Le Premier Ministre Saad Hariri. Crédit Photo Dalati & Nohra

La nomination de l’ancien premier ministre Saad Hariri butte toujours sur le refus des principaux partis chrétiens à lui accorder leurs voix lors des consultations parlementaires obligatoires prévues cette semaine.

Pour rappel, tant le Courant Patriotique Libre ou les Forces Libanaises, historiquement ses alliés, refuseraient de voir l’ancien premier ministre parvenir au Grand Sérail.

Certaines sources proches des 2 mouvements estiment ainsi que l’absence d’un soutien de la communauté chrétienne comme étant anti-constitutionnelle.

Pour rappel, il avait démissionné le 29 octobre dernier suite à d’importantes manifestations induites par l’adoption d’un projet de taxe portant sur les télécommunications mobiles pourtant gratuites comme WhatsApp. Les manifestions avaient alors pris de l’ampleur suite à un incident impliquant les gardes du corps de l’ancien ministre de l’éducation et de l’enseignement supérieur Akram Chéhayeb qui avaient tiré aux yeux de protestataires dans la nuit du 17 octobre 2019.

Les manifestants réclamaient alors le retrait de l’ensemble de la classe politique décrite par eux comme étant corrompue et ayant amené le Liban à la quasi-faillite économique.

Pour l’heure, outre son mouvement, le Courant du Futur, l’ancien locataire du Grand Sérail jouit du soutien du mouvement Amal et du Hezbollah.

Un pays sans gouvernement alors que la crise économique le touche de plein fouet

Le Liban est sans gouvernement depuis la démission, le 10 août dernier, du premier ministre sortant Hassan Diab.

La formation d’un nouveau gouvernement est considérée comme une des conditions préalable à la relance des négociations avec le Fonds Monétaire International afin d’obtenir un déblocage de l’aide financière de la communauté internationale face à la crise économique que traverse le Liban. 

Suite à l’échec de Moustafa Adib à former un cabinet, l’ancien premier ministre Saad Hariri, qui avait pourtant démissionné suite à d’importantes manifestations en octobre 2019, s’est vu être chargé de former un nouveau gouvernement en octobre 2020.

Pour tenter de débloquer la situation, l’ancien premier ministre a promis au mouvement Amal d’attribuer le portefeuille du ministère des finances à un membre de la communauté chiite. Il avait également réitéré que le Liban pouvait se passer d’un état de défaut de paiement, déniant ainsi la gravité de la crise économique cependant vécue par la population, avec 55% de celle-ci vivant désormais sous le seuil de pauvreté alors que la récession économique a atteint 29% selon certains rapports pour l’année 2020.

Cependant, les propositions de Saad Hariri d’un cabinet de 18 membres se heurtent à la présidence de la République, qui souligne que si les communautés chiites et sunnites choisissent leurs représentants, les représentants chrétiens au sein du nouveau cabinet seraient également choisis par le premier ministre désigné. Le Général Aoun estime de fait que les propositions actuelles du premier ministre contreviennent à la fois à la constitution libanaise et au pacte national.

Ce dernier accuse de son côté le chef de l’état de souhaiter obtenir un tiers de blocage au sein de son nouveau cabinet, ce que réfute la présidence de la république.

Saad Hariri aurait répondu favorablement à l’attribution du ministère clé des finances à la communauté chiite. Les 2 mouvements pourraient également nommer des personnes liées à eux comme prochains ministres.

Côté chrétien, le CPL ou encore les Forces Libanaises s’interrogent sur la possibilité de constituer un gouvernement composé de spécialistes, certains soulignant même que le premier ministre lui même est un homme politique. Mêmes interrogations côté Parti Socialiste Progressiste dont le dirigeant Walid Joumblatt s’oppose également à la nomination de Saad Hariri comme prochain premier ministre.

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