Il y a au Liban un état dans l’état, un état dans l’état qui tient en otage la population, les gens, leur avenir, leur richesse, leur espoir, le fruit de leur travail, un état dans l’état qui tente d’imposer sa vision des choses, qui a sa Shura, l’Association des Banques du Liban, ses fatwas sous forme de circulaires adoptées par ses dirigeants qui se permettent de violer chaque jours les droits fondamentaux des citoyens poussés à quémander pour pouvoir survivre, avec notamment celui d’un contrôle des capitaux pourtant illégal.

Un état dans l’état qui reconnait posséder ses relais dans le monde politique et qui se permet même de s’adresser à la population, dictant sa volonté aux organismes pourtant en charge de le réguler en publiant des communiqués à l’issue des réunions qu’ils organisent avec eux.

Il y a un état dans l’état plus puissant que l’Etat lui-même, qui décide dans sa grande bonté de ne donner que 100 dollars par semaine pour survivre, qui s’est permis de transférer les fonds de ses dirigeants et hommes liges, un état qui a tout les droits y compris de ne pas respecter la Justice, un état dans l’état qui se permet aujourd’hui de donner des leçons à ceux qui veulent mettre de l’ordre.

C’est un état dans l’état qui accorde l’aumône à une partie de la population obligée de quémander chaque semaine 100 dollars pour simplement survivre avec leur propre argent acquis à la sueur de leur front.

Un état dans l’état qui prend en otage 4 millions de personnes, leur avenir avec le refus d’honorer les scolarités et leur passé en refusant de leurs permettre de disposer librement de leurs retraites. Ils les prennent en otage aussi en poussant à la faillite les entreprises confrontées au contrôle des capitaux, leur fatwa que nul n’ose remettre en cause sans connaitre leurs fureur comme le Juge Ali Ibrahim qui a été réduit à faire marche arrière quand il les avait mis en cause, réduisant donc un peu plus le concept même de l’état garant de l’intérêt général, sa première raison d’être, à néant l’état lui-même.

Ils se permettent aujourd’hui de souhaiter que l’Etat lui-même mette en hypothèque ses biens, pour ne pas perdre leurs actions de membre du club auquel ils appartiennent, un club réduit à quelques centaines de personnes, dirigeants, grands actionnaires, membres des conseils d’administration.
Mais cela est vite oublié qu’ils ont profité durant des années d’un système à bout de souffle, engrangeant année après année des profits monstrueux, sans commune mesure avec à la situation économique qui allait de difficultés en difficultés.

Un état qui tente aujourd’hui de s’improviser en donneur de leçons face à un système dont ils ont été longtemps les bénéficiaires.

Aujourd’hui, Ils aiment se décrire comme victimes d’un système. On croirait presque entendre des révolutionnaires, comme s’ils n’avaient pas également fait parti de ce système.

Ils auraient pu obliger l’état, le vrai, à se réformer bien plus tôt en refusant de financer la dette publique. Ils auraient pu mieux diversifier leurs portefeuilles et ainsi limiter les risques de perdre cet argent qui ne leur appartenait pas, celui du peuple. Ils auraient pu être compétents plus simplement mais également plus patriotiques, ramener du talent, de la matière grise, cette jeunesse obligée à s’exiler et ainsi aider l’émergence d’une société du savoir ayant une valeur ajoutée, pas seulement pécuniaire.

Mais voila qu’ils ont préféré profiter de richesses en fin de compte bien virtuelles, quelques lignes sur un livre de compte qui arrive aujourd’hui à ses dernière pages.

Si vous avez trouvé une coquille ou une typo, veuillez nous en informer en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée . Cette fonctionnalité est disponible uniquement sur un ordinateur.