
Le patriarche maronite Mar Nasrallah Boutros Sfeir a affirmé que les
puissances législatives et exécutives doivent être changées pour que le Liban
parvienne enfin à prospérer. Sfeir a ajouté que le sit-in qui a lieu dans le
centre-ville de Beyrouth « ne rassure pas beaucoup, et présente un signe du
mal. ». Il a également mis en garde contre l’ingérence étrangère, prétendant qu’un
certain nombre le Libanais sont devenu des outils dans les mains des forces
étrangères et ont perdu ainsi toute liberté.
C’est au cours d’un talk-show télévisé sur la LBC avec la journaliste May
Chidiac que le prélat maronite a réitéré sa déclaration qu’il est grand temps
que le président de la République Emile Lahoud démissionne, et que des élections
parlementaires aient lieu conformément à une nouvelle loi électorale. Il a
également rajouté qu’il a appris par le biais d’experts légaux que le gouvernement
actuel reste légitime tant que le quorum est toujours en règle. Le patriarche a
fini par manifester son inquiétude vis-à-vis des assassinats qui ont lieu au
Liban, et par affirmer que le tribunal international est une nécessité pour
mettre terme à ce climat meurtrier régnant sur le pays dernièrement.
Par ailleurs, Sfeir a reçu maintes personnalités venues présenter leurs vœux
de fin d’année au patriarcat de Bkerké. Mercredi, l’ancien Premier ministre
Nagib Mikati s’est entretenu avec le patriarche et a affirmé son soutien à
toutes les décisions prises par Sfeir. Mikati a espéré que la voix de la
sagesse ait un écho au milieu de ce brouhaha causé par la crise politique
actuelle, où même la Constitution qui devrait être fortement valorisée et
préservée n’est point respectée. Mikati a fini par lancer un appel à tous les
chefs de files à reprendre le dialogue, en suggérant à la majorité d’être moins
altière, et à l’opposition d’être moins rigide.
Le patriarche a reçu en outre mercredi le ministre des Télécommunications
Marwan Hamadé ainsi que le député Fouad Saad. A terme de sa visite, Hamadé a
déclaré que Sfeir est la « conscience » du Liban, et a affirmé son
soutien total au prélat maronite, précisant que sa visite n’est point à des
fins politique, mais pour présenter ses vœux au nom du Rassemblement
démocratique.
Sfeir a également reçu le le chef du Mouvement du renouveau démocratique,
Nassib Lahoud. A l’issue de sa rencontre avec Sfeir, Lahoud a indiqué que le
recours à la rue n’a pas abouti, et que les problèmes en suspens ne peuvent
être résolus que dans le cadre d’institutions comme le Parlement et la table du
dialogue.
Après la majorité, le patriarche a accueilli le député Ibrahim Kenaan membre
du bloc pour le changement et la réforme qui a mis en avant une résolution
politique à la crise actuelle basé sur les principes de la dernière déclaration
des évêques maronites au début du mois de décembre et appelant les libanais et
en particulier les chrétiens à appliquer celle-ci. Cette déclaration comportait
plusieurs volets dont un code d’honneur visant à créer le tribunal
international chargé de juger les suspects du meurtre de l’ancien premier
ministre Rafic Hariri, l’adoption d’une nouvelle loi électorale puis la
formation d’un gouvernement d’union national qui organiserait une élection
présidentielle anticipée.
Devant une délégation de la Békaa et de Deir el Ahmar, il a
déclaré que les manifestations actuelles sont « malheureusement permises
au Liban » alors que dans les autres pays arabes elles sont interdites,
mettant en garde contre les évènements négatifs qui pourraient survenir en cas
de continuation de ces manifestations.
Article restauré depuis les archives historiques de Libnanews via Web Archive.

