Avec l’inauguration des sous-sols du Musée National, outre la fameuse collection Ford des sarcophages anthropoïdes sur laquelle nous reviendrons prochainement, nous pouvons découvrir un autre trésor national, celui de la fameuse tombe de Borj el Chémali, localité située à 3 km environ de Tyr au Sud Liban.

La région était déjà connue pour abriter de nombreuses nécropoles. Cette tombe exceptionnelle sera découverte par hasard en 1937 avant de faire l’objet de véritables fouilles par l’archéologue Maurice Dunand. Rapidement, la décision de déposer les fresques avec leur support d’enduit s’imposera d’elle-même pour être reconstituée: le projet de la Tombe de Tyr au Musée National de Beyrouth venait alors de naître. Un projet à l’époque tout aussi unique que la découverte elle-même.

Utilisée au cours du IIème siècle après Jésus-Christ, cette tombe est composée de fresques dont le thème est tiré de la Mythologie Grecque dont l’enlèvement de Proserpine par Pluton avec son attelage de quatre chevaux. On remarquera dans ce dessin aussi Hermès. Ces scènes préfigurent l’élévation de l’âme dans l’au-delà et son accompagnement par des divinités dont des sirènes musiciennes. Une autre scène concerne Alceste ramené du monde des morts au monde des vivants par Héraclès, préfigurant la croyance d’une vie après la mort. Une autre peinture murale rappelle l’humilité que toute personne doit adopter au cours de son existence, avec le supplice de Tantale, condamné par les dieux à vivre dans un monde riche et prospère mais dont il ne peut en profiter, pour avoir sacrifié son enfant à ces divinités.

Cet ensemble intéressant à découvrir a été endommagé durant la guerre civile par la remontée des eaux. Il sera restauré en coopération avec les autorités italiennes. Il est de nouveau accessible au public.