L’année des merveilles

Je ne m’étais pas encore remis du hashtag #l’année_des_merveilles et je croyais que rien ne pouvait être plus gros que le président qui parlait à la télé de la Suisse – parce que, franchement, il était vraiment à côté de la plaque des indicateurs économiques et sociaux concernant notre beau pays. Je m’étais même convaincu, après avoir réglé mon baromètre sur mauvais temps économique et social», d’attendre que la pluie-à-merde passe.

Faut dire que pour les surprises, tu as été le champion ! C’est vrai que tu étais le gentil de la classe. Entre le Président, Joumblatt, le Hakim, le Sayyed, le Estez et les Wahab, tu faisais piètre figure. Malmené par tous les cancres et même les professeurs.

Mais, tu es encore mal tombé. La vengeance du premier de classe aura tourné à la dérision totale. Entre les #je_suis_Hariri et les #Libérez_mon_pm, nous sommes loin au-dessous de la barre de la connerie minimale admise par l’Organisation Mondiale de la Santé.

Tout d’abord, tes copains oublient que tu es avant tout un citoyen Saoudien et que, légalement du moins, on ne peut pas demander ton extradition. Tu es chez toi et c’est d’ailleurs pour cette raison que dans les pays civilisés, un haut dignitaire n’a pas le droit d’avoir une double nationalité. Sinon, ils seraient, comme nous, gouvernés par la légion étrangère. La même chose pourrait arriver avec le trois quart de tes copains au parlement et au conseil des ministres et ils pourraient être tous arrêtés dans leur pays d’origine : la France, l’Arménie, les Etats-Unis ou l’Iran, et on ne pourra rien faire avec – à part fêter notre liberté.

Ce que je te reproche seulement c’est d’avoir donné une nouvelle excuse à cette bande de nases pour foutre le pays en l’air. Ils ont voulu tout mettre sur le dos des réfugiés syriens mais les gens ne sont pas dupes : les réfugiés syriens n’ont rien à voir avec l’insécurité – il y a plus de personnes qui meurent par balles perdues ou pour une priorité de passage, qu’aux mains de réfugiés. Les réfugiés n’ont rien à voir avec la corruption et avec le fait qu’en «un an de merveilles», on n’ait pas arrêté un seul fonctionnaire corrompu, alors que le ministère pour la lutte contre la corruption a au moins coûté cent mille dollars au contribuable (probablement avec quelques zéros en plus, bien placés). Les réfugiés n’ont rien à voir avec le complexe qui va remplacer le sable blanc de Ramlet el Bayda, ni les ordures qui remplacent les poissons…

Le premier de classe parti, tu nous laisses avec une bande de c… qui ne réalisent pas qu’en jouant la diversion stratégique et qu’en transformant le problème de nos ingérences politico-religieuses en #rendez-nous-saadounichou, ils sont en train de recréer un incident pire que celui du rapt des deux israéliens en 2006.

Ce qu’ils ne savent pas aussi c’est que si ta vie n’était paa en danger avant ton départ, elle l’est indiscutablement aujourd’hui, et ton retour ressemblerait au départ de Gebran Tuéni.

Oui, mon ami, il y a fort à parier qu’on n’a pas encore vu le bout de #l’année_des_merveilles…

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Nasri Messarra est maître de conférences et docteur en gestion, spécialisé dans la communication et les stratégies du marketing viral sur Internet et sur les réseaux sociaux en ligne. Il joue le rôle de consultant auprès de plusieurs entreprises, organisations et individus (personal branding) depuis 1994.

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