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Prononçant une allocution ce mardi soir, le dirigeant du Hezbollah a répondu au Président Français Emmanuel Macron, rejetant ses accusations d’être à l’origine de l’échec de la formation du gouvernement Mustapha Adib. Réitérant son accueil favorable à la feuille de route française, il a également accusé le groupe réduit des anciens premiers ministres d’avoir tenté de vouloir former un gouvernement.

Nous accueillons favorablement l’initiative française mais l’approche doit changer

Sayyed Hassan Nasrallah a débuté son discours saluant feu l’émir du Koweit décédé aujourd’hui pour le rôle qu’il a joué notamment au Liban permettant d’obtenir la fin de la guerre civile de 1975 à 1990.

Il a également rejeté les accusations du premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui avait estimé que le mouvement chiite avait placé des dépôts d’armes dans la banlieue de Beyrouth, l’accusant d’avoir menti.

Il y a peu, le premier ministre ennemi a parlé directement lors d’un discours à l’ONU pour inciter le peuple libanais contre le Hezbollah. Il a également invité les journalistes à se rendre sur les lieux désignés par Benjamin Netanyahu afin de constater que ces informations sont erronées.

Pour rappel, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait mis en garde contre une nouvelle explosion à Jnah, à proximité de l’aéroport international de Beyrouth, accusant le Hezbollah d’y posséder un arsenal secret, à proximité d’une compagnie de gaz.

Il avait également révélé une photographie d’une usine de fabrication d’armes détenue selon lui par le mouvement chiite, appelant la population locale à agir dès maintenant et à manifester.

Nous n’avons pas placé des missiles au port de Beyrouth ou à côté d’une station de gaz et nous savons où placer nos missiles, précise le dirigeant chiite.

Par ailleurs, il a indiqué que le Hezbollah compte toujours mener des opérations de représailles contre Israël suite à la mort de combattants en Syrie. Israël maintient un état d’alerte élevé à ses frontières, souligne Hassan Nasrallah.

Les FSI ont fait échouer une possible opération terroriste de grande ampleur

Hassan Nasrallah a salué le rôle joué par les agences sécuritaires au Nord du Liban, allusion aux incidents qui ont eu lieu à Wadi Khaled. Pour rappel, des membres d’une organisation islamique avaient tenté de s’introduire au Liban, amenant à l’intervention de l’armée libanaise.

Les anciens premiers ministres accusés d’avoir fait échoué la formation du gouvernement Adib

Abordant la question de la formation du gouvernement Adib qui s’est depuis récusé, le dirigeant du Hezbollah a indiqué ne pas avoir mis de conditions à sa nomination.

Il a cependant estimé que ce dernier avait tenté d’éliminer le peu de prérogatives laissées à la présidence de la république dans le cadre des accords de Taëf, allusion au rôle du chef de l’état dans la formation du cabinet. Il a ainsi noté que Mustapha Adib n’a pas consulté le Président de la République dans le cadre du processus.

Mustapha Adib n’aurait joué qu’un rôle mineur dans le processus de formation, indique Hassan Nasrallah, accusant l’ancien premier ministre Saad Hariri “et le club des anciens premiers ministres” d’avoir souhaité distribuer les portefeuilles ministériels et de vouloir en nommer les titulaires.

Faire nommer les ministres de toutes les confessions par une seule personne est une chose dangereuse pour le pays, a-t-il poursuivi, les accusant de vouloir ainsi éliminer le rôle des blocs parlementaires et les prérogatives présidentiels pour introduire de nouvelles normes. Hassan Nasrallah a souligné que la feuille de route française dont il a présenté la copie que lui aurait remis le député Mohammed Raad ne stipule pas le nombre de ministre ou encore la rotation des ministères.

Nous ne pouvons pas rester en dehors du gouvernement parce que nous avons peur pour le pays et son peuple, souligne Hassan Nasrallah qui estime que le prochain cabinet doit être un gouvernement qui soutient la résistance et non un gouvernement identique à celui du 5 mai 2008, allusion au gouvernement de Fouad Saniora.

Que se passerait-il si le gouvernement accepte toutes les conditions du Fonds Monétaire International sans discussion ou s’il décide de vendre les biens publics, s’interroge-t-il.

Nous ne pratiquons pas le jeu du terrorisme et de l’intimidation contre quiconque au Liban

Répondant directement au Président de la République Française accusé par lui d’être mal informé et manipulé par certains partis politiques locaux, Hassan Nasrallah accuse ce dernier de tenter d’intimider les dirigeants des partis pour obtenir la formation d’un gouvernement.

Un règlement n’est pas une reddition, souligne-t-il, accusant par ailleurs les Etats-Unis d’être à l’origine de l’échec de l’initiative française en ayant imposer des sanctions à l’encontre de l’ancien ministre des finances et membre d’Amal, Ali Hassan Khalil ou encore les propos du Roi Saoudien, accusant le Hezbollah d’être à l’origine de la crise actuelle au Liban.

Nous n’avons pas dit que nous accepterons tout gouvernement, note Hassan Nasrallah, qui souligne que ces demandes entre en contradiction avec le concept de démocratie et du fonctionnement parlementaire.

Nous ne faisons pas parti de la classe politique corrompue, rétorque Hassan Nasrallah, qui accueille tout de même l’initiative française mais demande une approche différente.

Concernant l’intervention en Syrie, il a précisé que les hommes du Hezbollah y sont présents à l’invitation du gouvernement syrien pour combattre les groupes terroristes.

Sur le dossier syrien, il a également indiqué que ce ne sont pas les libanais qui ont choisi le conflit mais plutôt les israéliens qui ont occupé le territoire libanais.

Au sujet de l’influence iranienne au Liban, Téhéran n’interfère pas dans les affaires internes libanaises et le Hezbollah prend lui-même ses propres décisions.

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