que les démarches diplomatiques se concentrent sur le Sud, les violations israéliennes et le soutien aux institutions publiques. Dans le même temps, les responsables politiques libanais entretiennent leurs contacts européens. Al Sharq rapporte la rencontre de Samir Geagea avec le nouvel ambassadeur de France au Liban, Patrick Durel, au cours de laquelle ont été évoquées les évolutions libanaises et régionales. Les divergences intérieures restent présentes dans ces contacts. Les Forces libanaises souhaitent que les partenaires internationaux soutiennent l’application du monopole des armes par l’État. D’autres acteurs insistent d’abord sur l’obtention d’un retrait israélien et d’un arrêt des attaques. La diplomatie libanaise fonctionne ainsi sur plusieurs voies qui ne portent pas toutes exactement le même message. La présidence met en avant la souveraineté de la décision et la négociation. Le gouvernement cherche à mobiliser les Nations unies et les partenaires internationaux. Les partis utilisent leurs propres réseaux pour défendre leurs priorités. Les États-Unis tentent de maintenir la table des discussions et d’élargir leurs relais intérieurs. La France se concentre sur le renforcement de l’armée et sur la préparation de Paris. L’Italie demande des garanties avant tout nouvel engagement. Les Nations unies réclament l’arrêt des hostilités et le retrait israélien. Dans ce paysage, la prochaine étape diplomatique dépend moins d’une seule initiative que de la capacité à faire converger trois dossiers : la cessation des opérations israéliennes, le déploiement effectif de l’État libanais et la définition progressive d’un règlement concernant les armes hors des institutions publiques.
Politique internationale : la guerre entre Washington et Téhéran s’étend aux routes maritimes et entraîne le Golfe, le Yémen et le Levant
Le détroit d’Ormuz devient le principal théâtre d’une confrontation désormais ouverte
La confrontation entre les États-Unis et l’Iran atteint un nouveau niveau le 10 septembre 2026 avec l’extension des attaques aux pétroliers, aux navires commerciaux et aux installations militaires de plusieurs pays de la région. Al Arabi Al Jadid, le 10 septembre 2026, décrit ce nouvel épisode comme la plus vaste guerre maritime entre Washington et Téhéran depuis le début du conflit, six mois plus tôt. Les forces américaines annoncent avoir détruit cinq pétroliers iraniens dans la nuit, après des tentatives iraniennes visant des bâtiments de la marine américaine. La direction centrale américaine affirme ensuite que dix pétroliers iraniens ont été détruits au cours de la semaine. Washington présente ces navires comme appartenant à un réseau destiné à financer les Gardiens de la révolution et leurs alliés régionaux. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio résume la nouvelle doctrine américaine : chaque tentative iranienne contre un navire de guerre américain entraînera la perte de pétroliers iraniens. L’Iran répond en annonçant des attaques contre deux bâtiments américains et huit pétroliers dans la zone du détroit d’Ormuz. Les Gardiens de la révolution déclarent aussi avoir visé dix navires près du détroit. Al Sharq Al Awsat, le 10 septembre 2026, confirme l’ampleur de cette nouvelle phase. Le journal souligne que la flotte commerciale iranienne se trouve désormais directement sous la menace américaine. Le conflit ne concerne donc plus uniquement des sites militaires ou nucléaires. Il s’étend aux instruments économiques qui permettent à Téhéran d’exporter son pétrole et de financer son appareil militaire. Al Quds, le 10 septembre 2026, relève de son côté que cette intensification a immédiatement affecté les marchés. Le pétrole a franchi le seuil des 100 dollars le baril, pour la première fois depuis juillet. Al Bina’, le 10 septembre 2026, cite un baril de Brent autour de 101,50 dollars et souligne les conséquences sur les marchés américains. Le journal rapporte une baisse des principaux indices boursiers et une hausse du rendement des obligations américaines à dix ans. Il évoque également l’impact du prix des carburants aux États-Unis. Le coût moyen du gallon d’essence aurait atteint 4,22 dollars, tandis que le diesel serait monté à 5,94 dollars. Pour Al Bina’, ces chiffres montrent que la guerre commence à entrer directement dans le débat intérieur américain, car elle pèse sur les ménages, les entreprises et les transports.
La stratégie iranienne consiste désormais à étendre l’espace de risque au-delà du seul détroit d’Ormuz. Al Arabi Al Jadid, le 10 septembre 2026, rapporte que les Gardiens de la révolution veulent créer une « zone restreinte » allant des environs de Chabahar vers la mer d’Oman et la mer d’Arabie. Les coordonnées précises doivent être annoncées ultérieurement. Le porte-parole des Gardiens de la révolution, Hussein Mohibbi, affirme que le détroit d’Ormuz n’est plus seulement un passage maritime, mais l’un des éléments décisifs de l’équilibre mondial. Il explique que l’Iran souhaite étendre son contrôle sur les mouvements de navires et rendre plus coûteux le passage des bâtiments considérés comme hostiles ou soumis à des mesures contre Téhéran. Les conséquences sont déjà visibles. Al Arabi Al Jadid rapporte qu’un pétrolier transportant deux millions de barils de fioul a pris feu dans les eaux irakiennes après avoir été touché par un drone. Aucun membre de l’équipage n’aurait été blessé. Une autre attaque aurait endommagé un méthanier près du port émirati de Khor Fakkan. Al Bina’ et Al Sharq Al Awsat rapportent également ces incidents. Le risque s’étend ainsi aux eaux irakiennes, émiraties et omanaises. Dans le même temps, l’Iran a lancé environ vingt missiles balistiques vers une base utilisée par les forces américaines dans l’est de la Jordanie. L’armée jordanienne affirme en avoir intercepté dix-huit. Deux autres seraient tombés dans des zones inhabitées, sans faire de victime. Un responsable américain cité par Al Arabi Al Jadid affirme que tous les militaires américains sont sains et saufs. La Jordanie devient donc, elle aussi, un espace directement touché par la confrontation. Le Qatar, le Koweït, l’Arabie saoudite, Bahreïn et l’Égypte condamnent les attaques iraniennes contre le territoire jordanien. Doha appelle à l’arrêt immédiat des opérations militaires et au retour au dialogue. Cette série de réactions montre que les États du Golfe cherchent à empêcher la transformation de leur territoire ou de leurs eaux en prolongement permanent de la guerre entre Washington et Téhéran. La principale difficulté reste toutefois l’absence de mécanisme de désescalade crédible. Chaque attaque produit désormais une riposte plus large. L’Iran affirme qu’il frappera vingt cibles si deux ou trois de ses propres objectifs sont visés. Les États-Unis promettent de continuer à frapper les navires iraniens à chaque tentative contre leur flotte. Cette logique de représailles augmente le risque d’un incident qui dépasserait les limites jusqu’ici observées.
Le dossier nucléaire revient devant le Conseil de sécurité tandis que Téhéran élève le prix d’un règlement régional
La confrontation militaire s’accompagne d’une nouvelle pression diplomatique sur le programme nucléaire iranien. Al Sharq Al Awsat, le 10 septembre 2026, rapporte que le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique a décidé de renvoyer le dossier iranien devant le Conseil de sécurité des Nations unies. C’est la première décision de ce type depuis vingt ans. Le texte a été adopté par vingt-trois voix, avec trois votes contre et huit abstentions. La Russie, la Chine et le Niger ont voté contre. Al Bina’, le 10 septembre 2026, rapporte la réaction du ministère iranien des Affaires étrangères, qui juge la décision injustifiée et politiquement motivée. Le porte-parole iranien Ismaïl Baghaï accuse les puissances occidentales d’ignorer les conséquences des attaques américaines et israéliennes contre des installations nucléaires placées sous garanties internationales. Selon lui, la limitation de l’accès des inspecteurs est une conséquence directe de la guerre. Téhéran estime donc que l’Agence sanctionne les effets d’une situation créée par les frappes ennemies. Al Liwa’, le 10 septembre 2026, rapporte également le renvoi du dossier devant le Conseil de sécurité et souligne l’opposition de Moscou et de Pékin. Le débat ne porte toutefois plus uniquement sur les engagements passés de l’Iran. Une nouvelle question apparaît autour d’installations souterraines. Al Arabi Al Jadid et Al Sharq Al Awsat, le 10 septembre 2026, signalent une forte accélération des travaux sur un site situé près de Natanz et désigné comme « Jabal al-Faas » dans plusieurs rapports. Des images satellites analysées par un centre de recherche américain montreraient une intensification de la construction au cours de l’année 2026. Des experts estiment que le site a probablement été conçu comme refuge pour des activités nucléaires, en raison de sa profondeur et de la nature du terrain. Les États-Unis étudieraient les moyens de frapper des installations enfouies aussi profondément. La difficulté tient à la capacité réelle des armes disponibles à traverser la roche et à détruire des infrastructures enterrées. La combinaison du renvoi diplomatique devant le Conseil de sécurité et de cette interrogation militaire renforce ainsi la pression sur Téhéran. En revanche, elle ne fournit encore aucune voie claire vers un accord. L’Iran affirme que son programme nucléaire et ses capacités balistiques relèvent de sa souveraineté. Washington et ses alliés veulent au contraire maintenir ces deux dossiers au cœur de toute négociation future.
Téhéran lie désormais explicitement un éventuel arrêt de la guerre à des dossiers qui dépassent largement son territoire. Al Arabi Al Jadid, le 10 septembre 2026, rapporte les conditions exposées par le porte-parole des Gardiens de la révolution. L’Iran exige l’arrêt complet de la guerre et des menaces américaines. Il demande aussi la libération de 24 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés. Il réclame la fin de toute intervention dans ses programmes nucléaire et balistique. Mais il ajoute deux conditions régionales : le retrait israélien du Liban et la levée du blocus du Yémen. Al Bina’, le 10 septembre 2026, considère cette formulation comme particulièrement significative. Le journal souligne que les deux dossiers ne sont pas présentés comme de simples gestes de solidarité avec des alliés. Ils figurent dans la même liste que les exigences directement iraniennes. Le Liban et le Yémen sont ainsi intégrés par Téhéran au prix d’un règlement régional. Cette position apparaît au moment où la guerre au Yémen connaît elle aussi une nouvelle escalade. Al Arabi Al Jadid et Al Quds, le 10 septembre 2026, rapportent l’intensification des combats depuis Al Jawf jusqu’à Marib, Taëz, Al Bayda et la côte de la mer Rouge. Les forces gouvernementales yéménites annoncent des progrès et l’ouverture d’une opération plus large autour de Marib. Les Houthis affirment pour leur part avoir repris certains secteurs et attaqué des positions gouvernementales. Dans le même temps, ils ont lancé des missiles et des drones contre l’Arabie saoudite. Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, avertit que l’accord stratégique signé à La Mecque entre le Pakistan, l’Arabie saoudite et la Turquie pourrait être activé si les attaques contre le territoire saoudien se poursuivent. Al Sharq Al Awsat, le 10 septembre 2026, rapporte que le Conseil des ministres saoudien réaffirme le droit du royaume à défendre sa souveraineté et ses citoyens. Riyad accuse les Houthis de poursuivre une stratégie qui menace non seulement le Yémen, mais aussi la navigation commerciale en mer Rouge. Le président du Conseil de direction yéménite, Rashad al-Alimi, affirme que son gouvernement n’a pas déclenché cette nouvelle phase et exige de la communauté internationale qu’elle attribue clairement la responsabilité de l’escalade aux Houthis. L’ensemble de ces développements montre que la confrontation entre Washington et Téhéran agit comme un multiplicateur des crises existantes. Les fronts du Liban et du Yémen sont réintroduits dans la négociation iranienne au moment même où les combats s’y intensifient.
Israël affronte une pression européenne croissante sur les colonies tandis que la crise palestinienne reste ouverte
Un autre front diplomatique s’ouvre entre Israël et plusieurs pays occidentaux autour de la colonisation en Cisjordanie. Al Arabi Al Jadid, le 10 septembre 2026, consacre sa une aux mesures britanniques visant les produits issus des colonies. Le journal estime que la réaction israélienne montre l’inquiétude du gouvernement face au risque d’un isolement économique plus large. Londres a annoncé un projet visant à interdire les marchandises provenant des colonies de Cisjordanie. D’autres pays occidentaux étudient ou appliquent des restrictions comparables. Al Quds, le 10 septembre 2026, rapporte qu’Israël répond en accélérant l’examen de centaines de nouvelles unités de logement dans les colonies. Une commission israélienne doit étudier un projet portant sur 747 nouveaux logements. Dans le même temps, Israël décide de fermer le consulat britannique à Jérusalem. Le ministre britannique des Affaires étrangères qualifie cette mesure de regrettable et dommageable. Le Premier ministre britannique Andy Burnham défend les sanctions devant les députés et affirme que son pays doit choisir l’équité face à l’injustice. La dimension la plus importante de cette crise concerne cependant l’attitude américaine. Al Quds rapporte que l’administration de Donald Trump n’a pas cherché à empêcher la démarche britannique. Le Premier ministre britannique aurait même informé le président américain avant l’annonce. La Maison-Blanche prend ensuite ses distances avec les critiques formulées contre Londres par l’ambassadeur américain en Israël. Selon les responsables cités par le journal, ces déclarations n’avaient pas été coordonnées avec la présidence ou le département d’État. Ce positionnement ne constitue pas une rupture américaine avec Israël. Il signale toutefois que Washington ne souhaite pas assumer politiquement toutes les réactions du gouvernement de Benjamin Netanyahu. Al Bina’, le 10 septembre 2026, replace ces sanctions dans une évolution plus longue des opinions européennes. Selon le journal, la guerre de Gaza a progressivement dégradé l’image d’Israël en Europe. Les critiques initialement limitées au coût humain des opérations ont été suivies de restrictions sur certaines ventes d’armes puis de mesures liées aux colonies. Le quotidien rappelle que Josep Borrell avait déjà critiqué en 2024 l’inefficacité des appels occidentaux demandant à Israël de protéger les civils. La politique européenne semble donc évoluer de la protestation vers l’usage d’instruments économiques et diplomatiques plus concrets.
Cette pression internationale ne met cependant pas fin aux opérations sur le terrain palestinien. Al Quds, le 10 septembre 2026, rapporte de nouvelles attaques israéliennes à Gaza malgré le cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025. Le ministère de la Santé de Gaza fait état de nouveaux morts et blessés, tandis que les destructions de bâtiments se poursuivent dans plusieurs secteurs. Les autorités locales dénoncent aussi les restrictions sur l’entrée de nourriture, de médicaments et de matériaux indispensables aux déplacés. La situation humanitaire reste particulièrement fragile à l’approche de l’hiver. Dans le même temps, le journal rapporte que plusieurs organisations israéliennes de défense des droits humains constatent une extension de la colonisation et des restrictions de circulation en Cisjordanie. Selon leur rapport, des mesures autrefois concentrées dans certaines zones rurales sont désormais appliquées à des territoires plus vastes, avec pour effet d’isoler des localités palestiniennes de leurs terres agricoles. Al Arabi Al Jadid, le 10 septembre 2026, rapporte parallèlement le rejet par plusieurs mouvements palestiniens de la manière dont se prépare la recomposition du Conseil national palestinien. Ces organisations dénoncent un processus fondé, selon elles, sur la nomination plutôt que sur une véritable représentation élective. Elles demandent un mécanisme commun permettant aux Palestiniens de l’intérieur et de la diaspora de choisir leurs représentants. Cette contestation intervient alors que des élections doivent avoir lieu le 28 novembre. La crise palestinienne comporte donc plusieurs niveaux simultanés : poursuite des attaques à Gaza, développement de la colonisation en Cisjordanie, pression internationale accrue sur Israël et divisions internes sur la représentation politique palestinienne. Aucun de ces dossiers ne connaît encore de règlement. En revanche, l’évolution européenne autour des colonies introduit un nouvel élément : la possibilité que le coût diplomatique de la politique israélienne se transforme progressivement en coût commercial et économique.
Économie : tourisme en retrait, paiements numériques en hausse et secteurs essentiels sous pression
Le tourisme déçoit malgré la saison estivale et pèse sur les recettes attendues
Le tourisme libanais, qui devait constituer l’un des principaux moteurs de l’activité durant l’été 2026, n’a pas atteint les niveaux espérés. Ad Diyar, le 10 septembre 2026, consacre une large place au recul de la fréquentation et à ses conséquences sur l’économie. Le journal rapporte que le trafic à l’aéroport international de Beyrouth a encore diminué en août. Le recul atteint 10 % par rapport à août 2025, alors que les professionnels tablaient sur une amélioration pendant ce mois traditionnellement favorable aux arrivées de Libanais de l’étranger et de visiteurs du Golfe. Le quotidien précise également que le nombre de passagers au départ a dépassé celui des arrivées d’environ 9 %. Le trafic de transit a, lui, reculé de 12 %. Selon le bilan présenté par Ad Diyar, la saison touristique dans son ensemble reste donc inférieure aux attentes. Les pertes sont évaluées autour d’un milliard de dollars. Ce manque à gagner ne concerne pas seulement les hôtels. Il affecte aussi la restauration, les commerces, les transports, les loisirs et toutes les activités qui dépendent directement des dépenses des visiteurs. Le journal relie cette faiblesse aux tensions sécuritaires et politiques persistantes. Elles continuent de peser sur les décisions de voyage et sur la programmation des compagnies aériennes. La majorité des transporteurs ont repris leurs opérations, mais Air France et Lufthansa restent absentes, selon Ad Diyar. Cette situation limite encore certaines connexions internationales. Le quotidien mise notamment sur un retour plus important des visiteurs venant des pays du Golfe pour soutenir la fin de l’année. Toutefois, cette perspective reste liée à l’évolution du contexte sécuritaire. Dans une économie où les entrées de devises dépendent encore largement du tourisme et de la diaspora, une saison estivale inférieure aux prévisions réduit les marges de nombreux secteurs. Le problème ne se résume donc pas au seul nombre de voyageurs. Il touche directement les recettes en devises, les revenus des entreprises et la capacité d’une partie des ménages à profiter de l’activité saisonnière.
La situation du tourisme rejoint par ailleurs les difficultés rencontrées par les exportateurs. Ad Diyar, le 10 septembre 2026, souligne que les exportations libanaises vers les pays du Golfe paient le prix de l’augmentation de la facture du transport. La hausse du coût du fret réduit la compétitivité des produits libanais et renchérit leur arrivée sur les marchés extérieurs. Cette pression intervient alors que les entreprises locales doivent déjà supporter des coûts élevés d’énergie, de financement et de fonctionnement. Dans plusieurs secteurs, le marché du Golfe reste pourtant essentiel. La hausse du transport menace donc directement les marges des producteurs et des commerçants. Elle peut également réduire leur capacité à maintenir les mêmes volumes d’exportation. Cette question est d’autant plus importante que le Liban cherche à restaurer ses relations économiques avec les pays arabes et à retrouver une place plus importante sur leurs marchés. Le même problème apparaît dans l’aviation. Plus les risques régionaux augmentent, plus les assurances, les détours et les coûts opérationnels deviennent lourds. La guerre régionale pèse ainsi sur l’économie libanaise même lorsqu’elle ne touche pas directement une entreprise. La pression sur le tourisme et sur les exportations illustre ce mécanisme. Le pays dépend de flux de personnes, de marchandises et de capitaux qui deviennent plus coûteux ou plus fragiles dès que l’environnement sécuritaire se dégrade. Ce constat nuance les discours sur une reprise rapide. Une hausse de certains indicateurs ne suffit pas si les secteurs qui apportent des devises restent exposés à une instabilité permanente. Le tourisme, notamment, ne peut produire tout son potentiel si les visiteurs craignent une extension des opérations militaires ou si les grandes compagnies internationales modifient encore leur programme. La capacité à stabiliser ces flux devient donc une condition économique aussi importante que les réformes budgétaires ou bancaires.
Le port de Beyrouth et les paiements numériques illustrent deux visions de la modernisation
La modernisation du port de Beyrouth constitue l’un des grands dossiers économiques du jour. Al Akhbar, le 10 septembre 2026, consacre une enquête détaillée à l’extension du terminal à conteneurs. Le projet prévoit un investissement de 100 millions de dollars par l’opérateur actuel. Son objectif est d’augmenter fortement la capacité du terminal. Celle-ci passerait d’environ 1,3 million de conteneurs par an à 3 millions. Le plan prévoit notamment le développement du quai numéro 16, long d’environ 1,1 kilomètre et doté d’une profondeur pouvant atteindre 16,5 mètres. Seize nouvelles grues doivent également être installées afin d’accélérer les opérations de manutention. Le projet est présenté comme un moyen de rétablir le rôle régional du port et de renforcer le transit vers les marchés de la région. Al Akhbar ne conteste pas l’intérêt économique d’une modernisation. Le journal s’interroge en revanche sur la manière dont le projet a été attribué. Il souligne que le contrat existant accorde à l’opérateur une priorité pour gérer de nouvelles installations, mais estime que cela ne signifie pas automatiquement qu’un investissement aussi important doit lui être confié sans mise en concurrence. Le ministre des Travaux publics Fayez Rasamny aurait lui-même demandé des précisions sur la base juridique de l’opération. Le quotidien pose aussi la question de la durée du contrat et de la manière dont l’opérateur pourra récupérer les 100 millions de dollars investis. Il souligne qu’un tel investissement suppose des recettes supplémentaires importantes et peut entraîner des demandes de prolongation ou d’avantages nouveaux. Le journal s’interroge enfin sur l’équilibre global du port. Une extension massive du terminal à conteneurs risque, selon lui, de réduire l’espace disponible pour les marchandises générales comme le fer, les voitures, les céréales ou les engrais. L’enjeu dépasse donc le montant annoncé. Il concerne le modèle économique du port, la transparence des décisions et la manière de répartir les futurs investissements entre ses différentes activités.
À l’autre extrémité de l’économie, Nahar, le 10 septembre 2026, met en avant l’accélération des paiements électroniques. Les chiffres présentés lors d’une conférence organisée à la Banque du Liban montrent une transformation rapide des habitudes. Le nombre d’opérations effectuées par cartes a augmenté de 130 % durant les huit premiers mois de 2026. Leur valeur a progressé de plus de 50 %. Les virements bancaires en dollars ont, eux, augmenté de 117 %. Le mouvement apparaît aussi dans plusieurs secteurs de consommation courante. La part des paiements électroniques dans les stations-service est passée de 8 % à 12 %. Dans les pharmacies, elle a progressé de 16 % à 33 %. Environ 1 100 stations-service et 1 200 pharmacies disposent désormais de terminaux de paiement. Nahar rapporte également une réduction des commissions appliquées à certains règlements publics. Pour les taxes et les droits, la commission est ramenée à 0,9 %. Dans plusieurs secteurs essentiels, elle atteint 1,25 %. Le journal cite aussi des données fournies par Visa. Les opérations locales par carte auraient progressé de 160 %, les transactions électroniques de 60 % et le commerce en ligne de 70 %. Des initiatives de plus de 400 000 dollars sont annoncées pour soutenir la diffusion du paiement numérique au Liban. Mastercard affirme également poursuivre ses investissements et ses partenariats dans ce domaine. Le développement est accompagné de mesures de contrôle. Nahar souligne notamment que 45 % des fonds détenus dans les portefeuilles électroniques doivent rester auprès de la Banque du Liban. L’objectif est de renforcer la sécurité, la traçabilité et la transparence. Ces chiffres constituent l’un des rares signaux clairement positifs dans l’actualité économique du jour. Ils montrent que la crise bancaire et l’usage massif des espèces n’empêchent pas une progression des moyens de paiement numériques. Toutefois, cette évolution ne signifie pas que la confiance dans le système bancaire soit entièrement restaurée. Elle traduit surtout une modification des pratiques et une recherche de moyens de paiement plus rapides, plus contrôlables et moins dépendants du liquide.
Pharmacies, électricité et inflation montrent la fragilité persistante de l’économie quotidienne
La situation des pharmacies révèle l’autre visage de l’économie. Al Sharq, le 10 septembre 2026, rapporte l’avertissement du président de l’ordre des pharmaciens. Selon lui, environ 200 pharmacies ont déjà fermé et près de 700 autres seraient menacées de fermeture. Les établissements encore ouverts luttent pour maintenir leur activité. Cette crise touche un secteur essentiel. Les pharmacies doivent faire face au coût des médicaments, aux charges de fonctionnement et aux difficultés générales du marché. Le sujet dépasse la survie des entreprises elles-mêmes. Une réduction importante du réseau menace l’accès aux médicaments, notamment dans les régions les moins bien desservies. Elle peut aussi accentuer la concentration du secteur autour des zones les plus rentables. La situation est d’autant plus préoccupante que le paiement électronique progresse rapidement dans les pharmacies, comme le montrent les chiffres publiés par Nahar. Cette modernisation du mode de paiement ne règle donc pas le problème de fond. Elle facilite les transactions, mais elle ne compense pas les marges faibles, les coûts fixes et la baisse du pouvoir d’achat des clients. Le contraste entre les deux journaux est éclairant. D’un côté, Nahar montre un secteur qui adopte de nouveaux outils de paiement. De l’autre, Al Sharq montre un réseau commercial et sanitaire confronté à des fermetures. L’innovation technique avance plus vite que la consolidation financière des entreprises. Cette situation se retrouve dans d’autres activités. Les coûts de l’énergie et du transport restent élevés. Les entreprises doivent souvent financer elles-mêmes une partie de leurs services essentiels. Dans ce contexte, une petite amélioration de la consommation ou des paiements ne suffit pas à garantir leur rentabilité.
Al Bina’, le 10 septembre 2026, rapporte les discussions de la commission parlementaire de l’Économie sur l’inflation, les générateurs privés et la nécessité d’un plan économique d’urgence. Le président de la commission, Farid Boustany, estime que le contrôle des prix ne peut pas se limiter au panier alimentaire. Il demande que l’analyse porte aussi sur les loyers, l’eau, les soins, l’hospitalisation, les transports, la restauration et les frais scolaires. Il insiste également sur la surveillance de toute la chaîne des prix, depuis l’importateur jusqu’au consommateur. La commission doit poursuivre l’examen des frais de scolarité avec le ministère de l’Éducation. Le dossier des générateurs privés reste également central. Selon Al Bina’, le ministère de l’Économie a renforcé les contrôles et travaille avec la justice et les services de sécurité. Des mesures comme la mise sous surveillance judiciaire de certains générateurs ou leur gestion temporaire par les municipalités sont évoquées. Boustany considère cependant qu’il ne s’agit que de solutions provisoires. Le véritable règlement passe par une alimentation électrique assurée par l’État. Il appelle donc à un plan global pour l’électricité et critique le fait que les ménages continuent de supporter le coût élevé des générateurs privés. Il demande également une stratégie économique capable de dépasser les réponses ponctuelles. La commission exprime des réserves sur la vitesse d’examen du budget 2027, présenté comme un document de plus de mille pages. Pour Boustany, le budget ne doit pas être seulement un exercice comptable. Il doit refléter une vision économique et financière. Cette critique rejoint les inquiétudes exprimées dans plusieurs journaux sur l’absence d’une politique générale capable d’articuler énergie, revenus, investissements et protection des consommateurs.
La question de l’électricité fait également l’objet d’initiatives extérieures. Al Liwa’, le 10 septembre 2026, rapporte des démarches du ministre de l’Énergie Joe Saddi auprès du Qatar, après des contacts avec la Turquie, l’Irak et Chypre. Doha se serait déclarée prête à aider le Liban dans le secteur de l’énergie et de l’électricité. Le journal évoque aussi une initiative koweïtienne portant sur des navires destinés à soutenir l’approvisionnement. Selon les sources citées, cette aide peut réduire la facture immédiate du combustible et permettre au ministère de dégager davantage de recettes pour financer des achats futurs. Al Liwa’ présente ces initiatives comme une aide importante de la part des pays du Golfe. Cependant, elles soulignent aussi la dépendance persistante du système électrique libanais à des solutions ponctuelles. Le problème structurel reste celui d’une production publique insuffisante. Cette faiblesse impose aux ménages de recourir aux générateurs et augmente les coûts pour les entreprises. Elle nourrit ensuite l’inflation dans les transports, l’industrie, la restauration et les services. Les dossiers étudiés le 10 septembre montrent ainsi une économie libanaise traversée par deux tendances opposées. Des secteurs se modernisent et certains investissements sont annoncés. En même temps, le tourisme recule, les exportateurs subissent le coût du fret, les pharmacies ferment et l’électricité reste dépendante d’aides et de dispositifs temporaires. La reprise ne peut donc pas être appréciée à partir d’un seul indicateur. Elle reste conditionnée par la stabilité, la réduction des coûts et la capacité de l’État à fournir les services de base de manière durable.
Société : coût de la vie, retraites, éducation et services essentiels alimentent une pression sociale croissante
Les militaires retraités placent la question des revenus au cœur du débat budgétaire
La mobilisation des militaires retraités constitue le principal dossier social de la presse libanaise du 10 septembre 2026. Elle intervient au moment où le gouvernement de Nawaf Salam examine le projet de budget 2027 et où les ménages restent confrontés à un niveau élevé de dépenses courantes. Nahar, le 10 septembre 2026, choisit d’ailleurs pour sa une l’image d’un manifestant portant le drapeau libanais devant des pneus en feu à proximité du Grand Sérail. Le journal associe cette contestation intérieure aux tensions dans le Sud. Al Joumhouriyat, le 10 septembre 2026, place pour sa part les droits des militaires face à « l’épreuve du budget » parmi les principaux sujets de son édition. Les retraités demandent une amélioration de leurs pensions et une correction de la dégradation de leur pouvoir d’achat. Le mouvement touche Beyrouth mais aussi plusieurs régions. Al Sharq, le 10 septembre 2026, rapporte des blocages de routes et une mobilisation à Riad el-Solh. Les manifestants affirment vouloir exercer une pression sur le gouvernement plutôt que sur les citoyens. La question dépasse néanmoins la seule situation des anciens militaires. Elle renvoie à la capacité de l’État à revaloriser les revenus de ses personnels après plusieurs années de crise monétaire et de dégradation des rémunérations. Joseph Aoun a pris position en faveur des droits des militaires, qu’ils soient retraités ou toujours en service. Al Joumhouriyat rapporte qu’il justifie cette position par les sacrifices consentis par l’armée et les forces de sécurité. Le président appelle toutefois à rechercher un équilibre entre les moyens financiers de l’État et les demandes formulées. Cette réserve est importante. Elle montre que la reconnaissance politique des revendications ne signifie pas que leur financement soit acquis. Al Bina’, le 10 septembre 2026, rapporte que le vice-Premier ministre Tarek Mitri a présenté au Conseil des ministres les résultats de discussions avec des représentants des militaires et des fonctionnaires retraités. Les participants ont convenu de travailler sur une vision commune des chiffres et du coût estimé des mesures. Le ministère des Finances doit poursuivre ce travail avant que le dossier ne revienne devant le gouvernement. La confrontation sociale se déplace donc vers un calcul budgétaire précis : déterminer ce que l’État peut verser sans compromettre les équilibres que le gouvernement cherche à préserver.
La mobilisation intervient alors que l’institution militaire occupe une place déterminante dans la stratégie nationale pour le Sud. Cette simultanéité donne aux revendications une portée particulière. L’État demande à l’armée d’accroître son déploiement, de contrôler davantage de territoires, de retirer les armes non autorisées et de rassurer les populations. Il sollicite parallèlement plusieurs partenaires étrangers afin de financer son équipement. Pourtant, ses anciens membres réclament dans la rue des pensions suffisantes pour vivre. Ad Diyar, le 10 septembre 2026, insiste fortement sur cette contradiction. Le journal estime que des personnes ayant passé leur carrière au service de l’État ne devraient pas être contraintes de bloquer des routes pour défendre leurs droits. Il suit également les démarches menées par des représentants des retraités auprès des responsables financiers. Le dossier concerne plus largement la fonction publique. Al Bina’ rapporte que les discussions gouvernementales portent aussi sur les fonctionnaires civils. Le problème devient alors celui de l’échelle des dépenses. Toute revalorisation accordée à une catégorie crée des attentes chez les autres agents publics dont les revenus ont eux aussi perdu une grande partie de leur valeur. Dans le même temps, l’État doit financer ses services et éviter un nouveau déséquilibre budgétaire. Cette tension explique la prudence de Joseph Aoun et du gouvernement. Elle explique aussi le mécontentement des retraités, qui considèrent que l’amélioration des comptes publics ne peut pas se faire durablement au détriment de leurs revenus. La question sociale rejoint ainsi directement le débat sur la reconstruction de l’État. Une administration ou une institution militaire ne peut fonctionner uniquement grâce à de nouveaux équipements ou à des réformes juridiques. Elle doit aussi être capable de rémunérer correctement les personnes qui la servent. La contestation des militaires rappelle que la restauration de l’autorité publique possède un coût social que le budget doit désormais intégrer.
Enseignants, écoles et familles affrontent à leur tour la hausse des charges
L’éducation constitue un deuxième foyer de tension. Ad Diyar, le 10 septembre 2026, rapporte une mobilisation des enseignants du secteur public au moment de l’examen du budget 2027. Leurs revendications rejoignent en partie celles des militaires et des autres agents publics : rétablir un niveau de revenu compatible avec le coût réel de la vie et obtenir des garanties plus durables. Le problème touche directement la capacité de l’école publique à fonctionner normalement. Les enseignants ont supporté pendant les années de crise une forte érosion de la valeur de leurs salaires. Les aides ponctuelles et les mécanismes temporaires ne répondent pas nécessairement à la demande d’une rémunération stable. Le débat budgétaire devient ainsi décisif pour la prochaine année scolaire. Une nouvelle dégradation des relations entre le gouvernement et les enseignants pourrait affecter le calendrier des cours, alors que les familles doivent déjà supporter de nombreuses dépenses supplémentaires. Al Bina’, le 10 septembre 2026, élargit précisément la question à l’ensemble du coût de l’éducation. La commission parlementaire de l’Économie estime que l’analyse de l’inflation ne doit pas s’arrêter au prix des aliments. Elle doit inclure les loyers, l’eau, les transports, les soins médicaux, l’hospitalisation et les frais scolaires. Le président de la commission, Farid Boustany, annonce que le dossier des frais de scolarité doit être suivi avec le ministère de l’Éducation. Cette approche met en évidence un problème devenu structurel : l’inflation vécue par les ménages est plus large que celle mesurée à travers quelques produits de consommation. Une famille peut voir certains prix alimentaires se stabiliser tout en restant confrontée à une forte hausse de ses dépenses d’école, de transport, de santé ou d’énergie. Le poids réel de la crise dépend donc de la combinaison de ces charges.
Les frais scolaires constituent un sujet particulièrement sensible parce qu’ils touchent à la fois le public et le privé. Lorsque l’école publique connaît des difficultés de personnel, certaines familles cherchent une alternative dans le privé. Mais la hausse des frais limite cette possibilité. À l’inverse, les établissements privés doivent eux-mêmes financer leurs enseignants et leurs dépenses de fonctionnement. Le coût de l’électricité, du transport et des services se répercute donc sur leurs budgets. Al Bina’ rapporte que la commission de l’Économie souhaite une surveillance plus large de la formation des prix et refuse que le contrôle se concentre uniquement sur quelques marchandises. Cette logique vaut aussi pour l’éducation : le montant payé par les familles dépend d’une chaîne de coûts qui dépasse le seul salaire des enseignants. La pression est renforcée par la situation des transports. Les ménages doivent financer les déplacements scolaires alors que le prix des carburants et les coûts généraux restent élevés. Le résultat est une accumulation de petites et grandes dépenses qui réduit le revenu disponible. Le débat social ne porte donc plus uniquement sur les personnes sans emploi ou sur les ménages les plus pauvres. Il touche aussi les salariés du public, les militaires, les enseignants et une partie des classes moyennes. Les sources du 10 septembre montrent ainsi une extension de la contestation à des catégories qui demandent moins des aides exceptionnelles qu’un rétablissement durable de la valeur de leur travail. Cette distinction est importante pour le gouvernement. Des aides ponctuelles peuvent calmer une crise immédiate. Elles ne règlent pas le problème de la grille des salaires, des pensions et du financement à long terme des services publics.
Électricité et générateurs privés continuent d’alourdir les dépenses des ménages
Le coût de l’électricité reste l’un des exemples les plus visibles de cette pression quotidienne. Al Bina’, le 10 septembre 2026, rapporte que la commission parlementaire de l’Économie a consacré une partie de ses travaux aux infractions dans le secteur des générateurs privés. Farid Boustany estime que les contrôles menés par le ministère de l’Économie ont progressé. Il demande cependant qu’ils soient appliqués dans toutes les régions et pas uniquement à Beyrouth et au Mont-Liban. Les procédures sont désormais accompagnées, dans certains cas, d’une intervention judiciaire et d’une coordination avec les services de sécurité. Le député insiste sur le fait que l’objectif n’est pas de provoquer une crise avec les propriétaires de générateurs, mais de faire respecter la loi. Certaines solutions provisoires sont évoquées. Des générateurs peuvent être placés sous surveillance judiciaire ou confiés temporairement aux municipalités. Toutefois, Boustany reconnaît que ces mesures ne constituent pas une solution durable. Celle-ci passe par une alimentation électrique publique suffisante. Tant que l’État ne peut pas fournir l’électricité nécessaire, les ménages restent dépendants de deux factures. Ils doivent payer l’électricité publique lorsqu’elle est disponible et financer parallèlement un abonnement privé. Cette situation touche particulièrement les revenus fixes. Les retraités et les fonctionnaires dont les salaires ont perdu une grande partie de leur valeur supportent difficilement ces dépenses incompressibles. Le problème de l’électricité rejoint donc directement celui des pensions et des salaires. Une hausse de revenu peut être rapidement absorbée si le coût des services essentiels reste élevé.
Al Liwa’, le 10 septembre 2026, rapporte dans ce contexte les démarches du ministre de l’Énergie Joe Saddi auprès de plusieurs partenaires étrangers. Le Qatar se serait montré disposé à soutenir le Liban dans le domaine de l’énergie et de l’électricité. Des initiatives koweïtiennes sont également évoquées. Elles pourraient faciliter temporairement l’approvisionnement en combustible et permettre au ministère de disposer de davantage de recettes pour financer de futurs achats. Ces aides peuvent soulager la situation immédiate. Elles ne remplacent toutefois pas une réforme durable du secteur. Les sources du jour montrent que la question sociale de l’électricité se joue à deux niveaux. À court terme, il faut garantir une quantité suffisante d’énergie pour éviter une nouvelle détérioration de l’alimentation. À plus long terme, il faut réduire la dépendance aux générateurs privés et aux aides ponctuelles. Pour les ménages, la distinction est concrète. Une amélioration de quelques heures d’alimentation publique peut réduire la facture privée. Une réforme plus profonde pourrait modifier durablement la part du revenu consacrée à l’énergie. C’est pourquoi la commission parlementaire lie la question des générateurs à une réflexion économique plus large. Elle demande une politique portant sur l’électricité, l’eau, le transport et les autres services. Le coût de la vie ne peut plus être traité produit par produit. Il résulte d’un système dans lequel l’insuffisance des services publics oblige les citoyens à acheter sur le marché privé ce que l’État ne fournit pas suffisamment.
Les pharmacies menacées de fermeture révèlent les difficultés d’accès aux services de proximité
La crise des pharmacies ajoute une dimension sanitaire à cette pression sociale. Al Sharq, le 10 septembre 2026, rapporte qu’environ deux cents pharmacies ont déjà fermé leurs portes et que près de sept cents autres seraient menacées de fermeture. L’avertissement vient du président de l’ordre des pharmaciens. Le chiffre montre que les difficultés économiques ne concernent pas uniquement des commerces ordinaires. Elles touchent un réseau essentiel pour l’accès aux médicaments et aux soins de proximité. La fermeture d’une pharmacie dans une grande ville peut parfois être compensée par un établissement voisin. Dans une localité moins bien desservie, elle peut obliger les habitants à parcourir une distance plus importante pour obtenir un traitement. La question devient encore plus sensible pour les personnes âgées, les malades chroniques et les ménages disposant de moyens de transport limités. Les pharmacies subissent elles-mêmes plusieurs contraintes. Elles doivent maintenir leurs stocks, supporter les coûts d’exploitation et fonctionner dans un marché où le pouvoir d’achat reste fragile. Le développement du paiement électronique, relevé par Nahar le 10 septembre 2026, montre qu’elles s’adaptent rapidement aux nouveaux modes de transaction. La part des paiements électroniques dans les pharmacies est passée de 16 % à 33 %, et environ 1 200 établissements disposent désormais de terminaux adaptés. Cette évolution facilite le paiement et améliore la traçabilité. Elle ne résout cependant pas les difficultés financières qui conduisent aux fermetures. Le contraste entre modernisation et fragilité économique est particulièrement visible dans ce secteur.
La situation des pharmacies doit aussi être rapprochée du coût général de la santé. Al Bina’, le 10 septembre 2026, inclut les soins médicaux et l’hospitalisation parmi les postes que la commission parlementaire de l’Économie souhaite intégrer dans son suivi de l’inflation. Le coût de la vie ne peut pas être évalué correctement si les dépenses de santé sont laissées de côté. Une maladie ou une hospitalisation peut représenter une charge beaucoup plus importante qu’une hausse de quelques produits alimentaires. Les ménages les plus vulnérables sont alors confrontés à des arbitrages entre soins, énergie, logement et éducation. La multiplication des fermetures de pharmacies peut accentuer cette difficulté en réduisant la concurrence et la proximité. Le dossier illustre ainsi une tendance présente dans l’ensemble des sources sociales du jour : les problèmes ne sont plus isolés. Les revenus des retraités, les salaires des enseignants, les frais scolaires, l’électricité, les générateurs et les pharmacies forment une même chaîne. Lorsque les revenus stagnent et que plusieurs services essentiels restent coûteux, chaque nouvelle dépense réduit la capacité des ménages à absorber la suivante. Le budget 2027 devient dès lors un enjeu social qui dépasse les comptes publics. Il doit répondre aux demandes des salariés de l’État tout en maintenant les services dont dépend la population. Les journaux du 10 septembre montrent que cette équation est loin d’être résolue.



